Auteur : Lady Zalia

Type : Humour, Romance Yaoi et vampirisme pour les 6 premiers chapitres. Après l'histoire change complètement de ton pour devenir Action/Aventure.

Couple : Slash HPxDG / Drarry

Rating : M (vulgarité, violence et sexe)

Disclaimers : Pas plus qu'aux autres, ils ne m'appartiennent, mais de toute façon je ne me fais pas d'argent dessus…

Si vous avez le temps n'hésitez pas à m'écrire une petite review pour me dire ce que vous en pensez, si vous avez aimé ou non, vous rendrez ma journée meilleure ! ✋😀

Cette fic a été inspirée il y a longtemps par un coup de cœur : "La vie d'un calice" de kelokelo, une vieille (et très longue !) fiction Harry/Rogue qui m'avait vraiment accroché à l'époque malgré que je ne sois pas spécialement fan de ce couple. Dans la même catégorie, je vous conseille chaudement "Éternité est l'anagramme d'Etreinte" de Natom. 🎔 Voilà pour les bases. Le lien vampire/calice est aussi partiellement inspiré du jeu de rôle Vampire Mascarade.

L'histoire prend place au début de la 6e année à Poudlard. Pas de bashing et j'essaye d'être le moins OCC possible. Le narrateur est Drago.


***/+/*** Chapitre 1

Dans la famille Malefoy, les secrets tout comme les richesses et le pouvoir, se transmettent depuis toujours de père en fils. Et il y en est un plus particulièrement… Spécialité précieusement gardée secrète, chaque premier fils de la famille Malefoy possède le don obscur, le pouvoir du sang ou plus communément appelé la vitae vampirique.

Dans la famille Malefoy, chaque héritier masculin doit, à sa majorité, choisir un calice, une femme qui le nourrira, transmettra ses gênes et fera office de compagne. Cette règle est appliquée depuis des générations, et je ne vais pas y couper… en théorie...

Aujourd'hui est un jour particulier pour moi, Drago Malefoy premier du nom, dernier héritier de la famille Malefoy. Dans dix mois, le cinq juin précisément, j'aurais dix-sept ans, âge de la maturité chez les sorciers. Et aujourd'hui est le jour où ma mère doit me donner une fiole contenant le sang de mon père emprisonné, LA fameuse fiole contenant LE pouvoir. Le truc, c'est que cela marque aussi le début d'un certain compte à rebours... D'ici mes dix-sept ans, je devrais avoir choisi une compagne qui deviendra mon calice et m'accompagnera dans l'immortalité. Un peu court pour une décision aussi définitive, d'autant plus quand on n'aime pas les femmes... Et ce n'est vraiment pas une passade, je ne les trouve pas et ne les ai jamais trouvées attirantes. Que ce soit les pimbêches de ma maison ou les petites intellos pleines de bons sentiments de la maison Gryffondor, les hautaines filles de Beauxbâtons ou les grossières élèves de Durmstrang, les si frivoles Serdaigles ou les inintéressantes Poufsouffles... Je n'aime pas la gente féminine, tout simplement.

Heureusement pour moi d'ailleurs que mon père est en prison, sans quoi il m'aurait retiré mon immortalité aussi vite qu'il me l'aurait confié. Ma mère est plus influençable et surtout plus crédule. Je sais qu'avec elle, je n'aurais aucun mal à garder mon secret jusqu'au tout dernier moment. Et lorsqu'ils découvriront la vérité, je serais déjà lié et plus rien ne pourra nous séparer… Car oui, en réalité, j'ai déjà très précisément choisi qui je veux comme calice et cela ne pourra être qu'une seule et unique personne : Harry Potter.

Mon plan est simple et je n'ai aucun doute sur son degré de réussite : dans quelques heures, ma mère ma remettra officiellement la vitae vampirique qui achèvera ma transformation. Mes cheveux deviendront plus longs, mes yeux plus brillants, ma peau plus pâle, mon corps plus fin et musclé, mes ongles plus pointus et d'une dureté incroyable… sans compter le charme naturel de tout vampire… En bref, Harry Potter ne pourra plus me résister.

L'insensible, le haineux Harry Potter... Celui qui m'a toujours accusé de tant de mauvaiseté mais aussi celui qui m'a libéré de l'aval de mon père, le Gryffondor survivant, le préféré de Dumbledore… La liste est longue, mais par tous les Sangs, pourquoi a-t'il fallu que je tombe amoureux de lui ?! Je me suis souvent demandé, ce qui avait pu me pousser à une telle folie.

Il est brun aux yeux verts, vert comme les couleurs de Serpentard. Ténébreux à souhait, un corps finement sculpté par le Quidditch… je souille régulièrement mon lit en pensant à sa musculature... Ses éternels cheveux en bataille ont bien poussé au cours de l'année dernière et j'espère qu'il ne les a pas coupés pendant l'été. Si ce n'est son amour des moldus et ses amis (qui de toute façon finiront bien par mourir), il est parfait. Et une fois qu'il aura succombé à mes charmes, je transformerais sa haine en amour et le rendrais dépendant de moi par mon sang… c'est définitivement un plan parfait.


Et voilà, l'heure était venue. Mon parrain, Severus Rogue, se trouvait devant moi en compagnie de ma mère dans l'un des cachots de notre manoir. Le reste de la famille encore vivant et en liberté était au salon. Ils n'étaient pas autorisés à assister à mon « avènement » comme ils disaient. D'un côté j'en étais soulagé car la transformation était un processus relativement douloureux, et moins de me personne me voyait dans cet état, mieux mon honneur le supporterait.

