Bonjour,
bon, me revoilà dans un nouveau fandom (encore) avec un nouveau ship et un nouvel OS.
J'entendais parler de Goog Omens (De Bons Présages) depuis un petit moment et l'autre jour, je me suis dis : allez hop, regarde la série, t'as rien de plus important à faire. Alors je l'ai regardé et... je dois avouer qu'au premier visionnage j'ai pas été convaincue du tout. J'ai trouvé ça trop WTF pour moi mais... et parce que j'aime pas rester sur du négatif sans avoir donner une deuxième chance, je l'ai revu une deuxième fois et une troisième, et au final, j'ai bien aimé et je me suis attachée aux héros angélico-démoniaques de cette série.
Je me suis ensuite procurer le livre que j'ai lu a une vitesse dont je ne me savais pas capable et j'ai aussi aimé, avec, toutefois, une préférence pour la série au final.
Du coup, ici, ce sont biens les héros de la série qu'ils faut voir et pas ceux du livre.
J'ai hésité sur quel nom j'allais écrire pour le démon... j'ai vu la série à moitié en VOSTFR et à moitié en VF donc j'ai eu les deux prénoms dans les oreilles. Crowley et Rampa. J'avais commencé ce OS avec le nom de Crowley puis j'ai changé pour une raison simple, c'est que MOI, j'associe le prénom de Crowley au ROI de l'Enfer dans SPN, donc j'ai du mal à caler le nom de Crowley avec le personnage de Good Omens. J'ai donc écrit Rampa pour cette fic et je pense que si j'écris d'autres textes sur cette série, ça restera ce prénom.
Les personnages sont bien entendus pas à moi, la base de l'histoire non plus. Tout est à Gaiman et Pratchett.
Les persos de la série quand a eux, ben j'ai envie de dire qu'ils sont à leurs géniaux interprètes à savoir, Michael Sheen (que je ne connaissais pas du tout) Et David Tennant (que j'avais déjà énormément apprécié dans le rôle de Bartemius Croupton JR dans HP).
bref, voilà...
sinon, c'est du fluff et presque rien d'autre en fait.
Pas de bêta, parce que je n'en ai plus...
et j'espère que vous allez apprécié.
Bonne lecture
KitsuneA
Il fallait bien faire quelque chose après être allé manger au Ritz et Rampa ne voulait pas se séparer d'Aziraphale, alors il le suivit dans sa librairie, même si on était dimanche et que c'était fermé.
Les deux amis s'assirent. L'ange dans un fauteuil et le démon sur un petit canapé et ils se regardèrent quelques instants. Aziraphale fit un petit sourire.
- Est-ce que tu penses que l'on a fait du bon boulot, au final ? demanda l'ange et le démon s'avachit dans le canapé histoire d'être bien à l'aise.
- Franchement, on a empêché l'Apocalypse, je crois pas qu'on puisse faire mieux que ça… même si, du point de vue de nos anciens supérieurs, on aurait dû laisser les choses se faire comme elles le devaient.
- Je n'arrive toujours à réaliser que mon camp… mon ancien camp, en fait, voulait que le monde disparaisse. C'est incroyable tout de même. Des anges ! termina Aziraphale, outré de ce constat.
- Comme quoi, on est peut-être tous fait du même bois.
Aziraphale cligna des paupières.
- Quel bois ? Le créateur ne nous a pas fait en bois.
- C'est une expression, expliqua Rampa en levant les yeux au ciel, même si ça ne se voyait pas derrière ses lunettes. Bon, dit-il en se levant d'un bond, j'ai réussi à t'inviter à dîner, c'est déjà pas mal… mais, tu n'as pas d'endroit où dormir, n'est-ce pas ?
- Je n'ai pas besoin de dormir, je suis un ange. D'ailleurs, tu n'as pas besoin de dormir toi non plus, dit l'ange en se levant lentement pour faire face à son ami qui ôta ses lunettes.
- Certes, mais c'est pas le sujet de la discussion.
Aziraphale attendit une suite ou une explication qui ne vint pas tout de suite. Puis Rampa se lança enfin, dévoilant ce qu'il avait en tête.
- Viens chez moi.
Aziraphale parut outré de la proposition et surjoua la chose, plaquant une de ses mains sur son torse en reculant d'un pas.
