Bonjour à tous(tes),

Pour ceux qui me connaissent déjà, je suis ravie de vous retrouver pour cette "petite" histoire d'amour cruelle (oui, elle sera un peu dark, vous me connaissez...).

Pour les nouveaux, bienvenus à la fête!

Petit avertissement avant de commencer: Cette fanfiction contient des scènes de sexes explicites et des scènes de violence explicites qui peuvent choquer.

Je publierai un chapitre par semaine (tous les dimanches). Pour le lancement de l'histoire, j'en publie deux d'un coup.

Toujours la même règle: si j'oublie de publier un chapitre, j'en publierai deux dans les jours qui suivent.

Je vous souhaite une agréable lecture et de joyeuses fêtes!


1

LA DÉFAITE DE L'ÉLU


Hermione Granger reprit peu à peu conscience.

Sa première pensée rationnelle fut qu'elle voyait flou. Des lumières très claires dansaient devant ses yeux. Elle ne savait plus où elle était, où se situaient ses bras et ses jambes qu'elles ne sentaient plus. L'esprit d'Hermione baignait dans une douce torpeur, très agréable comme si elle s'était enfoncée dans un nuage très moelleux, bercée par sa respiration qu'elle percevait comme une mélodie.

Que s'était-il passé?

En admirant les sphères de couleurs, sa question la ramenait peu à peu à la réalité. Elle bougea ses doigts, arqua légèrement sa jambe et elle fut aussitôt transpercée par une douleur immense. Ça y est… Elle se souvenait. Sa vue se précisa et elle contempla, les yeux agrandis par la peur, la voûte défoncée du ciel magique dans la grande salle de Poudlard.

Elle se souvenait…

Dans une inspiration craintive, Hermione se redressa d'un coup. La douleur la submergea, d'abord. Ses vêtements étaient abîmés, déchirés, couverts de poussière et surtout de sang. Elle regarda ses mains et se mit à trembler. Elles étaient rouges. Un liquide poisseux coulaient le long de sa tempe. Elle avait mal aux côtes, à la tête et des nausées la submergèrent tout à coup.

Hermione regarda autour d'elle. L'aube était levée depuis longtemps. Le château était étrangement silencieux après la terrible bataille qui avait duré toute la nuit. À mesure qu'elle contemplait le désastre, des flashs d'images lui revinrent en mémoire. Hermione se souvenait des éclairs lumineux, des détonations, des cris... Trop de cris… Les éclats de pierres et de murs, dispersés dans la salle étaient tachés de sang. Les chaises des quatre grandes tables étaient renversées, mêlées aux morceaux de marbre et aux débris de bois. L'estrade des professeurs avait été détruite.

Hermione se revoyait courir dans la grande salle, munie de sa baguette pour défier Bellatrix qui riait à gorge déployée. Elle se souvenait de la cohue, des couleurs des robes de sorciers et sorcières en train de se battre contre les mangemorts. Elle avait cru que c'était gagné. Elle y avait vraiment cru lorsqu'elle avait vu le professeur McGonagall, Slughorn et Kingsley affronter Voldemort. Elle aussi, comme tous les autres, avait poussé un cri de joie en voyant Harry sortir de sous sa cape pour défier son ennemi juré.

Et puis, il y avait eu l'explosion. Hermione ne savait pas d'où elle était venue et qui l'avait provoqué. Elle se rappelait seulement du bruit, du grondement sourd, de la lumière éblouissante qui l'avait aveuglé pendant un moment et puis la douleur, rien que la douleur, jusqu'à ce qu'elle s'effondre, inconsciente.

Qu'étaient devenus les autres?

Hermione gémit en se remettant debout. Elle ne trouva pas sa baguette dans les débris et elle avait trop mal pour penser à la chercher maintenant. Une seule chose comptait, à présent, retrouver des survivants. Elle ne voulait pas se sentir seule. Elle voulait qu'on la rassure, qu'on lui dise que même si elle avait perdu connaissance, ils avaient tout de même gagné. Harry avait triomphé de Voldemort. Il ne pouvait en être autrement.

Hermione fit un premier pas maladroit en se recroquevillant sur elle-même. Son corps tremblait encore. Sa bouche se tordait en une moue tremblotante. Elle était sous le choc. Cela allait lui passer. Elle se calmerait une fois qu'elle verrait ses amis. Hermione buta sur quelque chose. Elle baissa les yeux et manqua de pousser un cri d'effroi lorsqu'elle découvrit le bout d'un bras. Elle suivit des yeux la ligne de ce membre inerte et plongea dans les yeux morts de George Weasley. À côté de lui, gisait Lee Jordan, à moitié enseveli sous des débris de pierre.

