TU PEUX TOI AUSSI COMMANDER TA FICTION
Oui tu peux toi aussi commander une fiction en te rendant sur notre histoire "Commandes de fictions" ou sur notre forum, et review le mois en cours !
Hé ! Bien le bonjour (ou le bonsoir) à toi qui arrive sur cette histoire ! XYZ nous a demandé un écrit avec un écrit sur le couple Sirius/Draco!
Lycoris Snape, une des auteurs de notre collectif, a décidé répondre à cette commande.
Disclaimer : Harry Potter est l'oeuvre de J.K Rowling, nous ne tirons aucun profit lucratif des écrits que nous postons avec cet univers, à moins que les reviews ne nous permettent d'acheter des raviolis, mais rien n'est moins sûr.
Résumé : Cinq ans après la fin de la guerre, Draco Malfoy tente de se faire une place dans la nouvelle société sorcière, mais ce n'est pas une chose aisée pour un ancien Mangemort. L'aide inattendue de sorciers venus de son passé sera-t-elle suffisante pour lui assurer une véritable place ?
Note de l'auteur: Bonjour à tous, nouvelle auteure pour le Comptoir, je vous présente aujourd'hui le début de la fic commandée par XYZ. Elle sera divisée en six parties et a contrainte était de faire un Sirius/Draco. J'espère sincèrement que vous allez l'apprécier autant que j'ai aimé l'écrire. –Lycoris-
Désespoir et désillusions
Chapitre 1
Ca y était ! Il touchait enfin au but ! Lorsque Draco avait reçu le hibou du Cercle Britannique des Maîtres des Potions, il avait ressenti un intense sentiment de fierté et de joie. Il était enfin autorisé à accomplir la dernière tâche de son apprentissage qui, s'il la réussissait, lui accorderait le titre tant convoité de Maitre des Potions.
Le cursus pour parvenir à cette dernière étape avait été long et difficile. Pour lui peut-être encore plus que pour les autres postulants. Son nom, ainsi que sa réputation, l'avaient largement précédé et il avait dû se montrer plus brillant et plus acharné pour être autorisé à continuer ce long chemin. Il évitait d'y penser, cela ne faisait monter en lui qu'une colère irrépressible mais inutile. Il avait rapidement perdu le compte de toutes les injustices dont il avait été victime depuis la fin de la guerre et avait décidé d'y faire face, coûte que coûte. Pour leur prouver à tous qu'il était capable de réussir malgré tout et que ses résultats étaient le fruit de son seul travail.
Cinq années s'étaient écoulées depuis la Bataille Finale et tant de choses s'étaient passées. Il tentait parfois d'imaginer ce qu'aurait été sa vie si le Seigneur des Ténèbres avait vaincu ce jour-là. Rien de bon, certainement. Sa famille était déjà sur la sellette depuis quelques mois et un rien aurait pu les faire basculer dans l'horreur la plus totale. La victoire de l'Ordre, à défaut de lui assurer une place, lui laissait au moins la vie sauve.
Il avait été du mauvais côté de la barrière, il en avait bien conscience et on se chargeait de le lui rappeler suffisamment souvent. Lors du fameux procès Malfoy, il avait fallu l'intervention conjointe du portrait de Dumbledore et un discours enflammé de Potter sur les vertus du Pardon.
- Quelle comédie... songea-t-il amèrement.
Jamais un seul pardon n'avait été accordé après cette guerre et s'il vivait libre, il n'en était pas moins mis à l'écart de toute la société. Au final, peut-être que seul Potter lui-même croyait à cette masquarade. Aux yeux de tous, il était coupable, et la marque qu'il avait jadis arboré avec fierté lui donnait maintenant envie de vomir à chaque fois qu'il la voyait. Oui, il était coupable, il le payerait chaque jour de sa vie.
Il avait fallu une année entière au ministère pour arrêter tous les suspects, mener les enquêtes et organiser les procès. La famille Malfoy avait été épargnée, au contraire de nombreuses autres qui avaient payé un lourd tribut à la prison d'Azkaban. Plusieurs de ses camarades avaient été jugés par le Magenmagot et condamnés à des peines parfois excessivement lourdes. C'était le prix du soulagement et de la vengeance de la part des vainqueurs.
