Bonjour mes petits cobayes. Me voilà de retour avec un spideypool ! C'est la faute de Kanly, j'avais oublié l'existence de cette fic et elle me l'a remise en mémoire. J'espère que ça vous plaira. Rated M, parce que, Deadpool quoi. Ce chapitre contient un spoiler d'Avengers 3 (que vous avez tous vu, je ne m'inquiète pas !) Comme d'habitude, les voix dans la tête de Monsieur Wilson sont écrites en gras et en italique.
Cinq chapitres plus un épilogue, et je posterai tous les dimanches vers 18 heures. (Enfin c'est le plan initial. Tu vois le genre.)
Bonne lecture !
Chapitre 1
Réveille-toi gros tas c'est quatre heures.
Allez, debout, on a la dalle. Faudrait pas louper le goûter.
-Hmmm…
Non mais quelle loque regardez-moi ça ?! NON MAIS TU VA TE SORTIR LES DOIGTS DU C…
-Hein ?
Ah bah enfin. Bon, parlons de choses sérieuses. Il reste de quoi faire des gaufres ?
Wade émergea brusquement en pleine réalité, les yeux grands ouverts et l'estomac gargouillant. Son attention quitta la dispute des voix dans sa tête, dont l'une aurait préféré du cheesecake que des gaufres, pour se reporter tout autour de lui.
Il était allongé dans un lit aux fins draps blancs, perdu au milieu d'une chambre spacieuse dont les murs gris perle brillaient. L'endroit sentait un mélange de chloroforme, de javel et de citron. Les meubles étaient de bon goût : deux fauteuils en cuir se tenaient à côté de bibliothèques en bois clair chargées de livres à la reliure travaillée. Une triade de tableaux abstraits, éclaboussures d'argent sur fond noir, ornait le pan Est, alors qu'une fenêtre donnant sur un vaste jardin s'occupait du pan Ouest. S'il n'y avait pas eu ce lit médicalisé, ces pieds pour supporter les perfusions et cette odeur typique des hôpitaux, on aurait pu se croire dans un hôtel de luxe.
Le mercenaire tenta te se redresser au fond du lit et grimaça.
- Putain… Qu'est ce qui se passe encore ? Dans quoi je me suis fourré maintenant ?
C'est l'autre abruti qui dit que le cheesecake c'est mieux que les gaufres ! Non mais franchement, j'en ai entendu des conneries dans ma vie, mais là…
Wade se donna quelques tapes sur le côté du crâne, comme si cela pouvait faire taire ses multiples personnalités. Lui, il aurait voulu comprendre ce qu'il foutait là, et surtout pourquoi, pourquoi diable il avait un mal de chien à peu près partout ?
Il inspira profondément pour se donner du courage et releva d'un geste brusque le drap qui le recouvrait.
- Oh putain. Oh putain merde.
Il rabaissa immédiatement le drap comme si cela pouvait changer ce qu'il venait de voir.
DEGUELASSE.
Moi ça me donne faim ?
Wade n'eut pas le temps d'essayer de comprendre ce qu'il faisait là, et pourquoi il manquait une couche de peau sur presque cent pourcent de son corps : on frappa à la porte.
Sans attendre l'invitation d'entrer, un homme, suivi d'une femme en blouse blanche qui tenait un plateau, pénétrèrent dans la chambre.
- Monsieur Wilson, ravi de vous voir de retour chez les vivants, le salua l'homme entre deux âges dont le badge indiquait qu'il s'agissait du Docteur Chilton.
- Salut, répondit Wade, repoussant de nouveau le drap pour étudier plus attentivement son torse troué en de multiples endroits.
Visiblement, le corps médical ne s'était pas donné la peine de le bander ou le recoudre, probablement au courant de son petit talent de régénération. Le drap, cependant, était bon à jeter. Le visage de l'infirmière qui accompagnait le Docteur Chilton passa d'une jolie teinte dorée à un blanc de mauvais augure.
- Comment vous sentez-vous ? demanda-t-elle d'une voix peu assurée.
Wade s'étira en jurant, puis posa les deux pieds au sol.
- Comme si on m'avait passé dans un presse-purée. Mais bon, ça repousse vite. Ah merde, j'ai perdu deux doigts, constata-t-il, désolé.
