Voilà un OS que j'avais dans la tête depuis longtemps, j'espère qu'il vous plaira.


Les Trois Règles du SGC

Deux choses sont infinies, l'univers et la bêtise humaine ; enfin pour l'univers je ne suis pas tout à fait sûr.

Albert Einstein

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Jack poussa un soupir. Cet imbécile de Denson de la Commission était introuvable. Ils avaient bien évidemment une réunion de la plus haute importance dans quelques heures. Lui qui avait déjà horreur de ça, voilà qu'en plus il allait devoir retrouver un bureaucrate borné, qu'il détestait au plus haut point ! Il décrocha son téléphone, il lui fallait se rendre de toute urgence au SGC.

Heureusement pour lui le Hammond était en orbite et on le téléporta rapidement en sall de briefing à la base de Cheyenne Moutain. Sam n'était pas sur Terre. Une machine ancienne avait été trouvé par SG-10 sur il-ne-savait-quel-monde et ils avaient sollicité son aide. Dommage, il aurait bien aimé la voir. Enfin, il se rattraperait plus tard.

SG-1 aussi n'était pas là, mais en mission d'exploration. Là encore, il aurait été incapable de donner le nom de la planète.

Toquant un coup à la porte ouverte, il pénétra dans le bureau de Landry. Hank releva la tête de ses dossiers et salua son ami tout en l'invitant à s'asseoir face à lui.

La conversation fut brève. Le général n'avait aucune idée de l'endroit où se trouvait Denson. Il ne l'avait pas vu depuis 24 heures, moment où il avait quitter la base. Jack jura. Où pouvait donc se trouver cet énergumène ?

C'est Reynolds qui le renseigna. Le colonel avait eu vent du motif de sa visite et souhaitait lui faire part de ses "inquiétudes" à ce sujet. L'homme avait disparu peu après le départ de Sam et SG-1, ce qui en soit ne signifiait rien. Il avait gagné la surface pour rejoindre la voiture qui l'attendait afin de se rendre à un rendez-vous en ville. Seulement le véhicule n'avait pas quitté le parking et le chauffeur avait reçu un message comme quoi le rendez-vous avait été annulé.Il était donc rentré chez lui en taxi, laissant la berline sur le parking. Il était impossible de savoir qui l'avait averti.

Tout cette affaire ressemblait à un enlèvement en bonne et due forme. Enfin, c'est ce que Jack crut jusqu'à ce que Reynolds lâche l'information capitale. Denson avait été téléporté d'Atlantis pour le SGC et à son arrivée il avait parlé de règles stupides qu'il n'avait pas à suivre. Les deux généraux se figèrent tandis que Reynolds affichait un air ennuyé.

Landry attrapa le téléphone et demanda à ce que Jack et le colonel soient immédiatement transférés sur Atlantis. Il prévint ensuite le haut commandement de faire annuler la réunion. L'heure était grave.

Woolsey et Sheppard les accueillirent devant la porte à leur arrivée. Jack leur fit un rapide résumé de la situation. Si Woolsey ne cilla pas, John en revanche manifesta sa surprise, cherchant confirmation des propos du général auprès de l'autre officier. Il lui fallut un peu de temps pour reprendre ses esprits lorsque celui-ci confirma ces dires. Il fit ensuite contacter Lorne et son équipe, eux en sauraient sans doute plus. Pendant ce temps, les autres membres du Comité et de la réunion annulée se faisaient téléporter sur la cité.

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Les protagonistes réunis devant la porte des étoiles faisaient un tel brouhaha qu'il était impossible de s'y retrouver. La C.I.S., moins un membre, des officiers de l'état major, l'équipe de Sheppard et d'autres soldats cherchaient à comprendre l'origine du problème ou à le commenter, les bureaucrates étant les pires.

Jack fit signe à Evan Lorne de le suivre à l'écart et l'interrogea au sujet de la disparition du diplomate. Le « IL A FAIT QUOI !? » tonné dans la salle suspendit toutes les conversations. Le général attira ainsi tous les regards, y compris ceux des étages.

- Je vous assure monsieur. C'est ce qu'il s'est passé, affirma le major dans le plus grand des silences.

Jack O'Neill se tourna rouge de colère vers l'assemblée.

- Que se passe-t-il ? osa Richard Woolsey.

Jack ne répondit pas et posa une question à la place. Hurla serait plus exact.

- Qui ne connaît pas les trois règles du SGC?

Aucune réponse.

- J'ai posé une question il me semble !

- M. Denson, répondit finalement Sheppard.

- Quelqu'un d'autre ?

Le colonel ne lui répondit pas, mais tourna la tête en direction des membres de la Commission. O'Neill s'approcha d'eux.

- Tous ? questionna-t-il.

La réponse fut positive.

- Non, mais c'est pas vrai ! Qui m'a fichu des imbéciles pareil ?

L'un d'eux s'énerva.

- Je ne vous permet pas, général !

- Ah oui ?

Le ton était menaçant. Toutes les personnes présentes en prirent conscience. Pourtant l'homme ne sembla pas comprendre le danger puisqu'il poursuivit.

