Bonjour à tous
...
Je ne sais comment m'excuser pour l'immense retard qu'a pris cette histoire.
J'avais dit que ce serait rapide, malheureusement les choses se sont enchaînées depuis la rentrée. J'ai commencé à construire des projets puis j'ai enfin trouvé du job me faisant un emploi du temps digne d'un ministre jusqu'à transformer mon temps libre en un triste et vague souvenir. A vrai dire, je ne faisais que m'écraser dans mon lit dès que je rentrais à la maison à des heures improbables. J'avais vraiment plus le temps d'écrire, plus aucune force mentale pour ne serait-ce que réfléchir et plus vraiment le souffle nécessaire à se lancer dans l'écriture. Je n'avais même pas réalisé que ça faisait si longtemps depuis le dernier update avant que je n'ai enfin eu le temps de reprendre mon souffle en début de ce mois.
Je remercie celles et ceux qui m'ont laissé des commentaires, pour la plupart tous pressé d'avoir la suite, c'est sans conteste grâce à vous que je me suis forcer à me bouger le cul et j'en avais besoin alors je ne saurais assez vous remercier pour ça.
C'est donc heureuse que je vous propose enfin ce chapitre. J'ai longtemps bloqué sur son écriture, je n'en suis pas tout à fait convaincu mais il fallait avancé. Bref, ce chapitre a été un peu compliqué à écrire parce qu'on commence à sortir du ton Kaamelott pour quelque chose d'un peu plus "aventure" et j'ai du mal à faire coïncider les styles. Avoir été voir au cinéma voir Kaamelott Premier Volet m'a en quelque sorte débloqué pour le côté épique et drame que j'avais en tête.
Tout retour sera apprécié, j'espère que vous apprécierez ce chapitre !
A bientôt !
Chapitre 6
Ô Malédiction de Logres
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Qu'importe combien Arthur avait voulu prendre un bain rapide avant de rejoindre ses Beaux-Parents, Bohort et Calogrenant dans leurs interrogatoires ; il finit par s'y endormir. L'eau chaude avait été tout bonnement salvateur et il n'avait fallu que la dizaine de seconde où il avait fermé les paupières pour piquer du nez.
Il se réveilla par l'eau devenu tiède encore largement épuisé et courbaturé des derniers jours. On avait laissé des vêtements propres et chauds pour lui, il y avait une assiette bien garnie. Il sortit, picorant dans la gamelle des morceaux de poulet froid. Il s'arrêta en chemin pour voir que plusieurs heures s'étaient écoulés, et au vu du soleil qui rayonnait maintenant de mille feu comme si la tempête n'avait jamais eu lieu, l'après-midi était bien engagé.
Il retrouva Venec assis sur une chaise en bois, la tête envelopper dans un linge blanc, le teint trop pâle pour lui mais mangeant ce qu'on lui avait donné et le vin que lui remplissait Léodagan comme une sorte de demande d'excuse pour le mauvais traitement de la veille.
A priori, Venec n'était pas rancunier puisqu'il se remplissait la panse sans y penser. Ce qui était beaucoup plus étonnant était que son beau-père avait sa figure des jours presque heureux.
Arthur ne se targua pas en excuses pour sa part et s'installa en face de Venec dans le siège qu'avait laissé les chevaliers pour lui. Le brigand s'arrêta de manger, attendant qu'Arthur parle.
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- Qu'est-ce qu'elle vous a dit exactement ?
- Pas grand chose... Qu'elle avait besoin d'une diligence pour se rendre chez Sir Caïus.
- Elle a dit pourquoi ?
- Elle a évoquer une requête sans plus de précision.
Arthur soupira en s'enfonçant dans son siège. Donc personne ne pouvait dire la raison de son départ. Qu'est-ce qui pousserait Guenièvre à aller voir un type comme Caïus ? A part son affiliation avec Rome, Arthur n'en avait aucune idée. Si c'était Rome qui l'intéressait, c'était forcément pour quelque chose qui nécessitait un guide ou des conseils. Elle n'était pas ignorante sur l'Empire Romain mais il était tellement vaste qu'il pouvait comprendre qu'elle ait eu besoin de trouver conseil.
La question était pourquoi pas lui ? La Reine ne s'empêchait pas de lui poser toute sorte de question. Est-ce que c'était parce qu'elle savait qu'il allait se mettre en colère ?Arthur avait envie de rejeter cette hypothèse. Combien de fois avait-elle fait ou dit quelque chose tout en sachant pertinemment qu'il allait la disputer ? C'était quelque chose qu'elle ne voulait pas qu'il sache. Sans doute parce qu'elle savait qu'il n'allait pas seulement la houspiller mais qu'il allait le lui interdire.
Mais en l'occurrence, ils ne seront jamais ses raisons avant de la retrouver.
