Warning! Les choses vont devenir assez sombre pour nos deux personnages principaux...

La pièce n'était éclairée que par la lueur d'une bougie. Par la fenêtre, on pouvait apercevoir malgré l'obscurité de la nuit, un temps pluvieux. Il devait sûrement faire froid en ce début d'automne. Le son de la pluie qui s'abattait sur les fenêtres se mélangeait à un autre.

Sur le lit défait, une jeune fille en chemise de nuit était en train de pleurer. Son visage baissé ne laissait rien entrevoir hormis une crinière blonde indomptée. Son corps secoué de sanglot semblait fragile.

Oscar de Jarjayes venait de perdre son fiancé lors d'un duel survenu quelques jours plus tôt. Tout Versailles ne parlait que de ce 'regrettable accident'. De grandes funérailles avaient été prévu ce matin là. C'était la seule fois qu'Oscar avait quitté sa chambre depuis le drame.

Elle était choquée, passant d'un comportement complètement absent, à une intense tristesse quelques heures plus tard.

Seule Grand mère réussissait à lui faire parler quelques mots. Dans ces moments, Oscar, recroquevillée dans un fauteuil de sa chambre, se laissait enlacer par Grand Mère et lui murmurait qu'il ne méritait pas cela, et que la situation serait moins douloureuse avec le temps.

André ne l'avait pas revue depuis qu'il avait dû l'arracher du corps de son défunt fiancé. Parfois, Oscar revoyait cette scène dans ses rêves, même lorsqu'elle était éveillée. Elle entendait ses propres pleurs et voyait ses mains qui avaient essayé maladroitement de stopper l'écoulement du sang du jeune colonel. Mais il était mort trop vite, c'était peine perdue. Elle sentait encore l'odeur métallique du sang, comme si le corps ensanglanté de Victor était dans la pièce.

André l'avait protégé comme toujours ce soir la, il l'avait prise dans ses bras et portée loin de l'agitation. Il avait fait héler un carrosse et avait serré Oscar dans ses bras en lui murmurant des mots rassurants jusqu'à l'arrivée à Jarjayes. Elle était restée inerte, trop choquée pour pouvoir réagir.

L'arrivée à Jarjayes avait été affreuse. La jeune fille se souvient avoir vu André se faire frapper et jeter à terre par le général alors qu'il tentait de lui expliquer pourquoi sa fille revenait sans son fiancé, et couverte de sang dans un carrosse qui n'était pas le leur. Voir son amour traité si durement l'avait sortie de son état de choc et elle avait crié et pleuré en faisant ses révélations. Le général avait simplement demandé aux domestiques de s'occuper de sa fille, de la confiner dans sa chambre jusqu'au lendemain. Comme un objet. Parfois Oscar se demandait si il l'aimait vraiment, c'était comme si il ne ressentait rien.


Louise de Jarjayes était encore debout à cette heure avancée de la nuit. Elle tentait de finir une nouvelle qu'elle avait commencé la veille mais c'était peine perdue. Ses pensées se tournaient toujours vers sa fille, et la situation dans laquelle elle se trouvait. Louise de Jarjayes ne savait comment gérer l'incident. Oscar ne voulait pas se marier mais elle s'était liée d'amitié à Victor de Girodelle. Elle ne savait plus comment communiquer avec sa fille qui semblait tantôt muette et inerte, et tantôt terriblement affectée et triste. Elle brûlait d'envie de lui trouver un nouveau parti afin qu'elle puisse mettre l'incident derrière elle. Le général avait considéré le jeune comte comme le parti parfait, qu'allaient ils faire maintenant?

Le général de Jarjayes regardait la pluie tomber, par la fenêtre de son bureau. Il laissait à sa femme les discussions, mais il ne devait pas oublier que le temps continuait de tourner. Il espérait que Louise puisse trouver les mots pour calmer sa fille. Il lui fallait un nouveau fiancé au plus vite. Cette malencontreuse histoire devait vite être oubliée. Fini l'alliance Jarjayes-Girodelle, il faudrait trouver un autre bon parti.