Assis sur une sorte de stèle de marbre, j'étais torse nu, les cheveux détachés, un seul pantalon noir pour recouvrir mon intimité. J'avais un peu peur de cet inconnu que représentait ma transformation, mais sur le moment je ne l'aurais jamais avoué. Je tressaillis lorsque la main de Severus se posa sur mon torse pour m'obliger à m'allonger, tandis que ma mère remplissait un premier verre de sang pour moi. Il fallait que j'en boive assez pour enclencher le processus de transformation qui était déjà inscrit dans mes gènes. Je bus le sang de mon père, le sang d'un vampire, lui-même fils de vampire, descendant d'une longue lignée de vampires… Ma gorge remplie du liquide épais et froid, j'essayais de trouver un goût à ce qui allait devenir ma nourriture. Je savais que rien n'égalerait celui que je boirais à la gorge de mon futur calice, on me l'avait suffisamment répété : "Le sang du calice est le nectar du vampire". Pour l'heure j'en étais encore loin. Le sang de mon père avait un arrière-goût métallique, presque acide, et était désespérément froid. Peu à peu je sentis mes boyaux, puis tout mon estomac, se geler. Je savais que j'étais en train de mourir en quelque sorte, et la sensation au départ légèrement désagréable devint bientôt insupportable tant la douleur déchirait chacun de mes membres. Tout mon corps me brûlait, me lançait comme si j'étais écartelé au-dessus d'un grand brasier. Je hurlais et n'avais plus conscience de ceux qui devaient m'entourer. Je n'aspirai qu'à la fin, de quelque manière que ce fut. Enfin tout s'arrêta soudainement. Je ne voyais plus rien, ne sentais plus rien, et n'entendais qu'à peine les bruits autour de moi, comme si j'avais la tête plongée dans une eau noire, opaque et glacée. Cette sorte de mort ne dura que quelques secondes, puis j'ouvris les yeux. Non pas comme un vivant ouvre les yeux, mais comme seul un non-mort peut le faire. Comme si j'avais toujours été sourd et aveugle et que je me rendais tout d'un coup compte que je voyais et entendais parfaitement. Tout était d'une précision surnaturelle, je percevais désormais chaque bruit dans le manoir. Je pouvais sentir le grain très légèrement imparfait du marbre sur lequel j'étais. Et l'odeur de l'humidité ambiante, le parfum de ma mère, la fragrance plus forte de mon parrain, due aux vapeurs de potions qui avaient imprégné ses vêtements... Tous deux me regardaient d'ailleurs, semblant attendre quelque chose de moi, sans doute une parole.

Amusé, je songeais plutôt à tâter ma nouvelle dentition. Deux canines tranchantes et pointues à souhait avaient remplacé mes dents déjà proéminentes par rapport à la normale.

- Alors ?

Je levai la tête vers Severus, laconique comme à son habitude…

- Je ne ressens aucune douleur… mes sens sont aiguisés… mon corps est différent, mais en mieux. Il me semble que tout s'est bien passé.

Alors que je parlais, je remarquais que ma voix était un peu plus rauque que d'habitude, sans doute à cause de ce que je commençais déjà à ressentir : la faim. Ma gorge sèche me brûlait comme si je n'avais bu aucun liquide depuis plusieurs jours. Et je savais que rien ne m'apaiserait totalement tant que je ne l'aurais pas lui.

Lui que j'aimai déjà, lui que je désirai plus que tout autre chose.

Maintenant encore plus, car être vampire exacerbait tout, absolument tout ce que je pouvais ressentir, que ce soit les cinq sens ou les sentiments.

Ma mère qui semblait avoir remarqué ma soif, pinça les lèvres, comme si elle était indisposée de devoir reconnaître ces symptômes.

- Tu devrais aller t'habiller convenablement puis nous rejoindre dans le salon. Les familles Parkinson, Greengrass et Bulstrode sont déjà là.

Je serrai les dents, partagé entre l'idée de tout envoyer balader et l'idée de garder intact la mascarade. Pansy Parkinson, Millicent Bulstrode, Daphné Greengrass… Trois de mes prétendantes. Trois filles pourvues des nobles « qualités » privilégiées dans nos rangs : avares, bornées et brutales… De vraies pestes. Mais toutes trois Sang-pur, riches et dont les parents étaient partisans du Seigneur des Ténèbres. Toutes trois prêtes à écarter les cuisses au premier partit qui leur serait proposé. Elles me répugnaient, j'allais pourtant probablement devoir mettre l'une d'elle dans la confidence pour pouvoir tenir jusqu'à mes 17 ans… enfin pas entièrement. Le fait que Potter soit ma cible devait rester un secret de Basilic. Personne d'autre que moi ne devait le savoir, sinon mon plan serait un échec… à part peut-être mon parrain qui, malgré son aversion pour le fils de James Potter, pourrait m'aider tout en gardant le secret… enfin je verrais ça de retour à Poudlard. Sans un mot, je montai dans ma chambre pour m'habiller. Même si j'avais l'impression d'être un nouveau-né dans un corps qui ne lui appartenait pas, je ne tremblai pas et aucun émoi ne transparaissait sur mon visage. Je me recoiffai et enfilai rapidement une chemise noire, laissant ouverts les boutons du haut pour plus d'aisance.