Il n'y avait que des cadavres autour d'elles. Elle vit le petit corps du professeur Flitwick dans un coin de la grande salle, baignant dans une mare de sang. Hermione poussa un cri de désespoir lorsqu'elle se rendit compte que la masse imposante au milieu de la salle était celle d'Hagrid. Le demi-géant ne bougeait plus. Il reposait aux côtés de Neville dont la gorge avait été arraché par des crocs acérés. Il n'y avait que des morts autour d'elle. Partout, cette odeur et cette vision de l'enfer. Arthur Weasley...Percy Weasley...McGonagall...le professeur Slughorn...Kingsley...Luna...Molly…

Hermione laissa échapper un sanglot lorsqu'elle reconnut la dépouille de Ginny à côté de sa mère. Elle s'abaissa près d'elle, en reniflant, les larmes perlant dans ses yeux. Ginny était couchée sur le ventre, son visage tourné vers le côté dans une expression d'horreur innommable. La main tremblante, elle repoussa des éclats de bois de son dos et dans ses cheveux. Elle caressa son visage et constata que sa peau était glacée.

—C'est fini, maintenant…, chuchota-t'elle.

Hermione prit son visage dans ses mains. Elle fut secouée par de terribles sanglots. C'était trop dur. Ginny ne pouvait pas être morte. Pas elle. Pas sa meilleure amie. Elle ne voulait pas la laisser là. Mais Hermione n'avait pas le choix. Elle devait continuer. Continuer à marcher, à trouver des survivants. Trouver quelqu'un, n'importe qui. Quelqu'un qui la rassurerait.

Elle délaissa à regret son amie et continua d'avancer dans ce qui avait été la Grande Salle. Plus elle marchait et plus elle se rapprochait de l'épicentre de l'explosion. Elle eut soudain la vision d'horreur d'un corps enfoui sous une porte de bois, à moitié calciné. Hermione courut, enjamba d'autres corps. Elle courrait car elle avait reconnu le pull de celui qui se trouvait sous la porte. Le coeur battant, elle se précipita vers le débris. Elle le prit à pleines mains et poussa un cri en le jetant sur le côté pour dégager la voie. Hermione découvrit deux corps, côte à côte.

Ron et Harry étaient allongés sur le sol, pâles, immobiles, le visage figé dans une expression de peur, comme s'ils avaient soudain été pétrifiés. Hermione trébucha en arrière. Ses jambes cédèrent et elle s'effondra près d'eux, incapable de respirer. Elle hyperventilait. La Grande Salle s'envolait, rapetissait, se rataninait.

Dans sa panique, elle perçut soudain un gémissement. Harry leva une main et Hermione rampa rapidement vers lui. Elle lui saisit la main et se pencha près de son ami. Harry était couvert de sang. Il tenait encore serré dans son autre main, sa baguette. Sa peau pâle n'avait rien de rassurant. Il aspirait de grandes coulées d'air qui semblaient inefficaces. Ses yeux verts, terrorisés, fixaient ceux de la sorcière.

—Her...Hermione, articula-t-il difficilement.

—Ne parle pas, dit-elle paniquée.

Sa propre respiration était aussi précipitée que celle d'Harry. Elle passa une main sur ses blessures béantes. Il y avait trop de sang. Elle ne savait pas quoi faire. Elle n'avait plus sa baguette. Dans un sursaut de rationalité, elle se saisit de celle d'Harry et commença à prononcer toutes les formules qu'elle connaissait en soin magique.

—Hermione…, dit encore Harry d'une voix faible.

—Chut! dit Hermione entre deux sortilèges. Ça va aller Harry. Laisse-moi...laisse-moi faire.

—Je...suis désolé.

—Reste tranquille! Je vais m'occuper de toi. Tout ira bien, je te le promets.

Harry lui saisit la main qui tenait sa baguette pour l'arrêter. Hermione se tourna vers lui pour le dévisager.

—Hermione… Je suis désolé… de ne pas avoir...réussi...à le battre.

Les larmes perlèrent dans les yeux d'Hermione qui mit beaucoup de temps à contrôler son émotion.

—Oh, Harry! dit-elle d'une voix tremblante. Ce n'est pas ta faute. On...a...on a tous perdu, face à lui.

La respiration d'Harry se fit plus sifflante et sa tête partit, tout à coup en arrière. Hermione s'abaissa un peu plus vers lui pour le retenir.

