Hello !
Je me suis rendue compte, en cours d'écriture, qu'un mot d'introduction était nécessaire. Cette histoire prend en compte tous les films Marvel jusqu'au 2e Captain America, ainsi que la première saison d'Agents of SHIELD, ce qui veut dire que tous les superhéros, personnages secondaires et vilains de ces différents films sont susceptibles de faire une apparition sans prévenir. Les jumeaux Maximoff font tous deux partie de l'équipe, mais j'ai repris leur background des Comics plutôt que celui des films, même si j'ai gardé l'accent sexy de Pietro ^^
J'ai fait mon possible pour coller au mieux à l'univers cinématique Marvel, mais comme c'est un univers riche et complexe, j'y ai également intégré les X-Men et les 4 Fantastiques (de même que leurs méchants respectifs), quoique dans l'ensemble, ils ont des rôles très secondaires. Un autre perso de l'Univers Marvel fait son apparition, mais vous verrez bien par vous-même si vous tenez jusque là.
J'ai par ailleurs pris le parti de garder tous les noms anglais, parce que je les préfère aux noms français et, surtout, que je suis perplexe de constater que certains noms ont été traduit et d'autres pas.
Je ne possède que les filles Coulson et certains personnages secondaires, les Avengers m'ayant juste été prêtés par Marvel le temps que je fasse un peu joujou avec eux. J'essayerai de les leur rendre pas trop abîmés, et j'espère que vous aimerez cette curieuse histoire qui, il faut bien le reconnaître, parle beaucoup de pâtisserie...
Si vous l'avez déjà lue par le passé, vous noterez peut-être certains changements mineurs dans la forme, pas le fonds. C'est parce qu'en 2020, je me suis dit qu'il était temps de corriger quelques coquilles et erreurs mineures. Donc je révise mes chapitres au fur et à mesure. Mais ça prend du temps...
Prologue : Où Em a des doutes
— Rappelle-moi un peu pourquoi je me suis mis en tête d'installer une pâtisserie mobile à Manhattan au beau milieu du mois de novembre, encore ? demanda Patience Majorie McGillis — Em pour les intimes — à sa sœur Sarah.
— Parce que tu es complètement maso ? proposa celle-ci d'un air blasé en repoussant ses mèches brunes striées de turquoise et d'émeraude sous son bonnet multicolore, avant de réchauffer ses mains chaussées de mitaines autour de son mug de café fumant.
Em soupira. L'idée lui avait semblé excellente en juillet, lorsque le patron de l'adorable petite boulangerie de Brooklyn où elle travaillait depuis la fin de ses études avait décidé de prendre sa retraite et de vendre son commerce pour partir s'installer en Californie et profiter de ses petits-enfants. Ayant quelques économies — essentiellement ce qu'elle avait pu épargner en travaillant, même si son père avait eu la prévoyance d'esprit de mettre un peu d'argent de côté au cas où ses filles rencontreraient des coups durs —, Em avait espéré pouvoir reprendre l'établissement à son compte. C'était hélas compter sans le prix de l'immobilier à Brooklyn. Sur un coup de tête, elle avait donc décidé de racheter la camionnette avec laquelle son ancien patron assurait les livraisons auprès d'un certain nombre de ses clients. Elle avait dépensé jusqu'à son dernier dollar pour la faire rénover et adapter en Food Truck. Em étant plus réputée pour sa manière rationnelle et pragmatique d'aborder les problèmes que pour sa spontanéité, ses sœurs avaient été stupéfaites et même un peu choquée par sa décision. Avec le recul, la jeune femme songeait, morose, qu'il y avait sans doute une raison à cela.
— Je vous en prie, dites-moi que vous avez prévu des cookies aux noisettes ! Sans ça, je ne pense pas pouvoir survivre à la matinée.
Em tourna les yeux vers leur première cliente de la journée... et la raison pour laquelle elles avaient choisi ce secteur de Manhattan entre tous pour y installer leur camionnette. En équilibre précaire sur ses hauts talons, vêtue d'un tailleur bleu marine et d'un chemisier blanc flambant neufs, ses longs cheveux brun foncé rassemblés en un chignon sage, Pippa pianotait nerveusement sur la tablette extérieure de ses ongles limés et peints en rose pâle. Quand on savait que, à peine six mois plus tôt, elle passait ses journées en jean déchiré et pull informe, les ongles rongés et les doigts perpétuellement tachés par le fusain, la scène semblait surréaliste. Mais leur vie avait été complètement bouleversée au cours de la dernière année. Et pas pour le meilleur...
