Bonsoir à tous ! Je m'excuse sincèrement pour mon absence ! Voici le chapitre onze ! J'espère que vous êtes toujours présents !

Bonne lecture !

Chapitre 11

Lorsqu'Edward ouvrit les yeux, le réveil installé sur la table de chevet en bois clair indiqua tout juste 7h03. Bella était encore blotti contre lui, bloquant une partie de son torse ainsi que son épaule droite. Malgré la douleur qui lui tiraillaient légèrement les muscles, il resta un moment dans le lit à contempler la jeune femme. Elle avait le visage calme et reposé malgré les événements de la veille. Ses longs cils étaient encore humides, signe qu'elle avait du pleurer un long moment pendant qu'ils dormaient.

Edward porta sa main libre à son visage pour la caresser mais stoppa son geste à quelques centimètres de sa joue. Il se ravisa, reposa son bras dans le lit et serra fermement son poing. Il ne devait surtout pas céder à ses instincts protecteurs. Cela ne ferait que faire souffrir Bella encore plus.

Il avait déjà manqué à son devoir hier soir en venant ici. Mais qu'aurait-il du faire ? Rester chez lui, ignorer la souffrance de la jeune femme et laisser son frère et sa belle sœur se débrouiller ? Venir l'apaiser et partir comme un voleur dans la nuit... ? Non... ce n'était pas sa personnalité... Edward était un homme de confiance, qui aidait ses proches, pas qui les laissait souffrir...

Mais Bella était-elle une proche à lui ? Cela faisait même pas 2 mois qu'elle était dans leurs vies... 2 mois, cela était largement suffisant pour faire basculer son petit train-train... Mais cela ne pouvait pas continuer. Il ne pouvait pas perdre le fil de sa vie pour elle. C'était beaucoup trop étrange. Il devait retrouver un sembla de sa vie d'avant et surtout... il devait empêcher sa famille de s'engouffrer dans cette histoire avec lui. Ils n'avaient rien demandés et à cause de lui, ils se retrouvaient tous impliqués là dedans. Edward ne pouvait pas continuer comme ça. Il devait les aider... Malheureusement la seule solution qui lui vint à l'esprit n'allait pas du tout leur plaire. Mais tant pis, Edward était bien décidé à aller jusqu'au bout et de s'en sortir tout seul. Il regarda encore une fois Bella dormir contre lui. C'était sûrement la dernière fois qu'il pouvait la contempler entrain de dormir, dès que son rôle de curateur serait officiel, il ne pourrait plus avoir ce droit là...

Edward se frotta les yeux avec sa main gauche. Il commençait à avoir mal à la tête avec toute cette confusion. Il regarda de nouveau le réveil : il était 8h17. Il ne pouvait pas rester ici indéfiniment. Il avait donné rendez-vous à Amber chez lui cet après-midi afin qu'ils puissent discuter encore de son contrat de curateur. On était samedi et normalement Amber ne travaillait pas les week-end mais le cas de Bella était assez complexe, elle s'était autorisée des heures supplémentaires.

Edward se releva légèrement pour se lever du lit. La première étape consistait à se lever sans réveiller Bella : tout doucement, il posa son bras valide contre le dos de la jeune femme pour la faire basculer de son épaule sur le matelas. Avec toute la délicatesse du monde il y parvint sans trop d'encombre. Une fois débarrassé du poids de Bella, Edward sentit à nouveau son sang circuler dans sa partie droite -ils avaient dormi trop longtemps dans cette position-.

La deuxième étape consistait à se lever et fermer la porte sans la réveiller : il attrapa ses chaussures et se leva doucement pour éviter au matelas de trop bouger. D'un geste vif et silencieux, il atteignit la porte de la chambre et l'ouvra lentement. Heureusement pour lui, l'appartement de Rosalie et Emmett était plutôt récent (cela faisait tout juste 2 ans qu'ils avaient emménagé), ce qui évitait les portes de craquer dès qu'on les ouvrait.

Une fois se périple terminé, Edward s'autorisa enfin à respirer. Il souffla un bon coup et rejoignit son frère et sa belle-sœur dans la cuisine.

Ils étaient tout les deux entrain de préparer le petit-déjeuner. Emmett fut le premier à remarquer son frère.

« Tiens, déjà levé... aaaah ? », Emmett s'installa sur une chaise autour de la cuisine en baillant grossièrement.

Edward leva sa main en signe de réponses et s'installa sur le canapé pour enfiler ses chaussures. Il remarqua les traits tirés de son frère. Il n'avait pas passé une bonne nuit apparemment. Il regarda sa belle-sœur entrain de faire le café : elle avait de vilaines cernes sous ses yeux clairs et le visage fermé. Elle non-plus n'avait pas passé une bonne nuit visiblement.