Le médecin et l'infirmière échangèrent un regard.
- Ils ne repoussent pas ?
- Si si, répondit distraitement le mercenaire. C'est juste que ça me fait chier de les avoir perdus : j'aime bien garder les doigts arrachés, je fais la collection, vous voyez. J'en ai déjà une vingtaine dans mon frigo.
L'infirmière jeta un regard suppliant au Docteur Chilton qui haussa les épaules, fataliste.
- De quoi vous souvenez vous, monsieur Wilson ?
Wade fit fonctionner au mieux son cerveau. Il accepta le plateau que lui tendit l'infirmière où se tenait un café et quelques petits beurres. Il nota au passage le badge de la jeune femme. Joëlle Mackenzie.
- Hmmm… Le patient Zéro, Peter... et AH ! AH MERDE, cria-t-il, désemparé alors que les souvenirs revenaient. J'ai fait exploser un labo de chez Parker Industries, putain, Peter va me tuer c'était son labo préféré…
Il rit en engloutissant un petit beurre.
- Je me souviens que ça a fait boum. Je me souviens que le petit Spidey était avec moi et que je l'ai traîné en dehors des décombres pendant qu'il m'insultait de tous les noms. Je me souviens des pompiers qui sont arrivés, pendant que l'araignée continuait de m'insulter en déplorant la perte de trois étages de recherches avant-gardiste. Je me souviens que j'avais très mal. Qu'est-ce qu'on foutait dans ce labo déjà ?
- Monsieur Wilson, l'interrompit le Docteur Chilton. Le sujet est sérieux. Lors de l'explosion, il y a eu des morts…
Wade ne l'écoutait plus vraiment, debout sur ses deux jambes et occupé à faire l'inventaire de toutes les blessures récoltées lors de l'explosion.
- Bordel, l'avantage c'est que pour quelques heures, mon torse est accordé à ma face héhé… C'est quoi ce truc qui pend là ?
ARGH TIRE PAS DESSUS MEC.
C'est vraiment écœurant. Mais j'ai quand même faim.
- Au moins j'ai toujours ma bite. J'aime autant parce qu'après c'est bizarre quand elle repousse, c'est tout petit on dirait…
- Prenez votre temps, l'interrompit le médecin en toussotant. Vos vêtements n'ont bien sûr pas survécu à l'explosion, nous vous avons plié quelques blouses de patient sur cette chaise. Lorsque vous vous sentez prêts, habillez-vous, la directrice de l'établissement souhaiterait vous rencontrer.
- Ça roule ma poule, accepta Wade, occupé à tâter les alentours de son genou droit, à la recherche de la rotule qui s'était enfuie un peu plus loin dans sa jambe.
L'infirmière Joëlle quitta en première les lieux, le joli blanc porcelaine de son teint virant cette fois-ci dangereusement au vert.
A peine Wade venait-il d'enfiler une blouse propre que la porte s'ouvrit de nouveau dans un grand fracas.
- Connard de Wade Wilson !
Dans l'embrasure de la porte, Peter Parker, un bras dans le plâtre, quelques ecchymoses sur la mâchoire et un grand sourire aux lèvres. Lui aussi jouissait de cette magnifique blouse légère et aérée : Wade se souvenait parfaitement que lorsqu'il l'avait sorti des décombres, son légendaire costume d'araignée était brûlé sur une grande partie des jambes, noirci et ensanglanté par endroit.
- Salut mon pote, le salua Wade en se portant à sa rencontre. On se roule une pelle de retrouvailles ? tenta-t-il, les bras tendus, les lèvres en avant prêtes à commettre leurs méfaits.
Deux doigts pointus lui appuyèrent fermement sur le plexus pour le repousser.
- Casse-toi de là. T'a défoncé mon labo ! Et mon bras ! On avait dit qu'on attrapait juste le patient Zéro ! On ne peut jamais te faire confiance !
