Cher lecteurs,
Je profite de ce nouveau chapitre pour rappeler que cette histoire s'adresse a un public mature. La vie de nos héros va devenir difficile dans les prochains chapitres. Certains sujets peuvent être traumatiques.
Septembre 1770
Le général de Jarjayes était un homme dont la charge était très importante. Il était l'un des militaires les plus respectés du royaume de France et avait commencé à servir dès son plus jeune âge. C'était ainsi, pour la longue lignée des héritiers Jarjayes mâles.
Il revenait de mission après 2 mois passés aux frontières du royaume, à visiter différentes forteresses et à s'assurer de leur bonne organisation. Comme à son habitude, à chaque retour de mission, Le général voulait s'informer des événements passés en son absence et du bon déroulement de ses plans. C'est pour cette raison que son retour était toujours marqué par un dîner en compagnie de sa femme et sa dernière fille Oscar.
"Mon ami, j'ose espérer que cette mission n'ai pas été trop pesante pour vous."
"Rassurez vous Madame, les Jarjayes viennent au monde pour accomplir des missions comme celles-ci!" Répondit le général pendant que Grand-Mère lui servait des ris de veau.
Le général continuait à converser avec son épouse. À l'autre bout de la grande table, Oscar était encore une fois perdue dans ses pensées, le visage baissé vers son assiette. Elle n'avait réussi à revoir André qu'à deux occasions ces derniers mois et ils étaient tellement différents maintenant, elle ne savait ce qu'il allait advenir de leur amour. André lui avait parlé à chaque fois avec un air de reproche suivi d'excuses, elle le sentait si triste et tourmenté. Il lui avait dit qu'il devait en être ainsi, qu'ils n'étaient pas fait pour s'appartenir l'un à l'autre. Il ne l'avait même plus embrassée ou appelée "mon amour". Il ne lui parlait que de la vie qu'elle menait à Versailles, sans lui. Cette situation rendait Oscar malheureuse, mais c'était désormais sa vie. Être à Versailles auprès de la dauphine et parfois assister aux bals en compagnie de sa mère pour trouver un prétendant…
"Et vous mon enfant, comment se passe votre affectation auprès de la dauphine Marie Antoinette?
"Très bien père."
Le général la regarda les sourcils légèrement froncés.
"Mais encore mon enfant? S'entend-elle bien avec vous? Se confie-t- elle à vous? J'espère que vous lui êtes agréable!"
"Oui père, la dauphine à quelque affection pour moi et je peux affirmer sans hésitations que nous sommes désormais de bonnes amies. Elle se confie également à moi…"
"Bien! Je suis content de voir que vous remplissez votre mission. Mais qu'avez vous? Êtes vous souffrante? Vous n'avez pas l'air bien du tout!" S'enquit le général.
Avant qu'Oscar eut le temps de répondre, Louise de Jarjayes intervint.
"Oh laissez mon ami, ne vous inquiétez pas. La jeune demoiselle ne se complaît pas dans l'immense honneur qui lui est fait. Quelle humeur accablante ces derniers temps!"
"Ainsi c'est donc cela qui vous rend si maussade! Reprenez vous Oscar! Et vite! Vous avez une chance inouïe de servir la dauphine! De nombreuses jeunes filles rêveraient d'être à votre place! Votre mère et moi vous procurons une vie exemplaire! Vous allez arrêter ce comportement et nous faire honneur! Me suis-je bien fait comprendre?"
Levant les yeux de son assiette, Oscar regarda son père.
"Le message est clair, pardonnez moi."
"À la bonne heure! Maintenant qu'en est il de son futur mari? Avez-vous trouvé quelque bon prétendant ma mie?"
"Notre jeune Oscar, malgré son comportement renfermé et son manque d'entrain dans cette affaire, a beaucoup de prétendants. Il me semble cependant que l'un d'eux pourrait former une alliance adéquate avec la famille de Jarjayes."
"Ah? Et de qui parlez vous? N'oubliez pas que je veux le meilleur pour continuer la lignée des Jarjayes."
"Oui mon ami, mes prospections se font toujours avec ce devoir en tête. Je parle du comte de Girodelle, Victor-Clément. Récemment il a été promu…"
"Capitaine de la garde royale! Oui, je connais ce jeune garçon! Son avenir semble brillant! Louise, remarquable trouvaille!"
"Merci, mon ami", sourit Madame de Jarjayes.
"Mais alors, a-t- il montré son intérêt? Veut-il épouser ma fille?"