- On se connaît depuis des millénaires, on est amis depuis… des millénaires aussi… alors quoi ? Pourquoi tu ne veux pas vivre avec moi ? Après l'invitation à dîner, c'est la suite logique des choses. Tu vas pas passer le reste de ton éternité dans ta librairie à lire toutes les nuits. Viens au moins visiter mon appartement une fois.
L'ange hésita, regardant son ami dans ses yeux de serpent, puis il soupira :
- D'accord, je viens visiter. Je peux avouer que je suis curieux de savoir à quoi ressemble l'appartement d'un démon. J'espère que tu as des livres chez toi.
Rampa remit ses lunettes sans répondre. Non, il n'en avait pas, mais ça, Aziraphale n'avait pas besoin de le savoir maintenant. L'ange rangea sa librairie, emporta un sac rempli de livres avec lui et sortit avec son ami de son établissement. Il en verrouilla la porte et suivit le démon jusqu'à sa Bentley flambant neuve.
- Allez monte, mon ange !
Et Aziraphale, rougissant légèrement, s'installa sur le siège passager, son bagage sur les genoux.
oo00oo
L'ange patientait sur le pas de la porte. Porte noire, bien sûr, évidemment. Il tenait son sac d'une main et attendait que Rampa lui ouvre la porte de chez lui. Depuis le temps qu'ils en parlaient de ce moment, celui où Aziraphale poserait enfin le pied chez le démon… voilà que ce moment, c'était maintenant. L'ange avait pourtant toujours refusé, mais la curiosité avait prit le dessus, cette fois, alors il s'était laissé tenter.
La porte s'ouvrit et le démon entra chez lui, suivit de l'ange qui regarda tout autour, chaque recoin de cette entrée.
- Ben voilà…, dit simplement Rampa et il referma la porte en claquant des doigts.
- C'est très… sombre, fit remarquer l'ange et le démon haussa les épaules.
A quoi s'était attendu l'ange ? Hein ? Ange qui, d'ailleurs, partait déjà dans le couloir pour faire le tour de la propriété. Il ouvrit une porte, puis une autre, contempla la pièce découverte -une salle de bain noire et grise-, rien d'incroyable, referma la porte, fit le tour du bureau, regarda le portrait de la Joconde, puis poussa une porte tournante et s'arrêta net, posant son sac par terre. Rampa leva les yeux au ciel. Oh non, Aziraphale avait trouvé la chambre des plantes. Plantes qui, d'ailleurs, frissonnèrent quand elles comprirent que le démon était là et sortirent leur vert le plus magnifique pour leurs feuilles quand elles comprirent qu'IL avait un invité avec LUI.
- Ohhh, tu as des plantes, s'extasia Aziraphale et il se dirigea vers elles pour les regarder avec étonnement. Elles sont très belles, on dirait que tu t'en occupes très bien.
- Mmmh, marmonna le démon.
Aziraphale se retourna vers lui, le sourire aux lèvres.
- Bien, quelle autre surprise vais-je trouver chez toi ?
L'ange passa à côté du démon et disparu dans un autre couloir. Rampa regarda ses plantes avant de refermer la porte et de retrouver (son) l'ange sur le seuil de sa chambre à coucher.
- Un problème avec cette pièce ? demanda Rampa, voyant Aziraphale reculer lentement.
- Et bien… je ne suis pas certain de pouvoir passer plus de quelques minutes dans un endroit aussi sombre.
Rampa regarda la pièce, les murs, le sol, le plafond gris foncé, le lit noir aux draps noirs. Il ne voyait pas le problème.
- Et mes livres, où vais-je les mettre ?
Rampa maugréa une réponse que l'ange n'entendit pas, et c'était mieux ainsi en fait, puis il entra dans la pièce et fit signe à son ami de le rejoindre.
- C'est vraiment très sombre, fit encore remarquer l'ange et le démon perdit patience.
- Mais franchement, à quoi tu t'attendais ? On est chez moi, tu espérais quoi ?
- Je pensais que je serais surpris, mais à part les plantes… D'ailleurs, pourquoi as-tu des plantes ?
- Pourquoi n'en aurais-je pas ?
- Je ne pensais pas que les démons égayaient leur intérieur avec des êtres vivants crées par le Tout-puissant.
- Tu connais combien de démons qui ont un appartement ?
Aziraphale soupira. Il n'en connaissait qu'un et son ami le savait bien. Un point pour Rampa sur ce coup-là !
