Bonjour,
Après une absence ou j'ai écrit sans publier, me voila avec une nouvelle histoire, qui je l'espère vous plaira. Par curiosité, par envie, ou par ennui, n'hésitez pas à aller voir mes autres écrits aussi bien sur mon profil que celui du comptoir des auteurs, un collectif d'auteurs qui regroupe des textes écrits lorsqu'une personne commande un texte.
Merci à Hoodraii.
Lorena fit un sourire chaleureux au bambin de 3 mois qui gazouillait joyeusement dans son couffin. Elle remit une boucle blonde derrière l'oreille de l'enfant, avant de tendre les cartes d'embarquement et les passeports à la personne chargée du contrôle aux frontières qui les regardait avec un air méfiant. Le fonctionnaire détailla longuement les passeports, puis, comme à contre cœur, baragouina une phrase qu'on pourrait traduire par « tout est en règle ».
– Un nouveau départ pour une nouvelle vie, murmura Lorena, en reprenant les documents de voyage.
Âgée de 18 ans, la jeune fille d'une taille moyenne avait des longs cheveux bruns clairs attachés à la va-vite, des yeux bleus clairs, et une peau assez pâle. Elle portait une chemise bleue claire à pois blanc légèrement froissé, un jean noir et une paire de tennis grise. Pour compléter le tout, une veste noire et blanche en laine était nouée autour de sa taille fine. Sa fille quant à elle, était un peu petite pour son âge. Des boucles d'un blond presque blanc avec des yeux gris, elle avait le visage fin de sa mère.
Sac à langer et sac à main sur l'épaule, tenant le cosy de l'enfant dans une main, et document dans l'autre, elle avança dans le long couloir, fait de moquette au sol et mur en contreplaqué probablement aussi fin qu'une feuille de papier, pour arriver dans une grande salle d'attente, meublée par des écrans plasmas, des bancs de chaises rouges en plastique et de plantes trop vertes pour être réelles. Jetant un coup d'œil autour d'elle, elle remarqua que même si la porte d'embarquement avait été annoncée, ce n'était pas pour autant qu'elle et les autres passagers pouvaient monter dans l'avion. Rangeant les papiers en vrac dans son sac, elle entreprit de trouver des toilettes pour changer sa fille.
Sa fille. Anaëlle. La prunelle de ses yeux. Sa vie et son âme.
L'installant sur la table à langer tout en fredonnant, elle sortit sa baguette et entreprit de faire venir à elle couches, talc, lingettes…
– Félicita, c'est regarder devant les cheveux dans le vent… C'est le bleu dans le ciel, une minute au soleil… félicita c'est l'enfant qui va naître, un nouveau jour se lève sur la felicita… felicita c'est croiser le regard d'un nouveau départ.
Se laissant un temps de silence, elle contempla Anaëlle qui essayait d'attraper une mèche de ses cheveux bruns avec ses petites mains. Se détachant à regret de ce spectacle, elle remit sa petite fille dans le cosy et ferma les boucles de sécurité d'un coup de baguette, avant de mettre une bulle autour d'elle pour qu'elle ne soit pas incommodée par le changement de pression atmosphérique avec les oreilles qui se bouchent.
Rangeant sa baguette dans sa poche, elle sortit des toilettes et vit que l'embarquement avait commencé.
– Tu es prête ma chérie ?
Cependant sa puce semblait s'être endormie. Elle lui caressa tendrement la joue, avant de patienter dans la queue. Pour calmer ses nerfs, elle regarda les autres passagers.
Des hommes d'affaires en costards, des couples revenants ou partants en voyage, une colonie de vacances … Et il y avait elle. Elle qui partait pour fuir ses souvenirs. Emportant avec elle sa seule et unique raison de vivre. Sa fille.
– Madame ? Demanda l'hôtesse, devant la jeune fille qui ne bougeait pas
– Excusez-moi, j'étais dans mes pensées.
