L'épreuve de la bénédiction
Base: Saint Seiya
Genre : Recueil de courts OS de type familial à humour débile en général
Couple: Il y a de tout, du classique, du ship que j'affectionne et du crack ship et en principe, le contexte se base en post résurrection de toutes époques.
Note: Et c'est reparti pour un recueil de OS indépendants les uns des autres dont le seul point commun est la rencontre et/ou la relation avec la belle famille (frère, sœur, père biologique ou adoptif). Je sais que pour le moment il y en a à peu près 20 de prévus. On verra si je craque encore plus et que j'en fais d'autres. En attendant, voici le tout premier. C'est Kanon qui ouvre le bal et rencontre les frères de son poilu de chéri, Rhadamanthe. En vous souhaitant une bonne lecture.
1) Kanon vs Minos et Eaque
Château de Heinstein, Allemagne. Aucun doute, il était arrivé à destination.
La dernière, enfin la première fois qu'il s'y était rendu, c'était pendant la guerre contre Hadès, quand il avait rencontré son petit ami. Le coup de foudre. Et la bâtisse en train de se réduire en miettes sous des tremblements de terre hallucinants. À y réfléchir, heureusement qu'il était éloigné du dernier village qu'il avait traversé avec sa voiture de location.
La paix était revenue, les dieux apaisés et Kanon avait pu commencer une vraie relation avec cet ennemi, un des plus puissants généraux de l'armée du seigneur des Enfers, Rhadamanthe. Seulement, ils avaient pris un appartement sur la côte grecque, loin de leurs familles. Et le moment était arrivé de sympathiser un minimum avec les deux demi frères de son Spectre. Deux êtres complètement dérangés au niveau du cerveau à vrai dire. L'un était un sadique affirmé et fier et l'autre une brute qui voulait constamment battre son record personnel de lancer d'adversaire. Manquerait plus qu'il veuille faire reconnaître cela en discipline olympique.
Bref, la dure épreuve se ferait dans la demeure d'Hadès reconstruite entièrement. Le second Gémeau n'avait aucune idée de la manière dont il allait être cuisiné et ce, tout le temps d'un week-end.
Juste Rhadamanthe avait précisé ''Ne te prends pas la tête, amène juste un pack de bières''.
À la question: ''Pourquoi?'' il n'eut qu'un silence en retour.
Il n'espérait qu'une chose: pouvoir dormir aux côtés de son compagnon la nuit et pas dans la cave.
En entrant dans la cour, il aperçut un jeune homme aux cheveux roses sortir par une porte annexe: Valentine, un subordonné de son juge. Sans être amis, sans la moindre hostilité entre eux, ils se connaissaient assez du fait qu'ils se voyaient dans des lieux communs et assez souvent en fin de compte.
« Tiens, Kanon, fit le Spectre. Tu viens voir mon seigneur Rhadamanthe?
-Oui, on doit passer le week-end ici.
-Oh...
C'était quoi cette intonation? Du mépris? Du jugement? En tout cas rien de positif à priori...
-Comment ça 'oh'?
-Kanon... Valentine prit alors un ton presque solennel, aux limites du dramatique, ce qui n'engageait rien de bon... Ecoute, tu m'autorises à pénétrer dans les fonds marins pour que j'aille voir mon aimé, mon bonbon rose de l'océan, alors sache que tu as tout mon soutien.
-Je... je dois m'attendre à quoi au juste?
-Au chaos! Surtout un vendredi soir en cette période de l'année. Si tu passes cette épreuve, sache que mes Seigneurs Minos et Eaque te considèreront comme le beau frère parfait. Sois fort, Kanon. Mais j'ai confiance en toi.
-Valentine...
-Bon je file! Je passe le bonjour de ta part à mon Io-chou! »
Le jeune Spectre partit, laissant le plus grand interdit dans la cour du château, son sac de voyage dans une main, un pack de bière dans l'autre.
へへへ
Kanon sonna à la porte d'entrée et fut accueilli par des hommes de main du dieu des Enfers, non pas en surplis, mais vêtus de tenues similaires, sombres, rappelant les motifs des protections. On le conduisit au deuxième étage où Rhadamanthe l'attendait.
Ce qu'il était beau son dragon blond et poilu et si élégant avec cette chemise écru qui épousait ses muscles, et ce pantalon de velours marron qui moulait ses jambes et son derrière à merveille. Le subordonné de l'homme de sa vie était vraiment trop dramatique. Comment son séjour pourrait être gâché avec cette incitation à la tentation sous ses yeux.
Sans plus attendre, il s'avança pour lui donner un baiser, mais il fut repoussé.
« Pas ici, Kanon, ordonna le Wyvern de sa voix grave.
-Ca le fait pas dans le couloir, c'est ça?
-Il y a de ça, et Minos et Eaque vont arriver.
-Je dois être sage devant tes frères, c'est ça? J'attendrai qu'on aille dans ta chambre alors pour te dévorer.
Le Spectre ne souriait que très... trop rarement, mais le Gémeaux remarquait cet infime rictus sur les lèvres se dessiner. S'ils survivaient la première soirée, ce serait dans la poche, probablement.
-Pose ton sac, et suis moi. Tu peux prendre les bières.
-J'ai pris celles qui sont populaires au Sanctuaire, en fait, dit le chevalier. Je sais pas vraiment les préférences de tes frères niveau alcool.
-Ils ne seront pas très regardants à ce niveau pour ce soir, ne t'en fais pas.
Rhadamanthe le conduisit un étage en dessous.
