Noël en Famille

Défi fou : 360 Mot – Réunir

POP3 Harley Quinn : La batte – Ecrire sur Severus Snape et ses potions

Si tu l'oses : 116 fumant

Pick a Card rouge : Three of Hearts – Ecrivez sur un threesome

Retraçons Harry Potter : Potion – Philtre de Mort Vivante

Severus observait, au loin, Harry jouer avec son fils sous le regard bienveillant de son épouse, Ginevra Weasley, qui tenait son bébé dans les bras. Il restait caché. Il ne voulait pas qu'il le voit, qu'il lui parle. Il n'avait pas le courage de lui dire en face. Il sourit en voyant que le jeune homme était heureux. C'était tout ce qu'il attendait. Cela faisait cinq ans que la guerre était finie. Cinq ans que le Seigneur des Ténèbres avait été vaincu. Cinq ans qu'il était libre. Harry et ses amis l'avaient sauvé. Il avait crié pendant des mois mais au final, il en était, d'une certaine manière, heureux. Il préférait de loin partir en sachant qu'Harry était heureux et menait une vie de famille qu'il aimait. Cette nuit-là, quand il avait été attaqué par Nagini, il mourrait lentement avec cette incertitude dans le cœur. Selon Dumbledore, le gryffondor aurait dû mourir. Et il avait transmis l'information à Harry en sachant qu'il ferait ce qu'il fallait. Mais il avait le sentiment honteux d'avoir échoué.

Mais maintenant, il avait le cœur en paix, il n'avait pas échoué. Tout au contraire. Harry vivait et était heureux. Il n'avait finalement pas failli à sa promesse. Il pouvait partir, se laisser aller, enfin ...

Il fit demi-tour et rentra chez lui. Il se dirigea lentement, presque religieusement, vers son laboratoire à potions pour préparer la dernière de sa vie. Il n'avait que trop vu, trop vécu. Il avait quarante-trois ans et il était aigri et le cœur meurtri depuis trop longtemps pour espérer encore quelque chose de la vie. Il n'était aimé de personne et il ne pourrait plus jamais aimer quelqu'un comme il les avait aimés. Il passa la nuit à brasser le Philtre de Mort. Juste pour être sûr, il y jeta une feuille pour s'assurer de sa qualité. Elle s'était dissoute au contact du liquide fumant. La potion était parfaite, comme toujours ... Il en prit un flacon et le rangea dans les plis de sa robe.

Il se dirigea ensuite vers sa chambre pour se reposer. Il avait encore certaines choses à faire avant de partir... Il regarda la photo de ses défunts amants qui était sur sa table de chevet, il caressa le cadre du bout de ses doigts. Ils lui faisaient un doux sourire, le même depuis des années. Il releva ses boucliers d'occlumencie et se coucha. Il s'endormit rapidement.

Le lendemain, il alla à Gringott's rédiger son nouveau testament et y laissa sa bague de Lord Prince. Elle lui reviendrait ... Il serra la main du Gobelin et partit. En sortant de la banque, il serra ses capes autour de lui. Il faisait très froid. Noël approchait et les cantiques de Noël emplissaient déjà les rues et la chaleur des maisons. Severus transplana alors pour la dernière fois chez lui. Il se dirigea une dernière fois dans son bureau et entreprit de rédiger sa lettre. Il eut beaucoup de mal à la faire. Il espérait qu'il l'accepterait. Il avait été si ignoble avec lui durant toutes ces années pour le protéger. Il avait toujours été fier de lui, mais il l'avait caché derrière un masque austère. Aujourd'hui, il était temps de le laisser tomber et de rejoindre ceux qu'il aimait.

Il referma la lettre et la confia à son corbeau.

« Veille sur lui pour moi, Lueur, » demanda-t-il doucement en lui flattant les plumes.

L'oiseau au plumage noir croassa et s'envola avec son ultime lettre. Severus le regarda partir dans le ciel gris. Il se perdit dans la contemplation du paysage pendant un moment. Lorsqu'il revint à lui, le ciel commençait à s'assombrir. Il prit le flacon de potion létal et, après avoir une dernière fois observé les lieux de son enfance, il transplana dans le cimetière où reposaient ses amants : Godric's Hollow. Il était recouvert d'un beau manteau blanc. Il parcourut les allées lentement et s'arrêta devant les deux tombes qui l'appelaient depuis maintenant vingt-deux ans. Il sortit sa baguette et les nettoya. Il fit apparaître une guirlande de fleurs de lys blancs et noirs pour l'une et de roses blanches et noires pour l'autre. Il écouta pendant un temps la musique qui provenait de l'église du village. Les chants de Noël.

« Nous serons bientôt à nouveau réunis, » dit-il alors qu'il débouchait le flacon et qu'il levait le coude pour la boire.

Il n'entendit pas le pop discret, signe d'un transplanage. Il sursauta légèrement en sentant une main le bloquer dans son mouvement. Il releva la tête et croisa ses yeux émeraudes. Severus était à genoux au sol. L'homme en face de lui s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur.

