Hi, c'est moi, la petite nouvelle.

Après avoir longuement admiré nombreux de vos écrits sur ce site. Je décide enfin de me lancer. Exercice très difficile pour moi qui n'est honnêtement jamais satisfaite par mes écrits. Pour autant, j'espère être à la hauteur pour vous. N'hésitez surtout pas à laisser un review, ça fait toujours plaisir et avoir vos retours sera source de motivation pour moi afin d'être régulière dans mes écrits.

Vous remarquerez sans doutes que j'ai repris l'introduction de Grey's Anatomy. En effet, je trouve qu'elle est parfaite pour débuter cette fanfiction. De plus, il y aura des références à la série, notamment concernant des passages très précis en terme de jargon médical. Et oui, malheureusement de ce côté là je ne suis pas une experte alors je vais sûrement piquer des éléments à la série.

Je vous laisse donc à votre lecture, xoxo.


Chapitre 1 - Épreuves d'endurance


« Chacun de vous arrive ici aujourd'hui rempli d'espoir et prêt à se jeter dans le jeu, il y a un mois vous étiez en fac de médecine, les médecins étaient vos professeurs. Aujourd'hui c'est vous les médecins. Les sept ans que vous passerez ici en tant que résidents de chirurgie seront les meilleurs et les pires de votre vie, on vous poussera à dépasser vos limites. Regardez autour de vous et dîtes bonjour à la compétition. Huit d'entre vous choisirons une spécialité plus facile, cinq craquerons sous la pression, deux seront prié de partir. Vous êtes sur la ligne de départ. C'est votre arène. Votre façon de mener le jeu, ne dépend que de vous. »

Ces mots résonnaient sans cesse dans sa tête. Emma inspira, la mâchoire serrée, le teint cireux et les traits tirés par le manque de sommeil. Elle venait de terminer sa garde de nuit au Massachusetts General Hospital.

Elle tentait de faire bonne figure, mais le coeur n'y était pas. On pense à tort, avoir tout vu dans ce métier mais ce jour-là, elle avait foncé dans un mur. Personne n'était préparé à un tel spectacle. Un bus scolaire était sorti de route, au croisement de Newbury St. et Commonwealth avenue après avoir percuté un autre véhicule. Bilan : trente sept blessés dont neuf enfants dans un état grave.

L'hôpital avait été prévenu en amont par les secours présent sur place et de nombreux internes avaient été appelés pour se tenir prêt à cueillir les multiples ambulances qui ne tarderaient pas à occuper l'espace par le timbre strident de leur sirène.

Ce soir-là, une personne se détachait des médecins de garde, donnant à ses équipes des ordres net et précis, ne laissant place à aucune espèce de doute. Sa voix été restait constante tout le long de son discours. Pour autant, posté à l'écart, Emma en avait perçu toutes les nuances de sa sensualité. Et tout comme l'ensemble des personnes présents ce soir là, elle avait aspiré à une telle force d'adhésion, à un tel soulèvement de son être et à une conviction si puissante qu'elle ne laissait place à aucune incertitude. En effet, le docteur Mills avait cet effet.

Brillamment diplômée d'Harvard, elle avait rapidement fait le choix de se spécialiser en chirurgie pédiatrique. Major de sa promotion et chef des résidents lors de ces années d'internat, les plus éminents dispensaires étaient nombreux à avoir convoité la jeune diplômée. Par la suite, elle avait fait ses armes dans les meilleurs hôpitaux du pays : Johns-Hopkins à Baltimore, Lutheran Hospital à Cleveland, Mount Sinai Hospital à New-York et bien d'autres au-delà même des frontières du pays. Au cours de sa carrière, elle avait même obtenu à seulement trente huit ans le prestigieux prix Albert-Lasker contribuant à féliciter les médecins ayant contribué à des avancées majeures en recherche médicale. Il fallait bien reconnaître qu'elle avait tout pour plaire : elle était riche, jolie, intelligente et parfaitement bien élevée. Pour autant, il subsistait un détail et pas des moindres : Régina Mills semblait être inaccessible.

