Si on m'avait dit que j'aurais le cran d'écrire quelques choses sur Kaamelott...
Bonjour à tous, je voulais tester une histoire sur Kaamelott. L'idée de ce premier chapitre m'est venue brusquement la nuit dernière alors vous vous douterez bien que la suite n'est pas encore écrite. Je vous souhaite une bonne lecture et n'attend que vos retours pour envisager une suite.
Je tiens à avertir que je ne suis pas de celle qui connait toutes les répliques par cœur, il est donc possible qu'il y ait des confusions. N'hésitez pas à m'en faire part si j'écris une aberration ^^
~Fayell
Chapitre 1
Jamais tranquille bien longtemps
.
Ça aurait dû être une bonne nouvelle en soi.
Arthur était enfin tranquille. Ça n'arrivait pas souvent, suffisamment peu souvent pour qu'il puisse le souligner. Et suffisamment peu souvent pour être plus que ravi.
Le silence était quelque chose de vraiment agréable et de tellement rare. Même après avoir laissé Excalibur dans le rocher, même alors qu'il n'était plus Roi, on venait encore le faire chier. Ne parlons pas du fait qu'il était enfin tout seul.
Arthur ne se souvenait pas de la dernière fois où il s'était retrouvé peinard dans son lit. Y'avait toujours eu un crétin pour venir frapper à sa porte à toute heure de la journée et de la nuit. Et si c'était pas ses abrutis de chevalier, c'était ses beaux-parents qui venaient lui casser les pieds avec, respectivement, leurs histoires de tourelle et leurs pseudo tartes aux fruits. Quand c'était pas la belle-famille dont il se serait bien passé, y'avait les bonniches pour rattraper le coup et quand elles se faisaient oublier y'avait sa femme, championne quand il était question de lui casser les oreilles.
Enfin…
Justement, c'était pour ça que c'était calme, la reine n'était toujours pas là. Pas qu'il s'en serait plaint mais il était tard et Guenièvre n'était toujours pas dans la chambre. C'était vraiment inhabituel.
Il réfléchit un instant, se demandant ce qu'elle pourrait foutre aussi tardivement et finit par hausser des épaules n'en ayant aucune idée. Il décida de ne pas l'attendre, il était fatigué comme toujours et l'absence de Guenièvre n'allait pas l'empêcher de dormir, si ce n'est l'inverse. Au moins elle ne le réveillera pas en mettant ses pieds glacés contre ses jambes pour se réchauffer.
Et comme les absents ont toujours tort, il en profita pour prendre toute la couverture. Il éteignit la bougie et s'installa. Cette absence était une putain de bénédiction, il allait en profiter !
.*.
Arthur gesticula, se tournant dans des grognements d'un flanc à l'autre. Puis il se remit sur le dos, inspira fortement les paupières clauses, attendit quelques longues secondes pour rouvrit les yeux sur le plafond de pierre.
Il n'arrivait pas à dormir…
Il soupira, tourna la tête du côté qu'elle occupait généralement. La place vide et froide lui fit un petit quelque chose. Ses piaillements lui manquaient presque... A vrai dire, il n'y avait aucun intérêt à prendre toute la couette si elle n'était pas là pour s'en plaindre.
Il ferma à nouveau les paupières en s'intimant de dormir. Il n'avait pas besoin d'entendre son tout petit ronflement - qu'il disait ne plus supporter mais qu'il trouvait mignon dans une certaine mesure - pour trouver le sommeil. Il n'avait plus 4 ans. Et puis, même à 4 ans, il n'avait eu besoin de personne pour dormir. Il n'y avait personne vers qui se réfugier à vrai dire mais c'était pas le propos.
Il n'avait peut-être pas besoin d'elle pour se pieuter mais ce soir, il n'arrivait pas à dormir. Et oui, il allait lui remettre la faute dessus ! Et puis qu'est-ce qu'elle foutait ? Cela faisait plus d'une heure qu'il s'était couché et elle n'était toujours pas là. Si elle pensait qu'il allait s'inquiéter pour elle !
Et puis un loup hurla à la mort et l'orage éclata brusquement éclairant la chambre d'une lumière vive. Arthur s'était redressé surpris, n'ayant pas vu qu'un orage s'annonçait, et vit un corbeau qui le regarda intensément avant de criailler sur le rebord de leur fenêtre.
Bon…
Arthur n'était pas du genre superstitieux mais là ça faisait beaucoup. Enfin si, encore la veille il se bataillait avec Léodagan pour remettre le pain à l'endroit, répétant que ça portait malheur, mais là...
