Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.


10. Un détour incontournable


Ils avaient détruit l'Énergie Spirale, vaincu les membres de l'Académie HD et mis un terme aux plans de ce Ziggurat. La journée avait été très productive, et l'affaire rondement menée. Kyouya aimait quand les problèmes se réglaient rapidement. Il voulait profiter de sa vie, et c'était maintenant qu'il le pouvait. Ce ne serait pas à sa majorité, ni après, quand toutes les responsabilités inhérentes à la vie d'adulte lui tomberaient dessus, qu'il pourrait profiter, ni s'amuser avec autant de liberté, ni se préoccuper uniquement de ses intérêts.

Ça lui manquerait. Quoique, au rythme où allaient les choses, peut-être qu'il adviendrait une catastrophe liée au Beyblade qu'ils seraient incapables d'arrêter, que le monde serait détruit et qu'il n'aurait pas à reprendre l'entreprise familiale.

... Ce destin était encore moins tentant que le précédent – et ça ne le dérangeait pas tant que ça de reprendre les rênes de la TC.

Bref. Même s'il n'avait pas pu faire la partie la plus intéressante du boulot – tout fracasser – et que l'AMBB allait à coup sûr s'accaparer les lauriers de leur réussite, ce n'était pas trop mal.

Les bladers se rassemblèrent selon les équipes qu'ils avaient formées aux Championnats du Monde : les Excalibur étaient au complet, les Wang Hu Zhong se mêlaient aux Gan Gan Galaxy, qui se retrouvaient amputés d'un membre – Masamune les avait quittés pour former son propre groupe.

Kyouya et le reste des Wild Fang se séparèrent des autres bladers. Les adolescents japonais escortèrent leurs équipiers africains jusqu'à l'aéroport. Kyouya les salua brièvement mais, submergé par l'émotion, Benkei éclata en sanglots et manqua d'étrangler Damure, qui n'avait toujours pas appris à esquiver ses élans, sous le regard perplexe de Nile.

Lorsque Benkei se fut calmé, ils purent se séparer. Les adolescents japonais tournèrent les talons et s'éloignèrent de l'aéroport. Ils s'engagèrent dans une rue, puis une autre, s'enfonçant toujours plus dans la ville.

- Nous ne rentrons pas au Japon ?

- On n'est pas à quelques heures près, répondit Kyouya, un sourire flottant sur ses lèvres. Et puis, tant qu'à venir jusqu'ici, autant lui rendre visite.

Les yeux de Benkei s'écarquillèrent puis il sourit.

- Tu veux dire qu'on va voir Kakeru ?

- Qui d'autre ?

Kyouya s'efforça de prendre un air renfrogné. Il n'était pas un gamin qu'une simple visite familiale suffisait à remplir d'enthousiasme. Il était le blader de Leone, capable de faire face aux pires difficultés pour pouvoir faire face à son rival, Ginga Hagane.

- En plus, si jamais il apprend que je suis venu aux États-Unis et que je ne lui ai pas rendu visite, il serait capable de me bassiner des années avec ça.

Ce qui était entièrement vrai – même si Kyouya rendait visite à son frère simplement parce qu'il en avait envie.

À force de détours, ils finirent par arriver en vue d'un stadium immense. Une vingtaine d'adolescents y était rassemblée. Certains le parcouraient en skate, d'autres en rollers. D'autres se tenaient en retrait sur leurs motos, impatients de faire étalage de leurs tours. Kyouya balaya ce groupe du regard. Il ne put retenir un sourire quand il avisa Kakeru. Ce dernier lui tournait le dos, discutant avec deux autres motards. Kyouya fit un signe de la main. L'un d'eux le remarqua et murmura quelques mots. Kakeru se retourna. Ses yeux s'arrondirent.

- Hey, fit simplement Kyouya.

- Nii-saaaaaan !