Nombre de badauds avait osé ambitionner à obtenir des rapports dépassant le simple cadre professionnel avec l'indomptable brune. Ce n'était un secret pour personne, l'hôpital était un véritable terrain de chasse et personne n'y échappait, jusque là rien d'étonnant quand on savait que 80% des relations extérieures au cercle hospitalier aboutissaient à un divorce faute d'équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Les bruits de couloir ne manquaient pas. S'hasarder à ouvertement draguer le Dr. Mills avait un prix à payer et majoritairement il y avait deux cas :

Ceux n'osant plus jamais remettre les pieds au Massachusetts General Hospital et ceux ayant l'immense joie d'être de corvée de touchés rectaux des jours durant.

L'enjeu en valait-il la peine ? Emma s'accordait à croire que oui.


« Je n'en peux plus. Cette garde va avoir ma peau, Swan. »

La blonde sortit de ses pensées, surprise par son amie arrivant dans le réfectoire. Elle retira ses jambes étendues sur la chaise lui faisant face, laissant ainsi la brune s'asseoir à sa table, tout en portant sa tasse de café à ses lèvres.

« Tu n'as pas l'impression d'exagérer la situation, Rub, ça sonne très mélodramatique dans mes oreilles. »

« Ce qui est mélodramatique, c'est quatre-putain-de-jour sans contact physique, si tu vois ce que je veux dire. Belle a des horaires à l'opposé des miens, je suis au bord de la crise de nerf. »

Ici, chacun avait sa façon de décompresser. Ruby avait choisi la sienne, Emma, ne pouvait pas en dire autant. Elle appuya son regard et roula des yeux.

« Si ce n'est pas Belle, il y a toujours Anna ou même Aurore. Et j'en passe. »

Ruby éclata de rire.

« Certes, mais entre nous Belle reste ma préférée. Cependant interdiction de lui en souffler un mot. Les filles qui s'attachent, très peu pour moi. Je ne suis pas l'incorrigible romantique qui te caractérise, Swan. »

Ses doigts se crispèrent sur sa tasse. Elle soupira.

« La ferme, Rub. »

La brune renchérit.

« Je suis sérieuse. Depuis quand n'as tu pas vu le loup…? Et ne fais pas l'innocente, tu vois exactement où je veux en venir. »

Emma haussa un sourcil.

« Il n'y a pas si longtemps que ça au Eastern, il y a eu cette fille… »

Ruby se pencha sur la table, captant le regard de son amie.

« Emma, tu étais salement amochée ce soir là. Dois-je te rafraichir la mémoire ? Tu as vomi l'intégralité de ton estomac dans son décolleté. Personnellement, je n'appelle pas ça un contact charnel. »

La jeune interne se crispa à se souvenir. Comment aurait-elle pu oublier sa dignité froissée ?

Ce soir là, le coeur au bord des lèvres, elle s'était bêtement imaginé que la solution à tous ses problèmes pouvait se trouver au fond d'une bouteille de vieux malt. Elle avait donc rejoint son amie à une fête organisée dans une sororité proche du campus universitaire. Accoudée à ce qui faisait office de bar, elle avait passé une partie de la soirée à enchaîner les verres, s'étonnant elle-même de sa capacité à tenir l'alcool. Chaud et moelleux, le whisky avait coulé dans sa gorge tel un plaisir coupable, répandant sa chaleur dans son corps et lui donnant la sensation d'être vivante.