Entre les loups qui hurlent, synonyme de guerre et de famine, l'orage qui, selon elle, est la manifestation de la colère divine et le corbeau, oiseau sans bras, annonciateur d'un trépas à venir…
Là, c'était comme cette prophétie qu'il avait provoqué en faisant l'échange d'épouse.
Ça puait du cul mais violent.
Les trois plus grosses superstitions de sa femme venaient de s'être manifestées simultanément et au moment même où il se faisait la réflexion qu'il n'avait ni vu ni entendu parler de Guenièvre depuis un moment…
Le problème étant qu'il était totalement incapable de dire la dernière fois qu'il l'ait vu. La seule chose dont il était certain c'est qu'elle lui avait pris le bec la nuit dernière et qu'il s'était réveillé tardivement ce matin sans elle pour lui faire la morale – ce qui avait été une véritable source de bonheur.
L'orage gronda à nouveau faisant vibrer les petits vitraux derrière lesquels se tenaient toujours l'oiseau. A plus y réfléchir, il n'avait pas croisé sa femme depuis la veille au soir. Il aurait acté qu'elle était rentrée en Carmélide mais la présence de son père contredisait cette hypothèse.
Bref, ça aurait dû être une bonne nouvelle en soi mais cette absence ne présageait rien de bon.
.*.
Il sortit du lit de mauvaise grâce. Gardant avec lui l'épaisse couverture, il tenta de faire fuir le piaf qui n'arrêtait pas de croasser en tapant sur la vitre et dû ouvrir la petite fenêtre pour qu'enfin la bestiole s'envole.
- Aller ! Du vent ! Va médire la mort sur un autre pays !
Bon, comme s'il n'y avait pas suffisamment de problème comme ça, c'était pas un orage mais une véritable tempête qui s'annonçait. Le vent se déchaînait au point où il avait cru ne pas être capable de refermer la fenêtre. Il était peut-être pas superstitieux – enfin si mais… oh zut ! – mais fallait pas déconner non plus. Les signes étaient vraiment nombreux.
Il se décida à partir à la recherche de sa femme. Il était tard, la moitié du château devait être couché mais Arthur était prêt à réveiller tout le monde pour la retrouver. Il commença doucement, tâchant de rester calme et raisonnable. Il était tout à fait possible qu'elle ait décidé d'aller faire une soirée copine avec une femme de chevalier ou d'être à une fête dont elle aurait pu lui parler et qu'il n'aurait pas écouter.
Il vadrouilla plus qu'il ne chercha. A chaque garde ou péquenaud qu'il croisait il leur demandait s'ils avaient vu la reine. La réponse était toujours négative. Après avoir un peu erré dans les couloirs, il décida de descendre aux cuisines, ayant eu le vague souvenir de l'avoir entendu parler d'une livraison de pâte d'amande à venir.
Aux cuisines, il n'y avait que les cuisiniers qui rangeaient leur cuisine, aidés des bonnes et plongeurs qui faisaient respectivement le ménage et la vaisselle. Aucune femme en vue, aucune Reine se goinfrant de friandise.
Repartant bredouille, Arthur ne sut pas trop où aller ensuite. Il cherchait – cette fois il cherchait vraiment – n'importe où. Les salles de bains, la salle des doléances, la salle du trône, à la table ronde, il alla chercher dans l'église, dans le local où Père Blaise entreposait toute sa paperasse, dans l'ancien laboratoire de Merlin et même dans les geôles dans le cas pas si improbable qu'un con n'ait pas compris qu'elle était la reine et l'ait enfermé pour une connerie - si tant est qu'il puisse y avoir une raison à enfermer sa gourde d'épouse.
Ô ça avait beau l'air d'être tiré par les cheveux, plus rien ne pouvait étonner Arthur et il s'attendait à tout ! Même à une très mauvaise plaisanterie orchestrée par sa femme.
Il ruminait à l'idée que, peut-être, elle s'était mise en tête d'aller se cacher et d'attendre qu'il s'inquiète pour elle pour réapparaître la bouche en cœur, possiblement – sûrement – en se plaignant qu'il lui aurait fallu toute une journée pour s'apercevoir de son absence. Lui se voyait déjà lui hurler dessus, lui disant qu'elle devait vraiment avoir une vie pourrie pour n'avoir rien d'autre à faire que de lui faire perdre son temps, lui reprochant de l'avoir inquiété pour rien ou encore d'avoir des manières d'enfants gâtées.
Il finit par réattérir dans la cuisine. Après tout, vu l'immensité de la forteresse, il aurait très bien pu la rater en ne passant pas par le même couloir. Et si – rien d'étonnant à cela – la pièce n'était pas vide, ce n'était toujours pas Guenièvre.
- Ah ! Léodagan ! Vous tombez bien, je vous cherchais !
