Auteur : Akanezora
Pairing : NaruSasu
Note : M
Jusqu'aux portes de l'enfer.
Sasuke retint son souffle, écrasé par la tension qui régnait à table. L'ambiance était électrique dans la salle à manger des Uchiwa. Comme à chaque repas, l'onéreuse argenterie brillait de mille feux sur la nappe en tissu noble, le feu crépitait tranquillement dans le poêle à bois et Mikoto, mère attentionnée et épouse aimante avait mis les petits plats dans les grands pour les recevoir convenablement. Mais comme à chaque fois qu'ils leur rendaient visite, l'événement avait tourné au drame.
C'était toujours la même rengaine et cette fois-ci n'échappait pas à la règle. Sasuke détourna les yeux du regard glacial de son père pour tomber dans celui colérique de son petit-ami. Fugaku Uchiwa et Naruto Uzumaki se lançaient des éclairs de part et d'autre de la table. C'était ainsi à chaque repas de famille. Depuis des années, ces deux-là se livraient bataille sur bataille, attisant chaque fois un peu plus le feu déjà incendiaire de la haine qui les séparait.
- N'insistez pas Fugaku, il a dit non.
La voix autoritaire de Naruto le fit presque sursauter et il détailla un instant ses mèches blondes qui retombaient sauvagement devant l'azur ombrageux de ses yeux. Son petit-ami était diablement sexy du haut de son mètre quatre-vingt-dix, contactant sa puissante mâchoire pour défendre ses intérêts. Il s'attarda un instant sur sa carrure, droite et fière sur sa chaise alors qu'il devait être la seule personne de cette ville à tenir tête à son père.
- Je suis encore son père, et vous n'avez pas votre mot à dire.
Sasuke reporta à nouveau son regard sur son père comme s'il suivait un match de tennis au résultat serré. La tension dans la pièce était presque palpable, tant les deux hommes se livraient un combat sans fin. La guerre durait depuis quelques années maintenant et aucun des deux ne semblait prêt à déposer les armes.
Fugaku fronçait ses sourcils par-dessus ses yeux noirs emplis de colère. Il n'avait jamais aimé Naruto et Sasuke n'avait jamais vraiment su si c'était parce qu'il s'agissait d'un homme ou s'il se sentait menacé par son statut social. Parce que Naruto, 32 ans, ex gosse des rues avait bâti son empire dans le monde de la nuit. Parti de rien, il avait fait ses preuves en saisissant les bonnes opportunités au bon moment et aujourd'hui, il possédait la plupart des loisirs nocturnes de la ville.
A Konoha, capitale économique du pays du Feu, seuls quelques bars et nightclubs ne lui appartenaient pas encore et le blond bossait d'arrache-pied pour réussir à les posséder. Sasuke retourna à nouveau son regard vers lui. La ville entière connaissait cet homme charismatique, ce visage dur et ce talent inné pour la négociation. Naruto faisait parler de lui partout où il passait et aucun habitant de la métropole n'ignorait son existence.
Ce statut faisait donc de lui le seul homme de la ville capable de tenir tête à Fugaku Uchiwa, maire en mandat de Konoha depuis presque cinq ans et dont les activités l'amenaient souvent sur le même chemin que Naruto. Ils se battaient régulièrement pour la propriété de certains terrains, envenimant la relation déjà conflictuelle qu'ils étaient obligés d'entretenir de par leurs liens respectifs avec Sasuke.
- Sasuke est un adulte et s'il ne veut pas participer à votre mascarade, c'est son choix.
La colère gronda dans les yeux de Fugaku. Leur sujet de dispute principal et inépuisable restait bien évidement son besoin maladif de contrôler la vie de ses fils. Ou tout du moins celle de Sasuke, parce que c'était ce qui importait le plus Naruto. Itachi, le fils aîné, prodige à ses heures, avait suffisamment d'aplomb pour se défendre seul. Contrairement à lui qui, il devait bien l'avouer, avait régulièrement besoin de son petit-ami pour faire valoir ses opinions auprès de leur paternel.
Sasuke releva les yeux sur Itachi qui l'observait, assis en face de lui, l'air désolé. Ses profondes cernes marquaient à vie son visage fatigué, témoignant de son travail acharné pour obtenir la reconnaissance de leur père. Fugaku n'avait jamais eu d'yeux que pour lui et si Sasuke en avait longtemps souffert dans son enfance, le poids sur ses épaules s'était imperceptiblement allégé depuis que Naruto était là pour prendre sa défense.
- Ne me manquez pas de respect sous mon toit, s'énerva Fugaku. Sasuke doit participer à ma campagne de réélection, parce qu'il est important de montrer le modèle d'une famille unie à nos électeurs.
Sasuke vit Naruto avoir un hoquet ironique et il se tendit d'appréhension.
- Unie, vous dîtes ? Je ne vois ici que des prisonniers de votre réussite, Fugaku. La situation est déjà suffisamment tendue à Konoha, les habitants ne survivront pas à un mandat de plus de votre partie.
Le sujet était épineux et Sasuke sentit que les choses allaient encore dégénérer. Naruto avait vu ses parents périr sous le gouvernement des prédécesseurs de Fugaku. Enrichir les riches en appauvrissant les pauvres, telle était la ligne de conduite du partie des conservateurs qui régissait Konoha depuis des années et que monsieur Uchiwa s'évertuait à entretenir.
- Vous êtes du bon côté de la ligne maintenant Naruto, alors pourquoi vous en formaliser ?
Naruto faisait partie des plus grandes richesses de la ville depuis quelques années, mais il n'avait jamais oublié son enfance dans les bidonvilles de Konoha et Sasuke savait combien l'image de ses parents, le dos cassé par leur travail de dur labeur, le hantait encore. Alors il posa sa main sur celle du blond pour le canaliser, la mâchoire crispée. Mais il sortait avec Naruto depuis trois ans maintenant et il savait pertinemment lorsque la ligne avait été franchie.
Il le vit se lever, retirant sa main de la sienne et serrant les poings pour se contenir. Son visage à la peau hâlée rougissait de colère et il n'eut pas le temps de réagir lorsqu'il le vit saisir sa veste en cuir sur le dossier de sa chaise.
- Je ne vous laisserais pas mettre la ville à feu et à sang une fois de plus, Fugaku et vous n'emporterez certainement pas Sasuke là-dedans.
Sa voix grave était menaçante, bien loin du timbre chaud et tendre qu'il utilisait toujours envers lui. Naruto s'excusa auprès de Mikoto et Itachi, restés silencieux face à ce combat qui sévissait depuis des années et Sasuke se laissa emporter par son petit-ami pour quitter la demeure. Les repas de famille finissaient toujours ainsi, si bien que les seuls à continuer de s'en formaliser restaient Naruto et Fugaku.
Sasuke soupira en refermant la porte derrière lui après une dernière étreinte avec sa mère. La situation conflictuelle ne s'arrangeait pas avec les élections à venir. Fugaku était plus tendu que jamais et il lui mettait la pression pour participer à cette campagne qui ne l'intéressait même pas.
Il regarda tristement Naruto monter sur sa bécane et refermer la visière de son casque d'une main agacée. Le blond travaillait déjà beaucoup et il s'en voulait de toujours lui infliger ces entrevues avec son père. Son petit-ami prenait constamment sa défense, quitte à élever la voix et se mettre encore plus à dos l'homme le plus important de la ville. C'était un cercle vicieux parce que ces disputes d'ordre personnel influaient sur leur travail et leurs activités les menaient toujours plus encore à se battre. C'était une guerre sans fin dont il était presque l'origine.
Sasuke enfila également son casque en prenant place derrière Naruto sur la moto et ils filèrent à travers les rues de Konoha.
- Mais quel con !
Sasuke jeta un œil à son petit-ami qui pestait dans la cuisine en se servant un whisky dans un verre en cristal. Single malt, 30 ans d'âge, bouteille réservée aux grandes occasions ou aux fureurs noire de Naruto. Il pinça ses lèvres en le regardant prendre une gorgée. Ses épaules larges étaient contactées tandis que ses yeux bleus n'avaient toujours pas décoléré.
Il le vit s'adosser contre le plan de travail noir et il se décida à se lever du canapé depuis lequel il l'observait. Naruto habitait un loft dans l'hyper-centre de Konoha et depuis plus d'un an désormais, Sasuke avait quitté la demeure familiale pour s'installer chez lui. Leur relation était solide et Naruto avait insisté pour qu'il puisse échapper à l'emprise malsaine de Fugaku.
Ce fut certainement leur dispute la plus impressionnante. Sasuke s'était même fait couper les vivres par Fugaku pour le forcer à revenir mais Naruto gagnait trop bien sa vie pour que ça ne devienne un frein à leur relation. Le blond finançait toutes leurs dépenses, lui permettant de finir tranquillement ses études de littérature. Cursus inutile pour son père mais passionnant pour lui et Naruto avait encore dû intervenir de ce côté là. Aujourd'hui du haut de ses 24 ans, il attaquait sa dernière année avant le diplôme.