Oscar regardait ses parents parler de son avenir sans même penser à ses propres sentiments sur l'affaire. Mais c'était ainsi, elle n'avait pas son mot à dire. Ses parents étaient chargés de lui trouver un mari, pas elle… Elle détestait cette stupide noblesse, ce rang dont elle ne voulait plus et qui la séparait de son amour.
"Il m'a fait part de son intérêt certain pour notre fille. Il sait que vous étiez en mission mais il m'a fait savoir qu'il aimerait s'entretenir avec vous à votre retour."
"Parfait! Invitons le jeune comte de Girodelle au château avec son père, une conversation s'avère nécessaire."
Le général reprit sa fourchette et s'attaqua à son plat avec entrain. Madame de Jarjayes était également fière d'avoir changé l'humeur de son époux pour le meilleur. Oscar, elle, avait perdu tout appétit…
Le lendemain, Oscar se promenait dans les jardins de Versailles en compagnie de la dauphine. Cette dernière s'ennuyait de plus en plus dans sa prison dorée qu'était ce château.
"Oh Oscar, j'aimerais tellement pouvoir partir où bon me semble, voyager. Comme j'aimerais voir Paris! L'opéra. Nous devrions y aller. Je demanderais à mon époux de demander au roi."
"À l'opéra? Cela pourrait être dangereux pour vous en tant que dauphine, la garde royale peut plus simplement vous protéger ici. Et le château a un opéra."
"... je le sais Oscar, répondit la dauphine d'un air triste. Je ne supporte plus ces murs. J'aimerais tellement m'évader."
"... je vous comprends."
" Je peux le voir également dans vos yeux Oscar, vous voudriez être libre de faire ce que vous voulez…"
"... j'ai bien peur que cette liberté ne fasse partie de notre destin, Marie."
"Allez vous bientôt vous marier, Oscar?"
Oscar détourna son beau visage quand elle sentit les larmes menacer de s'échapper.
"Il semblerait que cet événement puisse bientôt arriver."
"Oh! Mais qui est il? Oh Oscar…"
"Il n'a pas encore fait sa demande mais il doit se rendre au château des Jarjayes dans quelques jours pour s'entretenir avec mon père…"
"Oh Oscar, vous semblez si triste. Mais il se pourrait que ce mariage soit heureux, qui sait."
"Oh Marie…" Oscar s'était retournée les yeux pleins de larmes… "C'est impossible!"
Sans plus de cérémonie, Oscar partie laissant la dauphine dans le jardin aux milieux de cette magnifique roseraie. Après quelques minutes, Oscar trouva une allée déserte et laissa éclater son chagrin. Elle revint en fin d'après-midi dans les appartements de la dauphine. Elle se sentait idiote d'avoir montré sa détresse à Marie Antoinette.
Quelle ne fut pas sa surprise en entrant dans les appartements, lorsqu'elle trouva cette dernière à converser aimablement avec nul autre que Victor Clément de Girodelle. En voyant Oscar, le jeune comte se leva subitement et la salua.
"Mademoiselle de Jarjayes."
"Comte de Girodelle…"
"Excusez mon intrusion, j'étais venu pour vous chercher."
"Me chercher?"
"Oui, votre mère est prête à rentrer à Jarjayes et elle m'a chargée de venir vous escorter à votre carrosse dorénavant."
Oscar regarda la dauphine qui lui offrit un sourire en retour.
"Hé bien il est temps de vous dire au revoir aujourd'hui Oscar, à demain très chère amie."
Oscar s'inclina, et sortit des appartements en compagnie du comte.
Soudainement, il semblait que le trajet qui séparait les appartements de la dauphine aux écuries, s'était allongé de plusieurs dizaines de kilomètres. Oscar marchait aux côtés du comte sans dire mot. Ce dernier semblait tout à fait sérieux dans son uniforme militaire blanc immaculé. Parfois, il regardait la jeune fille brièvement, du coin de l'œil.
"Mademoiselle. J'espère que vous n'êtes pas offensée par ma présence. Pardonnez mon audace mais cette nouvelle tâche qui m'a été donnée par votre mère me sied particulièrement."
"..."
"Cela me permet de pouvoir passer plus de temps en votre compagnie."
"..."
Je vous en prie ma mie… Vous connaissez sûrement l'intérêt que j'ai pour vous. Mademoiselle, je vais rencontrer votre père dans 3 jours. Vous savez sûrement à quelle type de conversation je fais allusion.
"..."
