Hey ! J'espère que cette fanfiction vous plaira ! Elle a commencée à être écrite en 2012 et est en cours de réécriture sur un autre site de fanfiction (francophone cette fois-ci), c'est l'occasion aussi de la publier pour la première fois sur ce site ! Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 1- The beginning
La corde se tendit avant de se relâcher subitement. La flèche encochée à l'arc fendit l'air et vint se ficher dans la cible, deux petits ballots de paille empilés au milieu de l'herbe. Un jeune garçon se précipita vers le mur de paille afin d'en extraire la flèche. Ses cheveux noirs voletaient à chacun des grands pas qu'il faisait pour éviter que l'herbe ne lui chatouille trop les genoux.
- Bien joué Sam ! cria-t-il.
- Oh tu sais Izumi, il suffit juste de bien viser. Bon, fini l'entraînement, j'ai promis à ta mère de lui ramener du gibier, lui répondit une jeune femme.
Elle encocha une nouvelle flèche à son arc, prête à tirer. Le petit Izumi revint vers elle en dégainant son lance-pierre. Il se baissa, ramassa un petit caillou dans les hautes herbes et demanda :
- Je le lance où ?
Samantha, ou Sam, comme tout le monde l'appelait, indiqua la direction avec son arme. Le garçon qui l'accompagnait lança sa petite pierre et le bruit de sa chute sur le sol effraya des perdrix qui se dépêchèrent de prendre leur envol vers un endroit sans danger. La jeune femme visa l'un des volatiles de la pointe de sa flèche avant de tirer et de faire mouche. Le choc força l'oiseau à faire un écart puis le volatile reprit sa trajectoire sur quelques mètres avant de chuter lourdement.
Femme et enfant partirent chercher la bête jusqu'au moment où le garçon s'arrêta brusquement et tourna la tête vers l'orée de la forêt. Sa camarade lui lança un regard interrogateur avant de l'imiter et d'apercevoir un groupe d'hommes. Ils étaient environ une quarantaine, à venir vers eux, marchant dans un ordre quelconque. Un petit brouhaha s'en dégageait, le vent portant les quelques échos à l'oreille de l'archère.
Cette dernière stoppa sa marche et adressa un signe à l'enfant d'aller chercher la perdrix tombée. Il obéit sagement, préférant cette fois marcher plutôt que courir dans les herbes, comme si l'apparition soudaine du groupe était importante. Et peut-être qu'elle l'était vraiment.
Intriguée, la seule demoiselle s'approcha d'eux. Elle remarqua que plusieurs arboraient un même symbole, que ce soit en tatouage ou cousu sur les vêtements, qui ne lui paraissait pas si étranger que ça. Avec un soupir, elle porta sa main droite en visière afin de mieux voir. Les contours d'un crâne étaient dessinés. Des pirates.
Elle nota que dans le groupe, trois individus s'étaient détachés et semblaient marcher en tête. Celui du milieu était grand, très grand en fait puisqu'il dépassait très largement le reste de la troupe. Celui de gauche envoya un sourire à la jeune femme qui le dévisagea avant de lui rendre son sourire.
Il était torse nu malgré le vent frais qui soufflait en cette journée et devait avoir une vingtaine d'années. Quelques mèches de cheveux bruns lui tombaient devant les yeux, les pointes chatouillant des petites taches de rousseur accrochées à ses pommettes. D'un geste sans doute habituel, il remit en place le chapeau de cow-boy orange vif qui trônait sur son crâne et qui penchait doucement vers l'avant.
Le dernier du trio était un hurluberlu dont les cheveux blond rappelaient étrangement des feuilles d'ananas et qui possédait un grand tatouage lui barrant le torse, avec en symbole le jolly roger de l'équipage.
Sam vint à leur rencontre, non sans appréhension. Que fichaient des pirates ici ? Ils étaient tous armés jusqu'aux dents, d'armes blanches ou d'armes à feu, mais armés quand même, excepté le trio de tête.
- Bonjour, commença prudemment la jeune femme. Je peux vous aider ?
On répondit à son salut tout aussi poliment.
- En fait, on cherche un petit village nommé Pilem. Il paraît que c'est dans le coin.
- C'est après le champ. Il faut ensuite longer la clôture jusqu'à la rivière qu'il faut traverser et continuer tout droit en suivant le chemin.
Seul le silence lui répondit puis un remerciement fut lancé.
- Saaaaaaaaaaam !