Couché sur son lit, André ne dormait pas. Il était hanté par les événement de ces derniers jours. Oscar, comment allait elle? Voilà 5 jours qu'il ne l'avait aperçue. Il mourrait d'inquiétude. Il revoyait sans cesse son amour, désespérée, enlaçant le corps sans vie de son fiancé. Oscar avait été tellement bouleversée qu'elle avait été prise de panique et avait tenté d'aider Victor en stoppant le saignement de sa plaie. Mais il était déjà trop tard, et André était sorti de sa torpeur pour porter une Oscar couverte de sang loin de cette horreur.

Tenant la jeune fille dans ses bras, dans la sécurité d'un carrosse, André avait été fortement tenté de fuir avec Oscar au lieu de la ramener à Jarjayes. Il l'aurait emmené loin de ce chaos, loin de cette cours et ses valeurs injustes, l'aurait épousée et rendue heureuse. Mais il savait que le succès d'une telle entreprise aurait été minime. Ils auraient été poursuivis aux quatre coins du royaume. Il aurait fini pendu, et elle, au couvent ou à la rue.

Comment pouvait il la protéger? Tout les séparait. Qu'allait il advenir maintenant qu'Oscar n'était plus fiancée? Ses parents étaient bien décidés à la marier. Ils allaient sûrement l'unir à un prétendant dès qu'une respectable période de deuil serait terminée. André était dévoré par cet amour, il craignait pour le futur de sa belle, mais aussi le sien.

Petit à petit, la vie avait dû reprendre son cours pour Oscar. Une fois les funérailles de Victor passées, Louise de Jarjayes avait attendu exactement une semaine avant de parler à sa fille et à lui rappeler sa tâche auprès de la dauphine. Oscar avait du retourner à Versailles le cœur lourd, et tenir compagnie à Marie Antoinette. Cette dernière avait été très affectée par la nouvelle, et réellement triste pour Oscar. Plus important, c'est avec une gêne non dissimulée que la dauphine avait expliqué à la jolie blonde que l'homme qui avait battu son fiancé en duel, le duc d'Henry, était toujours à la cour.

"Non…" avait murmuré la jeune fille. Son regard fut empreint de colère puis de peur.

"Oscar…"


A l'abris dans les bras d'André, Oscar se sentait plus apaisée. Ce dernier l'enlaçait très fort en lui chuchotant des mots doux et réconfortant. Le petit bois était leur refuge comme à l'accoutumée, malgré la fraîcheur croissante des nuits d'automne. Ils avaient recommencé à se voir, en tant qu'amoureux.

"Je ne peux croire que cet homme abject ait toujours ses entrées à Versailles!" fulmina Andre lorsqu'il lâcha la jeune fille. Ses beaux yeux verts étaient étincelant de colère.

"Les duels sont ce qu'ils sont… il a gagné. Victor a perdu. Le duc n'es pas considéré en tort."

"Mais il a posé ses mains sur toi! Bien sûr qu'il est en tort! Comment a il osé! Si je pouvais l'avoir en face de moi…"

"Non! Je t'en pris tais toi! Tu sais bien ce qu'il adviendrait de toi… Contentons nous… d'oublier? Serre moi. Ne pense qu'à cet instant, qu'à notre amour."

Le jeune homme, au lieu de serrer Oscar dans ses bras une nouvelle fois, lui vola un baiser, auquel elle répondit avidement. Ils profitèrent tous deux de ce moment d'amour et de paix, ignorant que le lendemain, un événement allait sceller leur destin.

Ce matin, Oscar prenait le petit déjeuner avec ses parents. Personne n'avait remarqué ses joues légèrement rosies. La jeune blonde, au lieu de déguster son repas était perdue dans ses souvenirs de la nuit dernière. Les baisers d'André avaient un pouvoir enivrant. Ses mains s'étaient glissées sous son épaisse cape et avait touché ses hanches. Elle avait voulu plus mais elle et André savaient tous deux oú devait s'arrêter leur étreinte. Elle s'était sentie légèrement coupable, elle qui était fiancée il y a encore moins d'un mois, mais c'était André, et son amour pour lui était la seule chose constante dans sa vie, son amour pour lui était éternel. Existant bien avant sa rencontre avec Victor. Et après lui, malheureusement. Victor était mort si jeune. Quel gâchis.