Girodelle stoppa ses pas et pris Oscar par les épaules. La jeune fille sursauta, surprise par ce geste si familier. Elle leva les yeux vers lui.
"Mademoiselle. Je vais demander votre main à votre père et j'espère sincèrement que les familles de Jarjayes et de Girodelle seront unies par notre mariage."
"..."
"Pardonnez mon audace. Je nous veux amis, je veux passer du temps avec vous. Autant de temps que vos parents m'accorderont."
"Monsieur. Si mes parents me donnent à vous, soit, mais pour l'instant je ne suis ni votre femme, ni votre fiancée. Lâchez-moi!"
Oscar se dirigea d'un pas rapide vers le carrosse qui était enfin en vue.
'De quel droit' pensait-elle. 'De quel droit ose il agir comme cela avec moi… Comme si il était certain que j'allais lui appartenir'... 'Parce que c'est vrai. Je vais lui appartenir et il le sait. Mes parents n'ont aucune raison de refuser.'
Une larme silencieuse coula sur ses joues, Louise de Jarjayes leva les yeux au plafond d'un air exaspéré alors que le carrosse partait pour le château de Jarjayes.
Trois jours plus tard, les comte de Girodelle père et fils furent introduits dans le bureau du général de Jarjayes. Environ une heure plus tard, ils ressortaient du bureau le sourire aux lèvres.
"Grand-Mère, où est Oscar?"
"Avec Madame dans le grand salon."
"Messieurs, allons leur annoncer la nouvelle"
Le général et les Girodelle descendirent dans le grand salon du château de Jarjayes, dont les grandes vitres donnaient sur la cour extérieure où quelques domestiques réparaient l'un des carrosses.
"Ah, mesdames, vous voilà!" S'exclama le comte de Jarjayes.
"Mon ami, avez-vous quelque nouvelle à nous annoncer?" Répondit Louise avec un sourire sibyllin.
"Oui Madame! Les familles de Jarjayes et Girodelle vont être unies par le mariage d'Oscar et Victor Clément!"
"Nous sommes très heureux de cette affaire", renchérit le comte de Girodelle père.
"Oscar! Ne restez pas là, qu'attendez- vous? Saluez votre fiancé comme il se doit!"
La jeune fille, statufiée par la nouvelle, se leva doucement. Victor s'approcha d'elle et la prit tendrement par les épaules comme il l'avait fait quelques jours plus tôt. Oscar détourna son visage pour éviter de le regarder. Il semblait si heureux, lui souriait. Le jeune comte déposa un chaste baiser sur la joue d'Oscar. A cet instant un horrible pressentiment la secoua au plus profond d'elle-même.
Cette roue ne cessait de se déloger et André espérait vraiment réparer ce carrosse aujourd'hui et une bonne fois pour toutes. Il essayait de se concentrer mais il ne pouvait s'empêcher de penser à ce jeune homme en costume militaire et cet autre homme qui était sûrement son père. Pourquoi étaient-ils là? Si c'était une question militaire, il n'était pas nécessaire de venir faire une visite de courtoisie au château. Ce pourrait il que ce jeune noble veuille épouser son Oscar? Son poing de sera à cette idée! Il pouvait la voir à travers les grandes vitres du grand salon. Elle était assise près de sa mère dans une jolie robe couleur lavande. Elle semblait lire un livre.
"Hé Oh André! Tu rêvasses! Concentre-toi sur cette fichue roue!"
"Désolé Pierre! Tu as raison aujourd'hui je ne fais que rev…"
Le jeune homme s'était interrompu lorsqu'il vit le général et les deux hommes faire leur apparition dans le grand salon. Le monstre aux yeux vert de la jalousie se fit cruellement sentir lorsqu'il vit ce sale noble s'emparer de son amour et embrasser sa joue. André lâcha l'outil qu'il tenait dans sa main.
"Oh! André! André!"
Mais Pierre appelait en vain...
La journée avait été affreuse. Il voulait tout oublier, leur rangs respectifs, le futur, et surtout ce qu'il avait vu cet après-midi. André le savait, il ne dormirait pas de la nuit. Il était rongé par la jalousie et un sentiment d'injustice si puissant qu'il voulait frapper contre un mur jusqu'à ses poings se brisent. Il était fourbu, avait passé la soirée dans le petit bois du domaine de Jarjayes à penser à son amour qu'il était en train de perdre. Le vin avait été sa seule compagnie ce soir-là , et il était rentré au château.