Sasuke le rejoignit à pas de velours sur le parquet chauffé du loft. Ils n'étaient rentrés que depuis une demi-heure à peine et le blond n'arrivait toujours pas à se calmer. Alors il se posta devant lui pour lui voler son verre des mains et ses yeux ombrageux se posèrent sur lui quand il le porta à ses lèvres. Sasuke avait appris à apprécier le goût d'un bon whisky aux côtés du blond et il planta ses yeux noirs dans ceux azurs qui l'observaient quand le liquide toucha ses lèvres.
- Laisse tomber, Naruto. Tu sais comment il est.
Le blond ne desserra pourtant pas la mâchoire. Ses doigts agacés pianotaient sur le plan de travail, séquelle de sa frustration et Sasuke s'arrêta dessus un instant. Naruto était un homme impulsif et il savait à quel point il se retenait pour ne pas en venir aux mains avec Fugaku. Parce que c'était le maire de la ville et qu'il avait choisi d'aimer l'un de ses fils, Naruto était bloqué. Il devait composer avec cet homme irritant et Sasuke s'en voulait parfois de le mettre dans de telles situations.
- Tu m'expliqueras comment cet enfoiré a pu épouser une femme aussi gentille que ta mère, lâcha Naruto en reprenant son verre de whisky. Il vous mérite pas.
Sasuke le contempla un instant. Naruto avait quelque-chose d'animal lorsqu'il était dans cet état et c'était plutôt plaisant de voir ses yeux habituellement tendres devenir plus sauvages. Il s'attarda sur ses sourcils froncés, sur cet air contrarié qui déformait les traits de son visage et se mordit la lèvre en ressentant cette aura bestiale qui se dégageait de lui.
Naruto était devenu un homme d'affaires puissant de la capitale et Sasuke était le seul à connaître son visage doux et ses gestes tendres. Mais dès lors qu'il voyait Fugaku, le blond n'arrivait plus à se maîtriser et Sasuke trouvait cette facette de sa personnalité des plus excitantes. Alors il laissa ses yeux se balader de sa mâchoire puissante à son cou doré, descendant jusqu'aux premiers boutons défaits de sa chemise noire laissant apercevoir la naissance de ses pectoraux.
Dans cet état, Naruto était foutrement sexy. Et si le monde entier connaissait ce visage féroce, Sasuke lui ne le voyait que très rarement parce que, amoureux, le blond prenait toujours soin de le considérer avec douceur et bienveillance. Toujours, ou presque. Naruto craquait parfois et ses émotions prenaient le dessus.
Il le vit boire une gorgée de son whisky et il s'arrêta sur ses lèvres pleines. Ses lèvres désirables et qui lui avaient apporté à de multiples reprises tant de plaisir. Sasuke ne cacha pas son regard allumeur ni même son sourire en coin. Voir Naruto se battre avec tant d'ardeur pour défendre ses intérêts contre son père l'excitait au plus haut point.
Alors il s'approcha un peu plus près de lui et coinça l'un de ses doigts derrière la boucle de sa ceinture. Le regard azur de son amant suivi son geste et ses yeux colériques s'embrasèrent peu à peu. Leurs meilleures parties de jambes en l'air avaient souvent lieu suite à une altercation avec Fugaku et ils le savaient tous les deux.
Naruto posa ses yeux brûlants sur lui et Sasuke sentit sa main ferme lui attraper la hanche.
- S'il savait ce que tu me fais quand on est que tous les deux... commença Sasuke d'une voix suave. Il serait fou...
Il vit le sourire en coin de son amant s'éveiller au creux de ses lèvres. Le message était passé et sa voix chaude s'éleva immédiatement.
- Ah oui, et comme quoi ?
Ils échangèrent un regard complice. Sasuke se colla contre son torse musclé et se senti bien minuscule contre sa carrure imposante. Ils étaient deux exacts opposés alors que lui ne lui arrivait qu'aux épaules. Naruto avait des cheveux d'or coiffés au saut du lit, des yeux azurs qui brûlaient toujours de sincérité et un teint hâlé des plus exquis. Lui était son contraste parfait avec ses cheveux noirs, ses yeux abyssaux et sa peau de porcelaine. Et ce qu'il aimait le plus, c'était de se sentir comme une poupée de chiffon entre ses bras puissants.
- Comme quand je tire légèrement sur la boucle de ta ceinture pour la défaire, par exemple, répondit-il en joignant le geste à la parole. Et que je descends doucement ta braguette pour venir chercher ta queue.
Il vit Naruto se lécher la lèvre inférieure alors qu'il finissait de descendre la fermeture éclaire de son pantalon. Sasuke sourit, fier de son effet en voyant la bosse naissante qui soulevait son caleçon et il tira légèrement sur son jeans pour y accéder plus facilement. Il releva les yeux vers ceux de Naruto qui ne manquaient pas une miette de ses gestes.
- Et après, tu fais quoi ? demanda la voix grave de Naruto.
Sasuke laissa son sourire s'agrandir alors que la voix chaude de Naruto réveillait son propre désir.
- Après ? Hmmm, je sais pas trop, répondit-il, joueur en caressant la lisière du boxer de son amant. Tu proposes quoi ?
Il vit une lueur d'amusement briller dans les yeux de Naruto et la main qui maintenait sa hanche remonta jusque dans sa nuque qu'il crocha d'une forte poigne.
- Embrasse-moi, ordonna la voix chaude de Naruto.
Sasuke se mordit la lèvre inférieure en se mettant sur la pointe des pieds pour rapprocher son visage de celui de son amant. Le souffle brûlant de Naruto se mélangea au sien et il se sentit tressaillir, attiré par son magnétisme. Alors il prit une pause à quelques millimètres de ses lèvres et s'amusa de le voir se languir.
Mais Naruto n'était pas un homme patient et il l'attira à lui d'une pression autoritaire dans sa nuque. Enfin, leurs lèvres se trouvèrent dans un baiser brûlant. Sasuke sentit comme des milliers de décharges l'électriser. Il haleta, le souffle coupé quand la bouche de son amant devint plus pressée alors que sa langue gourmande quémandait la sienne.
Sasuke gémit entre leurs lèvres scellées, reprenant son activité première en faufilant sa main entre le jeans et le caleçon de Naruto. Il l'entendit retenir un grognement de satisfaction alors qu'il posait à tâtons son verre de whisky sur le comptoir auquel il était adossé. Sa main désormais libre lui enserra la taille, possessive, pour le rapprocher encore de lui.
Ils se séparèrent un instant pour reprendre leur souffle et Sasuke tomba sur son regard fiévreux. Naruto le désirait, la respiration courte alors qu'il pouvait lire sur son visage son désir animal. Alors il caressa lentement son sexe, toujours par-dessus le tissu de son boxer pour le faire languir et il s'amusa de le sentir si frustré.
- Ne me fais pas attendre.. souffla Naruto.
Sasuke sourit, mutin alors que l'autorité légendaire de Naruto refaisait surface. Le blond se pencha en avant pour venir capturer à nouveau ses lèvres et Sasuke le laissa mener la danse. Il sentit ses mains fermes glisser jusque ses fesses et ne put retenir un gémissement en le sentant le soulever du sol pour le faire asseoir sur le comptoir en marbre.
Impatient, Naruto plaqua son torse contre le sien alors qu'il venait embrasser sa mâchoire, laissant une traînée de salive pour rejoindre son cou sensible. Les yeux embués de désir, Sasuke agrippa ses mains dans la chevelure blonde qui le cajolait. Ainsi assis sur le comptoir, son bassin se retrouvait à la même hauteur que celui de son amant et il rejeta sa tête en arrière en sentant son sexe gonflé se frotter lascivement contre le sien.
Naruto le tenait fermement par les hanches quand il remonta de son cou jusqu'à sa bouche pour l'embrasser passionnément. Sasuke laissa tomber ses doigts des cheveux d'or jusqu'au col de sa chemise qu'il empoigna d'un geste pressé pour tenter de la déboutonner. Il tremblait d'excitation, presque d'appréhension tandis que le sexe de Naruto continuait de caresser le sien.
Le blond recula légèrement alors qu'un filet de salive les liait encore. Les yeux à demis-clos, il vit Naruto sourire d'un air satisfait et l'une de ses mains vint rejoindre les siennes pour l'aider à déboutonner sa chemise noire. Lentement, le blond fit sauter les boutons un à un, laissant découvrir peu à peu ses pectoraux prononcés puis son torse aux abdominaux dessinés.
Sasuke l'approcha vivement de lui pour mordre sa lèvre inférieure d'envie et Naruto répondit immédiatement à ce balai endiablé. Son corps musclé lui faisait un effet monstre et il gémit bruyamment en sentant toute sa puissance lorsqu'il se plaqua contre lui sans douceur. Ses mains dictatoriales le forcèrent à enlever son pull et son t-shirt d'un même mouvement, séparant un instant leurs lèvres qui se retrouvèrent avec brutalité.
Naruto l'attira à nouveau vers lui pour le soulever encore une fois et Sasuke encercla sa taille avec ses jambes. Il se laissa porter, enfiévré par ce baiser langoureux à travers l'immense superficie du loft et s'accrocha davantage aux larges épaules de son amant lorsqu'ils butèrent sur le cadran du lit. Son dos toucha rapidement la couche alors que Naruto ne l'avait pas lâché, l'écrasant presque alors que sa langue mouillée caressait encore la sienne.