« Je ... Je comprends que tu me l'aies caché toutes ces années mais ... mais pourquoi ne me l'avoir jamais dit après la guerre ? »

« Tu acceptes. »

« J'ai les lettres de maman et papa à la maison. Ils correspondaient avec un certain Shadow. Et ils le mentionnaient comme étant mon père également. Je n'ai juste jamais su qui c'était. C'est toi, n'est-ce pas ? »

« C'est le nom qu'ils m'ont donné en voyant ma forme animagus, » avoua le serpentard en jetant un regard sur les tombes de James et Lily.

Il avait la gorge nouée. Il sentit que le jeune homme lui retirait le flacon des mains.

« Un Philtre de Mort ? »

« C'est une question ou une affirmation ? »

« Tu connais mes aptitudes en potions, » soupira le gryffondor.

« C'est vrai que tu ne les as pas héritées de moi, » fit l'homme avec l'ombre d'un sourire. « C'est bien un Philtre de Mort. »

Harry soupira et posa une main sur l'épaule de son père. Qui aurait cru qu'il penserait finalement ainsi en regardant Severus Snape ?

« Viens à la maison, ce soir, s'il te plait, » demanda-t-il doucement.

« Harry ... »

« Non, laisse-moi finir. » L'homme sombre et au cœur en peine depuis tant d'année obtempéra, fixant son fils avec ses deux onyx. « Viens à la maison pour le réveillon. Passe-le avec nous. Nous discuterons. De ce que tu veux. »

Severus regarda la tombe de ses amants. Harry les regarda à son tour.

« J'ai quelque chose à te montrer en plus. J'ai quelque chose pour Shadow. » Le Maître des Potions le regarda, curieux. « Ne me demande pas ce que c'est, je ne le sais pas moi-même. Tout ce que je peux te dire, c'est que c'est un souvenir. Mais je n'ai jamais pu le voir. Seul Shadow peut l'ouvrir. Viens et je te le donnerais. »

« Tu te mets au chantage maintenant ? »

« Je suis un peu serpentard aussi, tu sais. J'aurais dû aller à Serpentard à l'origine. Je pense que tu peux imaginer pourquoi j'ai atterri à Gryffondor. »

L'homme hocha la tête et se releva. Harry lui tenait la main fermement.

« Je te laisse le temps de te recomposer avant de transplaner, » lui dit-il avec l'ombre d'un sourire.

« Merci, Harry. »

Severus inspira profondément et releva ses barrières d'occlumancie et se reforgea son masque d'impassibilité. Il hocha la tête. Ils disparurent pour réapparaître au Manoir Potter. Il suivit son fils en silence sur le chemin menant à la bâtisse. Il entendit un bébé hurler et pleurer.

« Désolé, » dit alors Harry. « Lily fait ses dents pour le moment. »

« Il faut bien les faire à un moment ..., » répliqua doucement le serpentard. « Lily ? »

« Et James pour l'aîné, » ajouta le gryffondor en souriant. « Je voulais pas perdre leurs noms et Ginny a approuvé. »

« Excellent choix, » sourit Severus en retour.

Ils entrèrent dans la maison.

« Kreattur, » appela alors Harry. « Peux-tu rajouter un couvert, s'il te plaît. »

« Oui, Maître Harry. »

« Professeur ? » fit Ginny en arrivant, tenant une Lily en larmes dans ses bras.

« Cela fait bien longtemps que je ne suis plus votre professeur, Mme Potter, » répliqua l'homme.

« Peut-être, au vu de la situation un peu étrange et exceptionnelle, nous pourrions nous appeler par nos prénoms ? » proposa alors le maître des lieux.

Son père approuva d'un signe de tête.

« Et donc ..., » fit Ginny un peu mal à l'aise alors que sa fille lui hurlait dans l'oreille. « Shh... Lily, s'il te plaît ... Merlin, que je déteste quand ils font leurs dents ... »

« Passe-la-moi, » dit Harry en tendant les bras.

« Tu es sans conteste l'homme de la situation, » soupira la sorcière. « Tu t'en sors beaucoup mieux que moi dans ces conditions. »

« N'importe quoi..., » répliqua le gryffondor en souriant. « Alors Lily, ma toute belle, on a mal aux dents ? »

Il s'installa dans le canapé brun taupe du salon et cala sa fille dans ses bras. Il lui tendit sa main et la petite vint lui mordiller les doigts. Elle se calma rapidement. Harry invita son père à s'asseoir à côté de lui. Severus s'installa et observa sa petite fille. Elle était rousse comme sa mère, un roux un peu plus agressif que celui de Lily Evans. Quand il croisa son regard, il fut soufflé en croisant deux billes émeraudes.

« Elle portera très bien le nom de sa grand-mère, » dit-il.

« Vous connaissiez Lily Potter, ... ? » demanda Ginny en s'installant dans le fauteuil en face des deux hommes.

