Bonjour à tous ! Voici la dernière partie de cette interminable fic :)
Nous commençons aujourd'hui avec le chapitre 1 (logique). Assez court pour commencer (j'ai pas eu autant de temps que prévu) et normalement nous reprenons un rythme de "une publication un vendredi sur deux". Voilà ! Bonne Lecture
- Mais il a pété un câble ou quoi ? s'écrie Minos en faisant nerveusement les cent pas dans la salle du trône de Zeus.
Le front barré d'un pli soucieux, Rhadamanthe secoue la tête :
- Albafica n'a surement pas agit par hasard et il a beaucoup de respect pour son père. Il ne volerait pas l'Orichalque sur un caprice.
Contrarié, Poséidon est déjà reparti enquêter dans son Sanctuaire, tandis qu'Hadès est retourné en Enfer, non sans avoir déposé Avenir sur Terre au passage.
- Tu es la moitié d'Albafica, Minos, rappelle calmement Sarpédon.
- Et alors ?!
- Si tu prends la peine de te concentrer, tu pourras sentir le lien qui vous unit. A partir de là, je pourrais plus facilement le localiser et nous amener près de lui.
Le Griffon lui adresse un coup d'œil furibond, puis cesse ses allers et venues. Les sourcils froncés, il ferme les yeux. Intéressé, Aiacos le regarde faire.
Quelques secondes s'écoulent avant que Minos reprenne la parole :
- Je crois que je tiens quelque chose…
- Parfait, murmure le rouquin.
- Je vous rejoins, annonce Zeus en se levant de son trône. Je préviens Poséidon.
Le Garuda préfère ne pas demander comment Sarpédon parvient à obtenir une localisation précise à travers le lien de Minos. En tout cas, la manœuvre semble fonctionner puisqu'ils sont tous téléportés sur les rives d'un fleuve immédiatement reconnu par Aiacos. Ils ne sont pas seuls Cronos a suivi le mouvement, de même que Poséidon qui arrive aux côtés de son frère.
A quelques mètres d'eux, Asopos est allongé, la moitié de son corps est immergée dans l'eau. A ses côtés, accroupit, se tient Albafica.
- Poisson !
Minos esquisse un geste pour le rejoindre. Rhadamanthe le retient par l'épaule :
- Attends !
Le mouvement a fait réagir le jeune homme qui redresse la tête. Le Griffon tressaille en constatant que quelque chose a changé, même s'il n'arrive pas à définir quoi.
Lentement, Albafica se relève, l'Orichalque dérobé serré dans une main. Il semble sur ses gardes et ne les quitte pas du regard.
- Le sol… souffle Rhadamanthe. Vous avez remarqué ?
La rive est totalement fleurie autour d'Asopos et de son frère.
- Fascinant, commente le Père des Dieux à voix basse.
Poséidon fait un pas en avant :
- Albafica ! Tu aurais pu venir me parler au lieu de dérober un bien aussi précieux !
Il désigne la Pierre. Zeus tend un bras et l'arrête dans son avancée :
- Attends…
Impassible, Albafica lève le Trésor des Mers à la hauteur de ses yeux, avant de focaliser son attention sur son père :
- L'Orichalque n'a jamais été ta propriété, Roi des Océans.
Le concerné ouvre vivement la bouche pour protester.
- Silence ! siffle Zeus. Regarde ses yeux.
Le bleu habituel a cédé la place à de l'or profond aux reflets divins. Minos comprend alors que c'est ce détail qui le chiffonne depuis leur arrivée.
Sans plus se préoccuper d'eux, Albafica lève son bras libre. Instantanément, un somptueux Sceptre plus grand que lui apparait entre ses doigts. A son sommet, est enchâssé la forme stylisée d'un soleil dont le centre est creux.
- Quelle frime, susurre Aiacos.
Devant leurs mines décontenancées, le jeune homme place l'Orichalque dans la cavité de l'astre solaire, la Pierre s'emboîte parfaitement, taillée vraisemblablement sur mesure. Instantanément, le bâton s'illumine, comme gorgé d'énergie, tandis que son propriétaire ferme les paupières.
- Alba… murmure Minos.
Il le sent grâce à leur lien, le chagrin qui a submergé son amant un peu plus tôt. Ainsi qu'autre chose, de puissant, qu'il n'identifie pas clairement. La poigne de Rhadamanthe sur son épaule est solide et c'est avec stupeur qu'il remarque que les beaux cheveux bleus de son amant s'éclaircissent, imbibés d'une lumière provenant de son propre corps, jusqu'à devenir d'un bleu si clair qu'il en parait blanc. Il a également la certitude que leur texture a changé et est à présent semblable à la plus fine des soies. Sur son visage et ses bras se dessinent d'étranges arabesques d'or.
- Je connais ça…lâche-t-il à mi-voix. Je les ai vu lors de notre Echange de Sang.
- Moi aussi, j'ai déjà vu ces tatouages, approuve Aiacos.
Pieds nus, Aggelos entre dans l'eau qui se referme sur ses chevilles. Cette Divine Beauté au milieu du fleuve boueux et malade a presque quelque chose d'incongru.
Sans hésiter, le Seigneur de la Création plante brusquement l'extrémité de son Sceptre dans le fleuve. Un spasme agite Asopos au même instant tandis qu'une vive lueur se répand dans l'eau en une fraction de secondes.
- Il n'est pas en train de faire ce que je crois… ? demande Minos en écarquillant les yeux.
En quelques instants à peine, le cours d'eau est totalement purifié sous les regards ébahis du groupe. Zeus retient son souffle un bref instant face à ce prodige dont lui-même est incapable.
Poséidon tourne la tête en direction de son fils toujours étendu sur la rive, au milieu des fleurs. Asopos respire paisiblement et son visage reprend des couleurs à vue d'œil.
Le poing serré, Aiacos observe la guérison de son grand-père, avant de focaliser soudain son attention sur Cronos qui se tient à distance, mais qui n'a pas perdu une miette des évènements.
Est-ce qu'il n'aurait pas fait exprès de s'en prendre à lui ? Pour forcer Alba à éveiller son pouvoir ?
Le Juge des Enfers reporte son attention sur Albafica. Ou plutôt sur Aggelos. Au simple souvenir de ce nom, il peut sentir son sang rugir dans ses veines ainsi que l'irrépressible envie de se ruer vers lui pour le serrer dans ses bras. Ou l'égorger. Plus rien n'est clair dans sa tête. Ses jambes se mettent presque malgré lui en mouvement, comme s'ils répondaient à la présence de la Création.
Aggelos sent le sol vaciller légèrement sous ses pieds. Sauver le fleuve lui a demandé une énergie considérable, voilà longtemps qu'il n'avait pas eu besoin d'utiliser une telle quantité de pouvoir en si peu de temps.
- Alba !
Il tourne la tête vers la voix qui vient de l'appeler. Celle de Minos, il la reconnaitrait malgré des millénaires écoulés !
Le mouvement est trop brusque. Il chancèle dangereusement. Quelqu'un arrive en courant. Un sursaut de rage l'anime quand il reconnait celui qui se tient juste à ses côtés. Des yeux rouges. Cheveux noirs. Il esquisse un geste pour le repousser.
Aiacos a juste le temps de le réceptionner, inconscient, dans ses bras.
