Auteure contributrice : Isa'ralia Faradien

Toutes ces "méditations" ne sont en réalité que des transcriptions provenant du roman "Kenobi", écrit par John Jackson Miller et traduit par Sandy Julien.


#1 - Première partie

Livraison effectuée.

J'espère que vous parvenez à lire mes pensées, Maître Qui-Gon : je n'entends plus votre voix depuis ce jour, sur Polis Massa, où Maître Yoda m'a expliqué que je pouvais communiquer avec vous grâce à la Force. Nous avions décidé que je confierais le fils d'Anakin à sa famille, vous vous en souvenez sans doute. Cette mission est désormais accomplie.

Quelle étrange sensation que de revenir en ce lieu, dans ces circonstances. Des années plus tôt, nous sauvions un enfant de Tatooine en le prenant pour le seul espoir de la galaxie. Et j'en ramène un autre… dans le même but. J'espère une issue plus positive cette fois, car le sentier qui menait jusqu'à cet instant a été rempli de douleur. Pour toute la galaxie, pour mes amis… et pour moi.

Je n'arrive toujours pas à croire que l'Ordre Jedi ait disparu… ni que la République, corrompue, soit tombée entre les mains de Palpatine. Ni qu'Anakin ait été corrompu, lui aussi. Les holovids qui le montraient en train de massacrer les jeunes Jedi au Temple hantent mes cauchemars… et me brisent le cœur.

Mais après cet horrible massacre, c'est encore un enfant qui porte nos espoirs. Comme je l'ai dit, la livraison a été effectuée. De la crête où je me trouve, juché sur un eopie de Tatooine, j'aperçois la demeure des Lars. Owen et Beru sont devant, l'enfant dans les bras. Le dernier chapitre s'achève, et un autre commence.

Je vais chercher un endroit où m'installer dans les environs, mais si je m'attarde trop longtemps, je m'attends plus ou moins à ce qu'Owen me demande de m'éloigner encore. Peut-être n'aurait-il pas tort. Même en un lieu si isolé, les ennuis semblent me suivre. Un accroc s'est produit hier à Anachore, et j'ai subi une autre mésaventure dans un spatioport auparavant. Aucun rapport direct avec moi, ou les raisons qui m'amènent, heureusement. Mais je ne puis me permettre de continuer à agir comme Obi-Wan Kenobi. Impossible d'activer mon sabre-laser sans qu'on crie au Chevalier Jedi. Même sur Tatooine, j'imagine que quelqu'un en reconnaîtrait la nature.

C'en est donc terminé. À dater de ce jour, et peu importe le temps qu'il faudra, je ne m'occuperai que de mes affaires en évitant les ennuis. Je ne puis jouer les Jedi sur cette planète et sauver toutes les autres en même temps. La solution réside dans l'isolement.

Le rythme de la ville, ne fût-ce qu'un village comme Anachore, est trop trépidant. Mais une fois dans le désert, ce sera une autre histoire. Je sens déjà le temps s'écouler différemment, à la cadence des dunes.

Oui, j'imagine que la vie va ralentir. Loin de tout, isolé, je n'aurai pour seule compagnie que mes regrets.

Si seulement il existait un refuge où leur échapper.