« Severus, » fit le serpentard. « Lily et moi, nous étions amis depuis l'enfance, avant Poudlard. Nous vivions dans le même quartier. Et par la suite, nous sommes devenus bien plus que des amis... »

« Oh ... Je suis désolée, je ne voulais pas raviver de vieilles blessures. »

« Il n'y a pas de mal. James et Lily sont décédés, il y a longtemps. Même si je n'ai jamais cessé de les aimer, je suis heureux de savoir qu'ils continueront à vivre à travers vos enfants. »

« Vous ... »

Ginny ne put terminer sa phrase. Elle avait les yeux écarquillés de surprise.

« C'est Shadow, Ginny, » expliqua Harry. « C'est mon père. »

« Euh ... Laisse-moi le temps de l'avaler, celle-là, Harry. Sans offense, pro... euh ... Severus... Mais ... Par la barbe de Merlin, Severus Snape ! Ton père ?! Wow ! »

« Je dois t'avouer que je ne suis pas plus surpris que cela. Cela expliquerait les yeux de James. »

« Comment cela ? » intervint Severus, un sourcil relevé.

« James, viens voir papa, » appela Harry en élevant la voix.

Un enfant de quatre ans arriva en trottinant dans le salon.

« Montre-nous tes beaux yeux, mon trésor. »

Severus glissa sa main fine sur la joue de son petit-fils et croisa son propre regard, ses onyx. Une copie conforme. Il sourit, des larmes contenues dans ses yeux. Il y avait toutefois cette lueur dans ce regard sombre, on aurait vraiment dit James. Une lueur malicieuse et espiègle.

« Toi tu seras un maraudeur de la pire espèce, » plaisanta-t-il, avec un sourire rayonnant.

« Maraudeur ? »

« Je t'expliquerai quand tu seras en âge d'aller à Poudlard, » promit son père avec un sourire.

« Harry ! » s'indigna Ginny. « Je pense qu'un plaisantin dans la famille est suffisant ! »

« Mais Ginny ... C'est de famille ! Mon père était un maraudeur, Sirius aussi, j'ai fait mon lot de bêtises, tes frères aussi, maintenant il est temps de passer le flambeau ! »

Severus sourit en regardant ses deux petits enfants. Il avait son coeur qui se réchauffait en les voyant. Harry sortit sa baguette et attira à lui un flacon.

« Tiens, » dit-il en le tendant à son père. « C'est le seul que je n'ai jamais pu ouvrir. Il t'est destiné. »

« Où as-tu une pensine ? »

« Dans mon bureau. En haut des escaliers, deuxième porte à droite. »

Severus se leva et s'y dirigea avec le précieux flacon en main. Quand il arriva devant la bassine à souvenir, il ouvrit la fiole et déversa le liquide vaporeux argenté. Il inspira profondément avant de plonger sa tête dans la vasque. Il en ressortit vingt minutes plus tard, le coeur bien plus léger, entre tristesse et nostalgie, amour et peine, mais aussi avec un nouvel objectif en main. Il pleura quelques instants mais garda en mémoire les derniers mots des deux personnes qui avaient illuminé sa vie.

Nous t'aimons Severus, plus que tout au monde. Mais pour Harry, bats-toi et veille sur lui. Fais partie de sa vie dès que tu le pourras. Il mérite de connaître son père. Vis, Severus. Ne nous pleure pas. Vis, nous pourrons t'attendre si par malheur, ils nous arrivent quelque chose. Veille sur notre famille.

« Je veillerai sur notre famille, je vous le promets. »

Il se leva et, après avoir chassé ses larmes, il redescendit et se joignit au repas de Noël. Ce fut l'un des plus joyeux qu'il passa et, quand vint l'heure des cadeaux, il vit les deux billes onyx de son petit-fils le regarder avec espoir.

« Je suis désolé, James, je n'ai rien à t'offrir, » dit le serpentard en s'agenouillant. « Je n'ai rien à t'offrir si ce n'est ma présence. Que dirais-tu de saluer ton grand-père ? »

« Mon grand-père ? »

« Oui, je suis le papa de ton papa. »

« C'est vrai ? » demanda le garçon en regardant son père.

Harry sourit et hocha la tête à l'affirmative. L'enfant sauta alors dans les bras de Severus en criant de joie. Il ne connaissait pas ses grands-parents. Arthur était mort à la guerre et Molly l'avait suivi peu après, morte de chagrin. Severus accueillit dans ses bras son petit-fils et le serra tout contre son coeur. Il regarda ensuite son fils et lui fit un sourire.

« Joyeux Noël, Harry. »

« Joyeux Noël ... Papa. »

Oui, il resterait et il veillerait sur sa famille. Et il raconterait à Harry tout ce qu'il savait de ses parents, de James et Lily. Il le méritait. Et lui aussi. Il méritait de vivre heureux. Pour eux, mais aussi pour Harry. Il récupéra la fiole de poison et, devant le regard émeraude de son fils, il la renversa dans l'évier. Le gryffondor sourit et vint alors, pour la première fois de sa vie, serrer son père dans ses bras.