- Écoute, je veux bien faire un effort pour que tu veuilles bien rester ici et t'installer à long terme. Ce serait bien que tu ais un vrai chez-toi. Alors, tu peux changer certaines choses uniquement si c'est pour une question de confort personnel.
- Je peux installer une étagère pour mes livres ? demanda l'ange, les yeux pétillant d'impatience.
Rampa fit un geste de la main qui voulait dire : Si tu le veux vraiment, vas-y.
L'ange claqua dans ses doigts et une étagère d'un blanc immaculé apparut contre un mur de la chambre. Le démon grimaça quelque peu mais s'abstint de faire une remarque. Il regarda l'ange sortir des livres de son sac et les disposer avec soin et rigueur sur le nouveau meuble. Aziraphale se recula, une fois son travail terminé et observa l'étagère dont un étage était maintenant rempli de livres de tout genre.
- Merci, dit-il avec reconnaissance et le démon se contenta de lui sourire. Maintenant.. est-ce que je peux changer un peu ce lit trop sombre ?
- Ah non ! répondit aussitôt Rampa, un peu trop fortement, faisant sursauter son ami.
- C'est une question de confort personnel. Je ne peux pas me mettre dans un lit qui ressemblent à un cercueil.
Le démon serra les poings, quelque peu en train de regretter d'avoir invité l'ange chez lui, puis il regarda le lit noir aux draps noirs et soupira.
- Ok, mais choisit juste un côté.
L'ange acquiesça et claqua des doigts. Le côté droit du lit devint blanc progressivement. Bois, oreiller, draps, duvet, tout se para d'une couleur blanche immaculée et lumineuse.
- C'est tout de même beaucoup mieux comme cela. Encore une dernière chose. Cette chambre manque cruellement de décoration alors…
- C'est pas vrai ça, coupa Rampa, sur les nerfs, à côté de mon lit j'ai quand même mis un tableau de L'Enfer de Dante. C'est de la décoration.
- Pas du meilleur goût, mais ne nous attardons pas sur ce sujet.
- Que comptes-tu mettre ? Un tableau avec une représentation du Paradis ?
- J'avais plutôt en tête un tableau du peintre Claude Monet. Tu connais Monet ?
- Vaguement.
Aziraphale claqua des doigts et un tableau apparut sur le mur de son côté du lit.
- Nooon, t'es pas sérieux, dramatisa Rampa, regardant (l'horreur) le tableau qui décorait son mur. Y a des fleurs sur ton machin !
- Eh bien oui, il y a des fleurs. C'est un tableau de Monet et il peignait beaucoup de fleurs. Je l'ai observé une journée entière quand il a peint ce tableau et plus tard, je le lui ai acheté. C'est un très joli tableau.
- C'est pas mon avis.
Rampa regarda le tableau d'un mauvais œil, comme s'il comptait l'incendier directement, puis décida que c'était pas si important qu'il ne le faisait penser à son ami. Ce n'était qu'un tableau après tout.
- Tu sens-tu un peu chez toi ? demanda le démon, curieux de savoir si l'ange allait rester ou non.
- Oui, je crois. Combien as-tu de plantes ?
Rampa haussa un sourcil en signe de questionnement. Était-ce vraiment important ?
- Une dizaine, je crois. Mais rares sont celles qui restent longtemps chez moi. Quand elles ne poussent pas comme elles le doivent, je m'en débarrasse.
- Mais c'est… Enfin, Rampa, tu ne peux pas faire cela ! s'insurgea l'être céleste.
- J'attends d'elles qu'elles donnent le meilleur et elles le savent parfaitement. Elles n'ont pas le droit de me décevoir.
- Mais, tu leur parles ? Il paraît qu'il faut leur parler, ça les aide à pousser correctement.
- Bien sûr que je leur parle. Tous les jours je leur répète qu'elles doivent pousser comme il faut et ne pas avoir de tâches, et ça marche… Bon, des fois, il y en a une qui veut pas faire ce que je demande, alors, elle sert d'exemple aux autres.
- Tu es cruel, lança Aziraphale, les larmes aux yeux. Je pensais que tu avais changé, vraiment, je veux dire.
- Et que suis-je censée faire à ton avis? Hein ? Les féliciter quand leurs feuilles sont jaunes ? Et puis quoi encore.
- Je les féliciterai à ta place, même quand elles auront fait quelques chose qui te déplaira.
- Ah non ! s'insurgea le démon, catastrophé. Je ne veux pas avoir à gérer des plantes pourries-gâtées qui deviendront capricieuses et demandeuses de compliments.
