Salut ! Nouveau chapitre, samedi comme promis, et cette fois nous avons Kementari qui fait un petit craquage mental et Mya qui se lie d'amitié avec Bilbo ! Les deux amies en apprennent aussi plus sur le conseil d'Elrond et l'Anneau. Bonne lecture !

Les journées séparant les deux elfes du conseil mystérieux et si secret ne faisaient que s'amenuiser, jusqu'à ce qu'un jour particulièrement ensoleillé, la fille d'Elrond, Arwen, arrivât au gallot, une silhouette menue tenue contre elle, ballotée et inconsciente. Les gardes se précipitèrent sur elle dès qu'ils la virent et les deux compagnes observèrent pensivement le petit corps encapuchonné se faire porter soigneusement jusqu'à l'infirmerie où attendait déjà le seigneur de la vallée.

La vague de froid qui les avait envahies à l'arrivée de la cavalière aurait aisément pu passer pour un coup de vent particulièrement hivernal, mais le malaise et l'envie de vomir qui suivirent étaient plus que suspects, et elles se redressèrent pour tenter de voir plus précisément la petite personne si intrigante.

"Qui crois-tu que ce soit ?" Demanda distraitement Mya à Kementari, essayant d'apercevoir la mince silhouette à travers les vitres de l'infirmerie.

"Certainement quelqu'un d'important. Qui que ce soit, cette personne apporte le mal dans cette vallée." répondit pensivement Kementari. "Cela a peut-être à voir avec le conseil qui a lieu dans quelques semaines."

"Peut-être. Nous pourrions l'aider, il avait l'air blessé, tout tremblant sur ce haut cheval." Répondit songeusement Mya après quelques instants.

"Je ne pense pas qu'Elrond nous laissera près de lui pour l'instant. Et cela même si notre magie de guérison pourrait lui être utile. L'énergie de la lune n'a pas d'égal en termes de puissance guérisseuse, mais notre hôte semble depuis toujours vouloir ignorer ce fait." Argua Kementari, soufflant d'énervement contre l'idiotie des seigneurs elfes aux mauvais jugements.

"Eh bien, pas depuis toujours. J'ai ce souvenir distinct d'un jeune Elrond qui étudiait la médecine et qui vient nous voir pour l'apprendre, présomptueux, seulement pour repartir frustré et terriblement énervé après avoir échoué dans toutes ses tentatives." Se moqua Mya, riant d'une voix claire.

Kementari joignit son rire à celui de sa compagne et elles laissèrent leurs préoccupations de côté pour le moment, profitant du soleil sur leur visage et du vent dans leurs cheveux.

Il s'avéra plus tard que la petite silhouette avait un nom, et qu'elle s'appelait Frodon. Frodon était un hobbit de la Comptée, une contrée dont ni Kementari ni Mya n'avait entendu parler, et Frodon se fit un plaisir de les instruire sur son lieu de naissance.

"-voyez, les Sackvill-Baggins sont nos cousins, mais seulement au troisième degré. Cependant, cela ne les empêche pas de vouloir s'approprier Bag End. Et notre argenterie ! Je vous ai parlé de cette fois où Lobelia Sackvill-Baggins est venu prendre le thé avec mon oncle, seulement pour qu'il découvre juste avant qu'elle parte qu'elle avait volé plusieurs cuillères !"

Mya et Kementari s'étaient accordées sur le fait que ce petit être était tout à fait fascinant, et elles n'avaient pas tardé à chercher son oncle, Bilbo Baggins, qu'il disait être ici.

Elles l'avaient trouvé dans un jardin, les yeux fermés, fredonnant doucement sous son souffle une chanson calme.

Le vieil hobbit était une compagnie tout à fait charmante, et après quelques introductions, Mya et lui commencèrent à discuter vivement au sujet de la véracité des légendes, pendant que Kementari se contentait de regarder, amusée par l'engagement de son amie à défendre les contes pour enfants de son peuple. Bilbo, de son côté, révélait également posséder un feu ardent lors de ce débat, et Kementari revint sur sa décision de compter les hobbits comme une force négligeable.