Toutes les têtes se tournèrent vers Izumi qui venait vers eux en marchant, un bras levé tenant haut l'oiseau mort. Il arriva à leur niveau et tendit la bestiole à la demoiselle.
- Tiens, tu l'as pas loupé, comme toujours.
Il se tourna vers le groupe de pirates, fier de lui et fier de ce qu'il allait dire :
- Vous savez, c'est une championne. Elle ne rate aucune cible avec ses flèches.
Samantha attrape la perdrix et en extraya la flèche qu'elle rangea dans son carquois. Izumi semblait troublé, clignant des yeux tout en fixant le groupe. Puis, la lumière se fit dans l'esprit du petit garçon, qui demanda :
- Dites, vous êtes qui ?
Un sourire fleurit sur le visage de monsieur ananas tandis qu'il se baissait pour se mettre à la hauteur du garçon. Il passa une main dans ses cheveux avant de se relever.
- Je m'appelle Marco, dit-il. Le grand à côté c'est Joz.
- Et moi, c'est Ace ! compléta le brun au chapeau.
La chasseuse en profita pour les saluer de la tête. Ils ne semblaient pas si méchants que ça, finalement.
- Voici Izumi, présenta-t-elle le garçonnet. Quant à moi, on m'appelle Sam. Comme Samantha.
Elle pivota et s'apprêtait à partir lorsqu'elle proposa :
- On rentre à Pilem. Vous voulez qu'on vous accompagne ?
Marco, qui semblait être le chef de la troupe, haussa les épaules avant de finir par hocher la tête. Izumi, qui avait guetté leur réponse sourit, de toute évidence ravi que ces étrangers les suivent. Peut-être pourrait-il leur poser tout plein de questions ?
Ils s'étaient tous mis en marche, la jeune femme en tête, la perdrix à la main et l'arc à l'épaule, le petit brun préférant marcher entre elle et les pirates. Il se tourna soudainement, continuant d'avancer à reculons.
- Vous venez d'où comme ça ? demande-t-il au blond.
- On vient de la mer. On a accosté vers la plage derrière la forêt.
- Vous êtes des pirates ?
- Dans le mille !
- Vous avez des cartes au trésor alors ?
- Possible.
- Ça doit être chouette d'être pirate, non ?
- Ça dépend, répondit Ace. On fait la fête, on se fait de nouveaux amis, on voyage beaucoup, mais on doit aussi se battre et ça c'est moins bien pour un gamin comme toi. Et puis on est recherché par la Marine.
La dénommée Sam se retourna, les mains sur les hanches et le regard fixé sur Izumi.
- Dis donc toi, que dirait ta mère si elle t'entendait parler comme ça de la piraterie ?
- Maiiiiiiiiiis ! Sam, je pose des questions, c'est tout !
L'interrogatoire continua, rendant la promenade plus agréable pour l'équipe de tête. Le regard vif et intéressé du petit n'avait pas échappé au Phénix qui jouait le jeu et répondait à ses interrogations. Les silhouettes de toits ne tardèrent pas à entrer dans leur champ de vision, signe que l'arrivée était tout près.
Samantha rajusta sa tresse de cheveux châtains qui lui arrivait au bas des omoplates avant d'étirer ses bras. Geste qui dévoila un tatouage noir sur son épaule droite, jusque-là caché par le tissu de son haut. C'est ainsi qu'un serpent enroulé et gueule ouverte semblait épier le trio Marco-Joz-Ace et roulait sur le dos de la jeune fille à chacun de ses pas. Soudain, le garçonnet se mit à courir en direction de la première bâtisse et cria :
- Maman ! On est rentré !
La mère d'Izumi tenait seule l'unique taverne du village et des environs. Elle était toujours souriante, peu importe l'occasion, et tout comme son fils avait les cheveux bruns, ces derniers lui descendant en cascade dans le dos. Derrière son sourire se cachait une profonde tristesse due à la perte de son mari, disparu lors d'une grave épidémie de fièvre quelques années auparavant. Depuis, Samantha l'aidait à s'occuper de la taverne et lui fournissait le gibier dont elle avait besoin.
- Nous voilà arrivés ! s'exclama la jeune femme. Le bâtiment où est entré Izu, c'est la taverne. A côté vous avez un boucher et une petite épicerie. En face il y a un tailleur, une librairie, un hôtel, un charpentier et la mairie. Et tout au fond, un armurier. Vous l'aurez compris, on est dans la rue principale, c'est la rue la plus vivante du coin. Autour il n'y a que des habitations et des champs.