« Ça va vous deux ? » finit par leur demander Edward en ajustant ses chaussures, « j'ai l'impression que vous n'avez pas passé une bonne nuit... »

Le regard meurtrier que lui lança Rosalie depuis la cuisine, convaincu Edward de ne pas s'attarder sur ce sujet.

« Bella dort encore ? » s'étonna Emmett.

« Oui, j'ai réussi à sortir du lit sans la réveiller, je dois partir » répondit son frère en attrapant la tasse de café fumante que venait de lui servir Rosalie.

« Tu crois que ça va aller ? » demanda Rosalie en s'installant à son tour autour de la table, une tasse de café chaud en main.

« Nous n'avons pas le choix » répliqua brusquement Edward. Rosalie se tut et bu une gorgée de café. Emmett lança un regard entendu vers sa femme.

« Tu sais frérot... va bien falloir qu'on trouve une véritable solution pour elle » commença Emmett, le regard fermé. Edward s'apprêta à répondre mais Emmett l'en empêcha. « Nous savons tous ici, qu'elle est accro à toi pour je-ne-sais quelle raison. Mais ça devient malsain et bizarre cette histoire. Tu dois bien l'admettre toi aussi. Si tu deviens son curateur à partir de lundi, tu ne pourras plus venir la voir comme bon te semble et venir dormir ici lorsqu'elle ne se sent pas bien. »

« Tu crois que je ne le sais pas ?! » la voix d'Edward s'était élevée malgré lui. Il ne voulait pas crié pour ne pas réveiller Bella, mais également car il n'avait aucune raison de s'énerver après sa famille. Ils étaient là pour l'aider et il savait parfaitement que la situation dans laquelle étaient actuellement Rosalie et Emmett était entièrement de sa faute. Edward serra la mâchoire et inspira un bon coup.

« Excusez-moi, j-je ne voulais pas crier. » Emmett regarda son frère, acceptant silencieusement ses excuses. « Je sais que la situation est vraiment bizarre, même moi j'ai l'impression de perdre pied. Je n'arrête pas de ressasser cette histoire de toutes le façon possible dans mon esprit... Que se serait-il passé si j'étais rentré une demi-heure plus tôt ou plus tard ce jour là ? Si j'avais ignoré la souffrance de Bella et que je l'avais tout simplement laissé dans un hôpital... ? Si je l'avais simplement renversé et tué par accident... ? » cette dernière question les fit tous frissonner. Heureusement que ce drame n'ait pas eu lieu... Autant il aurait peut-être éviter à Bella de souffrir davantage mais leurs vies à eux, sa famille, auraient été détruites pour toujours.

« Je m'excuse également de vous avoir tous embarqué dans cette histoire. »

Le discours d'Edward prenait une tournure étrange. Comme si au fond de lui, il avait prit une décision que le ferait très certainement souffrir mais qui éviterait bien des tracas à sa famille. Emmett scruta son frère d'un œil soucieux. Le regard qu'avait actuellement Edward n'inaugurait rien de bon, il le connaissait.

« Edward, ne me dis pas que tu... »

« Si Emmett, j'ai bien réfléchis depuis hier soir et cette situation ne peut pas continuer. » Rosalie regarda tour à tour son beau-frère et son amant. Elle était la seule à ne pas comprendre les propos d'Edward.

« Je vais voir avec Amber si nous pouvons mettre Bella sous la protection de la police judiciaire, comme ça vous n'aurez pas à prendre soin d'elle. »

Rosalie écarquilla les yeux. Edward souhaitait vraiment voir Bella sous la protection judiciaire ? Elle connaissait son beau-frère, il ne serait jamais capable de tenir le coup une seule semaine. Il finirait par craquer et s'empresserait de retrouver Bella pour la ramener avec lui. Rosalie secoua la tête, cette solution était beaucoup trop dangereuse car si cela venait à se produire, Edward serait arrêté pour enlèvement et autant dire que les conséquences seraient irréversibles pour lui.

« C'est hors de question Edward »

« Rosalie ma décision est déjà prise. »

« La mienne aussi. Je te le répète, c'est hors de question. », son ton était sans appel, mais Edward se doutait qu'elle réagirait comme ça. Il avait prévu son coup. Il ferma les yeux pour pouvoir s'exprimer.

« Rosalie, je sais que tu ne souhaites pas t'occuper de Bella car malgré son âge, elle te rappelle ce que tu ne pourras jamais avoir avec Emmett ».