Satisfait de mon apparence, je descendis lentement les marches, laissant le silence se faire à mon arrivée alors que tous les regards se tournaient vers moi. Je sentis leurs yeux me scruter, essayer de déterminer ce que la transformation avait opéré comme changements. Ils ne pouvaient le voir et je souris, dévoilant mes canines à présent proéminentes. Il régnait dans la pièce un parfum de vague inquiétude… non plutôt du malaise face à la créature que j'étais devenue. Mais j'étais aussi un gentleman de bonne famille, entièrement au fait de ma nature et capable de me contrôler. Je saluai tout le monde avec le respect et la courtoisie qui leur était due et plongeai ostensiblement mon regard sur Pansy, Daphné et Millicent pour faire plaisir à ma mère. Et dire que j'aurais dû vivre mon immortalité avec l'une de ces trois-là… Je dû user de tout mon self-contrôle pour réprimer une grimace de dégoût. Vraiment, je n'aurais pas survécu. Car un vampire ne peut faire souffrir ou tuer son calice, et l'une ou l'autre, j'aurais trop vite succombé à la tentation… Espérons que Potter ne me rendra pas dingue.

La journée se passa sans incident particuliers. On me fournit du sang animal, mais c'était tout juste bon à apaiser ma soif. Le goût était fade… acre. On s'empressa de m'assurer que dès que j'aurais choisi mon calice, je serais comblé. Évidemment, comme si je ne savais pas tout cela ! Déjà que je n'avais eu que rarement le choix dans ma vie…

Lorsque la nuit tomba pour mon plus grand soulagement, je pus enfin sortir me promener et tous les invités repartirent, y compris mon parrain. J'aurais préféré l'accompagner plutôt que de rester avec ma mère pour le reste du week-end. Je passai d'ailleurs mon dimanche à lire, impatient à l'idée de faire le trajet de nuit pour me rendre à Poudlard. Le fait que je sois à présent un vampire n'était pas très gênant pour ma scolarité, car je pouvais vivre pendant la journée tant que je n'étais pas en plein soleil. Et mon cher parrain Severus Rogue allait tout faire pour m'épargner le moindre inconfort.

Le dimanche soir, j'utilisai le réseau de poudre de cheminette pour me rendre à Pré-Au-Lard avant de prendre une calèche jusqu'à l'école. Il était désormais hors de question que je prenne le Poudlard Express comme les autres élèves, j'arrivais donc la veille de la rentrée pour plus de confort.

À peine arrivé devant les grilles du château, il était là pour m'accueillir, vêtu de son éternelle robe noire. Il m'amena à mes nouveaux appartements, qui étaient d'ailleurs à proximité des siens, aux cachots. Malgré l'environnement souterrain, ils étaient luxueux à souhait, avec tout ce qu'il incombait à ma condition d'héritier Malefoy, de vampire et de préfet Serpentard. Severus n'attendit pas que j'aie finit de m'installer pour venir me questionner :

- Et bien Drago, nous voilà maintenant entre nous, loin de ta mère et de la moralité. Je sais que tu caches quelque chose, je le sens et ne me mens pas là-dessus si tu veux que je te couvre. Tu as quelque chose en tête quant au choix de ton calice, n'est-ce pas ?!

Je n'essayai pas de mentir, il me connaissait trop bien.

- En fait je comptais te le dire tôt ou tard, mais… tu connais déjà mon sentiment en ce qui concerne la gente féminine, n'est-ce pas Severus…

- Certes, et cela en lui-même va déjà défrayer les chroniques des hautes familles sorcières pour un bon bout de temps. Mais tu dois préparer quelque chose de pire au vu de tes tentatives d'éloignement de ta mère. Elle m'a prévenu que tu ne comptais pas rentrer au manoir avant ta majorité. Pourquoi cela ?

Je réprimai un sourire qui aurait sans doute été mal accueilli.

- Et bien… que penses-tu de la réaction de ma mère et du reste de la famille en te disant que j'ai choisi Harry Potter comme calice ?

Ça y est, le sort était lancé. Je vis les yeux de mon parrain s'écarquiller sous l'effet de la stupeur alors qu'il se rattrapait à mon bureau. Il reprit néanmoins contenance en un clin d'œil, comme toujours fidèle à sa qualité d'espion. Intérieurement, je jubilais, fort satisfait de l'effet que je venais de produire.

- Harry Potter… je ne veux pas savoir pourquoi tu l'as choisi, épargnes moi les détails. Et bien je t'aiderais, comme je le peux, j'ai promis de t'aider après tout... Je m'arrangerais pour que tu sois seul avec lui, ce ne sera pas bien compliqué…

Il ferma les yeux quelques instants en s'appuyant sur mon bureau avant de laisser un micro sourire transparaître sur son visage. Un sourire comme seul j'étais capable de le voir.

- En vérité si tu l'obtiens, cela sera sûrement bénéfique pour toi. Tu auras totalement en ton pouvoir le Survivant.

Je hochais la tête, mais en moi-même je pensais plutôt le contraire. Harry ne serait pas mon esclave mais mon amant, cela je me l'étais promis. Le lien le rendrait dépendant de moi, mais je ferais en sorte qu'il tombe amoureux avant et qu'il m'accepte en son âme en conscience.

