Les choses vont commencer a prendre un ton plus tragique.
Un petit rappel que cette fiction est destine a un public adulte. Notamment du a la présence de thèmes assez sombre: violence, abus, jalousie... Nos amoureux vont avoir un chemin difficile a parcourir mais je promets une fin heureuse.
Août 1771
Voilà maintenant environ 10 mois qu'Oscar et Victor de Girodelle étaient fiancés. Ils se voyaient très régulièrement, à Versailles de part leur tâches respectives auprès de la dauphine, mais aussi dans leur demeures où leur parents organisaient de nombreux dîners pour qu'ils se retrouvent et passent du temps ensemble avant les noces. Le mariage était prévu pour la fin de l'été, fin Septembre.
Si Oscar avait été amoureuse du jeune comte, sa vie serait désormais un rêve éveillé. Victor semblait fou amoureux d'elle, il trouvait toujours un moyen de la voir à Versailles. Et lorsqu'ils se voyaient dans ces dîners, il l'emmenait marcher dans les jardins, et parfois profitait de l'instant pour lui réitérer tout l'amour sincère qu'il éprouvait pour elle. Victor était réellement devenu un ami pour Oscar. Elle n'était plus une enfant et savait comment la noblesse de France fonctionnait. Elle était infiniment chanceuse d'avoir un fiancé si jeune et bienveillant. Maintes fois elle avait assisté aux fiançailles et mariages de jeunes demoiselles d'à peine 15 ans, tout comme elle, qui épousaient un homme bien plus âgé. Elle avait vu leur peine, et leur peur face au futur qui leur était réservé auprès hommes qui n'avaient l'air de les considérer que comme une marchandise. Victor n'était pas ainsi, il l'a traitait comme une égale.
Comme chaque jour, la foule à Versailles était grande, et ne parlait que d'un seul sujet, Marie Antoinette.
Oscar avait passé la matinée avec la dauphine. Cette dernière s'ennuyait de plus en plus dans sa prison dorée. Elle était d'une humeur maussade et colérique ces derniers temps car elle devait adresser la parole à Madame du Barry, la maîtresse du roi, comme l'étiquette le voulait, et elle s'y refusait. Cela avait créé une situation où la maîtresse royale se sentait insultée et le courroux du roi lui ne serait pas loin si l'affaire ne se réglait pas. Tout le monde à Versailles avait pris parti et se délectant du spectacle. Oscar fut contente de voir Victor se présenter aux appartements de la dauphine pour l'accompagner à aller déjeuner. Elle aimait Marie-Antoinette mais parfois elle avait besoin de s'éloigner de tous ces drames de courtisans! Victor l'emmenait dans l'un des salons de ses appartements privés. Ces moments sans chaperon avant le mariage leur était permis à Versailles où nombre de domestiques étaient présent pendant leurs entretiens. Oscar avait une faim de loup et emboitait le pas à Victor, ne pensant qu'à satisfaire son appétit.
« Victor de Girodelle! Nous nous revoyons! »
L'interpellé se retourna pour faire face à l'homme qui l'avait appelé.
« Duc d'Henry... ». Victor n'aimait pas cet homme. Il ne le tolérait que parce qu'il était un ami de son père. Il n'aimait pas ce sourire narquois.
« Je vous avais bien dit que je devais me conduire de manière un peu plus civilisée! Me voilà à Versailles depuis peu, devenu un parfait courtisan! Mon hôtel particulier à Paris me manque mais la vie à Versailles a du bon. Rien ne vaut mon domaine en Normandie cela dit!
"Est ce une installation permanente?"
D'Henry éclata d'un rire gras.
"Pourquoi cette question? Aurais tu peur que je te vole ta place de colonel de la garde mon garçon? »
Victor était désormais visiblement exaspéré. Oscar ne pouvait croire à quel point cet homme semblait aimer attirer le courroux du jeune homme. Le duc posa son regard sur la jeune fille.
« Pardonnez moi, mademoiselle. C'est un plaisir de vous revoir, vous êtes encore plus belle que la dernière fois ».
Il avait pris sa main, et Oscar se sentît terriblement mal à l'aise. Son regard sur elle était si intense. Mais définitivement l'opposé d'André. Là où le jeune homme la regardait avait adoration et semblait sonder son âme, ce duc la faisait se sentir intimidée et... nue. Elle fut sortie de ses pensées par Victor qui avait vivement délivré sa main de celle de l'homme.
