Hum hum ... oui désolé je suis un peu (très) en retard. Mais il est là héhé, honnêtement je voulais faire ce chapitre bien plus long mais je me suis dit que vous aviez suffisamment attendu et que bah voilà flemme breffffff !

LE RETARD s'explique : j'ai passé mon BAC MENTION BIEN les amis ET J'AI EU MON ECOLE D'ART ! Voila je vais à l'ENSAAMA à la rentrée et la je suis en vacances en espagne donc bref j'ai pensé à plein d'autres trucs au lieu d'écrire (même si j'ai commencé à écrire un ff sur mha qui avance plutot bien mais que je posterai pas mtn)

DONC OULA 4377 VUES ? MERCI BCPPPPPPP et sur Wattpad on est à 3400 donc vraiment c'est super merci bcp

Ce chapitre c'est exprès pour rapprocher un peu Marco et Emma mais je vous en dit pas plus, il est tout tranquille et mignon, fin ça va.

Tout de suite le chapitre :

Je ne sais toujours pas si je regrette ou non d'avoir accepté d'accompagner les garçons dans leur exploration.

Il fait terriblement chaud, les moustiques ne cessent de virevolter autour de moi (mes bras sont rouges à force de les claquer) et j'ai soif. Mon dos commence à s'affaisser au fur et à mesure qu'un poids imaginaire tombe sur mes épaules et les tire vers le bas.
Devant moi Ace, tout souriant, gambade dans la jungle et derrière moi, Marco tient une carte un air concentré sur le visage.

Je n'ai pas totalement choisi d'être là. Mais Ace voulait partir à l'aventure sur l'île et plus précisément ses alentours. De ce fait nous sommes tout les trois sur une des îles voisines de Chishiki, à marcher entre les ronces, les plantes carnivores et les serpents depuis maintenant trois heures, et cela commence à faire long.

Le soleil a du mal à passer tant les feuilles des gigantesques arbres sont denses et bien qu'on puisse croire que cela nous protège de la chaleur, c'est tout autre : on en est prisonniers, mais là encore cela ne semble pas déranger le commandant de la seconde flotte de Barbe Blanche qui continue de marcher gaiment malgré mes soupirs peu discrets.

" Oy Ace, tu sais où tu vas ?

Le brun se tourne vers nous, un sourire goguenard plaquer aux lèvres.

- Evidemment que je sais où je vais ! Là-bas.

D'un mouvement brusque il pointe de son doigt un point invisible devant lui, en hauteur.

- Et ce là-bas, il a un nom ? Je l'interroge dubitative.

- Bien sûr ma chère Emma, je suis un pirate, pas un imbécile, avant de partir j'avais repéré une sorte de bâtiment en pierre qui avait l'air de dater, on va sûrement y trouver un trésor."

Et avec ça, il nous a cloué le bec. Je me suis tournée vers Marco, carte en main, pour vérifier ses dires et le blond a hoché de la tête.
Un trésor ? Un vrai trésor comme dans les films ? J'étais soudain beaucoup plus excitée à l'idée de cette aventure, après tout les seules chasses au trésor que j'ai effectuées dans ma vie étaient à base de chocolat, et bien que j'admets que le chocolat est une très bonne motivation, la pensée de mettre la main sur un coffre en or n'est pas moins alléchante.

Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Je suis athlétique, j'aime maintenir mon corps en forme et j'ai toujours été particulièrement douée dans tous les types de sport, toujours est-il que grimper une falaise ne fait pas parti de mes capacités.
Ace déjà en haut me fait de grands signes de la main pour m'encourager à monter ce qui s'avère être un mur de terre de (et je suis gentille) dix mètres environ.
Mes pieds et mes muscles sont un peu engourdis mais j'ai surtout peur de la hauteur à laquelle je vais devoir monter et sans sécurité.