Severus prit congé, me laissant seul avec mes résolutions. Le jour ne se levait pas avant plusieurs heures mais je n'étais pas pressé. Les autres élèves n'arriveraient pas avant le soir, j'avais donc tout mon temps pour ranger mes affaires, me reposer un peu et profiter d'un château désert. Et demain je pourrais de nouveau l'observer… Ces vacances m'auront paru si longues, loin de lui !

Tout le long du repas de début d'année mon regard fut fixé sur lui et pas une seule fois il ne se retourna. Il devait probablement être très occupé à raconter ses vacances à ses amis, ses précieux fans qui n'avaient d'yeux que pour le prestige qu'il dégageait… Finalement nous n'étions pas si différents lui et moi. Peut-être que Weasley et Granger étaient-ils plus sincères que ces deux abrutis qui me servaient de gardes (comme si cela m'était utile désormais !), néanmoins ils ne pouvaient comprendre la solitude qu'il ressentait à être l'Élu. Moi je le pouvais.

Le repas terminé, tout le monde partit se coucher et moi je rejoignis ma crypte.

Seul dans ma chambre, je me couchai en repensant à Harry et à son corps si parfait (j'avais pu l'entrevoir dans les vestiaires de Quidditch, ce jour où je m'y étais glissé à la fin d'un entraînement). Je ne voulais pas encore imaginer ma main sur son corps, mais si je continuais dans cet état d'esprit, j'allais souiller mes draps d'une manière plutôt incorrecte !

Je me résolus finalement à ne pas dormir cette nuit : de toute façon un vampire n'a que de très faibles besoins de sommeil. Je mettais ces heures à profit pour déambuler dans les couloirs du château quelques heures avant le début des cours, frais, impeccablement habillé, rasé et peigné de près. Mon charme allait s'en faire pâmer plus d'une à présent et comme d'habitude je les ignorerais ostensiblement pour ne me concentrer que sur une seule et unique cible.

Bien entendu pendant les repas, je devais faire en sorte que cela ne se remarque pas trop, alors j'évitais le plus possible la grande salle en prétextant des devoirs urgents. Et quand j'y étais je jouais avec la nourriture, profitant du brouhaha et du bazar ambiant pour passer inaperçu même pour mes soi-disant amis. Je remarquais d'ailleurs bien vite que mes pouvoirs vampiriques me permettaient de masquer ma présence aux yeux des mortels en un clin d'œil sans même qu'ils ne remarquent la différence, comme s'ils oubliaient soudainement mon existence. Je pouvais ainsi observer Harry tout mon saoul, sans être harcelé par les groupies de ma maison. Cette impression était particulièrement jubilatoire et je pris ainsi le temps de découvrir en détail le quotidien de mon futur amant. J'admirais ses traits en cachette et découvrais ses secrets avec avidité. Détail particulièrement intéressant, je su que Harry possédait une cape d'invisibilité. Il m'en avait fait démonstration une nuit, alors que je le suivais dans les couloirs. Ayant entendu le miaulement de Miss Teigne, je l'avais vu disparaître sous mes yeux ébahis, puis réapparaître une fois le danger écarté par mes soins. Cette sensation était grisante, car je savais qu'il ignorait tout de ma présence.

Pour ma plus grande satisfaction, mon parrain ne se fit pas trop attendre pour tenir sa promesse et colla Harry Potter une semaine à peine après la rentrée. Ce soir-là, j'étais assez fébrile à l'idée de me retrouver seul à seul avec mon fantasme dans le bureau même de Severus. J'avais pris soin d'enfiler un uniforme propre et repassé juste avant de le rejoindre, et j'avais arrangé mes cheveux avec ce petit effet décoiffé qui faisait baver Daphné. À peine fut-il arrivé que Severus lui lança :

- Je n'ai pas le temps de m'occuper de vous ce soir Potter, ce sera Mr Malefoy en tant que préfet, qui vous surveillera pendant votre retenue.

- Bien Monsieur.

Je le vis serrer les dents alors que ses yeux trahissaient sa haine envers Rogue. Il le détestait tellement… Une fois mon cher parrain partit, je m'approchai de lui avec un sourire prédateur. Je savais qu'il se méfiait de moi, il était tendu, sur ses gardes, prêt à sortir sa baguette à la moindre agression de ma part. Je pouvais lire ses pensées claires comme de l'eau de roche, il était toujours aussi nul en occlumancie… J'aurais aimé le convaincre que toutes mes « agressions » des années précédentes n'avaient servi qu'à donner le change auprès des Serpentards mais ça aurait été vraiment hypocrite de ma part… J'avais trouvé délicieusement distrayant de le provoquer, d'autant que le Gryffondor avait du répondant… Enfin, pour l'heure il s'agissait de l'occuper de manière innocente, et je savais exactement comment faire.

- Le professeur Rogue ne m'a pas donné de travail particulier pour toi… mais tu n'as pas besoin de te méfier autant, je n'ai absolument pas l'intention de t'attaquer.

Il ne détourna pas le regard

- Si tu l'dis…

Je glissai un doigt le long de la table.

- Tu sais, je n'ai pas encore eu l'occasion de te témoigner ma reconnaissance, pour mon père… tu m'as débarrassé de mon pire ennemi. Grâce à toi je suis libre. Je ne suis plus sous son autorité…

Son rythme cardiaque s'accéléra légèrement et il fronça les sourcils. Apparemment il pensait que j'allais l'attaquer d'un instant à l'autre.

- Ce qui signifie… ?

