Hello à tous !

Mes partenaires de RP m'ont inspirée ! Ainsi j'ai piqué l'idée du roadtrip et de la fic jour par jour à Kuro (mais je pense qu'elle m'en voudra pas ;), et sinon, ce roadtrip-là en particulier est inspiré de mon RP avec Futae, dans lequel Ao évoquait ce voyage lors d'une conversation avec Kagami. J'y ai repensé et je me suis dit qu'en fait, ce serait vachement fun de le raconter. Merci donc à elles pour les idées et le RP passionnant ;)

Alors pour celles et ceux qui ont lu plusieurs de mes fics, c'est peut-être le choc, la sidération, l'horreur, en voyant les tags associés à cette fic. Comment ça, 'friendship' ? ? ! ! Je répondrai simplement : vous n'avez jamais couché avec vos amis, vous ? (enfin moi non mais bref... ce sont des choses qui arrivent, quoi :D) Donc si vous n'aimez pas le yaoi je vous conseille de ne pas vous attarder !

C'est la première fois que je me lance dans ce format de fic, je sais pas ce que ça va donner ! Dans la mesure du possible je vais insister sur les destinations que je connais, ça me rappellera aussi des bons souvenirs à cette occasion, et ça vous donnera peut-être l'envie de visiter ces beaux endroits !

Voilà donc en attendant la suite de In My Best English ! J'espère que ça vous plaira ! Enjoy !


JOUR 1

Marseille, le port.

« J'arrive toujours pas à croire que t'aies fait venir ta bagnole jusqu'ici... »

Aomine jette un coup d'œil à Kise, qui attend à côté de lui qu'on débarque sa Ferrari Portofino * du paquebot. Eux, ils ont pris l'avion. Un Tokyo-Paris, et puis la correspondance jusqu'à Marseille, et le taxi jusqu'au port.

« Elle a déjà traversé le Pacifique depuis l'Amérique du sud, elle est habituée, réplique Ao tranquillement.

Elle est habituée ?! répète Kise, les yeux écarquillés.

— Attention ! J'sens que tu vas dire un truc méchant sur ma bagnole ! »

Kise ouvre et referme la bouche, à court de répartie. Il n'aurait pas cru qu'on puisse s'attacher autant à une voiture. Cela dit, quand il la voit, il comprend un peu pourquoi. C'est qu'elle est terriblement classe, la Ferrari bleu électrique d'Aomine. Il siffle d'admiration.

« Eh bah... basketteur ça paie encore mieux que mannequin.

— Ahah ! Allez viens, installe-toi. »

Kise s'exécute. C'est super confortable, mais... Il n'est pas bien sûr de se sentir en sécurité, à voir comment Ao fait rugir le moteur alors qu'ils ne se sont même pas encore extraits de la confusion du port. Le brun klaxonne tout le monde comme si ça allait éclaircir le trafic. D'ailleurs, ça ne plaît pas aux Marseillais qui l'insultent copieusement, et Ao répond en japonais sur le même ton sans que personne ne se comprenne.

« Putaing, c'est qu'il se la raconte çui-là ! Couillon, va !

— Kuso kurae !

— Va fangoule avec ta Ferrari !

— Temee, usero yo !

— Il est complètement fada. »

Kise n'est pas sûr que ce soit une bonne idée d'insulter les locaux, même si ceux-ci ne sont pas en mesure de le comprendre. Il a entendu des trucs pas très rassurants à propos de cette ville, en plus.

« Daiki, calme-toi un peu ! On sortira pas plus vite si tu t'énerves ! »

Celui-ci se contente de grogner, et Kise se détend un peu quand ils arrivent sur le périph, bien que la circulation y soit dense aussi. Il regarde tout autour de lui, le vent dans les cheveux, épaté par ce qu'il voit : quel bordel, cette ville ! Rien à voir avec les quartiers chics de Paris, de Milan ou de Berlin qu'il a pu visiter au cours de sa carrière. Avec un soupçon de mélancolie, il se souvient que ces voyages pour le boulot, c'est terminé. Aomine est trop vieux pour continuer à être basketteur pro, il l'est également pour continuer à être mannequin. Ils sont tous les deux périmés. Alors, quand Ao lui a proposé de faire le tour de l'Europe en voiture, Kise a sauté sur l'occasion. Des vacances, voilà qui ne lui ferait pas de mal ! Et puis, il a bien vu qu'Ao n'a pas le moral. Il le comprend, ce n'est pas très facile pour lui non plus, même s'il prend probablement les choses avec plus de philosophie que le brun et son tempérament orageux.

« Alors, on est censés arriver où ce soir ? »

La main posée sur le volant, lunettes de soleil rétro sur le nez, Aomine répond négligemment :

« Aucune idée. Le GPS nous aidera à trouver un hôtel. En tout cas on roule vers l'est, direction Nice !

— Ok. Je suis pas sûr que j'aime bien l'improvisation. Mon agent, il...