De nouveau, elle tendit les passeports et les cartes d'embarquement. Et enfin, elle ne pouvait plus reculer. Enfin si. Mais elle ne voulait pas rester ici, à Londres. Elle avait besoin de changement. D'une nouvelle vie.
Marchant rapidement dans la plate-forme menant à l'avion pour ne pas voir le sol par la baie vitrée, elle entra enfin dans l'avion.
Dix minutes plus tard, elle fut enfin installée dans son siège, côté hublot, Anaëlle toujours endormie, installée sur le siège du milieu. Elle aurait pu transplaner, mais la distance était trop grande. Le magicobus roulait uniquement en Grande-Bretagne, et prendre un portoloin avec sa fille… Oui elle aurait pu. Mais elle n'en avait pas envie. Elle avait préféré la monotonie des transports non magiques.
Un petit gémissement lui apprit que le décollage avait réveillé sa fille. Plaçant une main sur la couverture, elle la berça du mieux qu'elle put, ignorant la sensation de vertige qui la prenait en voyant le sol s'éloigner.
– Ce n'est rien, chérie. Tu peux te rendormir.
– C'est votre fille ? Demanda la femme assise au bout de la rangée, côté couloir.
Portant un tailleur, un ordinateur ouvert devant elle, cette femme avait tout de la parfaite femme d'affaires. Cheveux coiffés impeccablement, vêtements impeccables, Lorena ne serait pas surprise si la femme travaillait pour une très grande société.
– En effet, déclara-t-elle d'un ton ferme, se doutant de la réflexion qui allait suivre.
– Elle est très jolie. Comment s'appelle-t-elle ?
– Anaëlle, répondit-elle du bout des lèvres, s'attendant quand même à une réflexion concernant son âge.
– J'aime beaucoup.
Faisant un sourire poli, elle sortit quelques bouquins. Dans deux jours, elle allait faire sa rentrée au lycée. Elle était diplômée de poudlard, avec des notes très bonnes. Mais la guerre, la haine envers les sorciers nés moldus comme elle, la peur quasi incessante, la perte de ses parents, mais surtout le « rejet » de son petit ami… Tout cela l'avait dégoûté du monde magique. Bien sûr elle ne reniait pas sa nature de sorcière, mais elle voulait faire une pause. Un jour, un mois, un an… Elle ne savait pas. Mais en attendant elle ne comptait pas rester sans rien faire. Donc la voilà inscrite au lycée général de Forks. Une petite ville assez proche d'une grande ville, un autre pays pour avoir sa tranquillité. Une attirance pour cette ville où sa grand-mère maternelle avait habité.
Penser à tout cela lui donna un sentiment de lassitude. Fermant ses livres, elle soupira. Elle n'arrivait pas à se concentrer de toute façon. Elle se perdit dans ses pensées, regardant la ville s'éloigner.
Après dix heures de vol, huit heures de décalage horaire dans les jambes, l'avion se posa à Vancouver, où elle avait deux heures d'attente, une correspondance, et encore une heure d'avion. Reprenant ses sacs qu'elle avait rangés dans les compartiments au-dessus des sièges, elle les mit sur son épaule avant de prendre le cosy. Suivant les autres passagers, elle arriva jusqu'à la sortie du terminal, après un nouveau contrôle des passeports et des visas. Passant la porte battante, elle ne jeta même pas un coup d'œil à ces familles qui attendaient leurs proches, en cette heure tardive.
Après un bon quart d'heure de marche pour se rendre dans le second terminal, différent de celui où elle était arrivée ; Elle se mit en quête de toilettes avant même de chercher l'endroit où elle allait prendre sa correspondance. Dès la porte fermée avec le verrou, elle chercha son Thermos de café pour arriver à tenir jusqu'à la fin du voyage. Elle mourrait d'envie de prendre une douche, mais il lui restait encore 3 heures de voyage, et autant de route jusqu'à sa nouvelle maison. Ben sur, il fallait encore faire les courses en arrivant.