La tasse de café de la belle blonde se fracassa sur le sol en éparpillant les débris un peu partout dans la pièce. Emmett se leva brusquement et attrapa son frère par le col de son tee-shirt noir. Son regard était d'une noirceur extrême, Edward avait dépassé les bornes allègrement. Rosalie disparut rapidement dans leur chambre, sous les yeux d'un Edward sincèrement désolé.

« Comment oses-tu... » murmura Emmett d'un ton menaçant, « je ne sais pas à quoi tu joues, mais tu sais quoi ? Tu vas jouer tout seul. Tu vas trop loin Edward, c'est terminé ! » tonna Emmett en relâchant sauvagement le col de son frère. Edward inspira plusieurs fois pour reprendre son souffle. Il s'était attendu à cette réaction, mais même en s'y attendant son frère pouvait vraiment faire peur parfois.

Edward sourit amèrement. Il avait gagné la première bataille. S'apprêtant à récupérer ses affaires pour partir, une bruit de verre brisé sur le sol retentit dans l'appartement. Edward regarda en direction du couloir. C'était sûrement Rosalie qui extériorisait sa peine et sa douleur.

Mais rapidement Edward vit sa belle-sœur sortir de la chambre et se diriger dans la chambre d'en face. C'était celle de Bella. Le sang d'Edward ne fit qu'un tour et se pressa également vers elle. Emmett lui bloqua l'accès au couloir. Edward le regarda furieusement.

« Emmett, lâche moi ! Je dois aller la voir ! »

« Edward, je te le répète : c'est terminé. Rentre chez toi et ne revient plus ici. »

Lorsque Rosalie avait ouvert la porte, on entendait très clairement les pleurs de Bella : elle s'était réveillée sans Edward à ses côtés.

Le sens des mots de son frère frappa Edward en pleine poitrine. Les yeux écarquillés, il regarda son frère s'éloigner pour entrer à son tour dans la chambre et refermer derrière lui. Edward se laissa tomber au sol. Il venait de perdre Bella.

Lorsque Rosalie entra dans la pièce, elle trouva Bella entrain d'essayer de se lever du lit pour rejoindre la sortie. Elle comprit bien vite qu'en s'appuyant sur la commode à côté du lit pour se lever, elle avait glissé et avait fait tomber le vase posé dessus comme décoration.

« Bella... » murmura-t-elle en s'approchant.

Bella secoua la tête à plusieurs reprises. Elle ne voulait pas voir Rosalie.

« Ed-Edward... »

La poitrine de Rosalie se serra. Évidemment qu'elle voulait voir Edward. Mais c'était impossible, elle ne le verrait plus pendant un long moment à présent...

« Il est partie Bella... je suis désolée... »

Bella secoua plus vivement la tête, des larmes perlant de chaque côté de ses yeux bruns.

« N-non... il m'a promit... » murmura-t-elle en se laissant choir sur le sol, incapable d'aller plus loin. Un morceau de verre s'enfonça dans son pied, mais Bella ne semblait pas ressentir la douleur.

Rosalie s'approcha lentement, puis ramena les débris de verre vers elle pour éviter que la jeune femme ne se refasse mal. Elle jaugea la réaction de la jeune femme à chaque pas qu'elle faisait pour se rapprocher d'elle. Elle ne semblait rien dire. Rosalie avança encore un petit peu. La porte s'élargit et Bella regarda en direction de celle-ci pensant voir Edward. Mais ce n'était pas Edward... c'était Emmett... Lorsqu'il referma la porte derrière lui, les pleurs de Bella repartirent de plus belle.

« Ed-Edward ... » murmura-t-elle.

« Désolé Bella, Edward est parti... » répondit Emmett en restant bien contre la porte, prêt à partir si sa présence dérangeait la jeune femme. À ce moment là, Emmett entendit sa porte d'entrée s'ouvrir et se fermer. Edward était bel et bien parti. Il avait comprit le message d'Emmett.

Bella regarda tour à tour les deux personnes dans la pièce. Elle ne voyait pas Edward... était-il réellement parti ? Une douleur à la poitrine surgit et elle plaça rapidement l'une de ses mains contre son cœur. Ça faisait terriblement mal. Rosalie s'approcha un peu plus en voyant la jeune femme recourbée.

« Bella, tout va bien ? Tu as mal au cœur ? »

Bella releva la tête et recula contre la commode en remarquant la présence un peu trop proche de Rosalie. Elle ne la connaissait pas, elle avait peur. Bien vite, Rosalie s'agenouilla pour être à sa hauteur.

« N'ai pas peur Bella, je ne te veux aucun mal... je suis de la famille à... E-Edward ». Rosalie avait eu du mal à finir sa phrase, la douleur encore évidente des propos de son « beau-frère ».

