Note de la traductrice :
Voilà que l'aventure s'achève avec cet ultime chapitre de l'auteur. Une fin en demie teinte, vu par les yeux d'un personnage encore jamais abordé dans cette histoire.
Merci infiniment à tous ceux qui ont suivi cette série d'histoire et qui pour certains, ont pris le temps de la commenter. Je pense entre autre à Zazam, Luprizarts, sagmig, et Fanny (et ses pavés ! J'y aurais bien répondu mais je n'avais pas d'adresse mail :/ )
Merci à l'auteur, Annerb, d'avoir eu cette fabuleuse idée et de l'avoir couchée par écrit (même si ça aurait mérité une suite :p)
Pour ceux qui le souhaitent, cette traduction (et cette fic en général) a été accompagnée de cette compil de musiques : watch?v=Ym8JjY4fy-M&t=200s (« 2-Hours Epic Music Mix | Most Beautiful & Powerful Music - Emotional Mix Vol.1 »)
Enfin, parce que la menace d'Anubis est source d'inspiration, je me suis essayée à une petite vidéo, sans prétention, qui n'est pas en lien avec cette fic à proprement parlé, mais qui cherche à montrer la menace que peut représenter ce Goa'uld :
watch?v=1jwwvvd661M (« Stargate SG1 : Inside »)
EPILOGUE
Sur Terre, au milieu de ce qui devait autrefois être une ancienne place, une jeune femme a les yeux rivés vers les cieux. Une explosion de lumière envahit le ciel d'été, telle une pluie de feu. Malgré la vision spectaculaire, il n'y a pourtant pas d'autres visages curieux à l'orée des fenêtres. Tous les volets restent hermétiquement fermés.
Même clos, la lumière doit transpercer à travers les planches. Ils doivent savoir ce que cela signifie. Mais ils sont trop intimidés, trop effrayés pour sortir. Trop apeurés pour risquer de laisser croître cette émotion. L'espoir.
Mais Cassie, elle, sait bien ce qui se passe. Elle l'attend depuis deux ans.
Enfin.
Cette ville s'appelait autrefois Attica. C'était un petit village perdu parmi les champs du Kansas. Aujourd'hui, c'est un enclos où l'on parque les survivants terriens. Une petite ville américaine renaissant, tel un ghetto qu'on a rempli d'une race mourante. Il y a ici des gens de tous les coins du continent, attirés par le désespoir et l'illusion de protection offerte par celui même qui avait conquis leur planète.
Adorez moi et vous vivrez.
Ils se sont rameutés ici, comme des poulets vers un poulailler, trop stupides pour se rendre compte qu'ils se dirigeaient droit vers un abattoir. Ou peut-être bien que l'abattoir leur a semblé préférable à la vie horrible qui les attendait dans le monde qu'Anubis leur avait laissé : des villes vides et brisées. Des groupes d'humains errants, retrouvant leurs plus bas instincts pour survivre. Si peu de temps avait été nécessaire pour balayer des siècles de civilisation.
C'est ce qui restait de la planète pour laquelle sa mère s'était battue et était tombée. Une planète que Cassie avait refusé de quitter, même lorsqu'elle en avait eu l'occasion.
Pas cette fois. Pas encore. Quelqu'un devait rester et se battre. Quelqu'un devait se souvenir.
Et puis, elle n'avait jamais vraiment été seule. Pas tout à fait. Elle a été leurs yeux, un murmure silencieux provenant de la planète dont ils avaient été chassés. Ils avaient toujours dit qu'ils reviendraient. En attendant leur retour, elle avait été leur soutien.
Tok'anu. La résistance.
Elle sait ce que signifient ces lumières dans le ciel.
Abandonnant son perchoir, Cassie se dirige vers le fond de sa chambre. Derrière une porte en bois qui grince se trouve un escalier. Elle descend les marches branlantes dans l'obscurité fraîche du sous-sol. L'ancien propriétaire avait bien équipé sa maison, sa paranoïa nucléaire des années 1960 devenant bien utile en ces temps houleux. L'entrée du bunker est à peine visible, à moins que l'on sache où regarder. Cassie tire les lourdes portes en plomb. Les charnières bien huilées et entretenues laissent à peine échapper un murmure.