Soupirant, elle se rattacha un peu mieux ses cheveux qui ressemblaient à un nid d'oiseaux, se remis un peu de déodorant, avant de s'occuper de sa fille. Elle changea la couche, lui passa un petit coup de peigne dans ses cheveux blonds, et passa un brumisateur sur elles deux pour les rafraîchir. S'assurant que tout était en règle, elle rangea ce qu'elle avait sortie, avant de reprendre toutes ses affaires.
Baillant et sortant des toilettes, elle se fit la note mentale pour la prochaine fois de vérifier les décalages horaires avant de réserver un vol partant à 12 heures de Londres. Il était à peine 4 heures du matin, et l'aéroport était plongé dans le silence, à croire qu'il n'y avait qu'elle qui voyageait à des horaires pareils. Marchant dans l'objectif de rejoindre le panneau d'affichage le plus proche, elle s'arrêta net. Anaëlle commençait à pleurer.
Sachant qu'elle venait de changer sa couche et avait dormi presque tout le long du dernier vol, elle se mit à réfléchir à la raison des larmes de sa fille, quand son regard s'arrêta sur sa montre toujours à l'heure anglaise.
– Il est 16 heures à Londres… Oh, ma chérie je suis désolée, j'ai oublié de te donner ton biberon ! S'affola la jeune mère.
Fouillant d'une main malhabile dans son sac, elle en sortit un biberon rempli de lait. Manquant de le faire tomber, elle enleva le capuchon, et commença à le tendre à Anaëlle. Se traitant mentalement d'idiote, elle posa le cosy, détacha sa fille, la prit dans ses bras et lui donna le biberon, tout en marchant pour se dégourdir les jambes.
– Allez courage ma chérie, on est bientôt arrivé, le plus dur est fait, murmura Lorena en tenant le biberon.
De là où elle était, elle avait une vue imprenable sur les avions présents sur le tarmac. Il y en avait tellement qu'elle n'était même pas sûre de pouvoir les compter. Entre ceux qui s'envolaient, ceux qui venaient d'atterrir, ceux qui semblaient réservés pour le transport de marchandises… Il y en avait de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Intriguée, elle essaya de repérer l'avion par lequel elle venait d'arriver, mais plusieurs avions de la compagnie aérienne qu'elle avait prise étaient présent sur le tarmac, si bien que sans indication elle ne pouvait pas deviner. Elle finit par se détacher de ce ballet hypnotique, et regarda sa fille qui avait bue la moitié de son biberon.
– Allons-y, nous avons encore un long trajet devant nous.
Épuisée, lessivée, vidée. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire son état en sortant de l'aéroport de Seattle. La chaleur était écrasante, accentuant sa fatigue. Qui aurait cru qu'il ferait si chaud alors qu'il n'était même pas neuf heures ?
Rangeant sa veste dans son sac sans fond, elle alla vers le dépôt à bagages, où d'autres passagers provenant d'autres vols attendaient eux aussi leurs valises.
À son grand soulagement, les bagages de son vol arrivèrent rapidement. Sa valise fut facile à reconnaître, noir avec des roses. Elle était d'une grande taille, lui permettant de ranger beaucoup de choses sans s'embêter de sort d'agrandissement.
Après avoir récupéré son unique valise, du moins au point de vue des non sorciers, le reste étant miniaturisé dans son sac à main ; elle se rendit en direction des loueurs de voitures, avec une idée en tête.
Elle suivit les panneaux, pensant trouver facilement son chemin. À son plus grand désespoir, ce ne fut pas le cas. Après avoir tourné en rond pendant 20 minutes, s'être perdue 2 fois, et avoir demandé son chemin 3 fois, elle arriva enfin vers les locations de voitures.
Abasourdie, elle vit près de 4 enseignes de locations différentes, chacun essayant de se démarquer de l'autre en mettant en avant des garanties et des critères plus absurdes les uns que les autres. Après être passée et avoir détaillé les offres des trois premières, elle se rendit d'un pas déterminé vers la dernière enseigne, celle où personne ne voulait entrer, probablement à cause de la devanture qui menaçait de s'écrouler, ou des prix exorbitants.