- Quel était l'itinéraire ?
Venec demanda une carte et montra avec précision le chemin que devait prendre la voiture. C'était une route secondaire, loin des marchands et des gueux en pèlerinage ; loin de chemins réputés dangereux. Arthur aurait pu lui suggérer lui-même ce chemin.
- Elle était seule ?
- Avec le cocher et un palefrenier.
- Pas de garde ?
- ... Non. Elle ne voulait pas de chevalier.
Arthur réprima l'envie de le battre à nouveau pour ne pas avoir insisté et obligé à se faire accompagner mais le marchand semblait déjà au bord de l'évanouissement, le secouer n'allait certainement pas l'aider à avancer sur les recherches.
- Quand est-elle partie ?
- Au dîner.
- Elle devait passer la nuit chez Caiüs ?
- Non, il y avait peu de chance qu'elle y arrive. Je lui avais prévu un arrêt dans une auberge.
- Son nom !
- Le Canary
- Donc elle devait terminer le chemin au matin et revenir à Camelot avant midi.
- Oui.
Elle n'avait donc prévu de rester qu'une heure au maximum deux. Quoi que soit cette requête ce n'était pas quelque chose qui demandait des heures de réflexions - ou elle les avait déjà fait en amont.
- Qui d'autre que vous était au courant.
- Personne Sire, je le jure !
- Vos hommes ?
Venec secoua vivement la tête. Arthur le croyait.
- Et les serviteurs ?
- Je n'ai pas eu la possibilité d'aller les chercher.
- Aucune nouvelle d'un fiacre embourbé ou d'un accident ? demanda Arthur cette fois à Calogrenant.
Le chevalier secoua la tête vivement.
Arthur inspira, réfléchissant avant de se lever.
- Vous ! en désignant Venec d'un doigt, déguerpissez d'ici et vous avez tout intérêt à ce qu'on ne se croise plus de sitôt !
Il sortit de la table ronde sans un mot pour ses anciens chevaliers ou son beau-père pour ne faire qu'haler un valet, lui ordonnant de lui préparer un cheval. Il fit un package conséquent pour plusieurs jours, et redescendit dans la cour pour voir de nouveau Calogrenant l'attendre avec deux chevaux, mais cette fois également accompagné par Bohort, Léodagan et Venec.
A son regard colérique, Venec s'est empressé de dire qu'il les guiderait plus vite pour trouver l'auberge.
Arthur retint tout commentaire pour se hisser en scelle et partir au galop en tête de file.
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Le soleil avait beau avoir chassé les nuages, le froid demeurait mordant et la boue toujours aussi épaisse.
Arthur était descendu de cheval, les bottes embourbés, les poings serrés. Il avait le souffle lourd de sa chevauché vive, épuisé de ces longs allers-retours, de ses deux nuits blanches successives, le ventre douloureux, malade de ce qui se passait devant lui. Jamais dans ses pires cauchemars, il s'était attendu à une telle chose.
Ses yeux le piquaient tant du vent glacial que par la chaleur intense de l'air qui tournoyait autour de lui. La colère n'était même plus là, son cœur s'était juste glacé, figé douloureusement à l'assurance que c'était bien une malédiction qui s'acharnait sur lui, sur Kaamelott, sur le Royaume tout entier.
Il était le seul à ne rien faire, comme prisonnier de la bourbe puante. Ses chevaliers et tous les gens présents avant eux se pressaient, enchaînant les courses folles. Arthur savait que c'était vain. Ils ne pouvaient rien faire. Rien ne pourrait plus être sauvé. Pas même Guenièvre.
Le feu avalait le bois aussi vite que pouvait tomber la pluie. L'auberge était depuis longtemps calcinée, les ruines rougeoyaient des braises se ravivant par les vents, la cendre accompagnaient l'air trouble que la chaleur lourde rendait irrespirable avec celui rude de l'hiver. Les flammes gagnaient maintenant la forêt, immenses, comme des géants intouchables et affamés. Des montres qui dévoraient chaque arbre en quelques secondes et qu'aucun sceau d'eau ne saurait arrêter.
Arthur n'avait eu aucune once d'espoir à arrêter l'incendie qui détruisait tout sur son passage. Devant le fourmillement de citadin, voyageurs, soldats et chevalier qui tentait vaille que vaille de contrôler le brasier, Arthur ne pouvait saisir qu'une seule chose : l'absence totale et irrévocable de sa femme.
Guenièvre n'était pas là.
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Elle n'était pas là, à courir avec les autres pour éteindre les flammes.
Guenièvre n'était pas là.