Naruto lui retira son pantalon et son boxer et il le regarda faire, le sexe dressé d'envie alors qu'il se retrouvait nu et à sa merci. Le blond eut un sourire coquin, presque dominateur alors qu'il reprenait sa place entre ses jambes ouvertes pour venir l'embrasser à nouveau. Entièrement nu sous le corps imposant de Naruto, Sasuke ne put retenir une longue plainte alors qu'il se sentait entièrement soumis à sa volonté. Et le blond semblait s'en amuser, dévorant ses lèvres des siennes et frottant lascivement son bassin contre le sien. Lentement, tranquillement et Sasuke grogna de frustration.
Lorsqu'il eut fini de s'amuser, Naruto se redressa d'un coude sur le matelas et tendit l'autre bras vers la table de chevet pour en tirer un flacon de lubrifiant. Sasuke haleta alors qu'il glissait ses mains entre leurs corps pour tirer le jeans débraguetté et le caleçon de Naruto. Il ne put le tirer que jusqu'à mi-cuisses mais cela sembla convenir à son amant alors qu'il forçait un nouveau baiser entre eux.
Il l'entendit décapsuler la bouteille, perdu dans son plaisir et il arqua violemment le dos lorsqu'un doigt humidifié de Naruto le pénétra. Un second doigt rejoignit rapidement le premier et il ouvrit les lèvres contre celles de son amant lorsqu'il entama un mouvement de va-et-vient. Mais la bouche inquisitrice de son petit-ami le força à lui rendre son baiser et il lâcha un long râle de plaisir quand les deux doigts qui le préparaient heurtèrent sa prostate.
- Chhhh... souffla Naruto dans leur baiser.
Il sentit Naruto sourire entre leurs lèvres scellées et après quelques instants de supplice, les deux doigts autoritaires le quittèrent. Il souffla, la respiration tremblante en ressentant un manque et à nouveau, il entendit le flacon être décapsulé d'un geste pressé. Il sentit Naruto s'en imprégné la verge et bientôt celle-ci se présenta à son intimité. Le blond s'amusa à le faire languir, lui mordillant les lèvres et frottant lentement son sexe contre ses fesses.
- Naruto... S'il-te-plaît...
Fou de désir, Sasuke enroula ses jambes autour de sa taille et appuya d'une pression dessus pour le forcer à le pénétrer. Naruto accéda à sa requête et le brun rejeta la tête en arrière lorsque le membre de son amant s'imposa en lui. Son amant attendit quelques secondes, couvrant son visage de baisers pour lui laisser le temps de s'habituer à sa présence. Puis lentement, Naruto commença à se déhancher en lui.
Ce fut d'abord très doux, très amoureux et Sasuke ouvrit les yeux à demi pour tomber sur ceux aimants de son amant qui veillaient sur lui. Puis rapidement, le blond perdit le contrôle et ses coups de bassin devinrent plus puissants. Le brun vit quelques mèches dorées lui coller au visage de sueur et il ferma les yeux, entièrement dominé par son plaisir.
Ses gémissements se firent bientôt plus indomptables alors que Naruto se penchait dans son cou, baisant sa peau, mordant férocement la naissance de son cou. Sasuke haleta encore entre deux plaintes et il grogna lorsque son amant se retira sans prévenir. Il rouvrit les yeux, frustré pour tomber dans les yeux brûlants de son petit-ami.
- Retourne-toi, ordonna Naruto.
Sasuke lui obéit, perdu dans les méandres du plaisir et il se tourna pour se mettre à quatre pattes sur le lit. Naruto embrassa son dos, laissant sa langue longer sa colonne vertébrale et le brun frissonna sous cette longue torture. Sasuke s'électrisa quand il sentit un cracha s'écouler entre ses fesses écartées mais très vite, son amant le pénétra à nouveau d'un coup puissant et il poussa un cri à la fois surpris et mêlé de plaisir alors qu'il venait juste de toucher sa prostate. Dans cette position, le blond la heurtait à chaque coup de bassin et il ne se priva pas pour le faire crier sous ses à-coups.
La pénétration était profonde, puissante alors que Naruto se penchait par-dessus son dos pour venir embrasser sa nuque. Son souffle brûlant contre la peau sensible de son cou le fit perdre la raison alors qu'un nouveau coup de rein le fit se cambrer violemment.
- Touche-toi, souffla Naruto à son oreille.
Sasuke tressaillit sous la voix chaude de son amant et il lu obéit une nouvelle fois, l'esprit embrumé par le plaisir. Toujours à quatre pattes sur le matelas, le brun se retint sur un bras uniquement, se servant de sa main de libre pour attraper son sexe douloureusement dur. Satisfait, Naruto déposa un baiser sur son épaule et il sentit son torse musclé quitter son dos pour se redresser.
Le blond cessa complètement de se contrôler et il le pénétra avec force. Les assauts étaient si puissants que Sasuke manqua à plusieurs reprises de perdre l'équilibre. Mais il ne s'en rendit même pas compte, perdu dans le plaisir alors qu'il caressait sa queue au rythme des coups de butoir. Les mains de Naruto lui maintenaient fortement la taille alors qu'il se déhanchait bestialement en lui et le brun manqua de perdre la notion de la réalité, submergé par des vagues intenses de plaisir.
Il y eut un nouveau coup qui toucha sa prostate quand l'orgasme l'emporta et Sasuke se déversa dans sa main tandis qu'il perdait de la force dans le bras qui le retenait. Naruto s'enfonça à nouveau en lui, si fort que qu'il en perdit l'équilibre et son torse heurta le matelas. Son amant s'allongea sur lui, écrasant son dos de son torse puissant et continua un instant de le pénétrer, cherchant la jouissance à son tour. Il l'entendait haleter dans son cou, juste à son oreille et Sasuke s'en imprégna, encore à moitié dans les vapes de l'orgasme.
Puis enfin, Naruto se contracta au-dessus de lui et il sentit son sperme se déverser dans la chaleur de son intimité. Son amant s'écroula contre lui, épuisé par la jouissance et ils restèrent un instant allongés, sales de sueur et de semence pour profiter de ce calme reposant d'après orgasme. L'odeur virile de Naruto comblait ses sens, rassurante, et il profita de ce doux moment encore un peu.
Naruto finit par bouger et il retira son sexe. Les paupières lourdes, Sasuke se retourna entre les draps pour lui faire face. Il lui souriait tendrement, de ce sourire aimant dont il se savait seul destinataire. Ses yeux céruléens le couvaient et il râla pour la forme lorsque Naruto le tira du lit pour le porter jusqu'à la salle de bain.
La pièce n'était en réalité séparée que par un pan de mur, accolée du côté chambre du loft. C'était un appartement extrêmement spacieux, aux matériaux nobles tandis que la pièce principale effectuait à la fois les fonctions de chambre, de cuisine et de séjour.
Seule la salle d'eau avait le privilège de conserver un peu d'intimité située juste à côté du lit. La partie chambre était sur-élevée à la hauteur d'une marche, surplombant légèrement le reste de l'appartement aménagé tout en long. Le salon se situait dans le prolongement de la partie nuit tandis que la cuisine se trouvait à l'exact opposé.
Naruto le déposa dans la douche italienne et Sasuke leva son visage fatigué vers le jet d'eau tiède en sentant ses muscles se détendre. Le blond se faufila rapidement derrière lui, deux mains bienveillantes lui maintenant la taille et il laissa ses paupières se clore en sentant les milliers de baisers papillons déposés sur ses cheveux, son cou et ses épaules.
- Je vais devoir aller bosser...
Sasuke avait un peu perdu la notion du temps mais sachant qu'ils étaient rentrés après le dîner de chez ses parents, il savait que son petit-ami n'allait pas tarder à devoir le quitter pour remplir ses obligations. Il bossait beaucoup, presque tous les jours sans jamais se reposer et il l'admirait pour ça. Même si parfois, il aurait aimé le garder un peu près de lui, notamment après un moment comme celui-ci.
Il comprenait toutefois, alors il acquiesça en laissant son dos se reposer sur le torse de Naruto. Ses mains prévenantes lui savonnèrent tranquillement la poitrine puis le ventre et il ne s'offusqua pas en le sentant même nettoyer son sexe. Ils restèrent de longues minutes à profiter de cette intimité et ne sortirent que lorsque la buée avait entièrement recouvert la paroi vitrée de la douche. Son amant l'emmitoufla immédiatement dans une serviette épaisse et il se laissa faire, appréciant toute sa tendresse.
Naruto lui attrapa le menton pour qu'il lève le visage vers lui et il tomba sur ses yeux aimants et son sourire attendri.
- Tu veux me rejoindre au club, tout à l'heure ?
Sasuke se laissa embrasser du bout des lèvres.
- Au Kyuubi ?
Le Kyuubi était le premier club que Naruto avait pu racheter et certainement celui qui faisait le plus fureur en ville. Il en avait fait le siège de son entreprise, situé à quelques rues seulement du loft où ils habitaient. La plupart du temps, le blond travaillait de là-bas lorsqu'il avait besoin d'un bureau. C'était d'ailleurs là-bas qu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois alors que Sasuke avait suivi des amis de l'université à contre cœur.
