The Killing Santa
Auteur : Maeglin Surion
Rating : T
Disclaimer : les personnages et leur univers relèvent de DC Comics, sauf Joey et quelques autres OC secondaires à moi ; la photo illustrant la fic appartient à celui ou celle qui l'a prise (sous-entendu : pas moi) et représente l'excellent cosplayeur Anthony Misiano. Quant à l'idée, elle, elle est belle et bien à moi.
Bon, ça, c'est fait... Ah ! Une petite précision s'impose : dans les comics et les films, Lucius Fox est avant tout un génie de la finance (à moins que j'aie manqué un détail), mais dans la mesure où il touche pas mal aux gadgets de Batman dans certaines versions, dont celle-ci, il est officiellement passé ingénieur. Vi, c'était plus pratique et puis, il a le profil.
Maintenant une information importante : j'avais originellement posté cette fic en format OS (ce qui explique notamment les reviews, tant dans leur contenu que dans leur emplacement). Et... ben, vous vous doutez bien que 30k en OS c'est assez indigeste. Mieux tard que jamais, comme on dit : j'ai enfin revu la publication pour la séquencer en chapitres, comme sur Ao3. Donc, vous avez maintenant une version plus confortable à lire.
Cette fic était mon cadeau du Secret Santa 2017 pour Ahelya PvC et XY.
Voilà, j'ai assez blablaté, je laisse à présent place à la lecture, en espérant qu'elle soit bonne !
Prologue
Soudain, James Gordon cligna des yeux. L'espace d'un instant, il avait eu l'impression que l'épisode diffusé par son téléviseur avait trembloté, comme si une seconde image parasite avait tenté de capter son attention. Pensif, il prit la télécommande et, alors qu'il terminait son inventaire des options du panneau de configuration, l'image eut comme un frisson. Cette fois, il était certain de ne pas avoir rêvé. Dans son effort de concentration, il plissa le front. C'est alors que la chose se produisit à nouveau.
Le visage de l'acteur principal de son feuilleton vacilla, puis clignota de plus en plus vite, jusqu'à ce que celui de l'intrus prenne le dessus à la manière d'une image rémanente. Le commissaire vit alors apparaître la figure désormais familière du pire criminel que Gotham ait jamais connu : le Joker.
A la fois anxieux et fasciné par cette apparition, Gordon fixait le sourire dément du Prince du Crime qui, finalement, écarta les bras dans un geste théâtral.
« Chers citoyens de Gotham, savez-vous quel jour nous sommes ? » s'enquit-il avec entrain.
Suivit une brève pause pendant laquelle il prit un air particulièrement amical qui, avec son maquillage outrancier et son sourire étrange, mettait véritablement mal à l'aise.
« Eh bien, non ! Vous ne rêvez pas, nous sommes à la veille du mois de décembre, soit très exactement vingt-cinq jours avant Noël. Enfin, à peu de choses près… Ah ! Noël ! reprit-il. N'est-ce pas une fête merveilleuse ? Tous ces cadeaux, toutes ces lumières, toutes ces couleurs… »
L'espace d'un instant, il se tut, les yeux dans le vague, comme s'il avait eu une brusque absence, puis reprit, comme si de rien n'était :
« Votre serviteur se devait de vous faire un cadeau, que dis-je ! des cadeaux à la hauteur de votre valeur, chers citoyens de Gotham ! D'ailleurs, à ce propos, dites-moi, que se passe-t-il le premier décembre et qui se poursuit jusqu'au fameux jour de Noël ? Hum ? »
Levant le menton, il sourit largement et s'agita joyeusement, comme s'il se trouvait devant une foule en liesse particulièrement réactive.
« Mais oui ! C'est ça ! s'exclama-t-il avec enthousiasme. Un calendrier de l'Avent ! N'est-ce pas une coutume extraordinaire que d'ouvrir chaque jour une porte cachant quelque merveille insoupçonnée ? »
Ses yeux, habités par une flamme terrifiante, semblèrent vaguement s'adoucir et son sourire se fit plus discret, lui conférant une aura nostalgique communicative. Malgré lui, le policier laissa échapper un soupir.
« Je trouve aussi ! reprit le Joker. Et dans ma grande dévotion – car je vous suis tout dévoué, citoyens de Gotham –, j'ai décidé de vous offrir la possibilité d'ouvrir les portes monumentales d'un gigantesque calendrier ! Gigantesque, car à l'échelle de notre ville bien-aimée, évidemment. » ajouta-t-il en baissant subitement la voix à la fin de sa phrase.