- Oui ! Vous nous devez le respect ! Ce n'est pas parce que nous ne connaissons pas vos règles que...

- Mes règles ? siffla Jack.

Le ton était glacial.

- Sachez, M. Coolidge, qu'il ne s'agit pas de mes règles, mais de celles de tout le SGC et que c'est la première chose que l'on apprend en intégrant le programme !

Il se tourna vers des soldats se tenant en retrait.

- Toi, appela-t-il.

La jeune recrue désignée s'avança, peu rassurée.

- Depuis quand es-tu là ? interrogea Jack.

- Huit mois, mon général.

- Tu connais les règles ?

- Oui, monsieur.

- Comment ?

- C'est la première chose que l'on m'a enseigné en arrivant.

- Qui te les a apprises ?

- Le colonel Sheppard.

- Et vous Sheppard ?

- Lorne.

- Lorne ?

- Le colonel Reynolds.

- Reynolds ?

- Personne. Hormis la première que vous m'avez rappelée, elles se sont toutes imposées naturellement.

- Bien. Woolsey vous les connaissez ?

- Oui, mais je n'en ai jamais tenu compte.

- Ça m'aurait étonné effectivement, railla Jack.

L'homme n'eut pas le temps de répliquer, John intervint.

- Monsieur ?

- Oui, Sheppard ?

- Vous savez ce qu'il se passe ? Précisément je veux dire.

Jack prit quelques secondes de réflexion avant de lâcher, toujours aussi en colère.

- Il se passe que ce demeuré de Denson a transgressé les règles du SGC, la numéro trois en tête !

Les visages se décomposèrent.

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Reynolds s'avança.

- Ne me dites pas que...

- Oh que si ! Je peux vous dire qu'on n'est pas prêt de le retrouver !

- Pourriez-vous nous expliquer ? demanda Coolidge. Quelles sont ces règles ?

- Il y a trois règles à suivre dans le programme Porte des Étoiles pour que tout se passe bien, énonça Reynolds. Elle sont toutes aussi importantes les unes que les autres, mais on leur a attribué des numéros pour s'y retrouver. La n°1 est la plus ancienne, la n°3 la plus récente, à quelques mois près.

Il marqua une pause.

- Règle n°1, on ne laisse personne derrière nous, on n'abandonne jamais les nôtres.

Il tourna la tête vers le major.

- Règle n°2, enchaîna Lorne, ne jamais s'en prendre à un membre du SGC.

- Mais celle-ci a évolué, coupa Sheppard. C'est devenu ne jamais s'en prendre à SG-1, que se soit dans son entier ou à un seul de ses membres.

- Je crois que c'est en partie à cause des Goa'uld qu'elle a évolué celle-là, précisa Reynolds.

- Arrêtez je vais me sentir flatté, ironisa Jack.

- Et la troisième règle ? questionna Coolidge.

O'Neill fit signe à la jeune recrue de répondre. Le jeune homme se tourna vers les membres de la Commission de surveillance.

- On dit que la règle n°3 surpasse toutes les autres, que les conséquence si on la transgressait seraient terribles.

- Cessez ce ton mélodramatique, jeune homme, et venez en au fait!

- Règle n°3, énonça le soldat sans broncher, ne jamais, au grand jamais, mettre Sam Carter en colère.

Il y eut un instant de battement, de nouveau rompu par l'homme du comité.

- C'est tout ? Vous plaisantez j'espère !

- Non, monsieur. C'est sur celle-là que le colonel Sheppard a le plus insisté.

- Et il a eu raison, affirma Jack. Mettre le colonel Samantha Carter en colère est une très mauvaise idée. Il est très rare que ça arrive, mais lorsque c'est le cas, il ne vous reste plus qu'à implorer son indulgence. Certains l'ont appris à leurs dépends. La dernière en date ? Je pense que la disparition de votre cher confrère en est la preuve.

- Voulez-vous dire que c'est elle la responsable ?

- Je peux vous assurer que bon nombre à sa place aurait craqué avant, pour ne pas dire tous.

- Elle risque la cour martiale !

- Vous avez des preuves que c'est elle la responsable ?

- Mais vous venez de dire...

- Je n'ai rien dit du tout. Oubliez-moi cinq minutes, OK !

- J'aimerais savoir une chose, intervint une voix.

- Oui, McKay ? encouragea Sheppard.

- Qu'est-ce-qu'il a fait pour s'attirer les foudres de Sam, interrogea le scientifique. Parce que je n'étais pas là ces deux derniers jours.

- Hormis être lui vous voulez dire ?

- Sheppard... réprimanda Jack.

- Monsieur ?

- Non, rien. Vous avez raison.

Rodney revient à la charge.

- Alors ?