Mais comment ne pas tomber sous le charme ravageur de cet homme alors qu'il s'était retrouvé près de lui dans l'un des carrés VIP ? Il l'avait observé longuement depuis son siège. Naruto était en train de mener une négociation à bien, féroce comme dans toutes ses transactions. Puis comme une évidence, leurs yeux s'étaient croisés et Sasuke n'avait pas tardé à voir l'objet de ses pensées venir le draguer.
Ce soir-là, Sasuke avait fini dans le bureau de ce patron au charisme bestial, le cul posé au milieu d'une montagne de paperasse. Naruto l'avait baisé, clairement, et ils recommencèrent plusieurs nuits plus tard jusqu'à ce que ça devienne une habitude. Et si le blond l'avait longtemps maintenu à l'écart de sa vie, il avait fini par s'attacher jusqu'à montrer à la ville entière que Sasuke Uchiwa était une chasse gardée.
Trois ans plus tard, ils en étaient là et Sasuke ne doutait pas un seul instant des sentiments puissants qu'ils partageaient.
- Ouais.
C'était samedi soir et Sasuke aurait aimé passer un peu de temps à observer son visage concentré au-dessus de sa paperasse mais il était crevé et avait encore du boulot pour l'université. Il déclina dans un regard désolé.
Naruto se dirigea vers la chambre pour se changer et il le suivit instinctivement.
- Je vais réviser un peu mes cours.
Il le vit enfiler une chemise par-dessus son torse dessiné et regretta presque de le laisser partir. Les yeux chauds de Naruto ne le quittèrent pas durant tout le temps où il s'habilla. Parfois, Sasuke se disait même que ce mec aurait pu détourner un moine. Le blond le gratifia d'un sourire coquin et il s'offusqua presque d'avoir été pris en flagrant-délit.
- Tu vas rentrer tard ?
Naruto s'amusa de sa question et il le vit boutonner lentement sa chemise sous la lumière tamisée de l'appartement.
- Tu as hâte de remettre ça ?
Sasuke leva les yeux au ciel. Au moins, Naruto était de meilleure humeur qu'après son altercation avec Fugaku.
- Juste pour savoir si tu seras là quand je me réveillerais demain.
Naruto se moqua un instant de son rire clair avant de s'approcher de lui pour prendre son visage en coupe. L'hilarité laissa place à une expression bien plus douce et Sasuke se laissa un instant envahir par son amour.
- Évidement que je serai là.
Lorsque Sasuke ouvrit les yeux le lendemain matin, Naruto n'était pas là. Il se frotta un instant l'arrière du crâne d'avoir si peu dormi et détourna un instant les yeux vers la fenêtre où le soleil brillait déjà à travers les gris nuages d'automne. Le brun soupira en tâtant la place vide à ses côtés où le drap n'était même pas défait. Son amant avait dû être retenu par ses affaires.
Il laissa sa tête s'enfoncer profondément dans les oreillers alors qu'il semblait être encore tôt. Il comptait bien profiter de ce jour de repos pour faire la grâce matinée et peut-être qu'en se réveillant dans quelques heures, il serait enlacé par le corps chaud de Naruto contre le sien.
Cette pensée le fit se détendre et il commença à sombrer quand on tambourina à la porte du loft. Sasuke sursauta, arraché de force à la douceur de ses songes et il se redressa immédiatement sur la matelas alors que le bruit dérangeant c'était arrêté. Il attrapa rapidement son téléphone posé sur la table de chevet pour regarder l'heure fut surpris d'y voir des dizaines d'appels en absence de différents numéros inconnus.
Mais il n'eut pas le temps de s'interroger alors que les coups reprenaient contre la porte et il se releva rapidement, un léger vent de panique s'élevant dans sa poitrine. Il était à peine 8h00 du matin quand il traversa le loft à vive allure alors qu'un millier de pensées désagréables lui entravaient l'esprit. C'était quoi, tous ces messages et tous ces appels ? Et pourquoi venait-on le déranger si tôt ?
Une idée lui glaça le sang alors qu'il atteignait enfin la cuisine près de laquelle se trouvait l'entrée. Etait-il arrivé quelque-chose à Naruto ? Alors qu'il arrivait enfin devant la porte malmenée, Sasuke se figea quand il entendit une clé dans la serrure et il recula instinctivement d'un pas.
- Naruto ? appela-t-il, le souffle coupé.
La porte s'ouvrit finalement en fracas et il recula à nouveau, effrayé. Il écarquilla les yeux quand il aperçut un homme au visage ovale et aux sourcils fins pénétrer dans l'appartement. Sasuke fut surpris en le remettant alors qu'il reconnaissait ses cheveux bruns coiffés en ananas au-dessus de son crâne.
- Shikamaru !?
Shikamaru Nara était le plus bras droit de Naruto et son plus fidèle conseiller. Sasuke sentit la panique l'envahir alors que son air blasé avait laissé place à une expression soucieuse et il sentit son cœur rater un battement tandis que d'autres personnes pénétraient l'appartement à sa suite.
- Mais qu'est-ce qu...
Ils le poussèrent pour s'aventurer plus loin et il pensa d'abord à un cambriolage puis à des représailles envers Naruto et Sasuke resta figé alors que les trois intrus s'éparpillaient dans le loft en fouillant partout. Il resta planté là, complètement interloqué dans l'entrée.
A nouveau, la peur qu'il soit arrivé quelque-chose à Naruto lui glaça le sang et il se força à sortir de sa torpeur. Il fonça sur Shikamaru pour lui attraper le bras et le forcer à se retourner vers lui. L'homme le toisa d'un regard distant et Sasuke bloqua un instant face à cette indifférence totale. Il se reprit cependant, en secouant la tête brièvement.
- Qu'est-ce que vous foutez, Nara !? Où est Naruto !?
L'homme d'une trentaine d'année sembla hésiter avant de prendre pitié de lui. Il le vit souffler, vraisemblablement blasé d'avoir à lui répondre.
- C'est le plan d'urgence Sasuke. Les flics seront là bientôt et il faut qu'on vide l'appartement de toutes les preuves.
De surprise, Sasuke ne retint pas le bras de Shikamaru lorsqu'il se dégagea pour reprendre sa fouille dans le buffet du salon. Des preuves ? Mais de quoi !?
- Attends... quoi ? demanda-t-il abasourdi alors qu'il se croyait en plein milieu d'un mauvais film. Mais de quoi tu parles !?
L'homme soupira en raclant un fond de tiroir. Il semblait pressé d'en finir, comme s'il se battait contre le temps.
- Galère... Naruto ne t'a toujours rien dit, je suppose ?
Sasuke le regarda sans comprendre et il le suivit lorsqu'il s'attela à fouiller la bibliothèque derrière le canapé. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine tandis que la peur dictait ses mouvements.
- Dit quoi !? Et il est où bon sang !?
Shikamaru passa sa main derrière le meuble et il sortit une feuille qu'il sembla ravi de trouver et qu'il rangea soigneusement dans la poche intérieure de son manteau. Sasuke s'attarda dessus un instant, les yeux écarquillés d'incompréhension.
- Naruto est en garde à vue, là. Pousse-toi, ordonna-t-il pour changer de trajectoire.
Il y eut un fracas infernal dans la cuisine et Sasuke tourna instinctivement la tête vers une femme aux cheveux roses qui montait sur le comptoir en marbre avec ses hauts talons. Elle portait un short en cuir court et des cuissardes de la même matière. Il ne la reconnut pas. Stupéfait, il la vit tendre le bras pour tâtonner le dessus des placards et Sasuke recula d'un pas en la voyant en sortir une arme à feu.
- C'est un... c'est un flingue !?
Sasuke sentit une sueur froide dégouliner le long de son dos. Mais personne ne lui répondit alors il rattrapa Shikamaru précipitamment tandis qu'il dépouillait le lit et manqua presque de se ramasser en se prenant la marche qui séparait la chambre du séjour. Il se rattrapa de justesse sur le bord du lit, complètement désorienté.
- De quoi tu parles !? s'énerva-t-il, pris de panique. C'est quoi tout ce bordel !?
Il entendit Shikamaru soupirer à nouveau mais cette fois-ci, il s'arrêta de fouiller pour s'approcher de lui. Sasuke recula d'un pas, terrorisé alors que ces gens fouillaient impunément leur appartement et il était prêt à parier qu'ils avaient tous un flingue sur eux. Mais l'homme lui attrapa les avants-bras pour le forcer à se calmer et il planta ses yeux noisettes dans les siens.
Il tressaillit, le cœur battant. C'était un cauchemar. La voix implacable de Shikamaru s'éleva entre les murs du loft.
- Naruto a été arrêté cette nuit. A cette heure-ci, les flics doivent déjà être sur le chemin avec un joli mandat pour fouiller votre nid douillet. Alors soit tu nous laisses faire bien sagement, soit Naruto finira ses jours en taule.
L'homme marqua une pause alors que Sasuke ne réalisait pas vraiment l'ampleur de ses paroles. Il restait figé dans ses yeux noisettes alors que son cerveau semblait avoir mis la situation en pause. Naruto... en prison ? Son Naruto ? Mais comment était-ce possible !?
- Quoi ? souffla-t-il, la respiration courte.
Le brun à la queue de cheval soupira pour la énième fois .
- On n'a pas le temps pour ça ! s'écria un gars en retournant les coussins du canapé. Shikamaru, pour les détails, on verra plus tard !