Wade ricana, se souvenant que lorsqu'il avait rencontré le jeune Parker quatre ans plus tôt, celui-ci était bien moins vulgaire. Décidément, ils avaient déteint l'un sur l'autre. Le mercenaire avait peu à peu accepté d'arrêter les contrats du côté des méchants pour tenter de se rapprocher d'un modèle plus « héroïque » (enfin, il essayait vraiment, il ne fallait pas trop en demander non plus.) En contrepartie, l'adolescent avait vu son vocabulaire et ses talents en sarcasme prendre de mauvais virages, d'autant plus depuis qu'ils s'étaient installés en collocation un an plus tôt. Le mercenaire tenta, pour se faire pardonner, un sourire qui se voulait attendrissant, chaton aux oreilles basses et aux moustaches pendantes. Peter grogna, peinant difficilement à masquer son sourire.
- Arrête tu fais flipper avec ta tronche d'éponge moisie !
- Bon, ça va toi ? interrogea Wade, achevant le dernier petit beurre rescapé du plateau.
- Considérant que tu as fait péter six mille mètres carrés sur trois étages de laboratoires, c'aurait pu être pire, répondit Peter, pointant son bras cassé du menton.
Wade se lécha les doigts avant de poursuivre.
- Le toubib m'a dit qu'il y a eu des morts… C'est pour ça qu'on est ici ? Je veux dire, d'habitude, on ne va pas trop à l'hôpital…
- T'es tombé dans les pommes quand les pompiers sont arrivés. T'avais des hallucinations c'était trop mignon, se moqua le benjamin en venant s'asseoir sur le rebord du lit. Ils nous ont embarqué ici. Je ne sais même pas où on est, poursuivit-il, jetant un regard par la fenêtre comme si cela pouvait l'aider.
Mais au dehors, il n'y avait qu'un long jardin où déambulaient quelques patients en blouse bleues, et un joli ciel frais de printemps.
Wade hocha la tête.
- Bon, ben je vais voir la directrice alors. On va essayer de comprendre où on est, ce qu'elle me veut, et après on rentre et on commande Mexicain sur le chemin. Ça marche ?
Peter lui fit le petit signe utilisé en plongée sous-marine pour indiquer que tout va bien, puis il se laissa lourdement tomber dans l'un des beaux fauteuils avec la claire intention de faire une sieste.
Wade siffla d'admiration en quittant la pièce.
Le bâtiment était à la hauteur de la chambre dont il venait de s'extraire. Parquet d'acajou, plafonds sculptés, grandes baies vitrées ou miroitait un soleil déjà chaud pour un mois d'avril…
Une femme vêtue d'un tailleur gris impeccable et coiffée d'un chignon non moins reluisant l'attendait en souriant.
- Monsieur Wilson. Je suis le docteur Emma Du Maurier, la directrice de cet établissement. Je suis heureuse de voir que vous pouvez déjà marcher, vos amis n'ont pas menti sur vos capacités pour le moins… Surprenantes.
Elle lui indiqua d'une main le couloir et ils se dirigèrent tranquillement vers les jardins. Au dehors, de nombreux patients en peignoir ou pyjama bleu profitaient de la douceur de cette fin d'après-midi. Certains jouaient aux cartes sur la terrasse, d'autres étaient en pleine séance de yoga au milieu du gazon, d'autres encore déambulaient, parfois seuls, parfois en groupe, souvent accompagnés de personnel médical.
- Mes amis ? Releva Wade.
- Monsieur Stark lui-même est venu dès qu'il a appris… L'incident.
Wade manqua de s'étouffer.
- Tony Stark ?
- Lui-même, confirma-t-elle en haussant un sourcil interrogateur.
- OUAH la classe ! Bon je suis sûr qu'il est surtout venu voir Peter, car moi il ne m'aime pas trop, on ne va pas se mentir… C'est quoi cet endroit ? Demanda-t-il en apercevant les hauts murs barbelés qui entouraient l'enceinte de l'établissement.
La directrice marqua un temps d'hésitation, comme si elle choisissait ses mots avec soin.
- Il serait dangereux pour certains de nos patients de quitter les lieux, dit-elle poliment. Dangereux pour eux, mais aussi parfois pour le monde extérieur…
- Ah, c'est un asile de taré, commenta Wade.