Seul un idiot l'aurait fait, et Kementari pouvait au moins se targuer de ne pas en être une.

En général.

Souvent, en tout cas.

Et Mya était là pour lui remettre les idées en place si jamais, tout comme Luinil.

En parlant de Luinil, Kementari se demandait comment celle-ci se débrouillait avec le trône. Était-ce finalement trop lourd à porter ? Une couronne pesait bien plus lourd qu'elle n'en avait l'air, et la personne qui l'avait sur la tête s'en rendait généralement compte bien après l'avoir mise.

Elle savait qu'elle devrait avoir plus confiance en sa nièce, mais elle ne pouvait empêcher les relents de doute qui restaient dans son esprit ; Luinil était encore si jeune... C'était sa première expérience directement sur le trône, et même si elle avait été bien préparée, Kementari ne pouvait s'empêcher de se demander si, quand elle rentrerait, Luinil irait bien.

Elle lui faisait confiance avec le royaume -elle était même soulagée de le lui avoir laissé-, mais elle s'était rendu compte de première main à quel point il était facile de sacrifier sa propre santé pour assurer le bien-être des autres qu'elle ne craignait que cela n'arrivât à sa jeune nièce.

Un éclat de voix particulièrement fort la ramena au présent, à la discussion agitée qui se déroulait entre Bilbo et son amie.

Ils étaient apparemment toujours en train de se quereller à propos de la véracité des légendes de Forodwaith, et Kementari remarqua que Mya, loin d'être aussi irritée qu'elle le paraissait, s'amusait en fait dans ce débat futile.

Eh bien, quelle surprise.

Laissant Bilbo et Mya à leur discussion inspirante, elle se faufila discrètement à travers les fleurs du jardin, invisible à la vue de quiconque. Elle finit par tomber sur une espèce de minuscule clairière à ciel ouvert, entourée de fleurs et d'arbres grandioses.

Et bavards, surtout. Très, très bavards, les arbres. Ils lui murmuraient sans cesse les racontars que le vent leur rapportait, et elle n'avait pas vraiment le cœur de leur annoncer que le mariage d'une certaine Tauriel et d'un certain Kili qui causait toujours des émeutes à Erebor ne l'intéressait guère.

Heureusement, après quelques temps, les arbres se turent et il ne resta plus que le bruissement du vent et la caresse du soleil sur son visage, tout le reste se fondant en arrière-plan.

L'énergie familière de la lune la sortit doucement de sa torpeur, et elle se rendit compte qu'elle avait passé bien plus de temps dans la petite clairière qu'elle ne l'avait escompté. Sans doute Mya était-elle en ce moment en train de la chercher, jurant sous son souffle contre elle pour s'éloigner et disparaître sans la prévenir au préalable.

Elle eut au début un peu de mal à se repérer au milieu de la végétation dense, mais après un moment, elle finit par retomber sur les chemins élégants que les elfes avaient créé parmi leurs jardins soignés.

Ses pieds nus se promenaient sans bruit sur les pavés des chemins dallés, mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir la sensation de contrôle qui suintait des jardins taillés, contenant et réprimant la nature sauvage des arbres et des fleurs pour les modeler à l'image que les elfes désiraient.

Les jardins en disaient bien plus sur Elrond que n'importe qui d'autre Fondcombe.

Il ne pensait pas vraiment à mal, mais il avait été tellement marqué par la guerre, par la faiblesse des hommes, de son peuple, même, qu'il avait inconsciemment essayé de contrôler les événements pour que pareille tragédie ne se reproduise jamais plus.

Cependant, l'on n'empêchait pas les fleurs de pousser en les écrasant. Les graines s'épanouissaient au printemps suivant, sans grandes conséquences.

"Kementari ! Où étais-tu ? Je t'ai cherchée partout ! Sais-tu ce que Bilbo a osé me dire ? Eh bien, il a osé- il a dit que les elfes de Fondcombe étaient les plus savants et les plus érudits ! Mais, je- te rends-tu compte ? Pourquoi- mais pourquoi ris-tu ?" L'assaillit Mya dès qu'elle vit son amie.