Aziraphale fronça les sourcils. Bien, ils en reparleront plus tard de cette affaires de plantes. Pour le moment… il était l'heure de lire un peu avant de… de quoi au juste ?
- Rampa, euh… comment… comment allons-nous nous mettre au lit ? Je ne l'ai jamais fait avant et je… Enfin, je ne suis pas vraiment au courant de ce qu'il convient de faire. Pour tout te dire, j'avais dans l'idée de lire un peu, assis sur mon côté de lit et ensuite… Je ne sais pas ce que je suis censé faire après.
- D'abord, il va falloir te changer.
- Me changer ? demanda l'ange en regardant ses habits de toujours, l'air de ne pas savoir ce qu'il pouvait bien porter d'autre.
- Par exemple, les humains mettent des pyjamas pour dormir. Ce sont des habits dans lesquels ils sont à l'aise, pas des ensembles avec gilet et chemise impeccable.
- Je ne comprends pas.
- Tu pourrais… Tu pourrais…. Attends, dit Rampa en levant l'index devant lui. Il claqua des doigts et ses habits habituels disparurent, laissant place à un ensemble noir brillant. Un pantalon qui paraissait très léger et un haut ressemblant vaguement à une chemise au rabais, sertie de quelques boutons.
- Est-ce que là, tu es en pyjama ?
- Oui. Tu vois bien que ce ne sont pas mes vêtements habituels. Le mien est en satin parce que… et bien parce qu'il me sied tout simplement. Trouves-toi quelque chose dans ce genre là qui te conviennent.
- Ah, je vois maintenant.
Aziraphale claqua dans ses doigts et ses habits laissèrent place à un pyjama semblable à celui que portait Rampa, sauf que le haut avait plus de boutons, un col nettement moins en V que celui du démon, qu'il était en flanelle et totalement à motif tartan. Ce qui fit grincer des dents l'ange déchu qui le regardait.
- Ah, quand même… ouais…, soupira-t-il.
- Et bien quoi ? s'énerva légèrement Aziraphale.
- Rien. Oublions ça. Si tu es à l'aise et prêt à te mettre au lit, c'est le plus important. Je me ferai à cette… horreur en tartan que tu portes.
Rampa se dirigea vers le lit de sa démarche souple et unique en son genre et Aziraphale sourit quand il remarqua l'arrière du col de pyjama rouge du démon. Une petite touche de coquetterie qu'il connaissait bien et appréciait chez son ami. L'ange se dirigea vers son nouveau meuble remplis de livres, en prit un avec lui et s'assit sur son côté du lit, tout au bord du matelas, les pieds bien ancrés sur le tapis noir.
- Tu vas pas rester dans cette position tout de même ? demanda Rampa et Aziraphale tourna la tête vers lui pour voir que le démon était assis sur le lit, les jambes allongées sur le matelas, un oreiller calé dans son dos, appuyé contre la tête de lit.
L'ange adopta la même position et posa son livre sur ses genoux.
- En fait, ce n'est pas désagréable d'être assit dans un lit… dans ce lit, crut-il bon de corriger. Et après, que convient-il de faire ?
Rampa retira ses lunettes noires, les posa sur une table de nuit à côté de la place où il était assis et dit :
- Lis ton livre et ensuite, quand tu sentiras que tu seras fatigué, allonge-toi et ferme les yeux. Le reste va se faire tout seul. Quand il fait une température idéale dans la chambre, que tu es installé sur un bon matelas, dans le noir… alors le sommeil vient sans trop de problème.
- As-tu… Tu a dû t'habituer au sommeil ? À dormir, je veux dire ?
- Oui. Mais ça ne m'a pas prit beaucoup de temps. Je suis un démon, j'aime le péché de la paresse… de temps en temps.
- Alors ça ne va peut-être pas fonctionné pour moi. Je suis un ange et je ne commets pas de péché, c'est bien connu.
Rampa ricana en secouant la tête.
- Toi, tu ne commets pas de péché ? Et ta gourmandise sans frontière ? La gourmandise est un Péché, mon ange, tu le sais très bien.
- J'aime les bons plats, je ne vois pas en quoi cela est mal.
- Persuade-toi de ce dont tu as envie. Il n'empêche que, la gourmandise, est inscrite dans la liste des péchés capitaux.