- Je voudrais te remercier pour cela… et que l'on fasse la paix.

Je pus voir à son visage combien il était étonné. Il ne s'était absolument pas attendu à ça. J'hésitais à lui dire qu'il avait été mis en retenue pour être certain qu'il m'écoute, mais il allait probablement se braquer contre moi, alors j'eus une idée. Satisfait de mon génie, je me tournais vers la bibliothèque personnelle de Rogue pour y dénicher le livre que je cherchais. Celui que mon cher parrain m'avait déjà fait lire avant même ma première année, sur la nature des vampires.

L'ouvrant au chapitre désiré, je le présentais à Harry qui me regarda avec des yeux ronds, symboles de son incompréhension.

- Puisque tu es en retenue, autant te donner du travail sinon le professeur Rogue ne me fera plus confiance. Ce n'est pas bien compliqué, tu vas juste recopier ce chapitre, ça t'occupera pendant une heure et avec un peu de chance ce sujet tombera au prochain contrôle...

Il haussa les épaules :

- Soit. Je préfère ça à quelque sinistre châtiment inventé par Rogue…

Heureusement qu'il n'eut pas l'idée de me demander pourquoi j'avais choisi ce livre, et plus précisément ce chapitre sur la formation d'un lien calice-vampire… Il sembla cependant faire son travail avec grande attention, et je le vis même s'arrêter de temps en temps pour lire toute la page avant de la recopier. Au bout d'une heure, Severus n'était toujours pas revenu, et Harry avait terminé de recopier le chapitre et entamé la lecture d'un second. Il n'avait pas dû remarquer le temps qui s'était passé car le silence demeurait dans la pièce. Certes le sujet semblait l'intéresser, mais je ne voyais pas trop comment commencer une conversation avec lui. Je pris alors conscience qu'il n'avait pas répondu à ma question de tout à l'heure.

- Alors à propos de cette paix… Je comprends que tu sois étonné et tu as bien raison… mais je suis sincère. Je ne t'embêterais plus ni toi ni tes amis, je t'en donne ma parole. Si tu ne me crois pas, tu verras avec le temps…

Le Gryffondor me fixa un moment.

– Quelque chose a changé chez toi… Enfin, je veux des preuves avant de te faire confiance. Et même après, ça ne signifie pas pour autant que nous serons amis…

Suspicieux, dur en affaire… et intelligent. J'aimais ça !

- Tu as raison j'ai changé, et c'est en grande partie grâce à toi. Le départ de mon géniteur m'a réellement affranchi de son ascendance. Avant je marchais sur ses traces mais aujourd'hui j'ai évolué. Tu auras tes preuves. Il est temps de dépasser ces vieilles rancunes que nous ont imposé nos ancêtres… Tu as le temps de réfléchir à ma proposition. L'heure est finie, tu peux partir. Je dirais au professeur Rogue que tu as fait ton travail…

Et avec mon plus beau sourire je jetai un coup de baguette négligent envers les caisses de fournitures qui se rangèrent d'eux-mêmes en quelques secondes.

… Bonne nuit Harry !

Satisfait de mon petit effet, je refermai la porte derrière lui. Le premier pas était fait, ne me restait plus qu'à attendre sa réponse. J'espérais ardemment qu'il soit réceptif à mon charme naturel et si cela ne suffisait pas, mes pouvoirs vampiriques pourraient aussi m'être bien utiles pour le séduire. Outre les changements physiques qui s'étaient opérés en moi, la vitae vampirique avait considérablement augmenté mon potentiel magique : lancer des sorts au niveau de Granger ne me nécessitait à présent plus le moindre effort ! Je pouvais plonger quelqu'un en transe pour une courte période mais aussi insuffler de suggestives et érotiques images mentales à mes victimes… Rien de tel pour faire naître le désir chez quelqu'un ! Car après tout, il ne me restait que dix mois avant ma décision finale. Je devais admettre que c'était un peu court, entre mes ASPIC à préparer et mon rôle de préfet mais le pari était à la hauteur. Si j'y arrivais, Harry Potter serait à moi pour l'éternité.

La première question qu'une personne sensée se serait raisonnablement posé était « Harry Potter est-il homosexuel ? ». Pour ma part je devais avouer avec bonheur que je connaissais déjà cette réponse depuis l'année précédente. Quelle ne fut pas ma jubilation ce jour-là, lors de l'une de mes fréquentes séances d'espionnage où je l'avais vu embrasser Cedric Diggory en 4e année ! Et oui ! Bien entendu je ne l'avais jamais dit à personne. Moins de gens au courant, moins de concurrents ! Et puisque le Seigneur des Ténèbres avait tué Diggory… Ah quelle riche idée il avait eu ce jour-là ! Mon pauvre Harry s'en était bien difficilement remis et n'avait pas repris de petit ami depuis… Ses propres amis n'en avaient même pas été mis au courant, Weasley et Granger étaient bien trop accaparés par leur propre relation pour s'en préoccuper. Au fur et à mesure de mes filatures, je m'étais aperçu que Harry était de plus en plus souvent seul. Il fuyait les autres élèves, recherchait les coins les plus reculés et les moins fréquentés. Son destin d'Élu l'avait rattrapé depuis que le Seigneur des Ténèbres avait ressuscité. Il faisait peine à voir, il fallait bien le reconnaître, et pourtant il semblait qu'il n'y ait que moi pour s'en préoccuper.