Je jette un œil en haut, la vue est dégagée et le ciel est bien bleu. L'heure de manger arrive à grand pas mais ce n'est pas ce dont je dois me soucier maintenant. Je cherche du soutien dans les yeux de Marco mais celui-ci s'est déjà mis à grimper.
Je grogne de mécontentement mais entreprends tout de même de poser un premier pied sur la pente.
Rapidement je prends de la hauteur et je remarque d'ailleurs que Marco m'attend. Ace lui continue de nous crier tous types d'encouragements qui réussissent surtout à me déconcentrer. Mes doigts s'accrochent à nouveau à la pierre sale, je lève une jambe et tente de trouver un point d'appuie pour me hisser un peu plus. Je force sur les muscles de mes cuisses et des gouttes de sueur dévalent sur mon front.

En relevant la tête j'ai juste le temps d'apercevoir des petits bouts de roche tomber dans ma direction avant de les éviter de justesse. J'entends alors un "désolé oy" auquel je réponds en lançant à mon tour un caillou vers le blond.
Il m'ignore et monte plus vite, l'air de dire "si c'est comme ça je te laisse te démerder".

" Ca va ?

Nous sommes bientôt arrivés au sommet et je vois bien que Marco se retient d'atteindre le haut depuis tout à l'heure pour ne pas m'abandonner, très attentionné de sa part.

- A ton avis ?

Il fait mine de m'analyser quelques secondes, une main toujours accrochée à la roche et l'autre pendant dans le vite. Ses abdominaux sont contractés et ressortent un peu plus sous les rayons du soleil. Ses cheveux virevoltent dans la soudaine brise venue nous aérer un peu. Il a un sourire en coin en voyant mon état assez déplorable.

- Je dirai que tu as quelques difficultés oy.

Il me répond d'un ton moqueur auquel j'argumente d'un roulement des yeux. Je préfère ne pas lui accorder plus d'importance et passe rapidement devant lui ayant soudainement retrouvée toute mon énergie.
Marco tique face à mon comportement et lâche un léger ricanement. Il prend cela pour une provocation et se dépêche de me rattraper. En croisant son regard, une ambiance électrique s'installe sur la piste : la compétition est déclarée et une chose est sûre, je n'aime pas perdre.

D'un même mouvement on fonce tout les deux vers le sommet à une vitesse ahurissante. Mes ongles arrachent la terre, mes genoux s'écorchent contre la pierre et je tords mon cou vers le ciel. Je respire de grosses goulées d'air, contraignant mes muscles à se contracter bien plus vite et ordonnant à mon corps de puiser dans ses dernières ressources.

Tout à coup, face à moi se posent deux yeux noirs électriques et rieurs. Une main tendue dans ma direction, Marco m'attend en haut de la falaise.
Je mets du temps à comprendre ce qui se passe et réalise enfin : j'ai perdu.
Mes sourcils se froncent de mécontentement et ce sentiment s'intensifie en voyant le sourire fier du blond. Je tape sa main pour l'éloigner de moi et cela accentue son hilarité.

- La ferme l'ananas.

Il hoquète de stupeur et cela à le mérite de le faire taire. Contente de mon coup, je me hisse finalement sur la terre ferme complètement essoufflée.

- Répète pour voir.

Son ton faussement menaçant ne m'impressionne pas d'un poil et je tente, non sans difficultés, de me redresser pour pouvoir lui répondre. Je pose mes mains sur mes hanches et ma poitrine se soulève grossièrement à cause de ma respiration irrégulière.

- Mes yeux c'est plus haut, Marco.

Je m'amuse à le regarder reprendre contenance. Il est gêné de la situation, enfin à sa façon. Marco est le genre d'homme à ne pas vraiment montrer ses émotions. Alors lui faire perdre ses moyens est, non seulement un exploit, mais surtout une très grande source de divertissement.
Il souffle et fait demi-tour, prétextant qu'il faut que l'on retrouve Ace.

- Comme tu veux, l'ananas.

Je vois ses épaules tressauter mais il ne fait aucun commentaire. Pourtant je suis sûre que devant moi Marco jubile, mais il est bien trop fier pour me le montrer (un peu de dignité voyons). Nous partons donc sur la piste d'Ace qui, aussi surprenant que cela puisse paraître vu le temps qu'on a mis, ne nous a pas attendu.
La jungle n'est pas silencieuse. Des oiseaux passent constamment au dessus de nos têtes, les arbres s'agitent et se froissent. Des bruits étranges se dissimulent derrière de grands buissons et l'océan résonne toujours au loin ; la nature est en ébullition.