Dès qu'elle reconnut le prénom d'Edward son visage s'illumina et elle regarda en direction de la porte. Toujours pas d'Edward en vu. Elle regarda à nouveau la jeune blonde avec une regard interrogateur. Pourquoi avait-elle dit le prénom d'Edward ?

« Non excuse moi ma belle... Edward n'est pas ici... », Rosalie regarda Emmett, elle ne savait plus quoi lui dire pour qu'elle le comprenne...

« Je vais lui chercher de l'eau et à manger », s'empressa Emmett en sortant de la pièce. Il n'avait également aucune idée de quoi lui dire.

Rosalie inspira un grand coup et regarda Bella dans les yeux. La première fois que les deux jeunes femmes s'étaient vues, il y avait eu une connexion. Peut-être que cette connexion pouvait réapparaître ? Rosalie espéra que oui, car c'était sa dernière solution avant d'appeler Carlisle.

Rosalie ne quitta pas un instant le regard de Bella qui se faisait fuyard. Elle n'osait pas la regarder trop longtemps. Bella tritura ses doigts nerveusement et ramena ses jambes contre son torse. Elle jeta un petit regard vers Rosalie puis bien vite reporta son attention sur ses jambes. Puis elle réessaya, une fois, deux fois, trois fois... Jusqu'à ce que le regard de Bella se fit plus long. Rosalie esquissa un très léger sourire apaisant pour qu'elle comprenne qu'elle ne lui ferait aucun mal.

Cela sembla marcher. Les muscles de la jolie brune semblèrent se détendre au fur et à mesure qu'elles se regardaient.

Emmett arriva à ce moment précis avec un verre d'eau et un peu de porridge (qu'ils avaient préparé la veille). Il observa la scène avec fascination. Il pouvait ressentir cette connexion entre les deux jeunes femmes.

Bella avait cessé de pleurer et son regard était curieux. Il ne pouvait pas voir le visage de sa femme, mais il se douta qu'elle devait être contente d'avoir réussi à la calmer.

Rosalie tendit une main vers Bella et cette dernière la regarda avec interrogation ? Que devait-elle faire ?

Rosalie rigola brièvement.

« Tu peux juste toucher ma main pour te rendre compte que je ne te veux aucun mal ».

Bella ne sembla pas avoir comprit le moindre mot mais approcha nerveusement l'une de ses mains vers la sienne. Très brièvement leurs mains se touchèrent et Bella recula, comme si le contact l'avait brûlé.

« N'ai pas peur... je ne te veux aucun mal... » murmura à nouveau Rosalie en réitérant son geste.

Bella semblait apaisée par la voix douce et chantante de la belle blonde. Elle retenta sa chance mais cette fois-ci garda sa main sur la sienne un peu plus longtemps.

Sa peux était très douce constata Rosalie en repensant à leur première rencontre. Au départ, sa peau était très déshydratée et ses mains possédaient plusieurs crevasses. Désormais ses mains étaient lisses et douces. Edward avait bien veillé sur elle reconnut Rosalie.

« E-Edward ? »

Rosalie baissa les yeux et secoua négativement la tête. Elle voulait toujours voir Edward.

Les yeux de Bella se plissèrent et de nouvelles larmes pointèrent le bout de leur nez dans le coin de ses yeux.

« Je suis désolée... » répéta Rosalie.

Comme si ses dernière paroles avaient réussi à atteindre Bella, elle se jeta sur Rosalie pour pleurer un bon coup.

Surprise, Rosalie eut un mouvement de recul mais bien vite, elle serra Bella contre elle. Emmett qui était resté derrière à observer la scène, s'approcha pour déposer le verre d'eau et le bol.

«Elle ne veut pas comprendre qu'Edward est parti » murmura Rosalie à l'attention d'Emmett.

« Je sais, je vous ai observé... il va lui falloir un certain temps d'adaptation... »

« Elle a une confiance tellement aveugle en lui... »

« Je sais... c'est étrange n'est-ce-pas ? Avoir confiance à un pareil abruti c'est vraiment bizarre... »

Rosalie sourit à sa dernière remarque. Edward avait dépassé les bornes ce matin, elle le savait très bien. Mais au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de croire qu'il y avait une autre raison derrière cette méchanceté. Jamais Edward n'avait agi de telle sorte. C'était vraiment quelque chose d'inhabituel chez lui.

Au bout de vingt minutes, Bella avait finit par s'endormir sans boire ni manger. Rosalie l'avait recouché dans son lit et ils étaient tout les deux sortis de la chambre pour s'asseoir sur le canapé.

« Emmett... ? »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Je repense à ton frère pour ce matin et je... »

« Ne me reparle pas de cet abruti Rose... »

« S'il te plaît, écoute moi... ! »

Emmett jeta un regard sur sa compagne, elle semblait bouleversée, il fallait qu'elle se livre.

« Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il ait dit ça pour une autre raison que la méchanceté. Et je te connais suffisamment pour savoir que tu penses la même chose que moi. »

Emmett poussa un long soupir.

« Je sais que cette tête brûlée a agit dans l'unique but de nous enlever le fardeau de Bella. » Rosalie se blottit un peu plus contre lui. « Cependant c'est trop tôt pour que j'ai actuellement une discussion avec lui. Je vais le laisser ruminer pendant quelque temps -au moins jusqu'à Noël- cela lui fera les pieds. »

« En parlant de Noël, c'est dans trois semaines et nous n'avons pas encore discuté du repas avec tes parents... Maintenant que Bella vit avec nous, cela va être compliqué tu ne crois pas ? »

Emmett sembla réfléchir un instant.

« Non, mes parents voudront que l'on vienne avec Bella. Et puis tu oublies qu'il y aura Edward, il voudra voir sa Bella... »

« Je croyais que tu ne voulais plus qu'il la voit » souligna malicieusement Rosalie avec un sourire. Emmett sourit à son tour et embrassa le front de sa femme.

« J'aime suffisamment mon frère pour ne pas le faire souffrir plus d'un mois. »

Une fois arrivé chez lui, Edward s'effondra dans son canapé. Il n'avait pas la force d'atteindre sa chambre à l'étage. Il jeta un œil à son téléphone. Personne ne l'avait appelé : ni Rosalie, ni Emmett. Il espéra au plus profond de son cœur qu'ils avaient réussi à calmer Bella. L'entendre pleurer pendant que son frère l'interdisait d'aller la voir, lui avait broyé les entrailles.

Mais il ne pouvait s'en prendre qu'à lui même. Au vu de l'atrocité qu'il avait dit à Rosalie sur le fait qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfant, il avait trouvé la réaction de son frère plutôt calme.

Cependant il n'avait pas suffisamment réfléchit aux conséquences. Comment allait-il avoir des nouvelles de Bella désormais ?

Sans prendre en compte son rôle de curateur (qui allait lui donner l'autorisation de voir Bella dans un cadre officiel), il s'était dit que son frère et sa belle-sœur lui en donneraient régulièrement mais maintenant, il n'en était plus aussi sûr. Le regard noir et froid qu'avait eu Emmett à son égard lui avait bien fait comprendre qu'il ne ferait plus partie de leur vie.

Edward se leva brusquement du canapé, prit de cours par une nausée. Il marcha rapidement vers les toilettes du bas et expulsa tout son repas de la veille, la sueur perlant sur son front. Une fois terminé, il grimpa tant bien que mal jusqu'à la salle de bain et s'aspergea d'eau sur le visage. Il trouva la force de se glisser sous la douche et une fois propre, il tomba lourdement sur son lit.

Biiiip... Biiiip...Biiiip...

Edward émargea doucement en entendant son téléphone sonner. Il se leva brusquement prit d'un vertige en supposant qu'il s'agissait sûrement de son frère au sujet de Bella.

Il attrapa à la hâte son téléphone et décrocha sans prendre le temps de voir le nom de son interlocuteur.

« Allô Emmett ?! »

« Euh... non c'est Amber... » répliqua une voix féminine à l'autre bout du fil.

Edward s'assit sur le rebord du lit et prit sa tête dans sa main libre. Non... ce n'était pas Emmett... ni Rosalie...

« Oh.. euh Amber, salut excuse moi je croyais que c'était...mon frère... » pourquoi se sentait-il obligé de se justifier... ? Décidément rien ne tournait rond dans sa tête.

« J'ai cru comprendre cela en effet... » rigola doucement l'avocate. « Je me permet de t'appeler car cela fait plusieurs minutes que je sonne chez toi et personne ne me répond donc j'ai supposé que tu avais oublié notre rendez-vous ? »

Edward regarda son horloge. Il était plus de 16h. Il s'était endormi sans penser à mettre un réveil. Il se retint de se fracasser la tête contre le mur. Stupide, c'est tout ce qu'il était.

« Non excuse-moi je me suis assoupi dans ma chambre, je n'ai pas vu l'heure, j'arrive tout de suite. »

Il raccrocha et descendit ouvrir à son invitée.

Une fois tout les deux installés sur le canapé avec un café bien chaud, Amber déposa une pile de document sur la table basse. Elle attrapa sa tasse et bue une gorgée.

« Tout à l'heure, tu as cru que j'étais ton frère... Pourquoi, il s'est passé quelque chose ? » questionna-t-elle pour faire la conversation.