Contrairement à ce qu'il s'était imaginé, ils n'arrivèrent pas dans une grande salle à manger de style XVIIIème siècle, avec une grande table interminable ni rien. Ils entrèrent dans ce qui pourrait ressembler au foyer du Sanctuaire – ce petit bâtiment financé par la fondation de leur déesse qui faisait office d'espace détente – avec un canapé qui avait l'air confortable, une table basse et une grande télévision à écran plat. Le blond alla fermer les lourds rideaux, laissant la lumière du lustre remplacer celle du soleil couchant.
-C'est...
-C'est ici qu'on va passer la soirée, oui, confirma le Spectre. Et je pense qu'ils vont arriver.
Avant de pouvoir poser une nouvelle question sur cette situation incongrue, deux auras très puissantes annonçaient leur arrivée imminente.
Les juges du Griffon et du Garuda firent leur entrée dans la pièce.
-Tiens, salut, le Gémeau ou Dragon des Mers ou je sais pas quoi d'autre, fit Eaque tout en s'installant directement dans le canapé, en plein milieu.
-Bonjour Kanon, ajouta Minos plus sombrement mais le toisant de ces petits yeux vicieux au travers de sa frange argentée.
Le chevalier d'Athéna ne l'aimait franchement pas, mais se garderait de le lui avouer. Surtout ce soir où il allait devoir se faire accepter par ce sadique. Aussi, il répondit d'un signe de tête.
-Vous avez fini tôt de travailler, constata Rhadamanthe.
-J'ai refilé mes dossiers à Minos.
-Rune, mon procureur a tenu à traiter le plus de cas avant ce soir.
-En gros vous avez rien foutu...
-Voilà.
-J'ai une organisation différente de la tienne, Rhada.
-Tu te sers de Rune comme larbin, ouais.
-Et toi tu as fait des heures supplémentaires pour plier tout ton boulot, afin de venir ici, laissant ton mec abandonné le restant de la semaine et martyrisant tes hommes et gueulant comme un putois si fort qu'on t'entendait de l'autre côté des enfers.
-C'est sur que je passe pas mon temps devant l'ordinateur comme toi, à regarder des vidéos de bouffe toute la journée. Tiens, je vais demander à notre seigneur Hadès de couper la connexion internet dans les Enfers. Nous n'avons jamais eu besoin de cette connerie pour bosser.
-Mais Rhada..., se plaignait le Garuda.
-C'est totalement inutile!
Kanon observait complètement abasourdi l'échange entre son petit ami et les deux autres terribles juges d'Hadès. Il se croyait au Sanctuaire assistant à un début de bagarre entre Aiolia et Camus qui se disputaient la peluche de lion à gagner lors de la loterie annuelle du village d'à côté. À croire que même pour ces adversaires redoutables, leur part d'humanité reprenait le dessus depuis le retour à la paix.
Au cours de cette dispute – si l'on pouvait employer ce terme – Eaque s'était mis debout sur le canapé, en chaussettes alors qu'il était vêtu d'un simple jean et d'un sweat bleu marine et sautait au rythme de ses éclats de voix, tandis que Rhadamanthe et Minos, bien prétentieux et pédant dans son costume gris avec chemise et cravate, criaient tout aussi fort que leur cadet et ce, pour des broutilles du quotidien et leurs conditions de travail de juges des Enfers. Du moins de ce qu'il arrivait à attraper comme mots dans tout ce chaos.
Valentine n'avait finalement pas exagéré. Sa belle famille était non seulement redoutable au combat physique, mais extrêmement douée pour ce qui était de la torture psychologique.
Vivement ce soir qu'il puisse subir la puissance de son dragon, mais dans leurs ébats amoureux, loin de ses tarés de frères.
Alors que le ton baissait enfin, et Eaque posa son regard sur le Gémeau. Il descendit du canapé et alla sortir un papier du tiroir d'un meuble qu'il lui tendit. ''Pizza Paradise''
-Tiens, tu peux les appeler, demanda le Garuda. Tu en choisis dix dont une pour toi et tu demandes à les faire livrer ici. Tu payeras, Rhada te remboursera.
Sans rien comprendre, Kanon accepta le prospectus, mais une voix grave qu'il connaissait que trop bien tonna:
-D'où c'est mon mec qui commande la bouffe? Et d'où c'est lui qui paye tout et que JE rembourse? Je te signale que les soirées foot, tout le monde participe!
-Parfaitement! Rune aussi attend que tu lui rendes l'argent qu'il avait dépensé le mois dernier pour contribuer au remplissage de ton estomac!
-Surtout que c'est TOI qui t'enfiles toutes les pizzas en général!
-Ah ben j'ai personne je compense...
-Putain Eaque tu vas pas recommencer avec ça! Ca va... »
Kanon sortit en silence et le plus discrètement possible de la pièce, son téléphone en main, le papier de la pizzeria dans l'autre. Telle devait être la fameuse épreuve pour intégrer la famille de son dragon blond: supporter les disputes avec ses frères qui prenaient de sacrées proportions. Il espérait retrouver son appartement en un seul morceau, et attendait impatiemment le moment où il se blottirait contre le torse duveteux de son homme. Par contre il avait oublié de prévoir un élément indispensable à ce week-end de malade: des cachets efficaces contre la migraine...
note de fin: Merci d'avoir lu ce OS à l'origine de ce craquage. J'en ai d'autres écrits en avance déjà qui arriveront selon mon rythme d'écriture. J'avoue que cette histoire est totalement débile, et j'ai bien ri en l'écrivant. On ne peut qu'espérer que Kanon survive à ce château de fou! A très vite pour le second dont ce sera la surprise. Des bisous