« Ne t'inquiète pas mon garçon! Ta fiancée ne craint rien avec moi! Je pourrais même lui apprendre une chose ou deux avant votre union! »
Cette fois ci, Victor vit rouge, et en un instant, le duc se retrouva plaqué contre les boiseries dorées qui décoraient le couloir. Quelques courtisans se retournèrent aussitôt pour ne pas manquer la scène qui s'offrait à eux. Victor tenait le duc d'Henry à la gorge d'une main.
« Je vous promets ceci. Insultez encore cette dame, et je vous tue lors d'un duel! Compris?! »
Le duc se contenta de rire sournoisement lorsque Victor lâcha prise et prit Oscar par la main pour l'emmener loin de lui.
La jeune fille était choquée. Choquée par les propos répugnants du duc, mais également par la colère de Victor. Il détestait cet homme et elle comprenait vraiment pourquoi. Ces dix derniers mois, ils avaient eu le déplaisir de le voir à certaines mondanités à Paris dans certains hôtels particuliers et manoirs. Il aimait rabaisser Victor et le traiter comme un enfant, quand à elle, il procédait à la complimenter d'une façon dégoûtante qui la faisait se sentir terriblement mal à l'aise au lieu de flattée. Victor avait été poussé dans ses derniers retranchements. Le duc arrêterait sûrement ce comportement désormais.
« Victor mon ami, faites attention à qui vous désignez comme votre ennemi ».
C'était le Comte de Chaillis qui avait parlé, il était un ami de Victor et avait assisté de loin à la scène.
« Le duc d'Henry peut se montrer très sournois vous savez, depuis son arrivé à Versailles il ne cesse de faire parler de lui, entre les jeux d'argents, les gentilshommes qui se plaignent de son comportement avec leur femmes, il arrive tout de même à être très proche du roi. Attention mon ami.
"Merci du conseil. Je regrette d'avoir perdu mon sang froid, surtout auprès de vous ma chère. Mais son manque de respect m'est insupportable. Excusez moi, ma fiancée et moi allons de ce pas prendre une collation bien méritée dans mes appartements »
Une fois attablés, Oscar fut la première à prendre la parole.
« Victor, je vous soutiens dans votre réaction. Cet homme… Le duc d'Henry me fait toujours me sentir mal à l'aise. Sa façon de me regarder, de parler… Merci d'avoir pris ma défense."
"C'est la moindre des choses », dit il en lui prenant la main."
La journée avait été longue pour Oscar, elle était épuisée. Cependant, à cela s'ajoutait un sentiment d'impatience car elle et André s'était organisé une entrevue dans le petit bois du domaine de Jarjayes. Après un dîner qui lui parut durer des heures en compagnie de sa mère, Oscar avait attendu plusieurs heures pour que l'agitation dans la demeure se calme. André lui avait écrit qu'il serait dans le bois vers 11 heures du soir, il était l'heure de le rejoindre. Oscar enfila un manteau léger et se faufila hors du château. Comme prévu, André l'attendait au pied d'un gros chêne non loin de l'étang de leur enfance. C'était devenu leur point de rencontres nocturnes, éclairés seulement par la lune qui était pleine en cette nuit d'été. Elle se jeta dans ses bras, et André ferma les yeux un instant. Serrer Oscar dans ses bras était la seule chose qui lui faisait oublier les complications dues à leur statuts respectifs, et le fait que la jeune femme qu'il aimait était destinée à un autre. D'ici quelques semaine, elle deviendrait officiellement la Comtesse de Girodelle. Ils échangèrent un regard à la fois doux et triste. Doux car ils s'aimaient, triste car ils ne pouvaient désormais plus se toucher comme avant. André ne pouvait plus se comporter comme un amant avec Oscar. Et si quelqu'un les surprenait à cette heure dans le bois, le jeune homme serait sévèrement puni voir tué, Oscar elle, pourrait tout bonnement se retrouver dans un couvent pour le restant de ses jours.
"Oscar… Comme il est bon de te serrer dans mes bras. Comment vas-tu?"
"Je vais bien André, même si mes journées à Versailles ne m'apportent qu'ennui, je prefererais les passer à tes côtés" répondit la jeune femme d'un air triste. André la regarda avec un air compréhensif.
"Comment va la dauphine? Toujours en guerre avec la Du Barry?" André voulait détendre l'atmosphère.
"Oh si tu savais, les choses ne se sont pas encore arrangées, Marie Antoinette refuse d'adresser la parole à la maîtresse royale et tout Versailles se régale du spectacle. J'aimerais qu'elle mette sa fierté de côté, tout cela pourrait devenir sérieusement problématique pour elle si le roi s'en mêle…"
"Te voilà bien sage à parler de la sorte, oú est passé la rebelle Oscar, celle qui se fichait des opinions des autres, celle qui voulait… partir, loin… avec moi?"