Cette nuit-là je déambulais dans les couloirs de Poudlard, comme à mon habitude lorsque je le vis par une fenêtre. Il était assis sur le rebord d'une courtine, seul et sans sa cape d'invisibilité. Je ne lui avais pas ré-adressé la parole depuis cette fameuse retenue de potion et malgré ma volonté de le suivre de près, l'intensité du travail scolaire demandé m'avait empêché tout nouveau rapprochement.

Me déplaçant le plus rapidement que je pus, je le rejoignis en haut de son perchoir, l'approchant furtivement avant de l'interpeller de ma voix la plus douce :

- Bonsoir Harry

Il se retourna sur le qui-vive, le regard suspicieux.

- Malefoy… Drago.

Je levais mes deux mains en évidence.

- Je viens en paix. Je vois que je ne suis pas le seul à aimer la solitude. Tu viens souvent ici ?

- De temps en temps oui, lorsque je n'arrive pas à trouver le sommeil.

Je m'assis à ses côtés, regardant un moment au loin, gardant le silence pour l'encourager à continuer. Après quelques minutes, je repris la parole : il n'avait pas l'air disposé à ouvrir son cœur au premier venu. Je savais ce qui lui faisait défaut et je sentais qu'un peu d'empathie me rendrait plus sympathique à ses yeux.

- Ça ne doit pas être évident pour toi. La plupart des sorciers de notre âge ne pensent qu'à réussir leurs examens, trouver l'amour, profiter de leur jeunesse. Mais certains comme nous sont rattrapés par un destin qu'ils n'ont pas choisi. Je ne prétends pas ressentir ce que tu vis, je ne peux qu'imaginer… Mais on est un peu pareils. Toi on t'a collé un fardeau sur les épaules, celui d'être le survivant, celui qui vaincra le Seigneur des Ténèbres. Moi je suis censé être l'héritier de la famille Malefoy, le bras droit du mal incarné. Je préfèrerais mille fois être à tes côtés, crois-moi.

Ma dernière réplique réussit à lui arracher un faible sourire.

- J'étais loin de m'imaginer que qui que ce soit et toi encore moins, soit capable de comprendre un tant soit peu ma situation… J'imagine que la tienne n'est pas drôle non plus. Ton père était quelqu'un de détestable à mes yeux mais de la manière dont tu en parle, il n'a pas l'air tendre avec toi non plus. Je suppose que tu ne peux pas te permettre de lui désobéir.

- Effectivement. Et par son allégeance au Seigneur des Ténèbres je suis contraint de fréquenter des êtres dont je me passerais bien. Tu as pu croiser ma tante, cette hystérique de Bellatrix Lestrange… Et depuis l'arrestation de mon père, certains Mangemorts viennent chez nous comme s'ils étaient en territoire conquis.

Je le vis serrer les dents à l'évocation de celle qui avait tué son parrain. Il était temps de changer de sujet.

… Enfin ! Si nous nous contentions de cet instant de paix pour parler de sujets plus futiles ? Cette guerre nous empoisonne déjà bien assez l'existence et après tout, la nuit nous appartient, Rusard ne vient jamais ici.

Il soupira.

- Tu as raison. J'aime cet endroit car il est éloigné de tout. Mais toi pourquoi tu viens ? Tu sembles pourtant aimer avoir ta foule autour de toi.

- Tu te trompes… Ceux qui m'entourent ne le font jamais gratuitement. Ils envient mon argent, ma position, mon influence… Les filles veulent que je les choisisse comme épouse, les garçons pensent que j'aurais bientôt une place importante aux côtés du seigneur des Ténèbres. Ce sont des imbéciles et je n'ai aucun véritable ami.

Pour le coup il écarquilla les yeux.

- Une épouse !? Tu comptes te marier aussi tôt ?!

Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire face à son innocence.

- On voit que tu ne connais pas le milieu des sorciers de sang pur. D'ici juin je serais majeur et je devrais annoncer publiquement le nom de celle que j'ai choisie. Le hic dans tout cela c'est que je n'aime pas les femmes tu vois… Je ne sais pas encore comment je vais leur annoncer ça… Le grand héritier Malfoy homosexuel… Ça va défrayer les chroniques sorcières… Et si mon père avait été en liberté il m'aurait probablement tué sur le coup.

J'avais saisi l'occasion pour lui annoncer mon attirance envers les hommes. Au moins une chose de faite. Harry accepta l'information comme si de rien n'était.

- Et ben… Moi au moins personne ne peut prétendre diriger ma vie sentimentale au nom d'une quelconque valeur… Enfin sauf Hermione qui cherche absolument à me caser mais bon. Elle n'a toujours pas compris que je ne veux pas sortir avec qui que ce soit pour le moment.

- Et pourtant de nombreuses filles te tournent autour… Tu as l'embarras du choix. N'importe laquelle de celle que tu choisirais dirait oui tout de suite.

Harry se tourna vers moi mais ne dit rien. Je supposai qu'il hésitait à m'avouer sa sexualité de but en blanc. Ce n'était pas une chose que le mec le plus populaire de la presse sorcière devait pouvoir se permettre de dire à son ancien pire ennemi. Il soupira, et ma sensibilité vampirique me chuchota qu'il aurait aimé avoir quelqu'un à qui se confier.

- J'ai l'impression que tu n'as pas trop le moral en ce moment, je me trompe ?

Cette dernière phrase fut le déclencheur et pour la première fois de mon existence, Harry Potter s'ouvrit à moi.