Saisissant une lanterne, Cassie s'abaisse dans l'espace qui se trouve en dessous.
Là où ce matin il n'y avait eu qu'un sol nu, il y avait à présent un amoncellement de caisses, avec une note collée dessus. Elle attrape le fin morceau de papier, ses doigts parcourant les mots.
J'ai pensé que vous pourriez être en mesure de les utiliser à bon escient. Bouton rouge = mort des Kulls. Un coup devrait suffire. A très bientôt. -Mitchell
Poussant le haut de la caisse la plus proche, elle tend la main et en sort un P-90 qui a été modifié, son bouton rouge brillant sur le côté ne demandant qu'à être employé.
Elle jette un œil vers le carré de lumière en haut des escaliers. Elle sait exactement ce qu'elle va faire de ce cadeau du ciel.
A l'extérieur, la place est calme. Les hautes clôtures qui délimitent leur enclos brillent au soleil. En temps normal, il y aurait eu du mouvement tout autour : des hommes offrant des laissez-passer pour se rendre aux champs, des femmes accomplissant leurs tâches ménagères, des enfants apprenant leurs leçons à l'ombre de la statue d'Anubis. Mais aujourd'hui, l'endroit est vide.
Seuls deux grandes silhouettes vêtues d'armures noires et impénétrables sont encore là. Les gardiens de prison d'Attica se tiennent comme toujours à la porte, insensibles au changement qui s'accomplit autour d'eux. La nuance ne fait pas parti des choses qu'ils sont capables d'appréhender. Les règles sont les règles. Les crimes sont des crimes. Et les punitions sont rapides et définitives.
Ils ne bougent pas à l'approche de Cassie, dociles comme des chatons malgré l'arme qu'elle tient dans ses mains une violation pourtant claire de leurs lois. Elle pense qu'en dépit de leur calme extérieur, ils doivent être totalement perdus suite à ce qu'elle soupçonne – prie – être la destruction de leur maître. Leur étrange immobilité n'en est qu'une preuve supplémentaire. Ce ne sont des coquilles vides, de la chair animée qui se retrouve sans but.
Non pas que cela change quoi que ce soit. Contrairement à eux, sa mémoire fonctionne très bien. Et elle se souvient de tout.
Elle lève son arme, le bouton rouge glissant sous son doigt. Le premier soldat tombe sous l'impulsion comme un sac de pommes de terre. Le second regarde simplement son compagnon déchu avec curiosité. Cassie ne lui laisse pas le temps de comprendre.
Elle reste un instant à les observer. Ils sont allongés là, côte à côte. De simples marionnettes malades dont on a coupé les ficelles.
Cassie se tourne alors vers l'imposante statue qui marque le centre de la place. Son visage vide veille sur la ville, toujours aux aguets. Des bougies, des fleurs, de la nourriture et d'autres offrandes forcées sont nichées à côté de petits bouts de papiers implorant des faveurs. On y trouve également quelques prières en mémoire d'êtres chers disparus depuis longtemps. Si vous êtes vraiment un dieu, ayez pitié.
Rechargeant cette fois son P-90 avec des balles, elle tire sur la statue, martelant la pierre sans vergogne. La tête d'Anubis finit par se rompre au niveau du cou. Elle rebondit sur le chemin avant de s'échouer dans le caniveau qui borde la rue.
Un silence pesant règne soudain, comme si toute la ville retenait son souffle, attendant que ce supposé dieu fasse pleuvoir sa colère face à cette flagrante profanation.
Mais rien ne vient. Il n'y a rien d'autre que le vent chaud en provenance des prairies qui se lève et s'engouffre dans les rues, n'ayant jamais été soumis ni aux règles, ni aux frontières, ni à l'oppression des lieux.
Il n'y a plus de faux dieux à Attica.
Autour d'elle, des portes s'ouvrent en grinçant. Des gens s'avancent d'un pas prudent, encore agars, éblouis par la lumière écrasante du soleil d'été.
FIN
Je compatis à votre frustration…Vous pouvez toujours écrire à l'auteur, qui sait
J'espère que vous aurez apprécié cette traduction autant que j'ai apprécié la découvrir et la traduire. Peut être que j'aurais un jour le courage d'en traduire une autre, finie cette fois, de Annerb :p
En attendant, portez vous bien ! Et à bientôt j'espère