- Dire qu'il s'amuse à la siffler comme un chien serait... très prêt de la vérité ! Un chien ça a une récompense. Et c'est pas moi qui l'ai dit, hein ! C'est elle. Faire appel à elle pour des bugs informatiques alors qu'elle se trouve à l'autre bout de la galaxie, lui téléphoner à trois heures du matin parce qu'il manque des détails à son rapport, se faire téléporter pour tout et n'importe quoi comme si son vaisseau était un taxi, ou bien s'en servir de bouc émissaire lorsqu'on a pris de mauvaises décisions, c'est à dire abandonner quelqu'un derrière et lui reprocher son sauvetage, voilà le genre de chose qu'il a fait ses six derniers mois. Mais je crois que la téléporter sans prévenir, un de ses rares jours de congé, où elle est sur Terre, à un enterrement qui plus est, pour qu'elle vienne débloquer la porte de ses quartiers sur Atlantis, a été la goutte qui fait déborder le vase !

Personne ne put répondre quoi que se soit à la tirade du général. L'assemblée se dispersa, la plupart étant d'avis que peu importe où il se trouvait, Denson l'avait bien mérité.

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Les membres du comité étaient partagés sur la démarche à suivre. Après bien des palabres, ils décidèrent de contacter Sam pour savoir ce qu'il en était.

Le vortex établi, Sheppard se chargea de lui résumer la situation. Il prévint la jeune femme de son intention de faire part de l'entretien aux autres. Elle répondit d'un « Tous ceux que vous voulez » sans que personne n'ait compris les sous-entendu de l'échange. John laissa ensuite sa place, faisant discrètement signe à McKay d'enclencher les hauts parleurs de la cité.

- Colonel Carter, ici M. Coolidge de la CIS.

- Monsieur Coolidge, que puis-je faire pour vous?

Sa voix était calme, trop calme même. Jack ne put s'empêcher de frissonner. Plus elle paraissait calme, plus elle était hors d'elle. Un paradoxe dont certains avaient par la suite subit les conséquences. Il distinguait également un léger agacement, mais il était bien le seul.

Le bureaucrate ne s'embarrassa pas de belles phrases et alla droit au but.

- Où se trouve M. Denson ?

- Je l'ignore.

- Vous mentez !

- Pourquoi vous mentirais-je ?

- Pour éviter la cour martiale !

- Vous êtes sûr ?

Elle venait de détacher chaque mot, signe d'une profonde colère. Le ton froid, glacial, ne pouvait tromper, il ne valait mieux pas la chercher. Ce que l'autre fit bien entendu.

- Évidemment ! répondit-il.

- Dans ce cas passez-moi au détecteur de mensonge. Mais quand bien même je mentirais, cela ne voudrait pas signifier pour autant que je vous dirais la vérité. Quant à la cour martiale, il faudrait déjà que je sois sur Terre. Ce qui n'est pas le cas et pourrait ne plus l'être.

- Nous réussirions à vous retrouver !

- Nous ? Soyez réaliste, personne ne vous soutiendrait.

Elle avait raison, il devait bien le reconnaître. Elle avait gagné. Il le comprit et ne répondit pas. Sam reprit.

- Cet homme n'a que ce qu'il mérite. Vous le retrouverez bien assez tôt, soyez en sûr. Au revoir, M. Coolidge.

Elle coupa la communication. Jack et ses compagnons sourirent. Elle venait de remettre en place le Comité et les avait ridiculisé par la même occasion sans avoir hausser la voix une seule fois, été impolie ou injurieuse.

En tous cas, ils n'allaient pas retrouver Denson de sitôt.

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Une semaine venait de s'écouler quand une balise de localisation s'alluma. Le Dédale se cala dessus et la téléporta à la Maison Blanche, tous savaient qu'il n'y avait aucun risque et le président avait insisté pour que le disparu soit directement transféré là-bas. Or il n'y avait aucun doute sur l'identité du possesseur de la balise. En effet, c'est bien Denson qui apparut dans le bureau ovale, face à l'état major au grand complet. Il était habillé en touareg et l'air totalement perdu.

Il fallut du temps, mais l'on parvint à comprendre qu'il avait passé une semaine à être téléporté de point en point sur toute la surface du globe. Il était passé par la jungle colombienne, le désert d'Atacama, les plateaux du Tibet, le port de Yangshan, les plaines de Russie, la forêt amazonienne, les favelas de Rio, les montagnes d'Europe de l'est, les îles tropicales et le désert du Sahara avant de finir dans le bureau du président. L'homme était à deux doigt de la dépression nerveuse, et c'était peu dire.

Aucune réponse ne fut apportée quant à son périple. Deux jours plus tard, Sam rentra sur Terre après un tour des planètes alliées. On ne put rien lui reprocher. Le programme conçu pour le trek de Denson restait introuvable, et il n'y avait pas non plus de traces des téléportations qui l'avait conduit de pays en pays ces derniers jours.

La vie reprit son cours comme si de rien n'était, avec un fait nouveau toutefois : tout le monde connaît les trois règles du SGC et les applique. Au détour d'un couloir vous croiserez peut-être un homme l'air constamment sur ses gardes. On murmure qu'il ne serait plus lui-même de les avoir enfreinte. Si quelqu'un vous demande ce qu'il lui est arrivé, répondez lui seulement qu'il ne faut jamais, au grand jamais, transgresser la règle n°3.


Alors ? Qu'en pensez-vous ?