Apres cette année éprouvante, Draco avait envisagé de quitter l'Angleterre pour une longue période afin de découvrir le monde et faire oublier ses erreurs de jeunesse. Malheureusement, un évènement dramatique s'était encore abattu sur lui et l'avait fait renoncer à toute idée de départ.
Les signes précurseurs étaient là depuis longtemps, mais il ne les avait pas vus. Ou il n'avait pas voulu les voir serait plus exact. Son père, le grand Lucius Malfoy, celui qui avait été l'objet de son admiration d'enfant, celui qui était capable de se sortir de toutes les situations, en particulier les plus périlleuses, avait craqué. Quelques semaines après leur acquittement, il l'avait trouvé errant dans le parc du manoir familial, pieds nus dans la neige et hurlant des phrases sans queue ni tête. Il avait eu toutes les peines du monde à le contrôler et le ramener à l'intérieur. Une fois cette crise passée, sa mère et lui avaient décidé de garder le silence sur cet évènement. L'aura de la famille étant suffisamment dégradée, il était inutile d'en rajouter une couche. Plusieurs mois étaient passés ainsi, les laissant dans un faux sentiment de sécurité. Malheureusement, une nouvelle crise s'était déclenchée, puis une troisième, rendant rapidement évident le fait que Lucius ne pouvait pas être laissé sans soins.
L'hôpital Sainte Mangouste l'avait donc accueilli, à peine six mois après son acquittement, plongeant Narcissa et surtout Draco dans un désarroi profond. Son père, malgré toutes ses erreurs, avait toujours été son roc et le voir dans cette chambre blanche et impersonnelle lui crevait le cœur à chaque fois. Le plus triste étant qu'il était conscient la plupart du temps, et qu'il devait malgré tout rester là-bas. Les crises se déclenchaient de manière aléatoire et de plus en plus fréquemment. Les médicomages n'avaient pas laissé le moindre espoir quand à une éventuelle guérison. Son état allait progressivement empirer jusqu'à devenir permanent.
Draco avait donc décidé de rester auprès de sa mère et de terminer ses études de premier cycle. Il avait effectué l'équivalent de sa septième année par correspondance et avait passé ses ASPIC en candidat libre. Seule Hermione Granger avait eu des meilleurs résultats que lui, ce qui constituait déjà une performance en soi.
Les visites à Sainte Mangouste étaient progressivement devenues les seules sorties publiques qu'ils faisaient. Narcissa restait cloitrée au manoir tandis que Draco avait tant bien que mal trouvé un maitre pour son apprentissage de potion. Compte tenu de l'identité de son élève, Maître Grove avait accepté de faire quelques entorses à la tradition, la principale étant d'accepter que Draco rentre régulièrement au manoir. Habituellement, lorsqu'un apprenti débutait chez un maitre, il s'installait chez lui pendant toute la durée du contrat et ne rentrant jamais chez lui afin de se consacrer exclusivement à ses études. Draco effectuait régulièrement des navettes entre l'atelier de Maitre Grove et le manoir Malfoy, mais voir sa mère dépérir et son père dans un état de plus en plus alarmant l'avaient progressivement conduit à espacer ses visites au grand désarroi de sa mère.
Après trois années de dur labeur, de tensions et d'épuisement, il avait finalement été présenté aux épreuves théoriques par son maître. Les résultats satisfaisants à cette épreuve lui permettaient d'effectuer la deuxième partie de l'examen : la pratique.
Serrant la lettre qui contenait ses résultats dans sa main, Draco se dirigea vers la chambre de sa mère. Celle-ci ne la quittait pratiquement plus. Il ne savait pas à quoi elle occupait ses journées, à chaque fois qu'il passait la voir, elle était dans un demi-sommeil allongée sur son lit ou regardait le vide, assise dans un fauteuil près de la cheminée.