Dans un réflexe lugubre, il ne pouvait pas s'empêcher de l'imaginer, morte calcinée dans les flammes, réduite en un tas de poussière avec le reste de l'établissement où elle devait y dormir. Il avait obligé l'aubergiste à s'arrêter, demandant pourquoi personne n'avait secouru la dame qui avait couché chez lui. L'homme avait assuré qu'aucune femme n'était venue se présenter à son établissement.
Il avait montré du doigt un sorte d'amas qu'il n'avait jusqu'alors pas remarqué en disant que c'était un vieil ivrogne qui avait signalé la calèche accidenté. Arthur l'avait relâché vivement et pour la première fois depuis qu'ils étaient arrivés sur les lieux, il avait consenti à bouger. Il avait tourné dos à la fournaise pour découvrir à quelques centaines de mètre de la taverne, la voiture qu'avait dû fournir Venec.
La diligence était renversée, une roue brisée. Il n'y avait plus personne dans la voiture hormis le corps d'un cocher mort écrasé par le véhicule et asphyxié par la tourbe. L'ancien Roi doutait qu'on ait tenté de relever la voiture, pas qu'ils aient eu autre chose à s'inquiéter.
Et puis il réalisa.
Guenièvre n'était pas là.
Elle était ni asphyxiée par la tourbe dans la diligence accidenté, ni pas piégé dans les murs enflammés de l'auberge.
Elle était ailleurs. Où personne ne pouvait dire où. Quelque part au milieu de la forêt incendiée, fuyant les flammes qui léchaient chaque écorces.
Arthur se rapprocha d'un pas vers la forêt de feu. Elle devait être là quelque part au milieu des troncs enflammés. Quelqu'un devait la poursuivre. Forcément. Il n'y avait que cette explication pour qu'elle n'ait pas décidé de rester sur place avec les autres, à l'abri du brasier.
Il réfléchit, et songea qu'elle n'avait peut-être même pas eu le temps d'apercevoir l'auberge. On avait causé l'accident, elle avait réussi à se sortir de là pour tomber nez à nez avec les brigands qui avaient tenté de la voler. Il s'approcha davantage, la chaleur augmentant irrévocablement contre sa peau.
Elle devait être là.
On l'avait emmené ou elle avait fui mais elle était au milieu de cet enfer. Et si le danger incontestablement après elle, Guenièvre le fuyait et c'était la première moitié de bonne nouvelle depuis qu'il avait commencé à la rechercher.
Il n'y avait pas si longtemps, elle était vivante. Il n'y avait pas si longtemps, il savait où sa femme était. Il n'était pas très loin, il pouvait encore la rattraper. C'est avec cette idée qu'il marcha réellement vers les arbres calcinés.
Bohort s'était arrêté devant lui, stoppant son avancée, lui disant quelque chose qu'Arthur ne pouvait pas entendre. A ses oreilles, il n'y avait que le crépitement du monstre goinfre qui n'allait jamais s'arrêter avec d'avoir tout dévoré. Puis il sentit une main ferme sur son épaule, découvrit alors Léodagan essoufflé comme un diable, des traces noires sur le visage, un froncement de sourcil semblant demandé ce qui avait fini par lui griller le cerveau.
Arthur les ignora promptement aussi vite que l'idée que chaque seconde comptait maintenant. Il pouvait encore rattraper Guenièvre mais sa chance ne pourrait durer longtemps si on lui foutait pas la paix. Il devait retrouver sa femme. Vite, avant que le feu n'aille là où elle s'était cachée, avant que la faim et le froid ne la morde et brûle aussi sûrement qu'un feu ardent.
Il se réavança vivement, ses grandes enjambées devinrent rapidement une course vive entre les torches de flammes, se frayant un passage douloureux dans les abîmes d'un incendie infernal. Parmi le cri des arbres mourant, il entendit parfaitement Bohort, Venec et Calogrenant l'appeler sans oser le suivre :
- SIRE !
- Revenez ! avait crié à son tour son beau-père.
Mais il avait poursuit sa course avec la seule idée en tête de retrouver sa femme dont il hurlait le nom espérant qu'elle l'entende.
- GUENIEVRE !
...
A SUIVRE
Et c'est ainsi que ce conclu ce chapitre.
J'espère que je n'en déçois pas plus qu'autre chose. J'ai conscience que tout ça n'avance pas vraiment, il n'y a toujours aucun indice sur où est Guenièvre ou ce qu'il s'est réellement passé mais je pense que d'ici deux ou trois chapitres, les choses prendront un peu de sens.
Je ne promets aucune date, même approximative, puisque je suis bien incapable de tenir des délais de ce genre. Sachez seulement, que je n'arrête jamais d'écrire. Je n'ai malheureusement plus beaucoup de temps devant moi mais je vais faire au mieux pour que vous n'attendiez pas encore 8 mois pour une mise à jour.
Merci de votre soutient, ça me fait toujours très chaud au coeur.
A une prochaine !
~ Faeyll