Kakeru se précipita vers lui. Kyouya esquiva de peu l'étreinte et lui asséna une pichenette sur le nez, lui tirant une exclamation indignée.

- Pas de câlin.

- Mais on s'est pas vus depuis longtemps.

Kyouya croisa les bras.

- Je sais que tu vis depuis des mois aux États-Unis, mais ce n'est pas une raison pour oublier tes manières.

- Tu sonnes comme les parents, marmonna Kakeru avec une moue boudeuse.

Kyouya se hérissa. Qu'est-ce que Kakeru voulait dire par là ?

Kakeru se tourna vers Benkei. Un sourire illumina son visage. Ils se tapèrent dans les mains avec enthousiasme.

- Bonjour Benkei !

- Salut Kakeru !

Kakeru fit un pas en arrière et les regarda l'un après l'autre.

- Que faites-vous ici au fait ? Je sais ! Vous êtes venus assister à la finale des Championnats du Monde.

- Pourquoi j'aurais fait ça ?

- Pour encourager Ginga.

Kyouya leva les yeux au ciel. Sérieusement. Comme s'il était du genre à perdre son temps avec des futilités pareilles. Il avait mieux à faire : s'entraîner, s'entraîner et s'entraîner. Ce n'était pas en se reposant qu'il arriverait à vaincre son rival à leur prochain duel.

- Pourquoi vous êtes là alors ?

- Nous sommes venus donner un coup de main à Ginga avec l'Énergie Spirale, répondit Benkei.

- Pas exactement, démentit Kyouya.

- Ah oui ! J'ai vu ce savant fou à la télé – le Dr Ziggurat, si je me souviens bien. Je plains ceux qui ont postulé pour faire partie de l'équipe américaine... Il était leur sponsor. Ils le voyaient tout le temps.

- Ils étaient aussi ses rats de laboratoire.

- Sérieux ? Ginga se retrouve face à des problèmes bizarres quand même.

- Ha !

Enfin quelqu'un qui le remarquait.

- Ce n'était pas l'Atlantide la dernière fois ?

Kyouya opina solennellement. Toutes les histoires dans lesquelles Ginga se retrouvaient embarqué étaient du grand n'importe quoi.

- En parlant de Ginga, je n'ai pas eu une seule occasion de le rencontrer, enchaîna Kakeru. C'est vraiment dommage...

- Tu voulais le rencontrer ?

Kakeru ouvrit de grands yeux. Il eut un sourire gêné et se passa une main dans les cheveux.

- Eh bien... comme il était aux États-Unis, c'était l'occasion tu vois ? Un blader de son niveau – ton rival – ça ne court pas les rues.

Kyouya plissa les yeux.

- Tu voulais l'affronter et le vaincre pour me montrer tes progrès, pas vrai ?

- Arg ! Comment t'as deviné ? s'étrangla Kakeru, l'air catastrophé.

Peut-être parce que je te connais depuis que tu es né...

- Et si au lieu d'affronter Ginga, tu m'affrontais moi ?

- Quoi ?

- Il s'agit d'une offre à durée limitée. J'ai beaucoup à faire. Je dois rentrer au Japon pour m'entraîner et défier Ginga dès que son Pegasus sera réparé.

Peut-être qu'il irait de nouveau au Wolf Canyon... Il l'avait vaincu, mais ça restait un excellent endroit pour que Leone et lui s'entraînent.

Kakeru continuait de le dévisager, bouche bée.

- Cinq, quatre,...

- J'accepte ! s'écria Kakeru avant de s'éclaircir la gorge et d'afficher une mine – presque –sérieuse. Je veux dire... OK. Battons-nous.

Kyouya eut un sourire.

- Allons-y.


Fin du drabble 10


Note : Parce qu'il me semble impensable que Kyouya soit allé aux États-Unis sans rendre visite à Kakeru. Le prochain drabble se passe dans Beyblade Metal Fury. On s'approche de la fin de cette série.