Chapitre 1 – Une relation imparfaite
Hermione lisait un livre dans un pré... Elle était entourée par un champ de fleurs et se sentait apaisée. Une silhouette au loin s'approchait d'elle... Celle d'un jeune homme aux cheveux noirs mi-longs et au sourire éclatant... Elle essaya de discerner les traits de son visage mais la luminosité du soleil l'en empêcha. Elle cligna des yeux...
- Hermione ! cria une voix aiguë.
Hermione leva brusquement la tête et se souvint qu'elle se trouvait dans la Salle Commune, parmi des Gryffondor bruyants. A sa gauche, deux premières années jouaient à une partie d'échec sorcier. A sa droite, trois garçons échangeaient des cartes chocogrenouille. Et devant elle : une belle rousse la regardait les yeux grands ouverts. Elle se força à lui sourire, cachant sa surprise.
- Oui, Ginny ?
- Qu'est-ce qui t'arrives ? Tu rêves ?
- Non, pas du tout ! répondit Hermione d'un ton évasif. Elle pencha la tête sur son parchemin de potions ouvert devant elle.
Ginny fronça les sourcils, prenant un air soupçonneux, puis, lui fit un sourire en coin.
- Tu penses encore à Ron, n'est-ce pas ?
- Mais non ! Qu'est-ce qui te fait dire ça ? s'indigna la jeune fille aux yeux noisettes et aux cheveux bruns bouffants. Quoiqu'elle fasse, ses cheveux restaient inexorablement épais et incoiffables. Elle avait bien tenté de se lancer un sort mais pour le moment, ses essais étaient restés infructueux.
- J'ai entendu dire que vous vous étiez disputés... une nouvelle fois... tenta Ginny doucement, pour ne pas braquer Hermione. Elle savait très bien que Ron faisait partie des sujets interdits en ce moment.
- Ah ! Et qui est ton informateur ? répliqua la brune d'un air acerbe. Je suppose que c'est Harry !
- Désolée ! Je ne voulais pas t'énerver... se défendit son amie sans la regarder dans les yeux.
Hermione vit Ginny se pencher sur son propre parchemin. Elle soupira longuement, tentant de se calmer. Elle n'avait pas le droit de rejeter sa colère sur son amie.
- Non, c'est à moi de m'excuser, Ginny, se radoucit-elle. Je suis un peu sur les nerfs en ce moment... En effet... je me suis disputée avec ton frère... Parfois, je le trouve tellement...
- Immature ? continua la jeune Weasley.
- Oui... Cela ne marchera jamais entre nous...
Hermione soupira une seconde fois et s'effondra sur la table en cachant sa tête dans ses bras. Après quelques secondes, elle releva vers Ginny un visage désespéré, elle était encore plus ébouriffée qu'elle ne l'était auparavant.
- Je ne sais pas pourquoi mais j'ai comme un pressentiment... reprit-elle lentement.
- Pourtant, il a fait des efforts ces derniers temps ! Il prend sur lui !
- Oui je sais bien ! Et il fait tous ces efforts pour moi mais... Je ne sais pas... Il y a quelque chose qui me gêne... Tu ne peux pas savoir la chance que tu as, Ginny ! Tu es avec Harry et c'est le garçon idéal : il est attentionné, gentil, intelligent ! Ron est totalement différent ! J'ai l'impression qu'il n'est pas le garçon de mes rêves !
- Ça y est ! Tu recommences ! s'écria Ginny en levant les yeux au ciel. Tu sais, Hermione ! Il faut que tu arrêtes de penser au prince charmant ! Il n'existe pas ! Et si tu continues, tu gâcheras le moindre espoir que tu as avec mon frère ! Il t'aime !
- Oui, je sais... souffla Hermione.
Elle était désemparée. Cela faisait maintenant deux mois qu'elle sortait avec Ron Weasley : son ami d'enfance, celui qu'elle aimait, ou semblait aimer. Après plus de six ans, ils avaient finalement franchi le pas. Elle avait pensé que sa dernière année à Poudlard aurait modifié le comportement de son ami mais elle avait eu tort. Il était toujours aussi irresponsable et colérique.
Aujourd'hui, Hermione se sentait emprisonnée dans cette relation. Pas un seul jour ne passait sans qu'ils ne se chamaillent pour un oui ou pour un non. Et cela commençait à la fatiguer sérieusement. Elle avait l'impression que sa relation n'évoluait pas. Et puis... Elle avait un pressentiment... comme si une personne l'attendait, autre part.
Dès le moment où elle avait accepté de sortir avec Ron, elle avait fait le même rêve : celui d'un jeune homme aux cheveux bruns mi-longs dont elle avait du mal à retenir l'image. La seule chose dont elle se rappelait à son réveil, c'était son sourire éclatant qui semblait effacer toute la tristesse dans son cœur.
Elle n'en avait parlé à personne, même pas à Ginny.
Et maintenant, elle commençait à regretter sa relation avec son meilleur ami.
Et si quelqu'un d'autre l'attendait ?
Et si elle faisait une erreur ?
Et si, et si, et si...
Toujours les mêmes questions, mais jamais de réponse valable. Alors, pour le moment, elle s'engluait dans cette relation, sans aller très loin, de peur de le regretter...