Sasuke quitta les yeux de l'homme qui le tenait pour tourner la tête vers celui qui venait de parler. Il semblait plus âgé que les autres avec ses cheveux argentés et sa cicatrice qui barrait son œil. Lui aussi semblait pressé d'en finir, comme s'ils avaient le diable aux trousses. Sonné, il reporta son attention sur Shikamaru lorsque celui-ci raffermit sa prise sur ses avants-bras et il replongea ses yeux perdus dans ceux implacables de l'autre.
- Écoute, Sasuke. Moins tu en sais, mieux ce sera. Les flics vont débarquer d'une minute à l'autre et tu seras forcément interrogé.
Sasuke se força à reprendre contenance, même si ses pensées fusaient dans tous les sens.
- Qu'est-ce qu'il a fait ? Dis-moi !
Shikamaru tourna la tête de droite à gauche en signe de négation.
- Si tu ne sais rien, tu ne peux pas être arrêté pour complicité. Tu devras juste faire comme si tout ceci n'était jamais arrivé, c'est bien compris ?
Décontenancé, Sasuke jeta à nouveau un œil dans le loft où les autres continuaient frénétiquement de tout fouiller. L'appartement était en vrac et il se demanda un instant comment il pourrait justifier tout ça devant les flics. Il reporta alors son regard vers le bras droit de Naruto, inquiet.
- Et Naruto ? Qu'est-ce qui va se passer pour lui ?
L'homme eut un sourire presque imperceptible et Sasuke sentit une vague d'espoir apaiser un instant sa panique.
- Ne t'en fais pas : sans preuve, ils seront obligés de le relâcher après 48h de détention. C'est le délai légal de garde à vue pour un crime passible d'emprisonnement. Mais pour ça, il faut que tu nous laisses finir d'enlever tout ce qui pourrait le compromettre aux yeux de la justice. Tu comprends ?
Sasuke bloqua un instant, le souffle court alors qu'il essayait d'intégrer toutes ces informations complètement improbables. Il chercha un instant quelque-chose auquel se raccrocher dans les yeux noisettes de Shikamaru et finit par abdiquer, les mains tremblantes alors qu'il hochait la tête pour donner son approbation. L'homme lui resserra sa prise un instant sur lui dans un sourire de circonstance avant de le relâcher pour retourner voguer à son activité.
Dérouté, Sasuke se laissa retomber sur le matelas dépouillé de ses draps et les regarda s'affairer d'un œil lointain. Il les vit procéder méthodiquement alors qu'il était incapable de bouger, abasourdi par toutes ces révélations. Qu'avait bien pu faire Naruto pour se retrouver dans cette situation ? Il le connaissait depuis si longtemps maintenant, comment était-ce possible qu'il se soit transformé en... En quoi, d'ailleurs ? En criminel ?
Impossible ! Et pourtant Sasuke sentit le monde s'effondrer sous son poids tandis que Shikamaru sortait une seconde arme à feu de l'une des plaintes murales, juste à côté du lit. Il n'arrivait pas croire que Naruto, son Naruto, homme d'affaires puissant, pourtant si droit et si fier... pouvait cacher ce genre de choses chez eux.
Le souffle court et la poitrine tremblante, Sasuke eut la désagréable impression que tout ce qu'il connaissait à propos son amant venait à l'instant de voler en éclats. Il ne le connaissait peut-être pas si bien finalement...
Lorsque les trois intrus repartirent, l'appartement avait été rangé comme si rien de cette scène ne s'était jamais produit. Sasuke resta prostré là, assis sur son matelas aux draps défaits, les yeux dans le vide. Il ne sut pas combien de temps il resta figé mais il ne sortit de sa torpeur que lorsque les les coups de la police tambourinèrent contre la porte d'entrée.
- Parle petit, je suis persuadé que tu nous rendrais service à tous les deux.
Sasuke avala difficilement sa salive alors qu'il se retrouvait face au capitaine de la police de Konoha lui-même. Ibiki Morino, meilleur chef de son temps et aussi ami de longue date de son père. Il l'observa un moment, silencieux. L'homme portait un bandana depuis que le sommet de son crâne avait été brûlé lors d'une mission d'infiltration, une dizaine d'années auparavant. Sasuke se souvenait de cette histoire pour l'avoir entendue à de nombreuses reprises, contée par Ibiki en personne lorsqu'il venait partager le dîner à leur table.
L'homme le toisa d'un regard froid et Sasuke retint le frisson qui lui parcourut l'échine. Ibiki était connu de toute la ville pour ne jamais faire dans la dentelle. Il usait parfois même de torture pour parvenir à ses fins, commanditant certaines bavures policières couvertes par les politiques hauts placés de Konoha pour éviter les enquêtes internes. C'était son père, Fugaku, qui le protégeait depuis des années.
- J'ai pas toute la journée, Uchiwa et je te serai reconnaissant de pouvoir te rendre intact à ton père. Alors dis-moi ce que tu sais au sujet du trafic de cocaïne.
Voilà presque une heure que le capitaine Morino lui rabâchait les oreilles avec ce foutu trafic de drogues mais Sasuke ne savait foutrement rien. Comment Naruto pouvait-il être mêlé à tout ça ? C'était juste inconcevable. Son amant était un homme honnête, il en était persuadé ! Et pourtant... pourtant l'image des deux armes à feu retrouvées chez eux ne le quittaient pas.
Sasuke était suffisamment malin pour savoir que les hommes de Naruto ne seraient pas venus fouiller chez eux s'il n'avait rien eu à cacher. Alors il garda son calme malgré la pression silencieuse que lui mettait le capitaine de police. Il ne devait pas céder à la panique et tenter de rationaliser. Même s'il ne comprenait rien à ce qui se passait, il essaya d'enterrer le lourd sentiment de trahison qui lui comprimait la poitrine. Parce qu'une chose était sûre cependant, il ne connaissait pas l'homme avec qui il partageait sa vie.
L'homme plaqua ses deux mains contre la table pour l'impressionner mais Sasuke resta stoïque. Ne pas montrer de signe de faiblesse. Ils étaient dans une petite salle d'interrogatoire du commissariat où la lumière blanche vacillait depuis le néon obsolète collé contre le plafond. Une table en ferraille, trois chaises et le célèbre miroir sans tain que Sasuke avait vu dans de nombreux films. Il n'y voyait que son reflet lamentable, pris au saut du lit alors qu'il n'avait pas même eu le temps de se coiffer avant de se faire embarquer. De l'autre côté de la vitre, il se savait regarder alors il ne s'y attarda pas.
- Je veux un avocat, finit-il par répondre.
L'homme se moqua d'un glacial rire cruel.
- Ce n'est pas une mise en examen, petit. J'attends que tu me donnes des informations sur ton petit copain, alors réponds.
Sasuke lui lança un regard noir.
- Alors pourquoi une salle d'interrogatoire ? Ne devriez-vous pas m'interroger derrière un bureau, tout simplement ?
Le visage d'Ibiki Morino se ferma davantage et Sasuke sut qu'il avait marqué un point. Il le vit poser ses poings sur ses hanches, les traits déformés par la contrariété. Le capitaine de police outrepassait ses droits et il le savait parfaitement.
- Ici c'est ma ville et je fais ce que je veux. Si je veux faire ça par exemple, fit-il en lui attrapant les cheveux d'une forte poigne. Je le fais.
Sasuke n'eut pas le temps de réagir quand Ibiki tira sur ses cheveux pour lui claquer violemment la tête contre la table métallique. Il grimaça, sonné alors que la douleur lui provoquait un sifflement désagréable dans les oreilles. Lorsque Morino l'aida à se redresser, il sentit l'écoulement désagréable de son sang partir de son arcade sourcilière et dévaler le contour de son œil. Il avala difficilement sa salive en plongeant à nouveau dans les yeux cruels du capitaine.
- Parle maintenant, ou tu tomberas avec lui !
Il serra la mâchoire pour supporter la douleur sur son visage. Il savait parfaitement maintenant que la police ne disposait que de 48 h pour trouver des preuves et des témoignages contre Naruto et tous les moyens semblaient bon pour parvenir à leurs fins. Alors c'était donc ça, Konoha ? Une ville sous l'emprise d'un terrible trafic de drogues, pisté par des flics pourris, eux-mêmes couverts par un gouvernement corrompu ? C'était à peine croyable et Sasuke eut l'impression désagréable qu'on lui avait menti toute sa vie.
- Mon père vous fera arrêter pour ça.
Si Fugaku avait longtemps couvert les frasques d'Ibiki, Sasuke savait qu'il ne laisserait pourtant personne toucher à l'un de ses deux fils. C'était la même rengaine qu'avec Naruto : son paternel protégeait l'image de sa famille, coûte que coûte.
Un rire gras secoua cependant les épaules du capitaine.
- Ton père !? Laisse-moi rire, petit !
Sasuke ne comprit pas le sens de cette hilarité mais trop sonné par le coup qu'il venait de recevoir, il ne chercha pas plus loin et se mura à nouveau dans le silence. L'interrogatoire prit fin lorsqu'un homme en uniforme de police entra pour y mettre fin. En se levant à sa suite pour sortir de la salle, Sasuke bloqua sur ces cheveux argentés et cette carrure aux épaules développées qu'il reconnut pour les avoir vus pas plus tard que ce matin même dans le loft.