"...". La jeune fille baissa les yeux.
"Pardon Oscar, tu as raison. Pour la dauphine… Et pour le reste. Il faut penser aux conséquences, la vie d'adulte nous l'apprend malheureusement…"
André se retourna, et fit face au grand chêne… Oscar savait de quoi il s'apprêtait à parler, le jeune homme ne la regardait jamais dans ces moments-là mais elle pouvait voir sa souffrance dans son dos voûté et ses poings serrés. Il lui demandait toujours la même chose lorsqu'il se voyaient.
"Et comment va Victor, Oscar? J'espère qu'il réalise la chance qu'il a…"dit-il avec amertume.
"Victor va bien. Toujours égal à lui-même. Il me traite avec respect."
"Et… est ce qu'il te dit des mots doux?... Est ce qu'il, … Ah, je ne peux même pas le dire de vive voix…"
"André, Victor se comporte avec moi comme un ami. Je lui ai demandé de ne pas outrepasser ses droits tant que nous serons fiancés. Toi seul a posé tes lèvres sur les miennes, et il en restera ainsi jusqu'à mon mariage."
André fit enfin face à Oscar, ses yeux trahissaient la torture que lui faisait subir la situation.
"Je ne veux pas qu'il te touche Oscar, je voudrais tellement que les choses soient différentes…"
"André, je t'en prie, n'en parlons plus… S'il te plaît. Regarde moi."
La jolie blonde lui souriait. André se raisonna, il ne voulait pas gâcher ce moment ensemble en pensant seulement à leurs problèmes.
"Tu as raison mon amour. Et dans trois jours c'est mon anniversaire. Crois tu que nous pourrons nous voir ce jour-là?"
"Oui, le soir, je n'ai rien de prévu. Malheureusement le jour d'avant j'ai encore un stupide bal. Cette fois, chez la comtesse de Cluzon, je dois m'y rendre avec Victor. Je suis sûre cependant que l'on ne restera pas longtemps. Victor n'est pas très friand des sorties dernièrement…"
"Victor? Voilà qui est surprenant Oscar, il est plutôt mondain, tu me le dis souvent."
"Les choses ont changé dernièrement André… Il y a cette homme… Un duc, que Victor déteste au plus haut point. Et je suis de son opinion. L'homme se montre irrespectueux envers lui à chaque rencontre."
"Qui est cet homme? Et pourquoi ne m'en a tu pas parlé?"
"Je ne voulais pas t'inquiéter André."
"Mais s' il importune Victor, toi tu n'es pas loin. Je ne veux pas que tu sois exposée à cela."
"Non, ne t'en fais pas, cette fois je crois que Victor a clos l'affaire. Aujourd'hui, il est… Sorti de sa réserve…"
"Que veux-tu dire Oscar?"
"Victor a… Pour ainsi dire, malmené le duc d'Henry, il l'a pris à la gorge et lui a demandé d'arrêter de nous importuner."
André vit rouge.
"Nous? T'as t'il importuné aussi? Qu'a il fait Oscar, a il fait quelque chose?"
"Non non André, ne t'inquiète pas… Ce n'est rien de grave…"
"Je ne suis pas convaincu Oscar… Et cet homme, ce duc d'Henry, va il être présent chez la comtesse de Cluzon?"
"C'est l'un de ses grands amis paraît il, j'imagine qu'il sera présent oui…"
André semblait exaspéré mais ne disait mot. Il resta ainsi pendant quelques secondes avant de prendre la parole.
"Je vais vous accompagner…"
"André! Mais…"
"Demande à Victor d'utiliser l'un des carrosses des Jarjayes au lieu du sien ce soir-là, je vous conduirais chez la comtesse. S'il te plais Oscar, je m'inquiète pour toi. Je veux être sur que tu es en sécurité."
André ne serait pas rassuré tant qu'elle n'accepterait pas. La jeune fille ne voulait pas qu'il la voit en compagnie de Victor, elle ne voulait pas le blesser. Mais si cela pouvait apaiser son esprit, elle le ferait.
"Bien André, je préviendrais Oscar demain à Versailles."
"Merci mon amour, je veux te protéger…"
Oscar sourit.
"Il est temps pour moi d'aller dormir, ou ma mère va être colérique si je ne suis pas prête à l'heure! Je déteste Versailles et ces stupides obligations!"