- Ce serait plus facile si les seuls êtres que je considère dignes de confiance n'étaient pas obnubilés par leurs petits problèmes personnels. Ils ne me demandent même plus comment je vais, je vois dans leurs yeux qu'ils ont peur de ce que je peux leur répondre. Cette chère Hermione me croit paranoïaque et Ron envie ma popularité. L'année dernière c'était tout juste si je n'avais pas inventé le retour de Voldemort d'après eux… Je supporte leur présence de moins en moins, entre leurs disputes de couple où ils me prennent à parti et leurs leçons de morale, je ne vois pas bien comment je pourrais me sentir mieux grâce à eux !

- Je vois. Écoute, j'ai une chose à te proposer… Puisque nous sommes tous les deux seuls avec un karma pourri, je pense qu'il est inutile de se rendre la vie plus difficile qu'elle ne l'est déjà, alors ce que je te propose c'est de se retrouver ici une nuit par semaine. Tu vides ton sac, je vide mon sac et rien de ce qui est dit ici n'en sort. Je n'ai personne à qui confier mes états d'âme non plus, ça ne peut pas nous faire de mal. Je te promets que je n'en profiterais jamais pour te tendre un piège, je t'en donne ma parole.

- Parole de sorcier, il en sera de même pour moi. Je… Il vaut mieux que j'aille me coucher si je ne veux pas avoir l'air d'un mort-vivant demain… Merci.

Harry disparu rapidement, me laissant seul sur le rebord de pierre. J'attendis d'être certain de ma solitude avant de laisser exploser ma joie : Harry Potter avait accepté ma proposition, c'était comme s'il avait accepté mon amitié ! Rien ne transparaîtrait aux yeux du monde, ce plan était absolument parfait ! J'étais à présent assuré de retrouver Harry seul à seul au moins un soir par semaine ! C'était le paradis.

La semaine suivante me parut d'une longueur interminable et le jour de la rencontre j'étais dans un état d'excitation relativement avancé. Je passai l'heure du repas sous une douche glacée, histoire de calmer ma libido et j'eus besoin de tous mes talents de comédien pour avoir l'air naturel à son arrivée. Assis au même endroit que la fois précédente, je le saluais d'un signe de tête, évitant de trop sourire pour ne pas avoir l'air d'un fou et surtout masquer mes canines proéminentes. Heureusement que je m'étais nourris à satiété !

- Salut Harry.

- Salut Drago. Tiens, j'ai ramené des bonbons ! Vas-y, sers-toi.

Il s'assit à mes côtés, déposant un paquet de bonbons entre nous. J'étais heureux qu'il ait accepté de m'appeler par mon prénom et me décalais pour me mettre face à lui, repoussant cependant les friandises humaines avec une pensée gourmande envers les sucettes au sang vendues à Honeydukes.

- Désolé, j'ai… une forme de diabète qui m'interdit les sucreries… Mais sinon, comment s'est passé ta semaine ?

- Voyons… J'ai reçu une boîte de cookies empoisonnés, j'ai été viré du cours de sortilèges à cause de Ron et le meilleur, hier j'ai réussi à coincer malencontreusement un pan de mon uniforme dans un mur en empruntant un passage secret. Celui-ci s'est déchiré, je me suis retrouvé sans uniforme pour le reste de la journée. McGonagall n'a rien voulu entendre et a retiré dix points à Gryffondor rien que pour ça.

- Pas mal. Attends de voir moi. Je ne sais pas si tu vois qui est Nelly Venagan, une fille de Serpentard qui doit bien faire dans les 80kg… Lundi matin pendant le déjeuner elle s'est volontairement laissé tomber sur moi, soi-disant pour attirer mon attention. Outre son poids considérable, je me suis retrouvé avec une tartine pleine de confiture écrasée sur mon uniforme qui a collé pendant toute la matinée. Le lendemain, dans un couloir, un première année à accidentellement laissé tomber sa longue-vue sur mon pied, la lentille s'est brisé et un éclat s'est planté dans ma cheville. Le meilleur reste à venir. Ce matin, Millicent Bulstrode s'est mise debout sur la table pour me clamer son amour en chanson. Elle a fait tomber plusieurs assiettes par terre et a fait perdre quinze points à Serpentard à cause de sa conduite, en plus de m'infliger une honte mémorable ! Je me demande encore ce qu'il lui a pris. T'as le droit de rire… C'est vraiment pitoyable !

J'avais ajouté cela en voyant combien il se retenait. Tous ces faits étaient vrais. J'avais manqué de tuer Nelly Venagan et cet élève de première année. Et quand tous les élèves présents dans la grande salle s'étaient moqués de moi, j'avais rêvé de tous les faire disparaître. Heureusement qu'Harry n'y était pas d'ailleurs… Je commençais réellement à haïr les autres élèves.

Mon récit finit, mon compagnon d'infortune n'attendit pas pour éclater de rire.

- Ah ah ah quels piètres élus faisons-nous ! Moi le héros du bien, toi le prince des Serpentards… Les gens oublient trop souvent qu'on est humain.

Je ne répondis pas. J'ignorais s'il était déjà prêt à connaître la vérité sur ma nature.

- On est obligés de supporter des choix que d'autres ont fait pour nous, notre vie est régie à l'avance et on doit lutter si on veut choisir son propre chemin. J'aimerais vivre dans une famille lambda parfois… Moins d'obligations, moins de rang ou de réputation à conserver…

- Oh moi tout le temps. Si seulement j'étais parfaitement inconnu ! Connaître une vie normale avec une famille normale…

- Tu vis chez ta tante, c'est ça ?

