Lucy marchait d'un pas rageur dans le château. C'était n'importe quoi ! Comment ce nouveau roi avait pu faire ça. Ce n'était pas juste ! Elle était où la justice ? Des gens étaient morts, ses amis étaient morts, et ça n'avait aucune importance ?!
Et ce foutu roi se justifiait avec un simple "ce n'est pas la justice que vous voulez mais la vengeance" ? C'était ridicule !
Malgré tous leurs crimes, les anciens commandants de la garde royal n'auraient rien. Complètement blanchis. Quand elle l'avait su, elle avait cru défaillir. Comment est-ce qu'on pouvait simplement ne rien faire ? "Ils obéissaient aux ordres avant tout". Mais ce n'était pas parce qu'ils ne faisaient qu'obéir aux ordres qu'ils étaient innocents. S'ils obéissaient, c'est qu'ils étaient d'accord. Si jamais on lui avait ordonné d'aller chasser des êtres humains et de les tuer, jamais elle ne l'aurait fait ! Mais eux, si. Alors pour elle, ils étaient tout autant coupable que Faust.
Mais visiblement, le prince Jellal n'était pas de cet avis, car non seulement les commandants n'avaient eu aucune sanction, mais en plus, ils était toujours à leur poste. La chasseuse de fées étant même passée commandante de la première armée.
Une immense blague.
Si elle avait su, jamais elle n'aurait laissé le nouveau roi engager fairy tail.
Mais elle n'avait pas su. Et maintenant c'était elle qui devait jouer les intermédiaires entre la guilde et le royaume. Certes, le fait que la guilde soit directement liée à la couronne promettait aux membres du travail permanent et en plus de ça, la possibilité de s'impliquer dans l'avenir du pays. Et dieu seul savait que cela avait rendu Lucy heureuse quand elle l'avait su, elle aimait profondément Edolas, et pouvoir participer à sa remise sur pieds l'avait rendu presque euphorique.
C'est d'ailleurs pour ça qu'elle s'était proposée comme intermédiaire, grâce à ça, elle pourrait même assister aux conseils. Mais si le prix à payer pour ça était de côtoyer régulièrement ceux qui les avaient pourchassé pendant trop longtemps, alors ce prix était bien trop élevé pour elle.
Surtout que ses appartements quand elle serait au château seraient juste à côté de ceux de Knightwalker, comme si ce n'était déjà pas assez suffisant.
- Tiens, Ashley.
Lucy cru qu'elle allait abattre quelqu'un. Et si ce quelqu'un pouvait être la femme au cheveux rouge qui venait de l'interpeller et qui maintenant la regardait d'un sourire volontairement provocateur, ce serait encore mieux.
- Ne m'adresses pas la parole, se contenta-t-elle de dire d'une voix étrangement basse tout en serrant ses poings du plus qu'elle pouvait pour ne pas lui sauter à la gorge.
Le sourire de la commandante s'agrandit.
- Il va falloir que tu t'habitues un peu plus que ça à me voir si à partir de maintenant tu passes la moitié de ton temps au château.
La blonde grinça des dents.
- C'est pas parce que le roi est passé outre vos actes que je vais en faire de même. Je te pardonnerai jamais.
Le sourire de la rousse s'effaça et à la place, elle haussa un sourcil.
- Je t'ai pas demandé de me pardonner. Et en faite, je m'en fou de ton pardon, dit-elle dédaigneuse.
A cet instant, le poing de Lucy partit sans qu'elle ne puisse se contrôler. Mais alors que ce poing était partit vers le visage d'Erza, il ne rencontra que du vide, et avant que la blonde ne se rende compte de quoi que ce soit, elle s'était retrouvée la face contre le mur, son bras droit bloqué derrière elle, la rousse lui maintenant fermement.
Ayant eu le souffle coupé par le choc qui avait été quelque peu violent, surtout ne s'y attendant pas, elle prit une grande bouffée d'air quand elle fût à nouveau capable d'utiliser ses poumons.
Sa première réaction fut de se débattre.
Mauvais choix.
Car à l'instant même où elle essaya de se dégager, son bras remonta encore plus dans son dos, elle faillit en échapper un gémissement de douleur. Puis, elle sentit le corps de la rousse se presser contre le sien, elle sentait même son souffle contre sa nuque. Elle en frissonna, cette femme la rendait malade, alors la sentir ainsi contre elle, non merci.
- Te méprends pas Ashley, ça m'amuse pas plus que toi de te voir te trimballer dans le château.
Mais si l'envie te reprend de vouloir me frapper, oublies pas que si on m'appelait la chasseuse de fées, c'est qu'il y avait une raison, dit la commandante contre l'oreille de Lucy.
Ne répondant pas, la blonde se contenta de serrer les dents. Elle sentit une nouvelle fois son bras se lever dans son dos, et cette fois, elle ne pu retenir le gémissement de douleur qui passa la barrière de ses lèvres.
Et soudain, elle fût projetée au sol, se relevant du plus vite qu'elle pu, cherchant du regard, elle ne vit même plus la rousse dans le couloir. Elle ne savait pas comment elle avait pu disparaître aussi vite.
- Tch, souffla-t-elle de frustration en massant son bras douloureux.