"Tu as raison, et il fait froid, retourne au chaud sous tes couvertures" dit il tendrement.
André déposa un baiser sur le front de la jeune fille, qui s'en alla dans la seconde qui suivit.
Le bal était déjà très animé lorsque Victor et sa fiancée arrivèrent. Comme prévu, André les avait conduit de Versailles à l'Hôtel particulier de la comtesse de Cluzon, il avait jeté un regard triste vers le couple lorsque Victor avait entraîné sa compagne à l'intérieur de l'édifice. La comtesse faisait partie de celles qu'on appelait 'les chanceuses' en cachette, elle avait été mariée très jeune et était devenue veuve 7 mois après, son époux étant décédé d'une maladie foudroyante.
Elle avait hérité du domaine familial en Auvergne ainsi que de ce charmant hôtel particulier parisien, où elle passait son temps à organiser de fastueuses soirées. Elle était pour ainsi dire libre, elle profitait de cette chance à chaque instant.
Oscar était rassurée. Victor était de bonne humeur ce soir, le duc d'Henry n'était pas présent. Ils avaient dansé, bu et discuté. Elle avait réellement apprécié le temps passé avec Victor, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser à André, dehors, à les attendre. Elle savait que la voir avec Victor lui avait causé de la peine, mais la chose la plus importante à ses yeux était de la protéger d'un éventuel danger. Elle devait le remercier. Maintenant.
"Excusez moi Victor, je dois m'absenter un instant". Victor discutait avec trois membres de la Garde Royale.
"Tout va bien ma chérie?"
"Oui oui, je serais de retour très vite."
Les carrosses se situaient tous dans la rue derrière l'Hôtel particulier de la comtesse pour éviter de créer des problèmes de circulation. Oscar se dirigea donc dans un long couloir qui sûrement l'emmènerait à une porte donnant sur la rue où André se trouvait. Une autre porte s'ouvrit derrière elle.
"Ça pour une surprise, Mademoiselle de Jarjayes!"
Oscar reconnut immédiatement cette voix grave et moqueuse. C'était le duc d'Henry, il était présent finalement.
«Mr le Duc » répondit Oscar en faisant une légère révérence.
Le duc s'approcha d'elle, et se mit à la toiser, de cette manière qu'elle détestait. Son regard lui donnait l'impression d'être nue, ou de n'être qu'une marchandise. C'était totalement déplacé, elle était fiancée.
«Ma chère, cette robe vous mets encore plus en valeur que d'habitude ce soir, quel plaisir de voir votre jolie gorge »
Oh non! Cette fois-ci Oscar allait couper court à ses discours mielleux et dégoûtants.
"Pardonnez moi, mais mon fiancé m'attends"
Oscar recommença à marcher en direction de la salle de bal pour fuir cet homme. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque d'un mouvement brusque, le duc rattrapa la jeune fille et la plaqua contre le mur, la malmenant au passage. Oscar était choquée, pendant quelques secondes elle regarda le duc, ne pouvant croire qu'il venait de la toucher de façon inappropriée et violente qui plus est.
«Oh non ma jolie, restez encore un peu, nous pourrions passer du temps ensemble. Je pourrais vous montrer ce qu'un vrai homme fait pour satisfaire une dame!"
Oscar rougit violemment sous l'allusion, cet homme était un dépravé!
"Lâchez-moi moi immédiatement! Auriez vous perdu la raison?!"
"Ne m'insultez pas ma chérie, vous pourriez bien le regretter."
Son regard sur elle était maintenant sérieux et menaçant. Au fond d'elle, Oscar eut peur. Quelque chose dans le regard de cet homme ne présageait rien de bon.
"Lâchez-moi. Vous me faites mal."
"Et si je décidais de ne pas vous lâcher, si je décidais que j'avais envie de retourner dans ce petit salon en votre compagnie? Venez, entrez là dedans avec moi."
Oscar commençait à sérieusement paniquer. L'homme la tenait par les bras, l'entraînant vers la porte donnant sur ce qu'elle supposait était un petit salon. Il lui faisait peur, elle ne voulait pas crier mais la situation devenait dangereuse pour elle.
« Lâchez ma femme immédiatement! »
Oscar sursauta en entendant la voix qui avait interrompu cet horrible moment. C'était Victor, qui avait crié de l'autre bout du couloir, et qui déjà avançait vers eux. Il était furieux.
Oscar profita de l'instant de surprise pour se précipiter vers Victor, qui se plaça devant elle de manière défensive. Elle lui était reconnaissante comme jamais en cet instant. Dieu seul sait ce qu'il aurait pu arriver si il n'était pas venu veiller sur elle.