— Évidemment, qu'est-ce que tu crois ? rétorqua Sarah d'un ton acide. Qu'on s'est levées à l'aube et qu'on a traversé la moitié de la ville pour se planter devant la tour la plus en vue de ce quartier snob par plaisir ? Nan, on est là pour soutenir notre sœurette lors de sa première journée de travail dans le domaine très en vue de l'énergie renouvelable...
Malgré son ton railleur, Sarah était aussi fière de Pippa que l'était Em. Ce qui n'était pas peu dire car leur sœur avait renoncé sans hésiter à son rêve de gamine — devenir architecte — pour se chercher un job lorsqu'elle s'était rendue compte qu'en plus de ses économies, ses frais de scolarité épuiseraient presque entièrement l'argent légué par leur père. Vu le talent de sa cadette pour le dessin, Em n'aurait pourtant pas hésité une seconde à vider leur compte commun, mais Pippa n'avait rien voulu entendre. Elle s'était appliquée, avait envoyé des tonnes de CV et avait fini par trouver un stage de longue durée avec une rémunération tout à fait correcte. En apprenant le nom du futur employeur de sa sœur, Em avait cependant eu quelques réserves. Comment leur père aurait-il réagi en apprenant qu'elle avait postulé et été retenue chez Stark Industries ? La question, hélas, n'avait plus aucune raison d'être, aussi Em avait-elle choisi de garder le silence à ce propos.
— Ne l'écoute pas, déclara-t-elle en lançant un regard noir à Sarah.
Celle-ci l'ignora superbement; le doute, comme la culpabilité, lui étaient en effet complètement étrangers.
Em ouvrit le four dans lequel elle venait de réchauffer les cookies préparés le matin même avec un soin tout particulier pour la première journée de travail de Pippa. La jeune femme les avait travaillés en forme de nuages et les avait parsemés de noisettes, cerneaux de noix et amandes fraîches. Elle en sortit précautionneusement deux avec une pince car ils étaient encore tout chauds et friables. L'odeur de la pâte sucrée et fumante lui amena l'eau à la bouche et fit gargouiller son ventre, lui rappelant qu'elle s'était tellement activée depuis l'aube pour que tout soit prêt dans les temps qu'elle se s'était pas même arrêtée pour boire un café. Tandis qu'elle préparait la boisson favorite de Pippa — double expresso, caramel et mousse de lait parsemée de billes de chocolat blanc —, la jeune femme en profita pour se faire un simple cappuccino. Contrairement à ses sœurs, qui pouvaient consommer des kilos de friandises sans prendre le moindre gramme, chaque calorie qu'elle ingérait venait se stocker directement dans ses hanches. Ce qui était d'une injustice flagrante, même si elle avait bien dû s'y faire.
— Oh mon dieu, Em, si tu n'étais pas ma sœur, je t'épouserais ! soupira Pippa.
Trop empressée pour tenir compte des conseils de son aînée, cette dernière avait croqué à pleines dents dans son cookie trop chaud. Partagée entre l'attendrissement et l'exaspération, Em secoua la tête. Depuis que son compagnon l'avait plaquée sans prévenir au bout de sept ans de relation, le mot en M la faisait grincer des dents. Elle avait toutefois choisi de garder le silence sur les aspects les plus déprimants de cette affaire et de faire bonne figure en public. Elle était en effet convaincue qu'en joignant leurs efforts, Pippa et Sarah seraient tout à fait capables de déclencher un conflit mondial. Et un affront, réel ou imaginaire, à leur sœur aînée était précisément le genre d'argument qui pourrait les convaincre de mettre leurs différences de côté pour s'unir dans le crime. Sans parler de Pammy, le bébé de la famille, dotée d'un caractère aussi doux et conciliant que ses colères étaient brutales et dévastatrices et qui, depuis sa plus tendre enfance, considérait Em comme une mère de substitution.
— Une chance que je sois ta sœur, dans ce cas, rétorqua celle-ci, mi figue mi raisin.
— En ce qui me concerne, je n'ai aucun lien de parenté avec vous, mais je serais ravi d'avoir la réponse aux deux questions suivantes : qu'est-ce que vous faites sur ma propriété et est-ce que ce sont des scones aux myrtilles ?
Les trois sœurs se tournèrent dans un bel ensemble vers le nouveau venu. La quarantaine athlétique, vêtu d'un costume sur mesure qui avait sans doute coûté plus cher que la camionnette d'Em, l'homme les observait avec un mélange de perplexité et de bonhomie. Quoiqu'Em était consciente qu'une réponse était attendue de sa part, elle n'arrivait pas à recouvrer ses esprits pour lui répondre.
Pas quand Tony Stark, Iron Man en personne, semblait s'intéresser à ses pâtisseries.