« Non rien de spécial... »

« Tu as eu des nouvelles de Bella depuis son départ hier ? »

Edward hésita à répondre. Que devait-il lui dire ? La vérité ? Lui dire qu'il avait reçu un appel à une heure tardive dans la soirée et qu'il s'était empressé d'aller la rejoindre ? Non... il ne pouvait pas lui avouer ça, Amber ne comprendrait pas et remettrait en doute ces capacités d'être son curateur. Déjà qu'il avait perdu le droit de la voir quand il le souhaitait, il ne pouvait pas prendre le risque de ne plus jamais la voir.

Il décida donc de jouer la carte de l'innocence.

« Non pas spécialement, je suppose que tout va bien pour elle » mais sa réponse ne parut pas convaincre Amber. Elle essaya une autre question.

« Tu veux dire que personne ne t'a donné de ses nouvelles pour savoir si elle a bien réagit à son réveil sans ta présence ? »

Edward tiqua. Elle était un peu trop curieuse à son goût.

«Ils ont du penser que cela ne servirait à rien de me dire si Bella a pleuré ou non »

«Et toi qu'en penses-tu ? »

Edward sentait le sang bouillonner en lui. Il fallait vite qu'ils changent de sujet.

« J'en pense que tu n'es pas venue ici pour ça et que l'on a un tas de document à lire ensemble.»

La voix d'Edward était sans appel. Amber ressentit qu'elle avait touché une corde sensible.

« Tu as raison excuse moi. Je t'ai amené tout les papiers. On peut commencer par établir ensemble ton actions à mener auprès de Bella puis les actions à mener en dehors de Bella »

« Qu'est-ce que cela veut dire auprès et en dehors de Bella ? »

« Eh bien, tu dois comprendre que tu vas être son curateur. Tu ne vas plus pouvoir l'approcher comme tu le faisais jusqu'à présent. »

Edward encaissa la nouvelle. Bien sûr il savait qu'en tant que rôle officiel de curateur il y avait certaines limites à ne pas franchir mais l'entendre rendait la chose encore plus concrète et Edward comprit qu'il s'éloignait pour de bon de Bella.

Trois bonnes heures après avoir feuilletés et échangés sur les documents, Edward avait besoin d'une pause. Il posa le dernier document qu'il était entrain de lire : celui de bien faire la distinction entre curateur et tuteur.

« Je ne crois que j'ai besoin d'une pause » souffla Edward en se levant et s'étirant. « Tu veux boire quelque chose ? »

Amber s'étira à son tour et se leva pour rejoindre Edward dans sa cuisine.

« Oui, je veux bien un verre d'eau s'il te plaît. »

Edward s'exécuta et posa son verre sur le bar.

« Alors, pas trop compliqué toute cette paperasse ? » demanda Amber, d'un air amusé.

« J'espère surtout que ton travail ne se résume pas à faire que ça ? »

Amber rigola et Edward ne put s'empêcher de trouver son rire agréable.

« Non je t'assure, je ne fais jamais de renseignement, n'oublie pas je suis avocate, mon rôle est de défendre des gens pas de les conseiller et leur apprendre comment devenir curateur »

Edward tiqua à cette réplique.

« Alors pourquoi avoir acceptée de m'aider ? »

Amber resta silencieuse un moment, afin de trouver la bonne réponse.

« Eh bien disons que ton histoire avec cette jeune femme m'a touchée donc j'ai voulu vous aider tout les deux à ma façon »

La poitrine d'Edward se serra. Leur histoire avait réussi à toucher un défenseur de la loi mais par pur égoïsme il avait saccagé leur histoire.

« Edward, tout va bien ? »

Edward revint à l'instant présent.

« Oui excuse-moi je réfléchissais... »

« Oh et puis-je savoir à quoi tu pensais ? »

Edward regarda Amber dans les yeux. Elle ne le laisserait pas tranquille tant qu'elle ne comprendrait pas ce qu'il s'était passé depuis la veille. Il regarda par la fenêtre et essaya à nouveau d'esquiver le sujet.

« Je ne comprend pas pourquoi je dois être déclarer curateur de Bella alors qu'au vu des circonstances je devrais plutôt être son tuteur. »

Amber prit un regard plus sérieux. Elle comprenait parfaitement son incompréhension. En tant normal un curateur intervient lorsque la personne vulnérable est capable de vivre en autonomie. Au vu des circonstances actuelles, Bella ne pouvait pas vivre en autonomie puisqu'elle était placée sous la protection d'Emmett et Rosalie.