Au dos d'un arbre, une vieille femme se tapait doucement la tête à l'aide de sa main droite en fredonnant. A côté d'elle, un homme d'une cinquantaine d'années s'appliquait, en tirant la langue, pour dessiner ce qui ressemblait vaguement à un chat.
- Nous préférons le terme d'hôpital psychiatrique désormais, le corrigea la directrice en riant. Bienvenue à l'établissement Cawley-Daniels.
Ils déambulèrent au milieu du parc. Il sembla de plus en plus évident à Wade que certains des patients avaient effectivement leur place dans un asile, même si la plupart semblaient sains d'esprit au premier abord. Assis sur un muret, un groupe d'adolescents écoutait de la musique en discutant.
- Bien, bien, dit-il. Bon ben merci pour la blouse, c'est sympa ce petit air frais qui me lèche les balloches. Je ne vais pas vous embêter plus, Peter et moi on va partir, voilà voilà…
- Si tôt ? répondit la directrice en arrangeant son chignon, l'air soucieuse. Je pensais vous garder une petite semaine en observation…
Wade éclata de rire.
- LOL. Franchement, moi, ici ? Je n'ai aucune raison d'être dans un hôpital psychiatrique…
Ouais t'as raison mec. C'est pas comme si t'entendais des voix.
Ou comme si t'étais un psychopathe mégalomane qui s'amusait à séquestrer des vieilles femmes aveugles chez lui pour le plaisir.
Ou que récemment tu as rempli une piscine de pancakes pour t'y baigner.
Ou…
- Oui bon c'est bon j'ai compris l'idée !
- Tout va bien, Monsieur Wilson ?
- Hein ? Ah. Oui. Euh, vraiment c'est sympa mais moi les hôpitaux, depuis que j'ai mon cancer en phase terminale, j'évite. Vous voyez ?
La directrice salua plusieurs patients, dont une femme qui lui offrit une pomme de pin et disparut en rougissant.
- Voyez-vous, Monsieur Wilson, je suis un peu ennuyée par cette situation. Comme vous le savez, l'explosion chez Parker Industries a eu de nombreuses répercussions… Beaucoup de dégâts matériels et humains… Le SHIELD, soutenu par les Vengeurs et même vos amis au manoir des mutants, a décidé qu'il serait peut-être bon pour vous de rester un moment ici, le temps que la situation… S'éclaircisse.
- Ah bah merci les copains… Commença à pester le mercenaire. Bande de suceurs d'huîtres, je suis bien content que Thanos vous ai transformé en confettis dans Avengers 3, na ! Sauf pour toi mon Spidey, ajouta-t-il à voix basse avec un ton de remord.
Avant qu'il ne puisse déblatérer davantage de ce monologue incompréhensible qu'il semblait affectionner, Emma poursuivit :
- Voyez ça comme sept jours de vacances : juste une petite semaine de repos. Vous pourrez jouir de toutes nos installations : SPA, jacuzzi, massages, salle de théâtre, d'opéra, cinéma, restaurant étoilé…
Wade en fut coupé dans son élan de grognerie. Il s'arrêta même de marcher, pointa un doigt vers la directrice :
- Y'a la fibre ?
- Il y a la fibre.
- Et Netflix ?
- Et Netflix, confirma-t-elle dans un sourire chaleureux.
- Si je veux me faire livrer des chimichangas dans mon bain ?
- Aucun souci.
Wade soupira.
- Bon, j'imagine que si ça leur fait plaisir, je peux bien… Un petit moment… Allez, j'accepte.
Il gloussait déjà.
- Merci de votre coopération, Monsieur Wilson. Si cela vous convient, je vais vous montrer vos appartements.
- C'est pas la chambre où j'ai émergé ? répondit-il, surpris.
Elle eut un petit rire, comme s'il s'agissait là d'une question un peu ridicule.
- Bien sûr que non, Monsieur Wilson, il s'agissait simplement d'une salle de réveil. Et maintenant, si vous voulez bien me suivre…
Wade lui emboîta le pas en sautillant.
Que pensez-vous de ce premier chapitre mes Cobayes ? Des petites remarques ? N'hésitez pas à utiliser la boite blanche ci-dessous pour m'en faire part…
Plein de bisous à vous et à la semaine prochaine !
Charlie.