Le quartier des domestiques était calme, André se dirigea vers sa chambre. Posant la main sur sa poignée, il s'imaginait qu'Oscar pourrait être là à l'attendre, assise sur son lit. Il l'enlacerait et la ferait sienne cette fois ci. Mais, fermant les yeux pour empêcher ses larmes de couler, André fit volte face.
'Oscar, pardonne-moi', pensa-t- il.
Le jeune homme se dirigea d'un pas décidé vers une autre chambre, c'était celle de Jeanne. Il allait frapper lorsque la porte s'ouvrit subitement. La jeune femme se tenait devant lui, ses longs cheveux bruns étaient relâchés dans son dos, elle n'était vêtue que d'une chemise. André pouvait deviner ses formes. Il ne se souvint jamais de ce qui le décida à entrer dans cette chambre, mais il ferma la porte derrière lui.
Jeanne le regardait sans un mot. À vrai dire elle était surprise. Voilà des mois qu'elle essayait de se rapprocher du jeune homme, mais ce dernier était toujours assez aimable mais distant. Et là, maintenant, il se tenait dans sa chambre et la dévisageait, comme s'il cherchait à sonder son âme. Ou, comme s'il voyait quelqu'un d'autre a travers elle. Qu'importe!
"Andre…" Commença-elle.
Il s'approcha doucement. Sans plus de cérémonie, André s'empara des pans de la chemise de Jeanne et la fit passer par dessus la tête de la jeune femme. Elle était complètement nue devant lui.
Puis, il commença à lentement se départir de ses propres vêtements. André était beau, ces années de travail avaient musclé son corps à la perfection malgré ses seize ans. Jeanne ne manquait rien du spectacle, ses yeux s'égarant sur ses muscles bien dessinés, et son sexe, qui déjà pointait indécemment vers elle. Elle s'approcha de lui.
"As tu déjà touché une femme André?"
Pour toute réponse, le jeune homme posa une main sur son sein. Dans la seconde qui suivit, André fondit sur la bouche de Jeanne et l'embrassa passionnément. Ce fut comme si ce geste avait ouvert les portes du désir pour le jeune roturier. Sa bouche embrassait chaque parcelle de ce voluptueux corps qui s'offrait à lui. Jeanne était surprise de tant d'ardeur, mais elle avait toujours su qu'André devait être passionné dans l'intimité. Le fait qu'il soit plus jeune de plusieurs années n'y changeait rien. Il savait ce qu'il voulait, et elle le laisserait obtenir son butin avec plaisir. Il embrassait divinement bien, sa bouche sensuelle se promenait sur son corps et elle ne pu s'empêcher de gémir lorsque sa langue habile fit contact avec sa féminité.
"André… oui"
Continuant de flatter son corps de baisers, le jeune homme remonta doucement le long du corps de sa partenaire jusqu'à atteindre sa bouche, qu'il embrassa une nouvelle fois. Sans plus attendre, André s'empara des jambes de la belle Jeanne et la porta jusqu'au lit, tombant avec elle dans un bruit sourd. Jeanne était transportée par cette expérience et ondulait sous le jeune homme, qui, usant désormais sa main, lui prodiguait un plaisir intense en touchant sa féminité. Il glissa un doigt en elle, puis deux. André guettait chaque expression de son visage, il voulait savoir ce qu'elle aimait, ce qui semblait la pousser vers plus de plaisir. Il agissait par instinct. Les yeux dans les yeux, Jeanne atteint l'orgasme dans les bras du jeune homme. Le corps d'André était tendu à l'extrême, entendre la jeune brune gémir son nom sans retenue pendant qu'elle atteignait son plaisir, l'avait terriblement excité.
Sans plus de préambule, il ouvrit ses cuisses et s'immisça dans son intimité. C'était sa première fois, et son plaisir fut si grand qu'il ferma les yeux lorsqu'il commença un mouvement de va et vient. Jeanne l'appelait, gémissait son nom d'une façon si érotique. Dans son refuge, les yeux clos, André pensa à Oscar, imagina son corps alangui sous lui. C'était à elle qu'il faisait l'amour ce soir, soudainement. Plus que tout, c'est cette pensée pour Oscar qui l'emmena vers le point de non retour, et André joui pour la première fois dans le corps d'une femme. Lorsque les tremblements de son corps se calmèrent, il ouvrit les yeux. Ce n'était pas Oscar dans ses bras. Jeanne lui souriait. Submergé par la tristesse, André se retira de son corps, et après un baiser sur son front, il s'endormit sans un mot pour son amante. Jeanne était heureuse, elle avait André pour la nuit.