Je suis Marco qui tient fermement sa fidèle carte. Je fais mine de chercher des empreintes de pas au sol qui puissent correspondre au brun mais il faut se rendre à l'évidence, je n'ai pas la moindre idée d'où il a pu aller, et j'ai la nette impression que l'homme en face de moi en est arrivé à la même conclusion.

Et puis mon ventre me rappelle que j'ai faim. Il se tord et remonte dans mes tripes pour me hurler brusquement son existence pénible. Je plaque mes mains sur mon estomac mais trop tard, Marco se retourne déjà vers moi muni d'un air ahuri qui ne lui va étrangement pas. Manger. Je donnerai n'importe quoi pour avaler quelque chose et j'admets que la ressemblance entre le blond et un ananas commence à m'embrouiller (il faut vite que je trouve quelque chose à me mettre sous la dent ou je vais lui gober les cheveux).
Je l'entends soupirer avant que son estomac ne rejoigne le mien dans un concert impressionnant, sûr que tous les animaux de cette jungle savent que l'on est là à présent. D'un autre côté ce ne serait pas plus mal : les animaux ça se mange.

D'un regard on se comprend et je trottine pour me mettre à sa hauteur.

- Bon, on va arrêter de chercher Ace, de toute façon il n'avait cas pas se tirer comme ça. Suis moi il faut qu'on trouve de quoi se nourrir.

J'hoche vivement de la tête, je ne peux désapprouver ses sages paroles. Je l'imite et on s'enfonce plus profondément encore dans la forêt, cette fois pas besoin de carte, il a l'air de savoir où il va.
Je me perds dans mes pensées, les yeux fixés sur son dos épais dont la chemise violette colle à la peau à cause de la sueur. Néanmoins je dois admettre que même dans cette situation, il est plutôt attirant.
Je croise soudain ses yeux onyx et je l'entends souffler du nez d'amusement en ayant remarqué que je le regardais. Mais un craquement nous fait vite tourner la tête. Là, à quelques mètres de nous un gigantesque bison orange broute tranquillement le long d'une rivière. Décidément ce monde n'a pas fini de me surprendre. Marco me fait signe du doigt de ne pas faire un bruit et je retiens par réflexe ma respiration. Je suis subjuguée par la beauté de l'animal, pourtant il va finir dans mon assiette.
Le blond attend quelques minutes avant de se déplacer prestement. Ses pas souples sont inaudibles et relèvent d'une certaine grâce qui me fait penser à un cygne.

Pourtant je suis forcée de détourner le regard en voyant qu'il s'attaque à cette énorme bête. Je peux peut-être recoudre des corps humains et me battre à mains nues contre une dizaine d'hommes, le meurtre et la cruauté envers les animaux ne fait, là encore, pas partie de mes capacités. Les paupières closes, je ne peux qu'imaginer le combat. Comment Marco, bien qu'il soit Marco, parviendrait-il à mettre à terre une créature de cette envergure et sans arme ? Je dois donc tendre l'oreille bien que les bruits me déplaisent aussi.
D'un coup un lourd "boum" résonne sous mes pieds, faisant trembler la terre et les arbres aux environs, et je sais qu'il a gagné.
Des bruits de pas, et une main se pose sur mon épaule gauche, je sens qu'il tend son bras vers mon visage. Ses doigts effleurent ma peau brulante sous le soleil plombant, remontent le long de ma joue pour venir finir sur mon front sur lequel il inflige une pichenette.

- Oy ouvre les yeux, c'est l'heure de manger.

- Tu sais cuire du bison orange toi ?

- Non mais je sais faire du feu donc, il semble chercher un outil dans sa poche et me tend soudainement un couteau dans les mains, tiens tu vas le dépecer et le couper en morceau, vu ta profession ça ne devrait pas être trop compliqué.

Cela ne devrait pas être trop compliqué.

Cela ne devait pas être trop compliqué et pourtant, étrangement car qui aurait pu le prévoir, je galère comme pas possible pour retirer la peau gigantesque et épaisse du bison orange.