La sensation avait d'autant été plus forte quand ses pas l'avaient guidé sur la piste de danse, son corps se balançant au rythme de la musique, s'entremêlant en une danse terriblement érotique au bras d'une belle rousse. Une chose en entrainant une autre, elle avait fini par suivre cette fille à l'étage, dans une chambre. À peine la porte refermée, elles avaient continué à flirter, leurs lèvres se dévoraient, leurs langues s'aguichaient, s'agaçaient, faisant enfler sans cesse l'envie qui grandissait dans les reins d'Emma. Sa conquête tout juste allongée sur le lit, sa tête s'était mise à tourner et une vague de nausée l'avait envahi. La suite ? Inutile de la préciser. Ruby s'évertuait sans cesse à lui rappeler en toute occasion qu'elle avait passé la nuit à lui tenir les cheveux et à écouter ses élucubrations larmoyantes.

La totalité des ingrédients étaient réunis afin qu'elle ne puisse jamais oublier cette fameuse soirée. Elle était maudite. Et par dessus tout, elle était amenée à croiser le « motif » qui l'avait amené à vivre cette fâcheuse expérience et à boire sans retenu tous les jours au sein même de l'hôpital.

Jordan. C'était son nom. Son ex.

Elles s'étaient rapprochées lors de leur première année d'internat, deux ans à s'aimer, un an à vivre ensemble et il avait fallu qu'elle la surprenne, à cheval, sur un résident en chirurgie et ce dans leur propre lit. Ce même lit où des nuits durant, nues et enlacées, elles s'étaient dit qu'elles s'aimaient.

Emma avait fui ses problèmes et s'en était suivit cette fameuse soirée.

Le silence de la jeune interne ne fit que confirmer le constat de la brune.

« Mais ne t'en fais pas, bientôt cette histoire ne sera qu'un vague souvenir, compte sur moi pour organiser la meilleure soirée de médecine du siècle. Les invités seront triés sur le volet, j'y inviterais les pires canons que cet hôpital puisse connaitre et je compte bien sûr sur ta présence pour fraterniser avec tes consoeurs. » de ses poings joint, Ruby mima vulgairement un rapprochement.

La blonde ferma les yeux et inspira.

« On appellera ça : l'opération onenightstand. Je m'occuperais d'organiser ça avant les fêtes de Noël. »

Ruby se stoppa, semblant réfléchir en se mordant la langue. Elle n'était pas certaine que ce qui allait suivre plairait à sa colocataire. Emma avait toujours refusé que toute fête soit organisée dans sa maison, celle-ci ayant appartenu à ses défunts parents.

« Tu es ok avec ça ? Je pourrais organiser ça à la coloc plutôt qu'au Eastern, ça faciliterait bien des choses. »

A l'instant même où Emma rouvrit les yeux, son regard fut capté par une image loin d'être déplaisante. Elle se figea net, n'écoutant plus que d'une oreille les propos de son amie. Le docteur Mills venait de rentrer dans la cafétéria, accompagnée par l'un de ses proches confrères, David Nolan, titulaire en chirurgie traumatologique.

Elle était belle. Dotée d'un charisme littéralement ensorceleur. Emma se sentait incapable de détourner les yeux de cette femme, irrésistiblement séduisante. Indomptable et inaccessible pour le commun de ses prétendants. Cruelle déesse de l'impossible.

La chirurgienne détacha ses cheveux dans un mouvement fluide et glissa sa main libre sur sa nuque, la massant du bout de ses doigts. La fatalité de cette soirée ne l'avait pas épargnée, elle non plus. Elle avait jonglé entre la salle d'opération et les urgences de l'hôpital, traitant tous les patients sur un même pied d'égalité. Que la blessure soit superficielle ou non. Son engagement n'avait aucune limite.

Captivée par le charme muet qui se lisait dans ses yeux fauves, Emma ne se rendu compte que bien trop tard que ce même regard s'était arrêté sur le sien. Instantanément, elle se sentit stupide et détourna le regard, honteuse. Regina Mills était hors de portée et insaisissable pour au moins milles raisons.

« Emma, tu m'écoutes ? Suis-je censée prendre ton long silence pour un non ? »

Confuse et doublement honteuse de ne pas avoir écouté un seul mot de ce qu'avait pu dire son amie, elle essaya de sauver les meubles, approuvant simplement.