Aziraphale se racla la gorge, ouvrit son livre et se plongea dans la lecture de celui-ci après que ses lunettes soient apparues sur son nez, ignorant le démon au sourire triomphal qui se tenait à ses côtés.
oo00oo
Azirphale lut plusieurs pages, puis plusieurs autres et quand il ferma son livre, il voulut parler avec Rampa, mais se rendit compte que le démon dormait. Il était allongé sur son côté du lit, tournant le dos à l'ange, sa tête bien calée dans un oreiller noir moelleux et il respirait doucement. L'ange cligna des yeux et chercha à savoir quelle heure il pouvait bien être. Il se rendit compte qu'il était très tard et décida de s'allonger, sur le dos, laissant sa tête s'enfoncer légèrement dans l'oreiller blanc. Il remonta le duvet sur lui et attendit. Attendit… mais il ne sentit aucun sommeil venir. Rien, pas même une sensation de lassitude ou d'ennui. Il claqua dans ses doigts et la lumière s'éteignit sur sa table de nuit blanche, plongeant la pièce dans le noir. L'ange ferma les yeux et tenta de se concentrer sur le souffle régulier du démon qui dormait à poings fermés.
oo00oo
Rampa ouvrit les yeux après une bonne nuit de sommeil et il se redressa en baillant, s'étendant comme un félin souple. Il fit craquer sa nuque et sursauta soudain. L'espace à côté de lui était vide. Blanc et vide.
- Aziraphale ? dit-il en jetant un coup d'oeil circulaire à toute la pièce.
Il se leva d'un bond et quitta la chambre en hâte. Il parcouru les couloirs à la recherche de l'ange, mais ne le trouva nulle part dans l'appartement. Oh non ! Avait-il fuit ? Avait-il détesté être chez le démon ? Rampa parcouru le couloir de la salle des plantes et s'arrêta net quand il vit sur un morceau de colonne blanche un petit pot avec une plante fleurit. Qu'est-ce que c'était que ça ? Il regarda ses plantes, se demandant lesquelles avaient bien pu produire un ''bébé plante'' puis il se frappa le front. Les plantes ne faisaient pas de bébé tout prêt et en pot. Ça devait venir d'Aziraphale.
Il secoua la tête, dépité, et quitta la pièce sans un regard pour ses ''protégées''. Il entendit la porte de l'entrée s'ouvrir et Aziraphale entra dans le couloir, semblant illuminé de sa présence et sa bonne humeur les mur gris qui l'entouraient. Rampa sentit son souffle revenir à la normale et il soupira en s'asseyant disgracieusement sur sa chaise de bureau.
- Bonjour mon cher, dit l'ange avec le sourire, un cornet entre les mains que Rampa reconnu comme venant de la boulangerie du quartier.
- T'étais où ? s'enquit le démon en se plantant en face de l'ange, attendant une réponse. J'ai cru que tu étais partis !
- Oh non, je suis simplement sortis un peu. J'ai vu une boutique de fleurs et j'ai acheté une plante pour ta collection et ensuite-
- Une plante à fleurs, grinça Rampa en coupant l'ange sans culpabilité.
- Certes, je l'ai trouvé très jolie et les autres ont eu l'air de l'apprécier aussi. Et je suis allé à la boulangerie. Veux-tu un croissant ?
Rampa donna un coup dans le cornet qui tomba sur le sol. Il se pencha un peu vers l'ange, ses yeux de serpent exorbités.
- Je ne veux pas de croissant ! Ce que je veux, c'est que tu me dises quand tu quittes mon lit, bordel ! J'ai eu la peu-
Mais Rampa s'arrêta net dans sa phrase, conscient qu'il allait trop loin, et recula de deux pas en se retournant, dos à l'ange qui se baissait déjà pour ramasser le cornet de croissants tombé au sol.
- J'ai fermé la porte à clé, je ne suis pas un imbécile.
- Je sais. Laisse tomber, maugréa le démon en reprenant place sur sa chaise de bureau, la tête dans les mains.
- Oh…, s'étonna l'être céleste, serrant son cornet de croissants contre lui, tu étais inquiet ? Tu as cru que j'étais rentré chez moi ?
Rampa sursauta sur place et lança un regard mauvais à l'ange qui n'en tint pas compte.
- Je suis désolé, dit-il simplement et Rampa se leva, lui fit face, attrapa le cornet des mains de l'ange et plongea sa main dedans pour en sortir un croissant encore tiède qu'il enfourna en deux bouchées pour se donner une contenance, ne sachant pas quoi faire d'autre pour ne pas s'enfoncer plus dans la débilité.