—Non! s'exclama-t'elle. Attends! Tout va bien aller!

Le regard d'Harry se voila et il ne bougeait plus. Hermione le secoua légèrement, les yeux embués de larmes.

—Ne pars pas…, gémit-elle. Harry, non!

Elle le secoua un peu pour le faire réagir mais ses yeux verts, qui avaient perdu tout leur éclat, fixaient résolument le ciel. Hermione le secoua plus fort. Puis elle caressa sa joue et dévisagea son expression de mort.

—Non…, laissa-t-elle échapper.

Elle s'effondra sur le côté, haletante et gémissante. Elle secouait sa main qui avait touché sa peau dont toute chaleur s'était échappée. Elle poussa un cri, les yeux écarquillés de terreur. Sa respiration s'accéléra, ses mains tremblaient à nouveau. En reculant, elle eut la vision de ses deux amis morts. Le corps de celui qu'elle aimait, le corps de celui qui avait été son meilleur ami durant de longues années. Elle s'était crue utile en essayant de le sauver. Elle avait eu de l'espoir, un mince espoir que tout s'arrangerait. Mais Harry n'était plus...Ron était mort. Ils étaient tous morts et elle, à son plus grand désespoir, restait la seule survivante.

—Non...non...non...non, répéta-t'elle, le regard braqué sur les deux cadavres.

Hermione sombra. Elle ne put retenir ses pleurs plus longtemps. Elle éclata en sanglots au milieu de la Grande Salle, le silence oppressant de la mort comme seul témoin de son désarroi.

OoO

Hermione ne trouva pas le courage de partir. Pendant un long moment, peut-être des heures entières, elle resta assise, à côté des corps de ses anciens amis, contemplant la mort d'un air terriblement las. Lorsqu'elle s'arrêta enfin de pleurer, elle prit un soin particulier à leur rendre un peu de dignité. Elle ne pouvait pas le faire pour tous ceux qui avaient trouvé la mort, autour d'elle, mais elle tenait à le faire au moins pour eux. Elle ne pouvait pas soulever les corps ou les enterrer. Mais elle prit le temps de les réajuster en fermant la veste d'Harry pour cacher sa plaie béante dans sa poitrine ou recoiffer délicatement Ron. Cela lui prit du temps. Chacun de ses gestes étaient lents, encore tremblants. Elle prit un soin particulier pour poser la baguette d'Harry sur sa poitrine, la main dessus.

Se concentrer sur ce semblant d'obsèque, l'obligeait à ne pas réfléchir à la suite. Hermione souffrait toujours, physiquement. Mais la douleur mentale prenait le pas sur le reste et elle niait jusqu'à son propre sort. Au fond d'elle-même, une petite voix se mit à hurler: Qu'allait-elle devenir maintenant que tous ses alliés, ses proches parents étaient décédés? Qu'allait-elle faire? Comment allait-elle survivre? Elle pouvait continuer à nier ces questions mais la réalité finirait forcément par la rattraper. Voldemort avait gagné. Elle n'était plus qu'une survivante à ce massacre. Une sorcière, sang-de-bourbe, une paria, recherchée par tous les mangemorts et le Ministère. Elle n'avait nulle part où aller.

Soudain, des éclats de voix retentirent à l'extérieur de la Grande Salle. Hermione prit peur. Tous les gens qu'elle connaissait se trouvaient dans cette vaste salle saccagée. Ce ne pouvait pas être des alliés providentiels, venus la sauver. Hermione se leva rapidement. Elle devait se cacher avant qu'ils n'arrivent. Elle ne pouvait pas se laisser capturer ou tuer maintenant. Pas après avoir survécu. Elle adressa un dernier regard à ses anciens compagnons et puis, elle prit la fuite.

Le plus silencieusement possible, elle enjamba les corps, les débris pour se cacher derrière un pan de mur à moitié détruit. Elle s'accroupit derrière la pierre et se tut, craignant qu'on ne la repère si elle faisait le moindre bruit.

—Drago! s'éleva une voix féminine, quelque peu étranglée par une émotion curieuse. Ne t'éloigne pas trop. Je t'en supplie!

—Laisse-moi, mère! répondit sèchement une voix qu'elle connaissait bien.