Cette fois-ci, c'était la deuxième solution qu'elle avait préféré. Vêtue d'un peignoir qui avait connu des jours meilleurs, les cheveux défaits et ternes, elle semblait attendre un évènement qui ne venait pas. Lorsque Draco entra, elle leva un regard vide vers lui puis retourna dans sa contemplation du vide. Cette résignation lui donna un coup au cœur. Est-ce que la bonne nouvelle serait suffisante pour rallumer quelques secondes l'étincelle dans son regard ?
-Mère ? J'ai reçu les résultats de mes examens. Je suis reçu !
- Ah ? C'est très bien mon chéri.
Sa voix morne venait détromper ses paroles. Elle avait dit cela, mais Draco n'était même pas sûr qu'elle avait réalisé ce qu'il venait de dire. Et cette habitude récente de l'appeler Mon chéri, loin de lui faire plaisir, montrait une fois encore qu'elle n'était plus elle-même. Jamais elle ne lui avait donné de tels surnoms, même lorsqu'il était enfant.
-Grâce à eux, je vais pouvoir passer l'épreuve pratique. J'ai deux mois pour inventer une nouvelle potion et la présenter le 31 août.
- Oh ? Et tu vas retourner chez Maître Grove, alors ?
- Non, nous en avons déjà parlé, vous ne vous en souvenez pas ? Je reste ici pour travailler et faire mes propres expérimentations. Nous avons aménagé un laboratoire dans les anciens cachots la semaine dernière. Maître Grove viendra de temps en temps pour surveiller l'avancée de mon travail.
- Ah oui. C'est possible. Répondit-elle d'une voix éteinte.
Le remue-ménage qui avait eu lieu la semaine précédente n'avait pas pu lui échapper. Les deux elfes de maison qui restaient de leur ancienne vie, Maître Grove ainsi que lui-même avaient passé plusieurs jours à faire et défaire les protections du manoir pour modifier les sous-sols et protéger les fondations contre d'éventuels accidents. Ils étaient revenus poussiéreux, couverts de toiles d'araignées et extenués. Mais elle ne semblait pas y avoir prêté attention. Etouffant un soupir, Draco rebroussa chemin et quitta la pièce. Sa mère n'était plus que l'ombre d'elle-même. Qui savait ce qui pourrait la faire revenir à la vie.
Se retirant dans sa chambre, Draco sentit que toute l'euphorie qu'il avait ressenti en apprenant ses résultats s'était envolée et qu'une simple visite à sa mère avait le pouvoir de le détruire moralement. Se souvenant de mots que son père avait prononcé bien des années auparavant, il carra les épaules et tenta de reprendre contenance. Un Malfoy ne doit jamais baisser les bras, et c'est dans l'adversité qu'on reconnait les personnes réellement fortes. Il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur son sort. A l'instant où la lettre était arrivée chez lui, un compte à rebours magique s'était déclenché, ne lui laissant que deux mois pour inventer une nouvelle potion. Ce chef-d'œuvre devait parachever sa formation et montrer au monde sorcier qu'il était devenu un véritable expert dans son domaine. Bien sûr, il avait déjà pensé à ce qu'il voulait faire, mais il n'avait pas eu le droit de commencer ses recherches avant d'y être officiellement autorisé. De toutes façons, les révisions avaient été si intenses qu'il n'aurait pas pu tout mener de front.
Le tintement cristallin de la porte d'entrée résonna dans le manoir désormais presque vide et le tira de ses pensées. L'un des elfes de maison que sa mère avait gardé entra dans sa chambre pour lui annoncer la visite de son maître. Il descendit alors immédiatement pour le recevoir correctement.
-Eh bien mon garçon, félicitations !
- Merci Maître. Comment êtes-vous déjà au courant ?
- En tant que maître, j'ai aussi reçu tes résultats. Je ne suis pas surpris que tu aies réussi, mais là, je dois dire qu'ils sont fameux. Tu as réussi avec la manière. J'ai rarement eu des élèves qui ont eu de telles notes.
- Je suis content que mon travail ait payé.
- Et maintenant ? As-tu déjà pensé à ce que tu allais faire pour la pratique ?
- Eh bien... Un peu. Compte tenu de ce que j'ai fait étant jeune, je me suis dit qu'il fallait que je trouve un moyen d'éviter que d'autres reproduisent les mêmes erreurs que moi.