Ses lèvres s'étirèrent à nouveau pour dessiner le sourire à la fois surprenant et horrifiant qui était devenu sa marque de fabrique.
« Demain, très chers amis, la première porte du Calendrier du Joker s'ouvrira pour vous. Ou, plus exactement, pour certains d'entre vous, petits chanceux que vous êtes ! Soyez prêts ! Car les réjouissances commencent demain ! »
Le criminel disparut sur ces derniers mots, laissant à nouveau la place, après quelques tremblotements bariolés, au feuilleton préféré de Gordon. Ce dernier se trouvait désormais fort ennuyé. Jusqu'à présent, ce clown avait été particulièrement versatile, jonglant entre le crime organisé et les meurtres isolés, en passant par de simples farces pas forcément de bon goût mais généralement inoffensives… Que devait-il en penser, cette fois ? Si le commissaire mettait toute la ville en alerte et qu'il ne se passait rien – de grave –, il risquait non seulement de perdre son poste, mais également toute crédibilité auprès des habitants, alors qu'il était et demeurait l'un des rares, sinon le seul, flics intègres de la ville…
Un bruit mat le tira de ses réflexions. Son arme de service à la main, il avança vers la porte en tendant l'oreille. Rien, ni grattement sur le paillasson, ni cliquetis d'outils à crocheter les serrures, ni respiration. Avec prudence, il découvrit le judas. Personne. Il n'y avait pas âme qui vive sur son palier et il avait beau se tordre le cou et rouler des yeux, aussi loin qu'il pouvait voir, il n'y avait rien. Finalement, après une profonde inspiration, il ouvrit la porte et pointa le vide de son arme. Son cœur frappait fort dans sa poitrine et il mit quelques secondes à reprendre son sang-froid. Qu'est-ce qui lui prenait, d'avoir une telle frousse ?
C'était plus fort que lui, mais ce Joker le terrifiait. Certes, il était un criminel extrêmement intelligent, très organisé, totalement dépourvu de pitié et doté d'une imagination débordante, mais ce n'était pas cela qui lui faisait peur. Celui-là, il savait où Gordon habitait, quand il y était et, probablement, ce qu'il y faisait. Mais, pire que tout, il y avait son anonymat plus solide qu'un roc et son maquillage outrancier. Oui, c'était ça. Tout le problème était là. Malgré tous ses efforts, malgré ceux du Batman – qui semblait pourtant disposer de moyens bien plus conséquents que lui –, ils n'étaient pas parvenus à identifier cet homme. Jusqu'à présent, que ce soit une organisation mafieuse, un flic ripou, ou un tueur en série, Jim avait eu un ou plusieurs noms, des identités auxquelles se rattacher, mais, cette fois, le commissaire ne savait pas du tout contre qui il se battait. Secoué par ce constat, il s'adossa à la façade de sa maison. Penché en avant, Jim posa ses mains sur ses cuisses et tourna la tête de droite et de gauche une dernière fois, pour être sûr de n'avoir rien manqué.
Une tache violette attira son regard vers sa porte. Se redressant, il découvrit une enveloppe clouée avec un élégant poignard en argent sur lequel était gravée l'effigie du clown maléfique. Avec précaution, il la décrocha et l'ouvrit. A l'intérieur se trouvait une multitude de petits carrés de papier jaune et il fut bien obligé de rentrer pour les étaler sur sa table. Une fois qu'ils étaient tous disposés de façon à être bien lisibles, James soupira. A quoi cela rimait-il ? Il lut : « 1, 2, 4, 5, 8, 10, 11, 13, 16, 17, 19, 20, 22, 26, 29, 34, 38, 40, 44, 52, 58, 76 et 88. » Vingt-trois nombres apparemment sans rapport aucun et deux autres feuillets assez différents des précédents qui portaient les mentions « CJ : 25 000 » et « B : 75 025 ». Incrédule, le commissaire déplaça plusieurs fois les billets, essayant de se souvenir de l'ordre qu'ils occupaient dans l'enveloppe, des fois qu'il aurait eu une quelconque importance, sans succès.
« Quel imbécile ! se morigéna-t-il. Ça t'aurait pris une seconde de les sortir dans l'ordre et il a fallu que tu retournes cette foutue enveloppe ! »