« Je comprends ton questionnement. Comme je te l'ai expliqué hier, le juge a pour objectif que Bella vive en autonomie. Elle possède ses capacités motrices et psychiques et pour le juge cela est largement suffisant »

« Mais tu sais très bien que Bella n'est pas du tout autonome en ce moment »

« Avec ton frère et Rosalie, elle le deviendra. » elle inspira un bon coup avant de reprendre. « Tu dois comprendre que pour M. Kersby, il était hors de question que tu deviennes son tuteur pour des raisons évidentes »

Edward se retourna subitement vers Amber.

« Des raisons évidentes ? »

Amber se leva et s'approcha doucement d'Edward.

« Écoute Edward... lorsque je t'ai dit tout à l'heure que votre histoire m'a touchée, c'était dans le sens où je trouve que tu es une personne formidable pour prendre soin d'une inconnue comme tu l'as fait »

« Termine ta phrase, je sens qu'il y a un ''mais'' »

Amber sourit brièvement.

« Mais tu dois savoir que pour M. Kersby, votre histoire lui pose quelques soucis »

« Je ne... comprend pas... », Amber était proche de lui. Il était difficile pour lui de rester calme et neutre. Amber était une très belle femme, son type de femme en plus. Il avala difficilement sa salive et essaya de rester concentré.

Amber savait qu'elle ne le laissait pas indifférent. À vrai dire elle n'était pas indifférente à lui non plus. Edward était vraiment un bel homme. Son corps, tout entier était suffisamment long et musclé. Ses cheveux partaient dans tout les sens ce qui lui donnait une folle envie de mettre ses mains dedans pour les recoiffer. Quant à ses iris vertes... elle en rêvait jour et nuit.

En redescendant de son petit nuage Amber revint au sujet principale.

« Edward... Kersby penses que tu peux facilement tomber sous son charme et perdre de vu ton rôle du tuteur »

Edward reçut un coup de massue. Tomber sous son charme ? C'est-à-dire avoir envie de Bella ? De lui faire l'amour ? Il porta sa main à sa bouche prit d'une nouvelle nausée. Il ravala rapidement sa salive et se jeta de l'eau sur le visage.

« Edward est-ce que ça va ? » s'inquiéta Amber en déposant une main réconfortante sur son dos. « Je sais que cela doit être dur à entendre mais voilà la raison pour laquelle il ne t'a pas placé sous tutelle »

« C'est ridicule » articula Edward et reprenant son souffle, « tomber sous le charme de Bella ?! Je ne la voit pas du tout comme ça ! Elle est beaucoup trop fragile et... ''enfant'' pour ce genre de relation ! » Edward avait l'impression de perdre la tête, cette discussion ne faisait aucun sens !

« Je le sais, c'est pour cela que j'ai pesé dans la balance et est proposée le rôle de curateur. Pour Kersby c'était très simple : il ne voulait absolument pas que tu fasses partie de sa vie de quelques manières que ce soient » Edward secoua nerveusement la tête. Ne pas faire partie de sa vie ? C'était plutôt ironique au vu de la situation actuelle. Il n'avait plus l'impression de faire partie de sa vie désormais.

« C'est toi qui a appuyé le fait que je sois son curateur ? »

Amber hocha la tête.

« J'ai besoin d'air »

Edward sortit sur la terrasse qui avoisiné sa cuisine. Il décapsula une bière du frigo et avala la bouteille en trois gorgées.

« Tu devrais faire attention, l'alcool c'est pas très bon pour la santé » rétorqua Amber en le voyant ingurgitée un peu trop rapidement la boisson. Edward sourit à cette remarque et se servit une nouvelle bière...

Six bières plus tard, Edward n'arrivait plus à se concentrer sur les dossiers de curatelle. Amber l'avait observé boire tout le reste de l'après-midi ressentant son besoin d 'évacuer une certaine pression. Faut dire qu'elle ne l'avait pas non plus ménagé avec les idées de Kersby.

Se sentant un peu responsable de son état d'ébriété, Amber rangea le reste des documents dans son porte-document.

« Je crois que nous en avons assez apprit pour aujourd'hui. En plus il se fait tard, je devrais rentrer chez moi »

Edward regarda par la fenêtre. Il faisait nuit depuis un moment. Il jeta un regard sur l'horloge : il était pas loin de 22h.

« Tu veux rester manger ? » Edward se mordit la langue juste après. Il avait parlé sans réfléchir. Imaginant un seul instant qu'il allait rester seul après les événements d'aujourd'hui lui avait fait trouver une excuse pour ne pas l'être. Si Amber parut surprise de son invitation spontanée, elle ne refusa pas, bien au contraire.

« Avec plaisir, je vais cuisiner. Tu peux rester ici je n'en ai pas pour longtemps »

Elle se leva et se dirigea vers la cuisine comme si c'était chez elle. À travers l'alcool qui circulait dans ses veines, Edward constata que ce n'était pas si désagréable d'avoir quelqu'un avec soi. Quelqu'un qui prend soin de vous et qui vous prépare de bons petits plats... D'avoir une personne avec qui passer du bon temps...