Levant les yeux de son assiette, Oscar se heurta au regard colérique et insistant de sa mère.

"M'écoutez vous mon enfant?!"

"Pardonnez moi mère."

"Concentrez vous Oscar! Je suis consciente de votre récente perte. Mais vous devez vous reprendre."

"Comprenez moi mère! J'ai tout de même perdu mon…"

"Assez mon enfant!" S'exclama la comtesse de Jarjayes d'un ton abrupte. "Il est grand temps pour vous de reprendre le cours de votre vie! Stoppez cet air austère, soyez agréable envers la dauphine! Et n'oubliez pas votre devoir en tant que femme Oscar!"

Oscar posa sa fourchette sur la table, et lança à sa mère un regard furieux, puis inquiet.

"Qu'insinuez vous mère?"

"Je n'insinue rien! Vous devez trouver un époux! Votre infortune temporaire avec le jeune colonel de Girodelle ne change rien. Vous devez faire un mariage adéquat et donner des enfants à votre époux."

La jeune fille connaissait la nature de sa mère, sa forte personnalité, son sens aigu du devoir et des traditions qu'elle tentait à chaque seconde d'imprimer sur elle. Cependant en entendant son discours, une colère sourde s'empara d'elle. Elle se leva brutalement.

"Je ne peux croire ce que j'entends, n'avez vous aucune compassion, aucun cœur! J'ai perdu mon ami! Son corps est encore chaud que vous pensez à me donner en pâture à je ne sais qui! Non! Je refuse! Je partirais si il le faut!"

Le comte de Jarjayes n'aimait pas intervenir dans ces affaires. Il faisait confiance à Louise dans ce domaine. Après tout, n'avait elle pas trouvé de parfait époux pour ses filles aînées. Mais Oscar et son caractère était un véritable obstacle au travail de Louise. Le général se sentait quelque peu coupable, peut être que le caractère de feu d'Oscar était lié à son éducation masculine durant ses premières années. Elle ne pouvait manquer de respect ainsi. Se levant brusquement lui aussi, il contourna la grande table en chêne jusqu'à faire face à la jeune fille qu'il attrapa brusquement par les épaules et gifla. Oscar tomba à terre. Les domestiques présents détournèrent leurs regards.

"Si je vous entend parler de la sorte à votre mère une fois de plus, je vous promets que vous allez finir vos jours au couvent. Petite impertinente. Ingrate! Obéissez à votre mère. Vous serez fiancée sous peu. Faites nous honneur ou sinon…"

Le général pouvait être si menaçant. Oscar n'avait pas oublié sa toute jeunesse lorsque son père la faisait s'entraîner comme un homme. Il lui parlait avec la même dureté qu'aujourd'hui. Incapable de retenir ses larmes plus longtemps, la jeune blonde se leva et alla s'enfermer dans sa chambre.

Grand-Mère, qui avait entendu la scène, lança un regard vers les escaliers où avait disparue Oscar, le cœur lourd et les larmes aux yeux.

'Seigneur, protégez la' fut sa silencieuse requête.

Comment ses parents pouvaient ils aussi insensibles! Oscar était rentrée dans une rage folle en rejoignant sa chambre. Elle n'avait pu s'empêcher de jeter l'un de ses coûteux vases contre la porte de sa chambre.

Le bruit d'un carrosse arrivant à Jarjayes la stoppa dans sa recherche d'un autre objet à briser. Elle regarda par la fenêtre et aperçu ce carrosse aux armoiries qu'elles ne reconnaissait pas. Qui pouvait les visiter? Toute la cour de Versailles ne savait elle donc pas que la famille de Jarjayes observait une période de deuil?

"Assez!" s'exclama elle.

Oscar commença à ramasser les débris du vase. Elle avait décidé de ne pas laisser ses parents lui gâcher sa journée. Aujourd'hui, elle irait se promener, demander à Grand mère de lui préparer son gâteau préféré. Puis, lorsque le château sera endormi elle ira rejoindre André, dans sa chambre, cette nuit.