Hermione inspira longuement, sentant la panique monter en elle. Elle reprit petit à petit le contrôle d'elle-même.
- Laisse-moi un peu de temps ! dit-elle finalement.
- Ok, j'arrête ! Sinon, tu vas encore te poser des questions pendant des heures ! Allez ! On a nos devoirs à terminer ! se réjouit Ginny pour la réconforter.
Les deux jeunes filles échangèrent un sourire complice et se remirent à travailler. Au bout de dix minutes, cependant, Hermione releva la tête, percevant le regard insistant de sa meilleure amie.
- Pourquoi tu me regardes comme ça ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Je n'ai jamais vu cette chaîne autour de ton cou mais cela représente quoi au juste ?
Hermione baissa les yeux vers son étrange pendentif : un sablier miniature, entouré d'un cercle épais en or massif. Le sable ne s'écoulait plus et était arrêté comme suspendu dans le temps.
- Oh, c'est mon sablier ! s'écria Hermione. Tu sais bien qu'en troisième année, j'utilisais un Retourneur de Temps pour pouvoir suivre tous mes cours.
- Alors, cela ressemble à ça ! Mais je croyais que tu l'avais rendu au Ministère.
- Non, en fait, quand j'y suis allée pour l'arrêter, j'ai demandé à le garder. Mais il n'a plus aucun pouvoir !
- Et pourquoi le portes-tu aujourd'hui ?
Hermione prit le sablier entre ses doigts et réfléchit avant de répondre. La réponse à cette question était encore un grand mystère pour elle. Ce matin, elle avait eu la soudaine envie de le mettre autour de son cou, comme si une force l'avait poussée à le faire. Ne croyant pas à ce genre de superstition, elle avait voulu résister à cette voix intérieure... Mais plus elle s'obstinait à ne pas écouter sa conscience, plus elle y pensait. Irritée mais vaincue, elle l'avait finalement mis.
- Hum... J'avais envie de le porter, c'est tout ! s'écria-t-elle en souriant.
- Mais enfin, c'est si...
Mais Ginny ne put terminer sa phrase car Neville Londubat, totalement essoufflé, était arrivé en trombe dans la Salle Commune.
- Vite ! cria-t-il. Vite !
Hermione se leva subitement et se dirigea vers son camarade.
- Qu'est-ce qui se passe Neville ? demanda-t-elle sur un ton aussi sérieux et strict que leur directrice de maison, le professeur McGonagall.
- C'est... C'est... souffla le Gryffondor en se tenant les côtes. C'est Harry et Ron...
- Que leur est-il arrivé ? s'alarma la préfète.
- Ils sont... aux cachots ! Venez... vite !
Hermione comprit immédiatement. Elle sortit de la Salle Commune et se dirigea aussi vite que possible vers les cachots, Ginny et d'autres Gryffondors sur ses talons.
Dans le Grand Hall, elle trouva un groupe rassemblé devant l'entrée des cachots. Elle essaya de se frayer un chemin mais les élèves la poussaient dans tous les sens. Enervée, elle recula et cria d'une voix forte :
- Poussez-vous ! Je suis préfète-en-chef ! Si vous ne reculez pas, je vous enlève des points ! Allez ! Dépêchez-vous !
Cette fois, des élèves se retournèrent pour lui dégager un chemin. Hermione arriva devant l'entrée et accéda à l'escalier qui menait aux cachots. Des bruits sourds se faisaient entendre et répercutaient sur la porte fermée. Elle prit son courage à deux mains et ouvrit prudemment la lourde porte menant aux cachots. Elle se trouvait dans un couloir circulaire et ne pouvait voir la scène de la bataille.
- Protego ! cria-t-elle soudain en voyant un sort fusé sur elle.
Le sortilège, un Stupefix vraisemblablement, se répercuta contre son bouclier et s'annula. Hermione avança à pas de loup dans le couloir étroit. Les bruits de voix s'accentuaient, les sorts cognaient les murs. Le ventre serré, la Gryffondor continua à avancer, avec derrière elle, quelques courageux camarades, tels que Ginny et Neville. Enfin, elle arriva dans les cachots et là, un véritable spectacle de couleurs s'offrit à elle : des sorts blancs, rouges, bleus et verts fusaient dans tous les sens. Les Gryffondor semblaient se battre contre les Serpentard.
Hermione repéra vite Ron, qui boitait, ainsi qu'Harry dont la cape était à moitié déchirée. Elle courut vers eux tout en bloquant des sorts.
- Harry ! Ron ! cria-t-elle. Les deux garçons se retournèrent à son appel. Que se passe-t-il ?
- Hermione ! Te voilà ! s'écria Ron, l'air soulagé.
- Mais qu'est-ce qui se passe, bon sang ?
- On était dans les coul... commença Harry mais il fut stoppé net. Attention, Hermione, derrière toi !
Hermione eut à peine le temps de se retourner. Un éclair blanc vint la percuter en pleine poitrine. Le sortilège était tellement puissant qu'elle fut projetée en arrière. Elle vit son sablier, toujours à son cou, voler en faisant plusieurs tours sur lui-même.
Puis, vint le noir...