Le pirate a fini depuis longtemps d'allumer son feu de pacotille et me regarde tranquillement lutter avec la chair de l'animal. Je baigne dans le sang (ce qui est peu hygiénique) et je suis sûre que mes cheveux ressemblent désormais à Bloom dans les Winx.

" Peut-être que tu pourrais venir m'aider, ce n'est qu'une suggestion évidemment hein.

Face à mon regard désabusé et ma dégaine de sauvageonne il ricane de plus bel.

- Si je me souviens bien, tout à l'heure tu n'avais pas vraiment besoin de mon aide pour monter la falaise, je suis persuadé que tu peux gérer ça.

Il fait référence au moment où j'ai rejeté sa main et cela me fait une fois de plus souffler du nez. Il a faim ou il n'a pas faim ?
Je déchire violemment une nouvelle partie de la fourrure de la bête afin d'éviter son air moqueur car, de toute matière il n'a visiblement pas l'intention de me venir en aide et je continue ma besogne.

Evidemment je ne suis pas rapide et je ne dépèce pas tout l'animal : ce serait trop long. Lorsque je trouve la quantité de viande suffisante pour nous deux je lâche le -trop petit- couteau de mes mains ensanglantées et pousse un soupire d'aise.

- T'as fini oy ?

- Nan il reste toi, je reprends la lame et la pointe dans sa direction pour appuyer mes propos.

J'espère que la menace aura pour mérite de lui faire fermer sa gueule, mais de toute façon Marco n'est pas très bavard en général, bien qu'il ait l'air de péter la forme aujourd'hui. Il se contente de se lever et de se saisir des muscles du bison pour les planter sur des piques de bois qu'il avait préalablement sculpter pendant que je me tuais à la tâche. De cette manière il nous cuisine un barbecue de bison géant orange bizarre et je m'assoie pour me reposer.

L'odeur fumée chatouille mes narines et mon ventre gargouille de plaisir. Je ne sais pas s'il est aussi doué que Satch mais une chose est sûre, la chair caramélisée et fondante du bison m'apparaît comme plus qu'appétissante.
La chaleur du feu est étouffante et renforcée par la température déjà lourde du milieu, j'ai l'impression de manquer d'air. Ou peut-être est-ce la vue de Marco sans sa chemise qui s'agite sous le feu ardent. Ses mèches lumineuses s'étendent bestialement sur son front dont les traits pliés par la concentration laissent entrevoir une peau cuite par le soleil. Ses muscles saillants se contractent et se lâchent selon ses mouvements brusques puis délicats. Il respire à fortes goulées, sa poitrine se gonfle violemment pour emmagasiner le peu d'air présent autour de nous et capturé par les flammes. L'énorme tatouage qu'il a sur son ventre est mis en avant par ses abdos si bien dessinés, le violet foncé ressort sur sa peau bronzée et mate et cela me donne envie d'en faire un à mon tour, mais pas celui de barbe blanche.

Soudain il me tend une brochette que je m'empresse de saisir et il se pose à mes côtés. On ne parle pas et notre regard reste fixé droit devant nous, sur la forêt verte et luxuriante qui est étrangement silencieuse.
Peut-être même un peu trop silencieuse comparé à précédemment. Je reprends un croc de ma viande qui coule sur mes doigts lorsque, faiblement, un grondement se fait ressentir sous mes pieds.
Je tourne la tête vers Marco : ses sourcils sont arqués.
Le bruit lourd semble alors se rapprocher, j'entends les arbres se froisser violemment et des oiseaux s'envolent précipitamment des branches sur lesquelles ils étaient tranquillement posés. La terre tremble, les cailloux au sol s'entrechoquent et Marco et moi nous redressons à l'affut.
Et tout à coup un hurlement brise la tension présente et Ace surgit de derrière nous, saute par dessus le rondin sur lequel nous étions assis, attrape mon bras, pousse Marco vers l'avant et se saisit d'une des brochettes avant de continuer sa course, tout ça en un temps record : nous nous retrouvons le second de Barbe Blanche et moi à suivre (contre notre grés) Ace aux poings ardents.