Pour le coup je pénétrais en territoire inconnu. J'ignorais tout ou presque de son existence extra-Poudlard.

- Ouai, ma tante, mon oncle et mon cousin. Ce sont des moldus et ils haïssent tout ce qui a un rapport avec la magie. Ils sont débiles, bornés, avares et méprisants envers tout ce qu'ils ne peuvent pas comprendre. Ils représentent tout ce que je déteste. Plus vite j'atteindrais ma majorité et plus vite je ne serais plus obligé d'aller vivre chez eux chaque été…

- Et ben ! Moi qui croyais que tu étais un fervent défenseur des moldus…

- Encore une étiquette qu'on m'a collé sur le front ! N'importe qui adore les moldus devrait vivre quelques temps avec eux pour se rendre compte de la réalité. Enfin ils ne sont pas tous comme ma famille, heureusement...

- Bah je suppose que certains sorciers ne valent pas mieux…

Ce genre de convictions était pour moi un terrain glissant. Je savais qu'Harry n'appréciait pas ce « racisme moldu/sorcier » auquel on m'avait habitué depuis toujours. Il fallait que je contrôle mes paroles si je ne voulais pas le froisser. Pour l'instant, plus j'en apprenais sur lui et plus je me rendais compte combien nous étions semblables. Ma passion pour Harry Potter s'en retrouvait sans cesse ravivée et mes lèvres brûlaient de lui exprimer mes sentiments. Mais il était encore bien trop tôt et pour l'instant, il fallait mieux que je calme mes pensées si je voulais avoir l'air naturel.

- Je dirais que ça s'équivaut. Les humains, moldu et sorciers confondus, sont capables du pire comme du meilleur. Les sorciers ont leur guerre tout comme les moldus ont les leurs. La nation parfaite n'existe pas. Les humains sont trop égoïstes pour vivre en paix…

Harry conclu en enfournant dans sa bouche une bonne poignée de bonbons. Je suppose qu'il en avait déjà plus qu'assez de cette guerre, tout comme moi. Mais c'était inscrit dans notre destin. Harry Potter l'Élu, le seul capable de vaincre le Seigneur des Ténèbres et moi Drago Malefoy, le vampire renégat à son clan. Car c'était une chose claire comme du Veritaserum : Si Harry devenait mon calice, je n'aurais d'autre choix que de le protéger tout le long de son existence, quels que soient ses choix… Je levai la tête vers les étoiles, essayant de trouver un sujet pour relancer la conversation.

- La nuit est belle ce soir, parfaitement dégagée. On peut discerner tous les astres sans difficulté, je trouve ça reposant.

Je n'étais pas franchement doué pour la rhétorique ni pour la poésie. Harry ne fit cependant aucun commentaire, se contentant de sourire.

- Pour l'instant il fait encore beau mais cet hiver il faudra trouver un autre endroit où se donner rendez-vous.

Mentalement je me disais que d'ici l'hiver j'espérais bien l'avoir déjà attiré dans ma chambre.

- Tu as raison, j'y réfléchirais… Pour l'instant il se fait tard, tu devrais peut-être aller te coucher. La prochaine fois j'essayerais de ramener quelques bièraubeurres. Je t'aurais bien volontiers raccompagné en tant que préfet pour que tu ne risques rien mais je sais que ta précieuse cape d'invisibilité te sera bien plus utile.

Il se tourna vers moi, mordant sa lèvre inférieure… Son visage était diablement séduisant !

- Ma cape ? Comment le sais-tu ?

- Ho... depuis la troisième année déjà… Tu m'avais attaqué à Pré-au-Lard !

Harry rougit brusquement, se remémorant probablement l'événement en question.

- Mince ! J'avais oublié ça… Enfin tu as doublement raison il vaut mieux que j'y aille. Je me débrouillerais parfaitement seul, je te remercie.

Effectivement il sortit sa cape de son sac et après un sourire délicieusement craquant, il disparut sous mes yeux.

Avec un soupir à faire tomber une muraille, je m'en retournai vers mes propres appartements. J'avais plutôt bien avancé à l'espace d'un mois, mais le temps pouvait vite passer si je ne faisais pas attention. De plus, j'ignorais les plans du seigneur des Ténèbres à son sujet donc autant ne pas traîner pour en faire mon calice. Plus vite il serait lié à moi et plus tôt je pourrais le protéger. Et cela impliquait de lui apprendre et de lui faire accepter ma nature vampirique, de le séduire et de l'emmener dans mon lit, de boire son sang et de prendre son corps, le tout sans le forcer ni l'envouter.

Une petite voix résonna quelque part dans mon esprit : « Les filtres d'amour c'est pas fait pour les hippogriffes ! »

Je secouais immédiatement la tête cependant : un calice ne doit pas s'hypnotiser ni s'ensorceler. C'est la règle, il devra être conscient et totalement volontaire sans quoi le lien ne se formerait pas...

***/+/***

Bon on va s'arrêter là pour ce premier chapitre. Ça faisait plusieurs années que cette fic traînait dans mon esprit et j'ai enfin décidé de la mener à son terme. La version que vous lisez actuellement est la dernière relecture avant de publier le 28e chapitre qui clôturera cette histoire.