Perdu dans ses pensées Edward se dirigea vers la cuisine comme un automate. Amber était dos à lui, entrain de découper un malheureux poivron qui été resté dans son frigo. Ses cheveux rouquins (bruns?) cascadaient dans son dos. Il était obnubilé. La fatigue, bien présente dans son organisme l'empêchait de réfléchir correctement, mais en avait-il envie ? Avec les événements d'aujourd'hui, ne valait-il mieux pas qu'il se laisse aller ? Qu'il retrouve un semblant de vie normale (sans Bella) ? Au diable ses bonnes manières, il pouvait se permettre d'avoir des écarts. Comme hypnotisé par la femme en face de lui, Edward déposa ses mains sur ses hanches. Amber poussa un léger cri de surprise et se retourna pour lui faire face.

« Edward... ? »

Il caressa ses hanches en remontant légèrement vers son dos. Amber frissonna sous ses caresses et déposa son ustensile de cuisine. Elle déposa ses mains sur son torse et commença a explorer ses bras, ses muscles et ses épaules. Edward rapprocha un peu plus son corps du sien et Amber remarqua qu'il était également bien fourni au niveau de son entrejambe. Il remonta ses mains jusqu'à son visage et échoua sauvagement ses lèvres sur les siennes. Elle étouffa un cri de plaisir et rapprocha instinctivement son bassin contre son entrejambe. Bien vite un brasier s'alluma entre leur deux corps et Edward l'attrapa pour caler ses jambes contre les siennes. Il sentait son désir pulser dans son entrejambe que cela en devenait presque douloureux. Ils échangèrent plusieurs baisers langoureux puis Edward transporta Amber jusqu'à l'étage. Arrivés dans sa chambre, il déposa doucement la jeune femme sur son lit et retira ses habits. Sa compagne en fit de même et tout deux se retrouvèrent rapidement en sous-vêtements l'un sur l'autre. Edward contempla la jeune femme allongée sur son lit. Elle était très belle, il devait le reconnaître. Sentant qu'il était sur le point d'atteindre un non-retour, il hésita à poursuivre sa course.

Amber sembla le remarquer et se releva sur les coudes.

« Qu'est-ce qu'il se passe Edward ? Tu n'as plus envie ? »

Edward était complètement perdu. Il avait perdu Bella, son frère et sa belle-sœur aujourd'hui et cela le chagrinait beaucoup mais était-ce une raison pour faire souffrir Amber ? Elle n'avait rien demandé, elle méritait d'avoir une réelle relation amoureuse, pas le coup d'une nuit. Il ne pouvait pas faire payer à une autre son imbécillité.

« Amber... je suis désolé... », elle se releva rapidement et vint à nouveau embrasser ses lèvres. Même si l'envie était bien présente, il venait d'avoir un éclair de lucidité et il savait qu'il n'irait pas jusqu'au bout.

« Amber.. ! Je te demande pardon, je ne peux pas... Pas dans ces conditions »

Comprenant où il voulait en venir, Amber se redressa. Elle sentait qu'il était tourmenté et elle voulait en connaître la raison.

« D'accord je comprends, j'espère sincèrement que tu décideras un jour de t'ouvrir à moi. Je vois bien que tu souffres et le fait d'être impuissante est très frustrant »

Edward attrapa la main de la rouquine et l'embrassa délicatement.

« Merci... »

Amber sourit face à son attention et rassembla ses vêtements éparpillés sur le sol. Elle s'habilla rapidement.

« Je vais rentrer chez moi, on se voit plus tard Edward», elle claqua un bisous sur sa joue.

« Amber... je suis sincèrement désolé »

« Ne t'inquiète pas, ce n'est que partie remise, on mettra cela sur le compte de l'alcool ! »

Edward raccompagna la jeune femme jusqu'à sa porte d'entrée puis se dirigea dans sa salle de bain pour se faire un brin de toilettes et recouvrir ses esprits. Il avait faillit faire une énorme bêtise, il n'était pas très fier. Coucher avec son avocate était très risqué. Si cela venait à remonter aux oreilles de Kersby, il était sûr de perdre sa place de curateur. Il devait se tenir droit, même si Amber lui plaisait énormément.

Secoué par toute sa journée, Edward se dirigea vers sa salle de bain et prit une deuxième douche, l'aidant un petit peu à dégriser. Il s'installa dans son lit, seul. Il éteignit sa lumière et ne se fit pas prier pour sombrer dans un sommeil sans rêve.

A SUIVRE...

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