- C'est très philanthropique comme projet. Mais il faut faire de la politique ou entrer dans l'éducation pour faire cela. En quoi une potion peut-elle t'aider ? Demanda l'homme qui lui faisait face, un air confus sur le visage.
- Je crois que si j'avais vu le revers de la médaille, je n'aurais pas été aussi facilement influencé. Si j'avais pu discuter avec des mangemorts morts aux combats, je me serais rendu compte plus tôt de l'horreur de ce qu'il se passait. Pendant longtemps, je les ai considérés comme des héros, des martyrs. C'est quand j'ai compris qu'ils étaient soit des criminels soit des lâches que j'ai commencé à vouloir changer de camp.
- Je pense que je vois ce que tu veux faire. Mais c'est extrêmement compliqué, en plus d'être dangereux. De nombreux sorciers se sont déjà penchés sur la question, mais sans réussir à trouver la clé de l'énigme.
- C'est ce qu'il faut pour devenir Maître, non ? Réussir là où tous les autres ont échoué avant.
- C'est vrai. Mais attention à ne pas te brûler les ailes non plus, à vouloir aller trop haut sans garder le contrôle.
- Vous avez raison Maître. Pensez-vous que mon idée est bonne ?
- Dans la théorie, elle l'est, mais il faudra que tu sois très prudent. Une telle potion pourrait avoir des effets bien désastreux si elle tombait entre de mauvaises mains.
- Vous avez raison. Avez-vous d'autres conseils à me donner ?
- Comment comptes-tu faire tes recherches ? Le sujet est très vaste et tu n'as que deux mois.
- Je pense commencer avec les livres de la bibliothèque du manoir pour avoir une vue d'ensemble, puis je ferai des recherches plus spécifiques si besoin. Ensuite, je ferai des tests jusqu'à trouver la formule correcte.
- Tu sais que je ne pourrais pas t'aider ? Tu seras seul sur ce chemin et je pourrais seulement être présent lorsque tu feras tes tests pour te soigner en cas d'empoisonnement.
- Oui, je le sais. Mais je suis prêt à assumer ce risque. Je veux réussir cet examen et prouver au monde que je suis aussi légitime que les autres !
- Bien, alors qu'il en soit ainsi.
Il s'apprêta alors à quitter le salon dans lequel l'avait mené Draco pour le laisser commencer à travailler, mais celui-ci l'interpella alors qu'il passait la porte.
- Maître. Souhaitez-vous rester ici pour le déjeuner ? Ma mère ne se sent pas bien et je serai seul. Souhaitez-vous m'accompagner ?
Celui-ci hésita quelques instants puis finit par accepter. Après tout, quelques heures ne feraient pas beaucoup de différence pour l'accomplissement de sa tâche et il sentait intuitivement que son jeune élève avait besoin de ne pas rester seul.
Les elfes furent rapidement avertis de ce changement de programme et commencèrent à préparer un repas digne de leur hôte. Pendant ce temps-là, Draco et son maître visitèrent les jardins de la propriété. Ceux-ci avaient été laissés à l'état de quasi abandon, mais il était encore possible de voir qu'ils avaient été resplendissants. Jadis.
Même si Draco n'était plus officiellement son élève, Maître Grove continuait à l'interroger sur ce qu'il voyait. Il lui faisait réciter les propriétés de certaines des plantes qu'il voyait, lui en faisait identifier d'autres. Cette leçon improvisée dura plus longtemps que nécessaire, mais Draco ne s'en plaignit pas. Etre stimulé ainsi lui permettait d'éviter de penser à tout ce qu'il y avait de douloureux dans sa vie.