J'aimerai lui crier dessus mais une flèche qui frôle d'un coup mon visage me dissuade de calmer mes nerfs sur lui. Je me tourne pour voir qui a (encore) osé me tirer dessus lorsque j'aperçois une troupe d'hommes aux habits rustiques nous pourchasser, armés de lances et d'arcs. Donc nous sommes poursuivis par des sauvages très certainement en rogne contre le brun et je n'ai même pas fini de manger, je crois que je commence à regretter d'avoir accompagné les deux pirates dans cette exploration.

- PAR LA !

- PLUS VITE COURREZ !

- ATTRAPEZ-LES ! "

Et on ne parvient pas à leur échapper.
Ace nous a mené à l'aveugle à l'intérieur d'un vieux bâtiment en pierre semblant appartenir à nos poursuivants et nous nous sommes retrouvés dans un cul de sac. Piégés tous les trois dans une pièce quelque peu étroite, nous sommes forcés de faire face à ces hommes habillés de tuniques en fourrure d'animal qui nous fixent avec animosité.
Ils sont en cercles autour de nous et je vois mes deux compagnons se positionner prêts à se battre.
Malheureusement pour eux, et pour moi, ils sont plus rapides que nous et d'un coup le sol s'effondre sous nos pieds.
On tombe, tout est noir, je hurle et Ace en fait de même. Finalement on s'écrase sur une surface en béton, enfin Ace s'écrase dessus et je me sers de lui comme amortisseur tandis que Marco atterri avec grâce à nos côtés.

Cependant je n'ai pas le temps de me redresser que quelque chose vient me piquer le bras. Je sens alors mon muscle s'engourdir, ma tête tourne et mon esprit part dans la brume, ma vision trouble peine à apercevoir les deux garçons qui s'effondrent autour de moi. Ace chute une nouvelle fois au sol et Marco tente de rester debout mais tombe sur moi, et je m'effondre.

/\\\

La sensation est difficile à décrire. Il y a des picotements et du bruit aussi et pourtant tout paraît lourd et silencieux. Mon corps est moite, je crois que je respire mais un poids sur ma poitrine me cloue au sol. Il fait sombre, je suis dans ma tête. Je suis moi dans un espace inconnu mais j'ai l'impression de ne plus m'appartenir.
Il faut que j'ouvre les yeux : je distingue des sons. Marco et Ace, je ne sais pas où ils sont, brusquement mon sang pulse dans mes veines, il coule comme un jet et je reprends contenance. Je commence à me réveiller, la fenêtre vers le monde est de moins en moins obscure.
Mes narines soufflent comme un buffle avant que je ne papillonne des paupières pour voir où je me trouve.
Mes doigts se mouvent mécaniquement et je tapote contre une surface en bois.
J'ouvre les yeux et la lumière tamisée m'aide à m'adapter à mon environnement. La nuit doit être tombée, ou du moins commencer à arriver puisque des torches servent à éclairer la pièce.
J'essaie de me redresser mais mes mouvements sont bloqués, un coup d'œil et je vois des cordes maintenir mes poignets en place et il en est de même pour mes chevilles. Je me contente donc d'observer la salle dans laquelle je suis prisonnière et je peux voir des personnes discuter tranquillement sur le côté. Je grogne lorsque la brulure sur mon poignet devient plus sensible et les piaillements cessent.

Quelqu'un se lève, c'est une femme. Ses cheveux bouclés descendent jusqu'à ses hanches et son teint doré laisse entrevoir quelques tatouages. Elle vient vers moi et je garde mes yeux fixés dans les siens : ils sont bleus.
Rapidement elle est suivie d'autres femmes vêtues de la même manière, des tuniques sophistiquées en peau de bête et des couronnes de fleurs qui recouvrent leur chevelure et leurs bras.
Elle me regarde de haut, sa posture imposante me fait frissonner. Elle est maquillée avec des couleurs naturelles qui rendent ses prunelles plus mystérieuses encore. Je crois que je craque là.

" Tu t'appelles comment la pirate.

Sa voix cassée sonne comme un ordre et je tique à mon appellation, depuis quand je suis une pirate moi ?

- Emma et toi ?

Elle semble sourire mais se ravise.

- Haïta.

Une femme au crane rasé place alors un couteau sous ma gorge, ses yeux orageux se font menaçant lorsqu'elle appuie sa lame délicatement contre ma carotide.