Il fronça les sourcils, encore une fois perdu dans l'incompréhension alors qu'ils arrivaient dans le hall du commissariat. Il se fit bousculer à plusieurs reprises alors qu'il figeait sur le visage qui venait de se tourner vers lui. C'était bien lui, le gars qui était venu fouiller l'appartement avec Shikamaru et la femme aux cheveux roses. La balafre qui défigurait son œil était reconnaissable entre mille et Sasuke recula imperceptiblement.
Ce mec était donc... un flic ? Alors pourquoi être venu retirer les preuves qui pourraient faire tomber Naruto ? Sasuke ne comprenait plus rien. C'était un flic infiltré ? Ou à l'inverse, un homme de Naruto infiltré dans la police ? Impossible à dire mais l'homme garda un visage de marbre face à lui. Il fit comme s'il ne le connaissait pas lorsqu'il l'intima à rentrer chez lui.
Dans la cohue du hall du commissariat, Sasuke s'enfuit vers la sortie, les jambes flageolantes. Sa blessure à la tête le lançait douloureusement. Il retrouva sa famille et soupira de soulagement quand sa mère le prit dans ses bras protecteurs. Il croisa brièvement les yeux inquiets de son frère par-dessus l'épaule de Mikoto et s'étonna presque du regard noir que Fugaku lança à Ibiki qui était resté debout près des escaliers qui menaient aux salles d'interrogatoires.
Ibiki Morino ne sourcilla pas, un cure-dent coincé entre ses dents, déterminé à parvenir à ses fins.
En quelques heures à peine, l'affaire avait été rendue publique. Les médias s'étaient emparés de cette histoire et depuis le début de la journée, les images passaient en boucle sur la télévision. Mikoto se saisit de la télécommande pour éteindre les flashs d'informations qui relataient tous l'arrestation de Naruto. L'avis des journalistes étaient mitigés, entre ceux qui souhaitaient voir tomber l'un des hommes les plus puissants de la ville et ceux qui connaissaient le penchant de Naruto pour faire le bien.
Tous les mois, Naruto participait à des œuvres caritatives non relayées. Il aidait les jeunes en difficultés, donnait parfois de son temps pour nourrir les plus démunis dans les centres populaires et surtout, il finançait lui-même des constructions solides pour y reloger les habitants des bidonvilles. Toutes ces bonne actions étaient de notoriété publiques, sans même qu'il ait eu à les médiatiser : le peuple de Konoha aimait Uzumaki Naruto. Contrairement aux hautes sphères de la ville.
Sasuke touilla sans engouement la soupe fumante dans son assiette creuse. Il sentait le regard implacable de son père fixé sur lui depuis le début du repas mais n'osait pas lever les yeux vers lui. Il s'interrogeait, se demandant comment sa vie pouvait avoir dégénérer à ce point en quelques heures seulement.
Alors il reposa sa cuillère et s'excusa auprès de sa mère qui le regardait tristement. Il n'avait pas faim. Il voulait juste dormir et qu'enfin, cette interminable journée se termine. Il n'arrivait même pas à réaliser pleinement que Naruto pouvait être mêlé à ce foutu trafic de stupéfiant. Mais ses pensées fusaient dans tous les sens en tentant de faire le lien avec des événements passés. De comprendre ce lui lui avait échappé.
- Je vais rentrer, annonça-t-il. Merci pour le repas maman.
Aujourd'hui, toutes ces petites choses prenaient sens. Naruto n'avait pas voulu que Sasuke ne découvre ses plus noirs secrets. Alors pourquoi avoir cédé, finalement ? Pourquoi l'avoir laissé entrer dans sa vie ? Il sentit son cœur se pincer. Était-ce pour atteindre Fugaku Uchiwa qu'il s'était épris de son fils ?
- Tu ne comptes pas rentrer là-bas j'espère ? demanda Fugaku de sa voix habituellement froide. Dois-je te rappeler que Naruto est un criminel ?
Sasuke se figea un instant devant sa chaise, le regard bas. Son père avait peut-être raison après tout. Qu'allait-il faire dans l'appartement retourné d'un criminel ?
- Naruto est innocent jusqu'à preuve du contraire, s'éleva la voix d'Itachi. La présomption d'innocence, ça te dit quelque-chose, papa ?
Il coula un regard à Itachi qui défiait leur père. D'eux deux, il était le seul à savoir lui tenir tête et cette pensée lui rappela la dernière dispute entre Fugaku et Naruto. Sasuke n'avait jamais su se défendre seul face à cet homme et son contrôle permanent.
- Je vous rappelle que Naruto est fiché au grand banditisme à l'heure actuelle et qu'une enquête est en cours pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs.
Fugaku prit une pause alors que les regards des trois autres se portaient sur lui. Sasuke ne savait plus quoi penser de tout ça parce qu'il ne reconnaissait pas celui avec qui il partageait sa vie depuis trois ans. Tous ces chefs d'accusations semblaient accuser quelqu'un d'autre et pourtant, la descente de Shikamaru et les autres ne laissaient place à aucun doute : Naruto trempait bien dans quelque-chose de louche.
- Sasuke, tu ne dois pas retourner là-bas. Tu serais associé à lui et par la-même, tu mettrais en péril la campagne que nous menons de front depuis des mois.
Sasuke sentit le regard peiné de sa mère se poser sur lui alors qu'Itachi pinçait ses lèvres. La mâchoire crispée, l'aîné des Uchiwa semblait contrarier par les dernières paroles de leur père mais il se contenta d'un silence en guise de réponse. Le cadet baissa les yeux, écrasé par le poids des paroles de Fugaku. Parce qu'il n'avait pas tort après tout, Ibiki lui avait bien fait comprendre qu'il finirait par tomber avec lui s'il ne le dénonçait pas.
Itachi se leva à son tour, ramenant l'attention sur lui et Sasuke se sentit rassuré en voyant son regard déterminé. Son frère l'avait toujours soutenu face à leur père dans sa relation avec Naruto, malgré sa grande implication dans le gouvernement de Fugaku.
- Je ramène Sasuke, ne m'attendez pas.
Sasuke se retrouva bien vite sur le siège passager du 4x4 de son frère, le front contre la vitre à regarder défiler les rues peu éclairées de Konoha. La nuit était tombée depuis longtemps en cette période automnale et il se perdit un instant dans la contemplation de cette ville aux milles secrets. Sa vie avait changé en quelques instants alors qu'hier seulement, Naruto était encore auprès de lui.
Il se demanda bien ce qui avait pu foirer alors qu'ils arrivaient dans l'hyper-centre et, malgré l'heure tardive, ils se retrouvèrent coincés dans les embouteillages. C'était pour cette raison que Naruto se déplaçait toujours en moto.
Naruto, Naruto, Naruto... Il ne quittait plus ses pensées depuis le début de cette catastrophique journée. Bien incapable de songer à autre chose, il n'arrivait plus à savoir ce qu'il devait faire. Bien-sûr qu'il ne dénoncerait pas le peu de choses qu'il savait, notamment pour les armes à feu retrouvées chez eux qui pourraient l'incriminer mais que pouvait-il espérer d'une relation avec lui à présent ?
Son frère se gara en bas du hangar refait à neuf qui abritait leur loft au dernier étage. Sasuke se tourna vers lui, dépité alors qu'il avait la mauvaise impression de vivre la vie de quelqu'un d'autre depuis le début de la journée.
- Merci Itachi.
Son frère lui coula un regard inquiet.
- Tu veux que je reste avec toi ?
Sasuke passa une main sur son visage fatigué.
- Je crois que je préfère rester seul.
Itachi hocha gravement la tête alors que ses yeux noirs, similaires aux siens, ne le quittaient pas.
- Ne te laisse pas influencer par ce qu'a dit papa, peu importe ce qu'il se passe pour la campagne. Naruto a toujours veillé sur toi alors ne l'abandonne pas quand c'est lui qui a besoin de toi.
Sasuke se laissa aller mollement dans le siège en cuir du véhicule, la tête pleine de pensées contradictoires. Il ne savait plus quoi penser, ni quoi faire.
- Mais t'as entendu Itachi... On parle de trafic de cocaïne là, c'est pas rien.
Itachi baissa les yeux un moment pour les ancrer à nouveau dans les siens. Il semblait déterminé, comme s'il n'avait jamais douté de Naruto et de son innocence. Contrairement à lui et le poids de son regard lui affaissa les épaules.
- Peu importe ce qu'il a fait ou pas, moi je vois seulement qu'il a toujours pris soin de toi jusque là alors laisse-lui au moins la chance de s'expliquer.
Sasuke resta dubitatif, mitigé entre ce lourd sentiment de trahison et cet amour incroyable qu'il portait à Naruto depuis des années. Il soupira alors, épuisé par cet état de panique dont il s'était senti affublé toute la journée.
- Je vais essayer.
Sasuke resta terré dans leur appartement toute la journée du lendemain. Aux informations dominicales, on ne passa en boucle que cette drôle d'affaire sur l'arrestation d'Uzumaki Naruto. Une révolte des orphelins de Konoha éclata même devant le commissariat de police pour demander sa libération anticipée mais, inflexible, le capitaine Morino ne fit aucun commentaire aux journalistes. Quelques gamins malchanceux terminèrent même leur journée dans les geôles du gouvernement. Pour donner l'exemple, affirmaient les politiques.