« Prenez place, monsieur le duc », commença monsieur de Jarjayes, guidant le visiteur dans son petit salon où Louise de Jarjayes était déjà assise.

« Je vous remercie de me recevoir, je comprends que cela puisse paraître indécent, irrespectueux, compte tenu des circonstances », répondit le visiteur qui n'était autre que le Duc d'Henry. Il se tourna vers madame de Jarjayes, plantant ses yeux bleus dans les siens.

« Madame, je crois que malgré nos allées et venues dans les couloirs du château de Versailles, nous n'avons pas encore été officiellement présenté. Je me nomme Richard, duc d'Henry. Pour vous servir. »

« Enchanté monsieur. Je connais les circonstances qui nous lie. Je n'en prend pas ombrage. Les règles du duel ont été respectées. Je devrais vous féliciter de votre victoire. »

« Merci Madame. Vous êtes bien trop aimable »

Le général prit la parole.

« duc d'Henry, allez vous donc cesser ce mystère et nous expliquer la raison de votre venue? Sûrement, vous n'êtes pas là pour nous jeter votre victoire au visage! J'ai une fille en deuil aujourd'hui, vous en êtes la raison »

« Général. Je comprends votre suspicion. Votre fille. Oscar. Elle est justement la raison de ma venu. »

Le général paru extrêmement surpris.

« Que signifie cela monsieur! Ma fille ne veut recevoir personne, vous imaginez bien! Pourquoi voudrait elle rencontrer l'homme qui a tué son fiancé! »

« Parce que je pourrais tout simplement être celui qui marque la fin de ce deuil. Monsieur, votre fille et moi nous étions rencontrés à Versailles avant ces terribles événements. Dans le respect qui était du à sa situation, bien entendu. »

« Je doute qu'elle veuille continuer cette relation désormais! »

« Elle le devrait pourtant. Et vous devriez l'encourager. Écoutez général de Jarjayes. J'aimerais épouser votre fille Oscar. Et vous devriez accepter de me donner sa main! »

« Monsieur! Cela suffit! Je donnerais ma fille à un prétendant qui le mérite, un bon parti! Un gentilhomme et une famille qui ferait honneur aux Jarjayes... »

« Mon ami », intervint madame de Jarjayes, qui était restée silencieuse devant cet échange, « Le duc d'Henry semble être un gentilhomme tout à fait respectable. Duc, que gagnerait la famille de Jarjayes à être associée à la vôtre? »

« Madame, je possède la grande majorité des terres normandes! La famille d'Henry est l'une des plus ancienne et vaste fortune du royaume. Les enfants de votre fille hériteraient de ces terres. Imaginez la puissance de la famille Jarjayes avec des terres en Normandie, dans le nord à Arras, et nos demeures à Versailles et Paris. Général je vous offre un pouvoir incomparable! »

Le silence s'installa dans la pièce pendant quelques minutes. Puis Louise reprit la parole.

« Mon ami, je doute qu'Oscar puisse faire un meilleur mariage que celui ci... »

« Silence madame… nous devons discuter tout cela davantage, duc. Passons dans mon bureau.

Sur ce, les deux hommes se levèrent et saluèrent la comtesse.

'Oscar duchesse' pensa elle en souriant. 'C'est inespéré!'.


Oscar était finalement restée dans sa chambre tout l'après midi. Elle aurait aimé voir Grand mère et passer du temps avec elle mais elle ne voulait pas rencontrer ses parents. Pas après l'horrible conversation au précédent repas. C'est donc captivée par la lecture de l'un de ses romans que la jeune fille avait passé le temps. Ce soir, elle rejoindrait André. Peut être même qu'il la laisserait passer la nuit dans sa chambre.

Oscar rougit à cette idée.

Mais ses pensées furent interrompues par quelqu'un frappant à la porte de son salon, attenant à sa chambre.

« Allez vous en! », chuchota elle en se levant de son lit. Trois coups supplémentaires se firent entendre avant qu'Oscar atteigne la poignée de la porte pour l'ouvrir.

Oscar hoqueta à la vue de l'homme qui se tenait devant elle, et la toisait avec un sourire en coin. Ses yeux bleus perçants semblaient presque moqueurs. La jeune fille se retourna, ne pouvant supporter sa vue…

« Que faites vous ici? »

« Très chère Oscar. Je voulais vous voir pour vous annoncer la grande nouvelle ».