- Moi c'est Kaï.

- Enchantée Kaï, pourquoi je suis attachée ?

Haïta reprend la parole en balançant son poids d'un côté de son corps.

- Premièrement, et c'est un argument crucial, tu es une pirate. Ensuite tu connais le brun aux mains de feu. Et lui,

- Lui on veut sa peau.

Kaï termine férocement la phrase que la brune avait entamé et dans sa colère je sens la pointe de son arme s'enfoncer dans ma peau.
En voyant cela Haïta (que je suppose être la cheffe ici) pose sa main sur l'épaule de sa camarade pour qu'elle se recule, le métal froid se retire de ma gorge et je sens alors une substance couler de mon cou.
Une fille plus petite s'empresse d'essuyer le sang de la fine plaie et retourne à sa place quand les regards pesants des deux femmes se posent sur elle.

- L'homme brun, reprend Haïta, tu le connais et il nous a volé quelque chose de très précieux.

- Et c'est quoi ?

Je peux presque voir le sang bouillir dans le corps de Kaï en entendant mes réponses peu concernées.

- Ton ami a kidnappé notre déesse, pirate.

Ace a kidnappé quelqu'un ? Une fille ? Je fronce mes sourcils et les rouages dans mon cerveau se mettent à fonctionner à plein régime tandis que je tente de comprendre ce qu'elles me racontent. Nous étions venus ici à la base dans le but de trouver un trésor, alors certes les femmes sont des trésors et valent énormément (et je ne parle pas d'une vente d'esclave ou autre), mais je pensais plus à quelque chose comme de l'argent ou de l'or, pas quelqu'un.

- Ho le con.

- Alors tu sais où il l'a emmené. Aide nous et peut-être que tu pourras encore respirer à la fin de la journée.

La gentillesse de Kaï me coupe le souffle, mais je ne peux pas rire, Ace a kidnappé une fille, ce n'est pas drôle.
Je croise les pupilles glacées d'Haïta et je me reconcentre sur la situation. Tout d'abord je dois savoir où sont les autres et s'ils vont bien, ensuite je vais botter les fesses d'Ace.

- Je veux bien vous aider mais avant cela, je bouge mes poignets pour appuyer mes propos, j'aimerai bien qu'on me détache, je ne vais pas fuir, promis.

Elles semblent réfléchir à ma proposition puis Haïta prend les devants. Elle sort une dague de sa ceinture et coupe les cordes qui me retenaient. Pourtant quand je me sentais enfin libérée, elle attrape mes épaules, ma rassoit sur la table et se saisit d'une nouvelle paire de liens pour emprisonner mes poignets. Mes jambes elles restent libres mais je vois bien qu'elles m'ont à l'œil, surtout Kaï.

- Viens.

Elle tire sur mes liens et Kaï me pousse pour que je me dépêche. Le reste du groupe nous suit tandis qu'on s'enfonce dans de longs couloirs de pierre. La torche éclaire le passage et balance une lumière apaisante qui contraste avec l'ambiance qui ne l'est pas du tout : après tout je ne connais pas ces filles et je ne sais toujours pas où sont les deux autres idiots.
On marche quelques temps avant d'arriver devant une porte en chêne dont l'épaisseur dessine sa résistance.
Toutes deux me regardent, puis se fixent. Les filles derrière frémissent et en tendant l'oreille j'ai l'impression de distinguer des cris. Là, de l'autre côté de cette grosse porte je ne sais pas ce qui m'attend et je me tends. Mes doigts se renferment dans ma peau tandis qu'une nouvelle pensée envers mes deux amis me traverse l'esprit, j'espère qu'ils vont bien, parce que moi pas tellement.

Finalement, Haïta sort de sa poitrine une clé qui pendait à son cou mais que je n'avais pu voir à cause de sa crinière.

Puis la serrure se déverrouille et nous entrons.

/\\\

FIN !

Alors?

Ouais le chapitre suivant sera une parfaite continuité et je vous jure que je vais l'écrire et le finir pas trop tard ptdrrr c'est juste que j'ai pas écrit en avance breffffffff au plaisir de vous revoir les loulous :))))))