Avant qu'elle n'eût le temps de répondre, cependant, elle continua :

"Au fait, Bilbo m'a dit que c'était son neveu, Frodon, que Lady Arwen a ramené blessé. Apparemment, il a été poignardé par une lame de Morgul, mais il s'est réveillé il y a quelques heures."

Alors qu'elle parlait, elle sautillait joyeusement, pleine d'énergie, et c'était compréhensible, avec l'énergie de la lune qui devait l'inonder de force, mais pour Kementari, qui venait de se réveiller, la lune n'avait pas le même effet, et essayait même de la cajoler gentiment au sommeil, l'encourageant sans mots à retourner se reposer.

Soudain, elle se calma et commença à se tordre les mains, l'air hésitant.

"Tu sais, l'activité accrue des orcs, les mouvements du Mordor... ? Eh bien... Il y a une raison derrière cela. L'Anneau Unique a été retrouvé."

Kementari inspira fortement, toute envie de sommeil oubliée.

"Qui ?" Murmura-t-elle. "Qui est cette maudite personne, cette personne qui s'est pensée si intelligente en manipulant les forces qu'elle ne connaît pas ? Réponds-moi, Mya, que j'aille embrocher quelqu'un. Je veux son nom." Commanda-t-elle, des éclairs noirs dans les yeux.

"Ce n'est pas ce que tu crois. Je- C'est Frodon, le neveu de Bilbo, qui l'a amené. C'est Bilbo qui l'a trouvé, mais il n'avait pas conscience de ce que c'était, et il l'a légué à son neveu."

Il s'en est débarrassé aussi facilement ? Ça m'étonnerait.

"Quel idiot." Cracha Kementari, hargneuse. "Nous devons le détruire, nous devons au moins le cacher, l'enfouir au plus profond des abysses, le jeter dans l'océan ou même-" Sa respiration hachée sembla alarmer Mya, qui s'empressa de l'informer du but du conseil :

"Non, justement, nous pouvons le détruire ; le conseil d'Elrond a été convoqué dans ce but-même."

Kementari se calma enfin, soupirant, la fatigue déferlant à nouveau sur elle, et il lui vint à l'esprit qu'elle aurait pu être tranquillement en train de dormir si elle ne s'était pas réveillée et commencé à chercher Mya.

"Eh bien, si ce n'est pas une surprise. Je ne pensais pas voir un jour ce maudit Anneau refaire surface. L'Unique... Eh bien, je ne m'y attendais pas, Mya, je- je ne sais pas quoi dire. Sauron et Morgoth- je- je ne pensais plus jamais avoir à les confronter. Après la guerre de la Grande Colère, je pensais que nous en avions fini avec eux." Finit-elle, la voix cassée.

"Je sais, je sais." Répondit Mya, serrant Kementari contre elle.

"Nous avons tellement souffert, des milliers et des milliers de braves combattants du peuple libre sont morts, et nous devons juste... recommencer ? Comment sommes-nous censés gérer cela ?"

"Je ne sais pas, mais nous y arriverons. Nous l'avons fait une fois, nous pouvons le refaire. Cette fois, Sauron n'a pas Morgoth à ses côtés et Galadriel l'a affaibli il y a quelques années, c'est notre chance." La reine des elfes de lune se recomposa et ses traits se durcirent.

"Oui. Nous nous préparerons, nous avertirons notre peuple, et à l'aube de la guerre, nous serons prêts."

Kementari hocha la tête.

Elle avait un corbeau à envoyer.

Salut tout le monde ! Nouveau chapitre, j'espère que vous avez aimé ! Sinon, j'ai remarqué récemment que j'écrivais souvent en mélangeant les noms français et anglais, désolée pour ça mais je trouve que certains termes sonnent tout simplement mieux en anglais.

Prenez soin de vous

buvez de l'eau~