Le Roi de Carmélide, accompagné par Bohort était visiblement en train de faire des provisions.
« Vous allez quelque part ?
Arthur devait admettre que même s'il n'était plus Roi, il éprouvait la curiosité de savoir où ses chevaliers partaient et l'inquiétude aussi, à l'idée qu'il leur arrive une misère.
- Rejoindre ma femme, répliqua Léodagan. Elle est d'humeur sanglante ce soir alors je perds du temps là où je peux.
- Et vous Bohort ?
- Eh bien… J'avais espoir de rentrer au Pays de Gaune mais je dois admettre je ne suis pas serein à l'idée de partir demain. Cet orage ne m'inspire rien de bon-
- Dîtes plutôt que vous avez la frousse, coupa Léodagan.
- Ça m'empêche de dormir !
- C'est ce que je dis. Vous avez les chocottes.
- Dîtes, ça suffit. Si j'avais eu envie de vous entendre vous chamailler je vous l'aurais dit.
- Hey oh ! On ne vous a pas obligé à venir ici.
- Non mais je vous cherchais !
- Vous voulez quoi ?
- Je suis à la cherche de votre fille.
- Qui ? Guenièvre ?
- Bah oui. Vous n'en avez qu'une de fille que je sache ! fit Arthur en levant les yeux au ciel.
- Encore heureux ! Qu'est-ce que vous voulez que j'vous dise ? Vous avez cherché dans votre plumard ? Non parce qu'en générale c'est là qu'on peut la trouver.
- Non elle n'est pas dans notre chambre, sinon je ne serais pas venu la chercher dans tout le château !
- Comment ? Êtes-vous en train de dire que la Reine Guenièvre a disparu, Sire ?
- Ne m'appelez par Sire. Et non ! Enfin… Ça fait un moment que je ne l'ai pas vue.
- Un moment ? Combien de temps, un moment ?
- Un moment quoi ! Bon vous l'avez vu oui ou merde ?
- Merde ! Voilà. 15 ans que vous vous la coltiner tous les soirs sans pouvoir nous faire un héritier et maintenant vous ne savez même plus la garder dans votre lit ! Je vous préviens s'il lui est arriver quelque chose-
- Ah ! Vous voilà enfin ! Des heures que je vous attends !
Surpris, Arthur, Leodagan et Bohort se tournèrent vers la porte de la cuisine pour découvrir Dame Séli, bras croisés devant sa robe de chambre.
- Ah ! Mais là c'est qu'on a un vrai problème ! répliqua Léodagan
- Quoi donc ? Une fringale ? Vous auriez dû manger de la tarte !
- Il semble que la Reine Guenièvre ait disparu, intervint Bohort.
- Quoi ?! Qu'est-ce que c'est que cette histoire !? fit-elle en se tournant vers l'ancien Roi.
- C'est-à-dire que… Eh bien je ne l'ai pas vu de la journée et… il semble que personne ne l'ai vue dernièrement. Je me demandais si elle n'était pas rentrée en Carmélide.
- Pourquoi irait-elle en Carmélide alors que nous sommes là ? répliqua Leodagan comme si cette supposition était d'une stupidité hors norme.
Peut-être parce que vous êtes là justement ! Arthur se retint de lancer l'huile sur le feu.
- Avec le Seigneur Yvain peut-être ? hasarda-t-il.
- Seigneur Yvain tient actuellement le lit. Répondit Séli toujours aussi bourru. Paraît-il qu'il s'est fait attaquer par une guêpe. Il n'y a vraiment plus rien à tirer de ce gamin s'il commence à nous voir des guêpes en plein hiver.
- Bien donc en somme vous ne savez pas plus que moi où est votre fille !
- Holà j'vous ferais dire que c'est pas à nous de la surveiller !
- A moi non plus ! se défendit Arthur.
- Eh bien visiblement vous auriez dû !
- Excusez-moi, intervint Bohort. Peut-être pourriez-vous remettre à plus tard cette discussion et vous concentrer sur l'importance capitale que nous pouvons retirer de cette réunion impromptue. La Reine a disparu. Il serait question de la retrouver.
Cela eut au moins le mérite de faire taire le Roi et la Reine de Carmélide le temps d'un court instant. Laissant à Arthur la possibilité de tirer deux conclusions. La première était que ce n'était sûrement pas une plaisanterie de la part de Guenièvre. La seconde était que, bien qu'il ne l'avouera jamais à personne, il commençait très sincèrement à se faire du mouron pour sa femme.
...
A SUIVRE
Laissez un commentaire, dîtes-moi si ça vous intéresse, si vous avez des réclémations... Réclamation !