Il resta prostré dans ses meilleurs survêtements qui commençaient même à sentir la transpiration, passant son temps à dormir entre le canapé et le lit, systématiquement réveillé par les anxieux battements de son cœur qui cognaient avec lourdeur dans sa poitrine. Si bien qu'il n'ouvrit même pas à sa mère qui, inquiète, vint frapper à la porte la journée du Lundi. Elle laissa des plats préparés sur le paillasson que Sasuke n'alla même pas chercher. Il n'en avait plus la force.
A date et sans aucune explication, Sasuke n'arrivait toujours pas à savoir ce qu'il devait penser de toute cette histoire. Si bien qu'en se réveillant chaque fois, il se demandait même s'il ne s'agissait pas d'un foutu cauchemar. Mais la douleur de sa blessure à l'arcade sourcilière lui rappelait sans cesse à quel point Ibiki Morino semblait déterminé à mettre Naruto sous les verrous.
Dans la nuit de Lundi à Mardi, Sasuke fut réveillé par l'eau de la douche qui coulait derrière le pan du mur qui la séparait du reste du loft. Il se passa une main sur le visage, tiré de ses songes orageux et sentit immédiatement son cour s'accélérer.
Naruto était rentré.
Il attrapa son téléphone pour regarder l'heure, les paupières encore collées de sommeil et attrapa son téléphone posé sur la table de chevet pour regarder l'heure. 05H24. La garde à vue était bel et bien terminée. L'angoisse le gagna rapidement alors qu'il n'avait pas la moindre idée de comment il réagirait en voyant Naruto. Une chose restait cependant une certitude : il avait besoin de réponses à ses questions.
Il entendit le robinet de la douche se fermer et l'eau cesser de couler. Il ne se passa pas bien longtemps avant qu'il ne voit Naruto sortir de la salle de bain, vêtu d'un jogging et d'un t-shirt en coton, la lumière tamisée du renfoncement éclairant sa venue. Sasuke se sentit fébrile en le voyant parce qu'il devait bien l'avouer, il manquait de sa présence à ses côtés.
Leurs yeux s'accrochèrent un moment dans la semi-pénombre et il ne manqua pas la tristesse qui déformait les traits de son amant. Naruto se figea devant lui, la mâchoire serrée et le regard empli de culpabilité.
- Je peux... ? chuchota Naruto en désignant le lit.
Sasuke se décala pour lui laisser de la place alors qu'il s'était couché du côté habituel de Naruto. Le blond s'allongea près de lui et il le sentit hésiter avant qu'il ne glisse une main jusque sur ses flans. Il frissonna, comblé malgré lui par sa présence et rassuré par ce corps à la peau encore humide qui se collait contre le sien. Son odeur boisée vint lui emplir les narines jusqu'à faire naître un sentiment de plénitude au fond de sa poitrine.
Il se retourna entre ses bras et le torse puissant de Naruto épousa son dos naturellement. Il ne voulait pas le regarder, ne pas lui montrer que malgré sa colère, il ne pouvait pas s'empêcher de l'aimer plus que de raison. Le blond resserra ses bras autour de lui, comme pour ne faire qu'un après ces deux jours interminables de séparation.
- Pardonne-moi...
Sasuke ferma douloureusement les yeux. Malgré son amour et malgré sa dévotion, il ne pouvait s'empêcher de se sentir trahi. Resté silencieux depuis le retour de Naruto, celui-ci s'était bien-sûr rendu compte qu'il lui en voulait. Et à juste titre.
- Je te demande pardon Sasuke...
Le souffle chaud de Naruto brûlait sa nuque et il entendit même le désespoir percer dans sa voix habituellement si sûre. Comme un soupçon de culpabilité. Mais Sasuke était incapable de lui répondre alors que toutes ses émotions s'entrechoquaient dans son pauvre cœur meurtri, créant une boule dans sa gorge.
Naruto lui embrassa les cheveux, le cou, l'épaule comme une frénésie désespérée et Sasuke rouvrit les yeux pour les fixer sur un point invisible dans la noirceur de la pièce. Il sentait à quel point Naruto avait besoin de son pardon, à quel point il avait peur de le perdre. Il le reconnaissait là, cet homme qu'il avait toujours connu et qui pourtant menait une double vie depuis des années.
Sasuke avala difficilement sa salive, le cœur lourd.
- Alors c'est vrai... toute cette histoire ?
Sa voix pincée par l'émotion fit cesser les baisers de son amant et il le sentit se tendre dans son dos. Bien-sûr qu'il savait que tout était vrai mais il voulait l'entendre de sa bouche, qu'il lui avoue avec quelle détermination il lui avait menti depuis toutes ces années. Figé dans sa culpabilité, Naruto ne répondit pas.
- Naruto, insista Sasuke, sentant poindre les prémices de la colère. Tout ce qu'on raconte sur toi... c'est la vérité ou pas ?
Voilà deux jours entiers qu'il cogitait en imaginant les pires scénarios possibles. Naruto posa difficilement son front contre ses cheveux et il entendit sa respiration devenir plus faible. Il y eut à nouveau un long silence que la voix grave du blond finit enfin par couper.
- C'est vrai oui.
Comme une lame plantée en plein cœur, Sasuke encaissa durement cet aveu. Alors c'était vrai finalement, Naruto était bien mêlé à un trafic de drogues, avec toutes les conséquences que ça impliquait. C'était un gangster qui revendait de la drogue pour s'enrichir, un criminel qui ruinait la vie des gens avec cette saloperie de cocaïne. Toutes ces années, Naruto avait vécu dangereusement, lui faisant par la même occasion courir des risques dont il n'avait absolument pas conscience.
C'était difficile à encaisser parce qu'à l'inverse, lui aimait tellement Naruto qu'il n'aurait jamais rien fait pour le mettre en danger...
- Depuis quand ? s'éleva durement sa voix.
Le silence prit place un instant.
- Depuis quand, quoi ?
Sasuke se retourna dans le lit pour se dégager de son emprise et se redressa sur le matelas pour lui faire face. Naruto fit de même et ils se firent face, assis entre les draps.
- Depuis quand ça dure toutes tes conneries ? Et puis t'es quoi d'abord... un dealer !?
Le visage éclairé par les lueurs des réverbères qui filtraient à travers l'immense baie vitrée, Sasuke le vit grimacer.
- Pas exactement non...
Naruto se gratta l'arrière du crâne alors que la colère durcissait le regard noir du plus jeune.
- Alors quoi ? Un passeur ?
A nouveau, il vit le blond grimacer. Ses épaules nues étaient tendues et Sasuke laissa un instant son regard balayer son torse dessiné.
- Sasuke, si je ne t'ai rien dit c'était...
- Pour me protéger !? coupa le brun, agacé. Il fallait y penser avant, tu crois pas ?
Sasuke déglutit, ses yeux foudroyant ceux de Naruto, un lourd sentiment de trahison brûlant l'intérieur de sa poitrine. Il aurait voulu lui faire du mal, le blesser comme lui l'était actuellement. Naruto ne l'avait pas pris en considération. Il l'avait emmené malgré lui dans dans cette vie dangereuse à laquelle il ne voulait pas appartenir.
Le blond ne répondit pas. Son visage semblait touché par la haine qu'il lui déversait et Sasuke n'y trouva que le réconfort de ne pas être le seul à souffrir.
- Qui es-tu, Naruto ?
Il vit la blessure briller dans ses yeux clairs. Naruto l'aimait. C'était une certitude. Cette confrontation lui faisait mal.
- Ne dis pas ça comme si tu ne me connaissais pas... souffla Naruto, puis ses yeux s'attartèrdèrent un instant sur son arcade sourcillière. Qui t'a fait cette blessure ?
Naruto tenta de lever la main pour lui toucher le visage, pour le rapprocher de lui mais Sasuke la frappa de colère pour l'éloigner de lui.
- Mais je te connais pas putain ! cria-t-il et sa voix serrée d'émotion résonna entre les murs du loft. Réponds-moi bordel !
Naruto pinça les lèvres, ses yeux azurs plongés dans les siens. Ils semblaient si sincères, comme toujours. C'était l'honnêteté dans son regard qui lui avait toujours soulevé le cœur mis aujourd'hui, Sasuke ne savait plus qui était cet homme qui se tenait face à lui.
Il y eut un silence.
- Je suis à la tête d'un réseau, lâcha finalement Naruto sans quitter son regard. De cocaïne. C'est comme ça que je me suis enrichi et je blanchis le fric dans mes clubs afin d'en acheter d'autres et continuer de m'enrichir.
Sasuke resta un instant les lèvres entrouvertes de surprise lors que son coeur s'était immobilisé dans sa poitrine.
- Tu es...
- Le chef, compléta Naruto. J'ai monté ce cartel des années avant de te rencontrer et c'est pour ça que j'ai longtemps essayé de te tenir en dehors de ma vie.
Sasuke resta sans voix, le souffle coupé par ces révélations qu'il ne pensait jamais entendre de sa vie. Où était donc passé l'homme dont il était tombé amoureux ? Il secoua lentement la tête, refusant d'y croire malgré l'évidence.
- C'est impossible...