Plongés dans leur conversation, ils ne virent pas que Narcissa s'était levée et les observait depuis la fenêtre de sa chambre. Elle suivait des yeux son précieux fils qui avait tant changé depuis la fin de la guerre. Ses cheveux blonds luisaient au soleil de ce début juillet, lui donnant l'allure d'un ange. A ses côtés, le maître, grande silhouette dégingandée, montrait de temps à autres de choses. Il était légèrement dégarni et des rouflaquettes descendaient bas sur ses joues. C'était terriblement démodé mais curieusement, ça ne dénotait pas sur ce personnage. Elle se souvenait vaguement de l'avoir déjà rencontré lorsque Draco était parti étudier chez lui et la seule chose qui l'avait frappée alors était l'étincelle dans ses yeux. Il semblait tellement vivant, tellement passionné lorsqu'il parlait des potions. Et elle avait progressivement vu cette même flamme grandir chez Draco. Elle l'avait laissé s'éloigner d'elle car c'était sa voie, même si cela impliquait de devenir finalement deux étrangers l'un pour l'autre.
Un elfe vint lui annoncer que le repas était servi mais elle déclina, préférant les laisser seuls. Elle n'avait rien à voir avec eux, elle serait une gêne, rien de plus. Elle se fit donc servir un repas léger dans sa chambre.
Ce n'est que plusieurs heures plus tard que Draco revint pour lui annoncer que son hôte était parti. Il semblait détendu, presque joyeux mais cela ne dura pas longtemps. Elle savait qu'à chaque fois qu'il la voyait, sa joie de vivre se ternissait. Cohabiter pendant les deux prochains mois allait être une épreuve pour lui, mais c'était son choix. Il voulait rester, même si cela lui faisait du mal.
Malgré les appréhensions de Narcissa, ils finirent par trouver un équilibre dans les jours qui suivirent. Draco passait son temps dans la bibliothèque du manoir tandis que sa mère restait dans sa chambre. Ils se croisaient occasionnellement pour le diner quand il ne décidait pas de rester travailler.
Ils se rendirent deux fois à Sainte Mangouste, mais ils n'avaient pas été autorisés à rendre visite à Lucius. Celui-ci était dans une mauvaise période et les médicomages étaient obligés de lui administrer de fortes doses de calmants pour le faire dormir artificiellement.
La deuxième fois qu'ils rentrèrent bredouilles, Draco se dirigea droit vers la bibliothèque. Seule l'odeur apaisante des vieux livres pouvait le calmer. Il sentait un puissant sentiment de colère s'emparer de lui, sans qu'il ne puisse le contrôler. Il n'en avait même pas envie. Pourquoi le Destin s'acharnait-il sur lui comme cela ? Il avait fait des erreurs, c'était vrai, mais il en avait payé le prix et faisait ce qu'il pouvait pour les réparer. Il sentait s'effondrer sous ses pieds tout ce qu'il avait cru être lui, sans savoir quand cette déchéance finirait. Seuls les antiques rayonnages remplis d'ouvrages poussiéreux pouvaient le protéger de cette vie qui s'acharnait sur lui. Ici seulement, il était en sécurité.
Ce ne fut que trois semaines après le début du compte à rebours qu'il commença réellement à faire des expériences concrètes. Décortiquant chaque étape, il devait prévoir tous les effets de chaque petite action. Il devait lister toutes les interactions pour limiter les risques d'explosion et d'empoisonnement. Un long travail de préparation avait précédé au cours duquel il avait établi la liste des effets attendus de cette potion et les ingrédients nécessaires pour les obtenir. A présent, il devait ajouter chacun en priant Merlin qu'il n'y eusse pas de réaction étrange.
Finalement, il obtint un breuvage très pâle, presque comme du lait, qui bouillonnait dans son chaudron. Selon ses calculs, il aurait dû avoir une teinte vert amande, mais toutes les vérifications possibles avaient été faites. Normalement, cette potion devait fonctionner.
Le grand jour était arrivé, et comme promis, Maître Grove était venu assister à l'essai. Il avait jeté un coup d'œil à la potion, mais n'avait pas semblé alarmé, ce qui était déjà en soi une bonne indication. Il n'interviendrait pas, sauf si la vie du jeune homme était mise en danger. Draco devait assumer seul son travail.
Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, il saisit un volume de la potion et souffla légèrement dessus pour la refroidir. Un silence pesant régnait dans le laboratoire. L'instant était crucial, son destin lui ouvrait les bras.
Prenant une grande inspiration, Draco but la potion d'un trait et sentit peu à peu son esprit s'embrumer. Le sol se déroba sous ses jambes et il sombra dans le néant.
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