— J'suis pas ton agent ! Ma bagnole, mes règles !

— ...mais...

— Tsst ! Pas de 'mais'.

— Tu t'es pas arrangé avec l'âge, Daiki...

— Ha ! Tu peux parler ! T'es encore plus peureux qu'avant ! »

Kise réplique par un « pff » qui se voulait dédaigneux et détourne la tête pour admirer le paysage. Il est complètement crevé du long voyage, mais se retrouver en France, à l'aventure sur les routes avec Daiki, ça a quelque chose d'exaltant qui lui remue les tripes, et il pourrait même dire que ça lui redonne une seconde jeunesse ! Ils ont été tellement occupés avec leurs carrières respectives qu'ils n'ont pas eu le temps d'organiser ce genre d'escapade, mais le temps est venu pour eux de récolter le fruit de leurs efforts !

Aomine appuie sur l'accélérateur, même s'il n'en a pas vraiment besoin : ce pays, ou peut-être seulement cette ville, est peuplé d'excités du volant. À la limite, ce sont les rares conducteurs qui respectent les limitations de vitesse qui se font engueuler ! Il est content. Content d'être enfin loin de sa vie quotidienne et de ses interrogations sur son futur. Il a hésité avant de demander à Kise de partir avec lui : sera-t-il capable de le supporter pendant autant de temps, tous seuls tous les deux sur les routes ? Et puis, il a décidé de prendre le risque. Au pire, il le laissera au bord de la route quand il en aura marre de lui. Il rigole tout seul en s'imaginant le blond faire du stop en tremblant de trouille. Kise ne l'entend pas se moquer, il est trop absorbé par la découverte du paysage. Aomine pousse le volume de la musique. Life will change. Ce titre de l'OST de Persona 5 * * semble approprié pour démarrer un road-trip.

C'est déjà le début du soirée et le soleil qui descend scintille sur les eaux incroyablement bleues de la Méditerrannée, visible au-delà de la cohue d'immeubles dans une brume de pollution. Malgré ça, l'air est chaud et sent les pins et l'iode. Pour Aomine, c'est le parfum de la liberté. Il a choisi la route touristique, le long de la côte, et une fois sortis de la grande agglomération, ils profitent de paysages escarpés, des collines blanches déchiquetées qui se baignent dans les eaux claires, et bientôt, à l'horizon, l'impressionnant rocher de La Ciotat qui prend les derniers rayons du soleil.

« Wah... C'est beau... s'extasie Kise.

— J'avoue... Mais t'es jamais allé sur la Côte d'Azur, toi ? »

Kise fait la moue.

« Nan... En Italie, beaucoup, mais pas dans ce coin de la France. J'ai vu que Paris.

— Tu voudrais y retourner ? On pourrait boucler la boucle là-bas.

— Olà, on verra à ce moment-là ! On vient de partir !

— Ouais, t'as raison.

— Et au fait, Daiki... Merci de m'avoir proposé ce voyage.

— Bah y a pas de quoi. J'ai pensé qu'on aurait tous les deux besoin d'air.

— Mh... »

Le ton de Kise est un peu rêveur. Aomine jette un coup d'œil à son ami et sourit. Les gens de son métier l'estiment peut-être trop vieux pour continuer à être mannequin, mais lui, il trouve ça complètement con. Ces petites rides au coin des yeux, ça lui donne un charme fou. Et la maturité a donné du caractère à ses traits fins et harmonieux, et de la profondeur à son regard noisette. Enfin, la maturité... Faut peut-être pas exagérer non plus. Au fond de lui, Kise restera toujours un petit con, et c'est pour ça qu'Aomine l'aime bien. Et le trouve insupportable. Malheureusement, l'un ne va pas sans l'autre.

Kise bâille à s'en décrocher la mâchoire.

« Putain, je suis rincé du voyage... Tu veux pas qu'on s'arrête ?

— Ok, moi aussi je fatigue de toute façon. »

Ils se trouvent un hôtel-restaurant sans problème – l'industrie hôtelière n'est guère en difficulté dans cette région – et s'y arrêtent dix minutes plus tard. Ils s'offrent un dîner local à base de daurade grillée et de ratatouille – prononcez 'latatoüïleu', c'est pas facile à dire pour des Japonais * * * – et ne tardent pas à rejoindre leur chambre double avec vue sur la mer. Chacun s'écroule sur son lit et ils s'endorment carrément tout habillés, bercés par le bruit des vagues en contrebas, et le chuintement paisible du vent dans les aiguilles de pin.


* Alshert, si tu l'as reconnue, oui c'est la même voiture que celle de Ravus... J'adore ce modèle :D

* * Oui, Futae, c'est un clin d'œil pour toi. Et je trouvais effectivement ça approprié :)

* * * Je vous recommande la vidéo de Tokyo no Jo « Les choses choquantes au Japon vu par un Japonais », cette histoire de ratatouille et de tartiflette me donne toujours des fous rires :D