« Je…non…enfin…je veux dire ok, c'est ok. »

Etonnamment surprise, la brune préféra rester sur cette réponse positive. Avait-elle finalement balayé ses réticences ? Peu importe, elle allait organiser la meilleure soirée de l'année et cette fois-ci Emma ne resterait pas sur sa faim.

« Génial ! Tu ne seras pas déçu, Emma Swan. »

« Et merde… »

Un nouveau regard vers la chirurgienne finit d'achever la jeune interne. Qui une nouvelle fois croisa son regard.


POV REGINA

Elle s'accorda une pause tout en réprimant un bâillement, avant de consulter sa montre. La brune était épuisée. Sans surprise, elle avait travaillé toute la nuit, sans relâche. Et en cet instant précis, elle ne rêvait que d'un café noir et de s'emmitoufler dans ses draps chauds. Pour autant, elle allait devoir se contenter de la première option, du moins pour le moment. Une tonne de paperasse attendait encore sa signature et elle devait communiquer au chef de chirurgie quel étudiant aurait la joie de passer son internat à ses côtés. Chose qu'elle ignorait encore.

« Dure soirée ? » la questionna David, qui prenait dans moins d'une heure son service.

C'était devenu une habitude, même s'ils n'étaient pas sur les mêmes horaires, ils trouvaient toujours un moment pour se croiser et partager un café.

« Mh, un pneumothorax, une asystolie, de nombreux traumas et le , voilà qui résume assez bien ma soirée. » soupira t'elle en tendant un billet pour récupérer son café.

« Whale était de garde cette nuit ? »

Il grimaça, de la même façon que la brune l'avait fait quelques secondes auparavant en prononçant son nom.

« Je comprends mieux cet air lassé sur ton visage. Qu'a t'il encore fait ? »

« Rien qu'il n'ait déjà fait, David. »

Lassée, elle s'installa à une table se trouvant à proximité, suivit de près par David prêt à l'écouter.


Flashback

Elle venait tout juste de finir une intervention vitale au bloc, quand des éclats de voix l'interpellèrent. La chirurgienne avait d'abord tendu l'oreille, intriguée, pour finalement se décider à aller voir. A mesure qu'elle avançait, les voix lui semblaient plus claires.

« N'ai-je pas été assez clair ou êtes-vous simplement aussi bête que le laisse penser votre plastique ? Vous feriez mieux d'aller dandiner vos fesses sur une barre plutôt que dans mon service »

Aux paroles entendues, ses yeux s'agrandirent et elle ouvrit la bouche comme pour répondre à cette offense qui ne lui était pas adressée, alors même qu'elle n'était pas visible des deux protagonistes. De là où elle se trouvait, elle pouvait nettement voir une jeune femme blonde, serrer les poings afin de contenir sa colère croissante. Whale était un sombre idiot, rien de nouveau.

« , sauf votre respect, il est hors de question que j'amène le patient faire un scanner thoracique tant que celui-ci est en urgence vitale. Et ce malgré vos menaces et votre machisme débordant. » la blonde fit une légère pause « Qu'avez-vous à compenser ? »

« Attention, vous frôler l'insubordination ! Ce n'est pas vous qui allez m'apprendre à faire mon boulot. Obéissez ou vous pouvez dire adieu à votre avenir en tant que chirurgienne. »

« Je ne bougerais pas, même si je dois vous désobéir pour faire chuter la pression intrathoracique du patient. »

Il s'apprêta à répliquer mais Régina le devança tout en s'imposant dans leur champ de vision.

« Whale, si j'étais à votre place, je ne dirais pas un mot de plus, vous en avez déjà assez dit. »

Le chirurgien véreux la considéra, sidéré. Elle se tourna alors vers la jeune interne et la reconnu.