Le monde avait cessé de tourner alors qu'il scrutait les yeux turquoises à la recherche de réponses. Naruto avait toujours été un homme prévenant. Gentil. Peut-être un peu mystérieux parfois, oui… mais pas... autant.
- Ils n'ont aucune preuve contre moi, souffla Naruto pour terminer ses aveux. Et ils n'en auront aucune, je m'en assure chaque jour.
Sasuke passa une main sur son visage.
- Mais tu as des ennemis...
Naruto eut un rictus. La pénombre était envahissante comme si chacune de leurs paroles demeureraient secrètes.
- J'ai des ennemis, oui.
Le blond prit une pause.
- La police est corrompue Sasuke et cette arrestation est probablement la signature du parti politique de ton père.
Sasuke secoua la tête en signe de négation alors qu'il se levait d'un coup du lit.
- Est-ce que mon père est au courant !?
Naruto se leva à son tour pour le suivre à travers l'appartement. Sasuke avait l'impression d'être tombé dans un mauvais feuilleton télévisé.
- Ton père et ton frère aussi, probablement.
Sasuke s'arrêta devant la baie vitrée et pivota pour faire face à son amant. Naruto était juste devant lui, ses yeux clairs rendus gris pâles par les lumières de la rue qui filtraient à travers les vitres. Il avait cette expression sérieuse qui rendait son visage si parfait et il s'approcha de lui jusqu'à ce que son dos soit acculé contre les fenêtres, le forçant à lever la tête pour soutenir son regard.
- Ton père a toutes les raisons du monde de vouloir me faire tomber.
Cette fois-ci, Naruto ne lui laissa pas le choix et ses mains chaudes vinrent attraper son visage en coupe. Sasuke avait le cœur qui battait à mille à l'heure, perturbé par toutes ces informations et par ces yeux intenses qui lui brûlaient la peau. Naruto le bloquait contre la baie vitrée, ne lui laissant pas l'opportunité d'échapper à son emprise.
- Il ne te déteste pas à ce point...
Le souffle lui manquait tandis que l'odeur boisée l'enveloppait jusqu'à enivrer ses sens. Ce corps à moitié nu contre le sien lui avait tellement manqué ces dernières 48h qu'il ressentait toute sa chaleur venir l'emmitoufler comme une couverture d'hiver.
- Tu te trompes. C'est une histoire de gros sous Sasuke et de pouvoir. Ce n'est pas notre relation le problème... Enfin, ce n'est pas le principal problème.
Naruto laissa un instant passer. Sasuke sentait son cœur battre à lui en rompre le corps sous l'intensité de son regard.
- Et toi Sasuke... Tu me détestes ?
Sasuke ne trouva pas la force de répondre à cette question, perdu entre toutes ses émotions qui s'entrechoquaient. Il ne voyait plus que les yeux de son amant qui scrutaient intensément les siens, que ses lèvres pleines qu'il mourrait d'envie d'embrasser...
Son estomac se tordit alors il baissa les yeux pour tenter d'échapper à son emprise et il le repoussa mollement. Mais Naruto laissa tomber ses mains de son visage à ses épaules et il le plaqua doucement contre la baie vitrée.
- Réponds-moi.
Sa voix était ferme mais Sasuke y trouva une forme de supplique. Alors il releva lentement les yeux vers les siens et ils s'accrochèrent une nouvelle fois à travers la pénombre.
- J'en sais rien...
Sasuke sentait sa poitrine trembler difficilement. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi amoureux de cet homme ? Pourquoi n'arrivait-il pas à le haïr, malgré sa colère, malgré ce sentiment de trahison qui le déchirait de l'intérieur ?
- Sasuke...
C'était si douloureux de soutenir ce regard qu'il aimait tant, d'essayer de le repousser de toutes ses forces. Naruto avait cette emprise sur lui et c'était ainsi depuis le début de leur relation. C'était probablement le plus douloureux dans cette histoire. Naruto lui avait menti malgré sa dévotion.
Les mains brûlantes de Naruto remontèrent jusque ses joues et Sasuke sentit le réconfort lui réchauffer le cœur. Ses doigts semblèrent hésitants mais il ferma les yeux lorsque son pouce vint caresser la plaie qui lui barrait l'arcade sourcilière.
- Qui t'a fait ça ?
Sasuke rouvrit les yeux, immédiatement immergé dans les lagons bleus qui veillaient sur lui. Cet homme renversait son cœur de sa simple présence, peu importe la haine qui lui comprimait la poitrine.
- Le capitaine Morino...
Le pouce de Naruto passa une seconde fois sur sa blessure et Sasuke tiqua en essayant une nouvelle fois de se dégager de son emprise.
- C'est rien Naruto, on s'en fout.
Mais une nouvelle fois, Naruto le plaqua contre la baie vitrée. La colère semblait s'être emparée de lui, déformant les traits parfaits de son visage, crispant sa mâchoire et fronçant ses sourcils.
- Cet enfoiré paiera ce qu'il t'a fait !
Sasuke soutint son regard désapprobateur.
- Tu as déjà suffisamment de problèmes comme ça, tu crois pas ?
Mais Naruto ne semblait pas décolérer. Il était beau, ainsi submergé par la rage, ses yeux brûlants de l'envie de le protéger. Sasuke l'aimait et il l'aimerait probablement toute sa vie, peu importe combien il pouvait le blesser. Alors il continua de soutenir son regard, de toutes ses forces. Parce que quoi qu'il ait pu faire, Sasuke ne le laisserait jamais commettre un acte qui l'enverrait directement en prison, comme se venger du capitaine Morino, entre autre...
Ce fut au tour de Naruto de fermer un instant les yeux et Sasuke se sentit attiré contre son torse musclé. Les bras puissants de son amant se refermèrent derrière sa taille alors qu'une nouvelle fois, sa chaleur rassurante l'enveloppait.
Il y eut un long moment de latence pendant lequel Sasuke ne sut plus quoi penser. Puis lorsque Naruto s'écarta pour le regarder à nouveau, Sasuke sentit son pouce brûlant venir caresser ses lèvres comme pour lui demander la permission. Il y avait de la tension dans son regard azur, à la fois sexuelle et amoureuse, parce que Naruto était un homme démonstratif et qui devait le faire sien pour lui prouver son amour.
Sasuke laissa le pouce s'insinuer entre ses lèvres doucement alors que les yeux autoritaires de Naruto ne rataient rien de la scène. Il sentait toute cette tension lui retourner l'estomac alors que d'un moment à l'autre, le blond semblait prêt à lui sauter dessus.
- Naruto...
Sasuke voulut protester mais Naruto se pencha au même moment pour venir capturer ses lèvres, l'acculant davantage contre la vitre, le dominant par la puissance de son corps. Ce fut comme un feu d'artifices dans sa poitrine alors que la flamme de l'amour qu'il portait à cet homme lui consumait littéralement le cœur.
- Naruto... voulut-il protester une nouvelle fois, conscient qu'ils repoussaient la fatalité à plus tard. Arrête... S'il-te-plaît...
Mais les lèvres gourmandes et autoritaires de Naruto dévorèrent les siennes avec tellement d'envie que Sasuke sentit cette chaleur incandescente l'envahir totalement. Alors il répondit à ce baiser, sentant un long frisson d'appréhension remonter son échine, se laissant complètement embraser par l'électricité qui courrait entre leurs lèvres.
Ce baiser lui fit tourner la tête alors que la langue humide de Naruto forçait le passage pour venir taquiner la sienne. Alors il gémit entre leurs lèvres, fébrile sous le toucher de son amant tandis que les mains dominatrices de Naruto venaient soulever ses cuisses. Sasuke enroula ses jambes autour de sa taille, faisant rencontrer leur bassin tandis que le blond le plaquait avec plus de brutalité contre la fenêtre.
Naruto lui fit l'amour avec passion contre cette baie vitrée, désireux de le posséder et de lui prouver tout l'amour qu'il lui portait. C'était exaltant, enivrant, bouleversant même, parce que qu'ils s'aimaient si fort que c'en était presque douloureux...
Lorsque Naruto s'endormit, éreinté par la garde à vue et la puissance de leurs ébats, Sasuke l'observa longuement, le cœur renversé. Les premières lueurs de l'aube éclairaient son corps encore nu emmêlé entre les draps et il laissa glisser son regard de son visage paisible jusque son cou hâlé, ses pectoraux dessinés et ses abdominaux qui terminaient en V jusqu'à sa toison blonde et clairsemée.
Il se mordit la lèvre, pensif, les yeux emplis de cette image qu'il garderait probablement toute sa vie en mémoire. Parce qu'il prenait seulement conscience de la puissance de son amour, de combien il était prêt à tout, même à lui pardonner le pire... jusqu'à se laisser détruire.
Alors il déglutit, les yeux humides et la gorge serrée. Leur amour était si fort qu'il en était nocif. Et Sasuke resta là à le contempler pendant peut-être des heures, à se demander jusqu'où il serait prêt à suivre cet homme qui régissait sa vie.
Hello tout le monde !
J'espère que cette première partie de mise en contexte vous a plu ! Je pense que ce sera un 3 shots (clairement écrit sans prétention ! ). N'hésitez pas à me laisser votre avis en review et surtout votre avis sur la question que se pose Sasuke, à savoir jusqu'où il est prêt à suivre Naruto...
A très vite !
Akane