"Comment osez vous poser vos mains sur ma fiancée! Vous n'êtes qu'un scélérat!"
"Je vous assure mon petit Victor, que la jeune fille était consentante."
Victor bondit sur le duc d'Henry, et le frappa en pleine figure. Il enleva son gant, qu'il jeta sur son ennemi qui était tombé à terre.
"C'en est trop d'Henry. Je demande un duel, maintenant! Les gens comme vous ne méritent pas de vivre!"
"Victor non! Oscar était terriblement inquiète par la tournure de la soirée. Un duel. Cette folie ne devait pas avoir lieu!"
"Ne vous inquiétez pas ma chère, je ne ferai pas souffrir votre fiancé longtemps!"
"Fermez la" cria Victor "Et venez, je vais mettre fin à vos jours dans cette rue derrière la demeure."
Victor sorti dans la rue suivit d'Oscar. Le duc arriva enfin, ainsi que des courtisans qui avaient entendu les cris émanant du couloir. André se précipita vers Oscar, qui était désormais très pâle.
"André, restez près de ma fiancée voulez vous. Je vais m'occuper de punir celui qui a sali son honneur."
Victor parti dans la seconde qui suivit. Lui et le duc étaient maintenant entourés d'une foule de courtisans.
"Oscar, mon dieu que s'est il passé? Ton honneur? Cet homme t'as il fait du mal? Parle moi je t'en prie. Si c'est vrai, je serais celui qui le tuerai" dit-il d'un air menaçant.
"Oh André… non… Quelle horrible soirée… Si tu savais..."
La jeune fille commença à sangloter. Un coup de feu retentit, marquant le début du duel. Elle ferma les yeux et se sera contre le jeune homme.
Cela faisait une trentaine de minute que Victor Clément de Girodelle avait entamé un duel à l'épée contre le duc d'Henry, pour laver l'honneur de sa fiancée. Comme tout le monde s'y attendait, le jeu de botte de Girodelle était bien supérieur à celui de l'homme d'âge mûr. Cependant, il ne cédait pas et se battait avec acharnement. Ils semblaient tous deux épuisés et parfois lorsque leurs lames s'entrechoquaient, on pouvait voir le duc murmurer des paroles au comte, inaudibles par la foule.
Oscar avait peur. Toute cette histoire avait horriblement escaladé. Elle allait très sûrement être responsable de la mort du duc. Voilà ce à quoi elle aurait été destinée si elle avait continué à être élevée en homme. Elle détestait le duc mais elle ne voulais pas pour autant qu'il meurt.
Puis, incroyablement, elle vit Victor hurler de douleur. La foule se joignit aux hurlements alors qu'Oscar réalisait que Victor était sérieusement blessé. Il tomba au sol. Oscar se rua vers lui.
Tombant à genou près de son fiancé, elle ne prêta même pas attention au duc qui se releva et quitta les lieux. Victor saignait, abondamment, d'une plaie béante au poitrail.
"Oscar, ma Chérie… Quel piteux spectacle…" réussi il a dire.
"Sssh ne parlez pas." La jeune fille se mit à pleurer "Aidez le! Aidez-nous!" Cria elle. Personne dans la foule ne bougea. Ils se contentèrent de regarder cette jeune fille en compagnie de son fiancé mourant. Oscar avait apposé ses mains contre la blessure pour tenter de stopper le flot du sang. Mais il semblait déjà que Victor était à mi-chemin entre ce monde et le prochain.
Même André, choqué, se tenait là, regardant Oscar, couverte de sang, pleurer la mort de son fiancé.
Le duc d'Henry souriait dans le carrosse qui le ramenait à Versailles. Il avait quelques égratignures mais ce n'était rien comparé à la blessure qu'il avait infligé à cet idiot de Girodelle. Il se félicitait de toujours garder cette petite dague sur lui, elle lui avait permis de gagner le duel ce soir. Personne n'avait remarqué lorsqu'il l'avait sorti et enfoncé dans le cœur de son ennemi. Enfin presque, Victor avait remarqué, il avait eu trop mal pour commenter sur le caractère peu équitable du duel.
Le temps était venu pour le duc d'Henry de retourner dans son domaine de Normandie. Faire profil bas. Et, qui sait, il pourrait même y ramener une épouse. Pourquoi pas cette petite Jarjayes, elle était disponible après tout.
D'Henry sourit en pensant que les prochains mois allaient être très intéressants.
À suivre...