« Swan, c'est ça ? » Emma approuva d'un simple hochement de tête encore surprise par son intervention mais d'autant plus qu'elle connaisse son nom « Qu'en est-il ? »

Elle attrapa le dossier médical du patient des mains du Dr. Whale qui vraisemblablement était en train de virer littéralement au rouge.

« Georges…Weber, chauffeur du bus » dit-elle d'abord hésitante, face à la chirurgienne qu'elle n'avait cessé d'admirer depuis son internat « Pneumothorax suffocant…avec une détresse respiratoire croissante malgré que le patient soit ventilé…tachycardie et tension artérielle systolique. »

Dans un même temps, la brune effectua soigneusement l'auscultation nécessaire sous le regard mauvais de Whale. Une vie entière d'arrogance et de supériorité se lisait dans ses yeux mais ce n'était rien face au regard que le Dr. Mills lui lançait, empreint d'une colère sourde qui ne demandait qu'à exploser.

« Et bien, il semble que vous venez de sauver ce patient d'une mort certaine et l'hôpital d'un procès pour erreur médicale, Swan. »

Avec le sang-froid et l'efficacité propre au personnage, elle s'occupa de prendre en charge l'urgence de la situation, à même le couloir. Elle s'efforça aussi d'oublier, pour un instant du moins, sa rancoeur envers cet incompétent de Whale.

« Swan, pour une exsufflation à l'aiguille, je veux savoir ce que vous feriez. »

C'était sa façon parfaite pour se focaliser sur le patient. Mais aussi une manière détournée de jauger cette interne.

« Je…mh…bien sûr…le patient doit être installé en position demi-assise… » Les gestes de la chirurgienne dépassaient largement le débit de parole de la blonde qui peinait presque à suivre le rythme « Comme vous venez de le faire. Il existe deux voies…pour une exsufflation, antérieure et auxiliaire. La voie antérieure consiste à ponctionner…en regard du deuxième espace intercostal sur la ligne médioclaviculaire, au bord supérieur de la côte inférieure. La voie axillaire, s'attaque, elle par le quatrième espace intercostal sur la ligne axillaire. L'apparition de bulles d'air dans la seringue signifie le passage dans l'espace pleural. Le patient remonte immédiatement sa pression artérielle et sa SpO2… »

Elle réalisa alors que la brune avait déjà fini son exsufflation.

« On peut ensuite mettre en place un drain pleural… »

Fin du flashback


Elle avait ensuite pris en charge le patient au bloc opératoire, sans que Whale n'ose une seule fois lui tenir tête. La soudaine pâleur sur son visage ne laissait que peu de place au doute, le médecin savait qu'il avait merdé en beauté.

« Quel incompétent doublé d'un gros con. » la colère le tassa sur son siège et il mordit son poing « Je ne comprends pas pourquoi Gold s'entête à le garder au sein de l'hôpital. »

« Sans preuve, il ne fera rien. » soupira Régina « Le Dr. Whale ne s'en prend qu'aux internes ou aux infirmières. Il porte encore sur ses épaules l'image d'un éminent chirurgien, glorifié par son passé médiatique. Personne n'osera parler, un scandale d'une telle ampleur ne pourrait qu'entacher à jamais leur carrière. »

« C'est injuste ! Tu devrais monter dans le bureau de Gold et lui déballer ce que tu viens de me dire, accompagnée de cette interne ! Il ne pourra nier les faits ! »

La vie est injuste. C'est un fait. D'autant plus en tant que femme. Durant son parcours professionnel, Régina ne comptait plus le nombre d'hommes pourris qui avait pu freiner son ascension. La parole des femmes était encore trop souvent décrédibilisée d'autant plus dans ce milieu d'hommes. Une femme devait doublement prouver qu'elle méritait sa place. Même si cela ne semblait jamais assez.

« J'en parlerai avec elle, David. Mais même si j'ai pu être témoin de la scène, ça ne suffira pas pour Gold. »

Son attention se posa sur la jeune interne qu'elle avait repéré quelques tables plus loin.