- Tu sais que, je n'aime pas les fleurs, grinça le serpent, la bouche désormais vide.
- Eh bien, tu as dit que je devais me sentir chez moi ici, j'ai pensé qu'une petite plante à fleurs serait la bienvenue.
- C'est un peu excessif de dire qu'elle est la bienvenue, mais je vais la tolérer chez moi si tu y tiens.
- Merci, dit l'ange, reconnaissant.
Il tendit un autre croissant à Rampa et ils se dirigèrent ensemble dans une pièce qui servait de cuisine même si elle n'était pas fonctionnelle. Mais il y avait une petite table noire et deux chaises rouges au milieu de la pièce et c'était tout de même mieux pour déjeuner que dans le bureau. Le démon et l'ange prirent place et le premier servit un chocolat chaud au deuxième pendant qu'il mangeait un croissant avec délicatesse et raffinement. Totalement à l'opposé de la façon dont Rampa avait avalé son premier.
- Tu as dormis la nuit passée ? s'enquit Rampa, réalisant qu'il n'avait pas encore posé la question à son ami.
- Non, mais ce n'était pas très important que je dorme.
- Qu'as-tu fais alors pendant la nuit ?
L'ange rougit légèrement, baissa la tête, se racla la gorge, avala une longue gorgée de chocolat chaud, reposa sa tasse doucement, s'essuya la bouche à l'aide d'un mouchoir en tissus et changea de sujet :
- Je suis heureux que ce monde existe encore. Si nous n'avions pas empêché la Grande Bataille entre nos anciens clans, il n'y auraient pas de croissants sur cette table ce matin, d'ailleurs, cette table n'existerait certainement plus non plus.
Rampa plissa les yeux, contrarié du changement de sujet pas du tout subtil de son ami, mais il se contenta de manger son troisième croissant sans faire plus de commentaire. Il saurait certainement plus tard ce que l'ange avait fait de sa nuit.
L'ange n'avait pas fait grand chose de sa nuit, à dire vrai. Il avait essayé de dormir et comme ça n'avait pas fonctionné, il s'était assis dans le lit et avait rallumé la lumière. Il avait prévu de lire à nouveau pour passer le temps, mais son regard était tombé sur un démon endormi, roulé en boule, tel un serpent, qui respirait doucement à côté de lui. Et la vue lui avait plu. Il avait donc passé sa nuit à regarder Rampa dormir, mais ça, il ne lui avouerait jamais, pas même sous la torture, pas même pour un bon dîner au Ritz ou pour des crêpes.
Il avait quitté le démon des yeux aux première lueurs du jour et pour éviter de penser aux sensations qui se disputaient en lui depuis des heures, il était allé se promener dans le quartier. Il avait acheté une plante en pot sur un coup de tête, puis était revenu la déposer chez Rampa. Voyant que son ami dormait encore, il était ressorti pour acheter un petit déjeuner digne de ce nom. Manger ferait sûrement passer la sensation de vide étrange qu'il ressentait dans son corps. Aziraphale était convaincu que c'était la bonne solution.
Mais ça n'avait rien changé à son état et l'ange dû rapidement reconnaître que la sensation n'était pas provoquée par la faim, ni l'envie de nourriture, mais par le fait que Rampa était à proximité de lui et c'était perturbant.
- Hey, ça va ? demanda Rampa, un brin inquiet et l'ange releva la tête, enfin, pour le regarder.
- Oui. Oui ça va très bien. Peux-tu me conduire à ma librairie tout à l'heure ? Je vais revoir les horaires d'ouverture.
- Tout ce que tu veux, mon ange, susurra le démon avec le sourire et l'Aziraphale se sentit heureux.
- Je veux vivre ici avec toi, dit-il, sûr de lui.
Le démon, surprit, laissa tomber le morceau de croissant qu'il avait en main sur la table et se secoua ensuite.
- Je ne dormirai peut-être jamais, mais ce n'est pas important. Je trouve que ton appartement est… Il est confortable, même s'il est un peu sombre par endroit.
- Parfait. On mettra ton nom sur la sonnette à l'entrée.
L'ange sourit au démon qui lui sourit en retour. C'était comme une sorte de nouvel Accord passé entre eux deux. Un Accord d'un autre genre, cette fois-ci.