- Je crois qu'on va aller à la taverne boire un coup, déclara Ace. Merci du coup de main.
Plusieurs pirates hochèrent la tête, satisfaits de la proposition.
- De rien ! Il y a tellement peu de voyageurs ici que quand il y en a, on est content de les voir ! Laissez-moi vous accompagner à la taverne, je travaille là-bas.
Ils avancèrent tous ensemble et franchirent la porte.
- Qu'est-ce que je vous sers ? les questionna la chasseuse de perdrix.
La réponse vint presque à l'unisson :
- Du saké !
La porte derrière le comptoir s'ouvrit sur Millia, la tenancière et mère d'Izumi.
- Qu'est-ce que c'est que tout ce bruit ? cria-t-elle pour dominer le brouhaha généré par les pirates.
- De nouveaux clients ! lui hurla Sam.
En entendant la réponse, la patronne s'avança vers son interlocutrice en souriant et lui demanda où elle les avait trouvés. Samantha lui expliqua leur rencontre à la clairière. Lorsque la plus jeune se tut, elle hocha la tête et conclut :
- Dépêchons-nous de les servir, ils doivent avoir soif.
Elle fit quelques pas avant de s'arrêter et d'interpeller la chasseuse.
- Tu devrais te débarrasser de ton arc et ton carquois pour le service. Et tant que tu y es, pose également ta perdrix. Je doute que tu en aies besoin.
- Je te laisse l'oiseau pour le dîner, comme d'habitude ?
- Oui. Tu manges avec nous ce soir ?
- Non, j'ai promis à Hiroshi de passer chez lui.
Après s'être délestée de son fardeau dans l'arrière-salle, la jeune prit les plateaux remplis de verres et de chopes de rhum déjà prêts et commença à servir les tables. L'une d'entre elle était occupée par le trio de commandants qui discutaient gaiement. A côté d'eux, Izumi les écoutait attentivement.
La nuit était tombée depuis longtemps lorsque le calme commença peu à peu à envahir la taverne. Sam s'étonnait de tout ce que pouvaient boire les pirates, sans parler d'Ace qui aurait pratiquement dévalisé le garde-manger si Marco ne l'avait pas arrêté. La demoiselle se rendit chez Hiroshi, armurier de son état. Chez lui, une douce lumière filtrait à travers les rideaux, signe qu'il était encore debout. A peine l'archère eut-elle frappé à la porte qu'elle s'ouvrit sur un homme assez âgé. Il lui fit signe d'entrer et referma aussitôt derrière elle.
- J'ai fini ton nouvel arc et tes flèches, lui dit-il en lui tendant un petit paquet.
D'un geste rapide, la jeune femme enleva le papier kraft pour découvrir un carquois et un arc. Elle passa rapidement les flèches en inspection. Souples, des plumes blanches composant la hampe, elles étaient belles. La lumière se reflétait dans les pointes en acier finement travaillé. Sam reposa la flèche dans son carquois et s'empara de l'arc. Elle fut surprise par son poids, bien plus léger que celui qu'elle utilisait habituellement.
- C'est du bois de noyer, l'avertit l'armurier.
Et sans doute passé au vernis, vu l'aspect laqué du bois. La jeune femme le porta à bout de bras, l'admirant, avant de le ramener près d'elle et d'en effleurer les contours. Il était sombre, presque noir, sans doute à cause du bois utilisé. Les courbes étaient douces et bien équilibrées.
- Il est magnifique, murmura-t-elle.
Puis, comme se réveillant d'un rêve, elle demanda :
- Combien te dois-je ?
- Oh… rapporte-moi simplement de belles plumes d'oiseaux quand tu pars chasser, répond Hiroshi avec un clin d'œil.
Sam prit congé, passant l'arc et le carquois à l'épaule et retourna à la taverne. Elle possédait une chambre au-dessus du bar, que lui prêtait gracieusement Millia. Aucune lumière n'était allumée, signe qu'Izumi et sa mère devaient déjà être plongés dans un sommeil profond. Sans bruit et dans la semi-obscurité, la chasseuse rejoignit son lit. Elle posa ses nouvelles acquisitions à côté de la commode et prit le temps d'enfiler son pyjama avant de se coucher et de tomber dans les bras de Morphée.
Un rayon de lune éclairait le cadre photo posé sur sa table de chevet. On y voyait une petite fille de sept ans, cheveux châtains noués en couettes, le sourire jusqu'aux lèvres. A côté d'elle, un garçon un peu plus âgé posait fièrement devant l'objectif.