Le duc d'Henry avait un sourire tout à fait carnassier. Quelque chose en lui terrifiait la jeune fille. Il était si familier, et il continuait après avoir même tué son fiancé. Que cet homme aille au diable!

« Allez vous en! Je ne veux rien entendre venant de vous! Pour qui vous prenez vous! Vous avez tué mon fiancé! Déguerpissez! Espèce de... »

Le duc ne laissa pas Oscar finir son florilège d'insultes. Il la prit violemment par les épaules et la plaqua contre le mur de son petit salon. Collant son corps au sien par la même occasion. Il approcha son visage de son oreille du sien.

« Vous allez vite apprendre à me respecter, Oscar. Nous allons nous voir régulièrement à partir d'aujourd'hui. Devrais-je laisser vos parents vous annoncer la nouvelle? Ou devrais-je avoir l'honneur afin de voir votre réaction! »

« Arrêtez, vous me faites mal! »

La jeune fille commençait à paniquer, cet homme était dangereux. Il était bien plus grand qu'elle, et sa force lui faisait peur. Ses mains enserraient ses avant bras comme deux étaux.

« Je vous fait mal? Peut être que vous allez apprendre à m'obéir si je vous dompte de cette façon! »

« Je vais appeler à l'aide! Vous n'avez pas le droit de me toucher ainsi »

Sur ce dernier mot, la voix d'Oscar se brisa alors qu'elle commençait à pleurer.

« Oh mais j'ai le droit ma douce! Figurez vous que vos cher père a accepté de vous donner en mariage! A moi! »

Les yeux de la jeune blonde s'agrandirent de surprise. Son père? Avait il vraiment accepté la demande du duc? L'homme qui avait tué Victor! Impossible.

« Vous mentez…. »

« Je mens? Allez donc demander à vos parents! Vous serez bientôt mon épouse. Depuis le jour ou je vous ai rencontré, j'ai su que j'allais trouver un moyen de vous avoir. Même si pour cela je devais me débarrasser de cet enfant idiot! Victor n'avait que le mot honneur à la bouche! Regardez où ça l'a mené! »

« Assez… laissez moi… »

« Soit. Nous nous reverrons vite »

Avant qu'elle ne pu esquisser le moindre geste, le duc posa ses lèvres sur les siennes. Oscar fut horrifiée par le contact. Si possessif et déplacé. Le dégoût, c'est exactement ce qu'elle ressentit à cet instant. Elle fit de son mieux pour le repousser.

« A bientôt, ma chérie. »

Sur un de ses dernier sourires, il sorti.

Les larmes coulaient sur ses joues, son cœur battait à tout rompre. Et la honte d'avoir été embrassée par un autre homme se faisait sentir. Elle n'avait pas désiré cela. Était elle vraiment fiancée à ce monstre. A cette idée, Oscar éclata en sanglot et se laissa glisser au sol.

« Oscar! »

Sursautant, la jeune fille sorta de sa léthargie et se releva.

« Père! Oh père… expliquez moi! Pourquoi avez vous laisser ce monstre venir à Jarjayes? »

« Calmez vous Oscar… nous faisons cela pour assurer votre avenir et celui de la famille de Jarjayes. Le duc est un très bon parti et... »

« Alors c'est vrai? Vous allez me donner en pâture a ce… ce… cet animal ! » Oscar pleurait de façon incontrôlable.

« Nous faisons cela pour votre bien. Ne discutez plus nos décisions. Tâchez de dormir, vous devez vous rendre à Versailles tôt demain ».

Le général la laissa là, sans un mot supplémentaire. Oscar retomba sur le sol et laissa éclater son chagrin. Quelques instants plus tard, et où sentir deux bras l'entourant tendrement, c'était Grand-Mère qui était venue la consoler. Grand-Mère qui pleurait avec elle. Grand-mère qui, comme elle, était terrifiée par la tournure que prenait sa vie.

Pour la première fois de sa vie, Oscar voulait s'endormir et ne jamais se réveiller.

À suivre...