« Et puis je doute qu'elle souhaite voir cette histoire s'ébruiter et commencer sa spécialisation avec un scandale sur le dos. Whale à l'air d'être le cadet de ses soucis. Crois moi. »

Elle porta le gobelet de caféine à ses lèvres et croisa le regard de la blonde qui détourna aussitôt les yeux.

« Je n'en doute pas. Surtout si elle compte avoir le parcours médical de ses parents. »

« Comment-ça ? » Elle fronça les sourcils.

« Tu n'as pas encore consulté les dossiers des internes ? » James secoua la tête « Pourquoi ça ne m'étonne pas ? Je suppose que tu ne sais pas non plus qui a postulé sur ta spécialité et qui tu vas choisir. »

Elle grimaça. Pour être honnête, elle n'avait pas eu le temps de se pencher sur ses dossiers.

« Touché. »

« Son nom entier est Emma Swan-Morrison. »

« Morrison…tu veux dire comme Abby et Jake Morrison ? »

« Exact. Je suppose…qu'elle ne se présente pas de cette façon pour pouvoir voler de ses propres ailes sans être dans l'ombre de ses parents. C'est tout en son honneur… »

« Ou que les gens ne cessent de la prendre en pitié… »

Abby et Jake Morrison. Lui généticien, elle neurologue. Deux cliniciens étroitement engagés dans de nombreuses causes humanitaires. Dans le monde médical, ils s'étaient fait connaitre grâce à dix ans de travaux de recherche menant à l'élaboration d'une trithérapie efficace contre Alzheimer, avant de devenir membre intégrant de l'OMS.

Cependant, en dehors du cercle médical, ils s'étaient fait connaitre d'une façon bien plus tragique. La brune se souvenait encore d'user les bancs de l'université quand la nouvelle avait secoué tout le pays.

« Les otages américain Abby et Jake Morrison ont été tué lors d'une opération militaire américano-yéménite visant à les libérer. Ils laissent derrière eux une petite fille de dix ans. »

Un hommage national leur avait était alors rendu à la télévision. Une cérémonie émouvante où était apparu la jeune fille du couple. Ce jour-là, elle avait courageusement pris la parole, non pas pour s'apitoyer sur son sort ou pour dépeindre un portait héroïque de ses parents mais bien pour rappeler à tout une nation que de nombreux autres otages américains étaient encore en captivité dans plusieurs autres pays et qu'il était du devoir de chacun de ne pas les oublier et de tout mettre en oeuvre pour qu'ils retrouvent leur foyer. Et tout ça du haut de ses dix ans.

Ses parents avaient alors reçu la légion d'honneur de façon posthume et leur fille avait été nommée pupille de la nation.

« C'est envisageable. En tout cas, elle m'a l'air d'être le parfait portrait de ses parents. Ambitieuse, engagée et intègre. Malheureusement pour moi, elle ne s'est pas positionnée sur ma spécialité. »

« Mh. » approuva simplement la brune. La jeune interne avait sûrement souhaité se positionner sur de la neurochirurgie ou en cardiologie comme la plupart des étudiants en médecine.

« Mon dieu, je n'avais pas vu l'heure. Je dois prendre mon service. Quant à toi, ne tarde pas à rentrer, la paperasse peut toujours attendre. » Sur ces mots, il quitta le réfectoire et fila en direction des ascenseurs.

Elle roula des yeux, David commençait bien trop à la connaître. Pour autant, une nouvelle fois, elle ne comptait pas le prendre au mot. C'était un fait, elle détestait quitter l'hôpital en ayant laissé du travail derrière elle. A son tour, elle ne tarda pas à se lever, son café à la main, prêtre à retrouver les quatre murs de son bureau.