Hermione perçut des pas, de faibles éboulis. Elle leva discrètement la tête pour observer le nouveau venu. Drago Malefoy venait de pénétrer dans ce qui restait de la Grande Salle. Il était dans un sale état, lui aussi. Sa robe de Poudlard était déchirée et il saignait à la tempe. Hermione se souvint aussi de la dernière fois qu'elle l'avait vu. Elle se rappelait de sa terreur lorsqu'Harry était revenu le sauver de l'incendie. Il s'était enfui, juste après avoir réchappé de la Salle sur Demande. Elle ne l'avait plus revu par la suite. Il avait dû se terrer dans un coin, pour attendre que tout se termine. Lui, avait survécu, caché, en lâche qu'il était, alors que tous les amis d'Hermione avaient péri. Elle ne trouvait pas ça juste et elle sentit une rage sourde l'envahir tandis qu'elle l'observait approcher des corps de ses deux meilleurs amis.

Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il était en train de faire. En entrant, il avait conservé la tête baissée, fouillant du pied le sol jonché d'éclats de bois, de pierres et de verres. Hermione se rendit compte qu'il cherchait quelque chose. Elle le vit s'immobiliser une seconde. Puis, il marcha d'un pas plus rapide vers les dépouilles d'Harry et Ron.

Drago resta immobile, à contempler les deux corps, comme l'avait fait Hermione. Elle ne pouvait pas voir son visage mais son hésitation la fit tiquer. Il ne dit rien, pas une de ses vacheries habituelles, pas de gestes ou de mots qui trahiraient son côté revanchard. Il se contentait de regarder ses anciens rivaux, en silence.

Enfin, Drago s'abaissa. Hermione retint sa respiration. Lorsqu'il se releva, Hermione vit qu'il avait pris la baguette d'Harry. Il la tenait dans sa main. Il l'essuya à l'aide de sa manche et la fourra dans sa poche. Hermione fulmina. Comment osait-il? Après que Harry lui ait sauvé la vie… Ce sale…

Elle eut envie de lui hurler dessus. Si elle s'écoutait, elle sortirait de sa cachette, bondirait sur lui et lui arracherait des mains ce qu'il venait de voler. Mais Hermione se retint, car elle entendit encore la voix de sa mère l'appeler. Cette dernière n'était pas seule. Des hommes vinrent rejoindre le jeune Malefoy. Des mangemorts. Hermione en reconnut certains. Rookwood et Macnair et Greyback entrèrent à leur tour. Le loup-garou ricanait à chaque fois qu'il piétinait un corps.

—Ah! dit-il en riant. Le jeune Londubat… Depuis le temps que je rêvais de le goûter.

—Et? demanda Macnair d'une voix rieuse.

—Sa chair était tendre, répondit Greyback.

Hermione se mordit la main pour ne pas hurler. Elle tremblait, non pas de peur mais de colère. Si elle avait eu sa baguette… Si seulement…

—Tu as trouvé ce que tu cherchais? lança Rookwood à Drago.

—Oui…, répondit ce dernier d'une petite voix.

—Alors va retrouver ta mère! lui lança le mangemort. On a du boulot ici. Le maître veut qu'on lui apporte le corps d'Harry Potter.

La sorcière entendit des bruits de pas précipités puis ceux de raclements d'un poids qu'on traînait au milieu des débris. Les mangemorts étaient en train d'emporter le corps d'Harry. Hermione n'avait pas la force de voir un tel spectacle. Elle en aurait eu le cœur brisé. Elle demeura cachée, tentant de toutes ses forces de retenir les nouveaux sanglots qui montaient dans sa gorge.

—Tu devrais pas être aussi dur avec le gamin, fit Macnair. Il vient de perdre son père.

—Peuh! s'exclama la voix rocailleuse de Rookwood. Pour une fois que les Malefoy font moins les fiers…

Les bruits et les voix s'amenuisèrent peu à peu. Hermione resta tout de même cachée. Elle resta là, un long moment, de peur de se faire surprendre. Elle ignorait si les mangemorts étaient partis, s'il restait encore quelqu'un à ce qui avait été avant Poudlard. Elle avait froid et ses membres tremblaient toujours.

Au-delà de sa tristesse, Hermione commençait à éprouver un tout autre sentiment. Une rage meurtrière montait dans ses veines, en la rendant froide et terriblement rationnelle. Alors que la nuit se couchait, elle jura. Elle se fit la promesse qu'un jour, elle aurait sa vengeance. Un jour, Voldemort paierait pour tout le mal qu'il avait causé. Elle vengerait la mort de ses amis, de sa famille et de son petit-ami. Même si cela devait lui prendre toute la vie, elle le ferait.

Et elle commencerait par Drago Malefoy, celui qui avait osé voler la baguette d'Harry.