La chirurgienne n'était jamais pressée de quitter ce lieu, qu'importe la journée difficile qu'elle avait pu passer. Contrairement à tous les patients qui poussaient les portes de cet hôpital, elle trouvait cet endroit familier et rassurant. Comme un point d'ancrage. L'opposé même de son appartement impersonnel et aseptisé, témoin de sa solitude. Quel triste constat.

Arrivée dans son bureau, elle s'effondra dans son fauteuil, tout en tâchant de repousser l'émotion qui la submergea. Elle commença alors par classer ses dossiers selon leur importance et tomba rapidement sur le dossier qu'elle avait repoussé jusqu'à aujourd'hui. Elle soupira, se parlant à elle même.

« Je pense que tu n'as plus le choix, Régina. Reculer pour mieux sauter. »

Sans attendre, elle glissa ses lunettes sur son nez et mouilla son doigt contre sa langue pour pouvoir séparer les papiers qui s'entremêlaient. Cela faisait des jours que le dossier l'attendait sur son bureau et elle n'avait même pas pris la peine de l'ouvrir, jugeant que ses jeunes patients l'importaient plus, qu'apposer son choix sur l'interne qui aurait le mérite d'étudier à ses côtés cette année. Et dieu sait qu'elle allait devoir faire preuve de patiente.

S'il y avait bien un mot qui ne pourrait jamais qualifier la brune. C'était bien celui-ci. Cependant tout est relatif : certain dirait qu'il s'agit là d'une question de point de vue. En effet, la belle brune savait être extrêmement patiente face à ses patients alors même qu'elle pouvait être incapable de garder son sang froid face à n'importe quel adulte incompétent.

Et c'est ce qui l'avait épargné de cette tâche ingrate jusqu'à aujourd'hui. Gold et elle avait conclu un marché. Ses confrères assuraient le tutorat des nouveaux entrants et en contrepartie elle assurait la gestion de la totalité des partenariats humanitaires qui faisait aujourd'hui rayonner l'hôpital au delà des frontières américaines.

Toutefois, il semblait que Gold en ai décidé autrement cette année et il semblait aussi qu'elle n'avait pas eu son mot à dire.

« John Dogan, sérieusement ? Je serais curieuse de voir cet abruti face à un enfant. Il est certain qu'il ne tiendrait pas deux minutes avant de partir en courant. »

Elle ricana, à vrai dire elle n'avait aucune envie de valider sa théorie. Nonchalamment, elle fit défiler les autres profils sous ses yeux. Elle arriva rapidement à la conclusion qu'aucun d'entre eux ne correspondait à sa spécialité. Certes, ils n'étaient pas tous mauvais, loin de là mais elle avait suffisamment passé de temps aux urgences auprès d'eux pour s'être forgé une opinion non loin de la réalité.

Il suffisait de s'appuyer sur les faits de sa garde actuelle. Beaucoup n'avaient pas su apaiser les enfants meurtries par les séquelles de l'accident, d'autant moins quand il avait s'agit de faire face aux parents totalement inquiets. Il fallait avoir les épaules pour faire face à son quotidien. Perdre un patient était une chose, perdre un patient s'avérant être un enfant en était une autre. En pédiatrie, il n'y avait pas de simple investissement, il s'agissait ouvertement de responsabilité. Le médecin était responsable de la survie d'un enfant et donc de son avenir. Il y avait de quoi être terrifié. Et Regina était capable de citer précisément tous les noms des patients qu'elle avait perdu jusqu'alors dans son service. Leur mort était un poids qu'elle ne cesserait de porter.

« Comment suis-je censée choisir ? » elle grogna, relâchant ses dossiers, mécontente de devoir faire un choix en toute aversion.

Elle manqua alors de laisser échapper une feuille, volante. Elle stoppa alors de justesse son envolée à l'aide de son pied et se pencha pour rattraper la fuyarde. Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsque ses yeux tombèrent sur la photo présente sur le document.

« Et dire que j'étais à deux doigts de passer à côté » dit-elle en inclinant la tête et plissant les yeux « Emma…Swan »

To be continued