Entendant la porte tinter, un petit homme au front dégarni et d'un embonpoint certain arriva aussi vite qu'il pût vers elle. Interloquée, elle eut l'impression de voir son ancien professeur de potions, le professeur Slughorn.
– Bonjour Madame, laissez-moi vous expliquer notre concept ! Clama-t-il sans même lui laisser le temps de parler. Nous ne faisons pas que louer des voitures. Non, nous en vendons aussi ! Des voitures d'occasion d'une qualité rare ! Voyez-vous, il faut se démarquer des autres, c'est pour cela que…
– Ah oui ? serait-il possible alors de voir les voitures que vous vendez ? Demanda-t-elle, avec un sourire charmeur.
Le commercial bomba le torse, pensant avoir trouvé une cliente, manquant de faire sauter les boutons de sa chemise.
– Un modèle vous intéresse en particulier ?
– Je cherche une voiture simple, passe partout, éluda-t-elle, en faisant un geste négligent de la main.
– Ah oui, en effet. Hum je vois, commenta le vendeur, fronçant les sourcils, en une parfaite imitation du choixpeau. J'ai exactement ce qu'il vous faut !
– Vous tenez la boutique tout seul ? S'enquit Lorena, en un air faussement impressionné.
Le vendeur rayonna de nouveau, faisant rouler discrètement des yeux Lorena. Il l'invita alors dans le parking, non sans avoir pris une clé particulière, et les papiers du véhicule.
Quand elle vit la voiture, elle sut que c'était la voiture qu'elle voulait. Une voiture du type citadine, grise, et qui avait l'air en parfait état extérieur. Pour occuper le vendeur, elle posa quelques questions techniques, du peu qu'elle connaissait. Après avoir mis la clef dans le moteur pour démarrer la voiture, prétextant vouloir s'assurer qu'elle démarrait, elle quitta l'habitacle, laissant la clef sur le contact, et parcourut vaguement les documents avant de les poser sur le siège conducteur.
Elle s'assura que personne n'était avec eux dans le parking souterrain, l'absence de caméra, avant de regarder sa petite fille, qui semblait très intéressée par les événements.
– Ce que maman va faire est très mal, tu ne referas pas cela quand tu seras grande d'accord ?
Comme douée d'un sixième sens, sa fille gazouilla. Elle sourit, amusée.
Sortant sa baguette elle lança un vif et rapide sort de confusion, devant l'air surprit du commercial. Aussitôt le regard du vendeur se fit perdu, troublé, hésitant.
– Je… je peux vous aider ? Demanda l'homme, hésitant.
– Hum, il vaut mieux être prudent. Oubliette !
Si le regard de l'homme était perdu il y a quelques secondes, il était carrément inexpressif en ce moment même. Elle avait peut-être un peu trop dosé l'oubliette.
– Oups. Bon, bah tant pis. J'en ai marre. Il est 7 heures, j'en ai plein les jambes, j'ai mal partout, je rêve d'une douche, mais j'ai encore 3 heures de voiture ! S'exclama-t-elle, la fatigue prenant le dessus.
Voyant le vendeur toujours hébété, elle lui ordonna de retourner dans son agence.
– On y va, ordonna Lorena, en prenant le cosy de sa fille pour l'attacher au siège.
Une heure plus tard, perdue au milieu de nulle part, elle se résigna à sortir un atlas qui était dans la porte de la voiture. Passant son doigt sur les lignes qui symbolisaient les routes, elle essaya de s'orienter. Plissant les yeux, tournant les pages, suivant les lignes, regardant autour d'elle… rien n'y faisait. Pourquoi par Merlin n'avait-elle pas pris un portoloin ? Ah oui, car elle ne voulait plus mettre les pieds dans le monde magique.
– J'EN AI PLUS QU'ASSEZ ! S'exclama-t-elle, énervée, en fermant vivement les pages de son atlas, et en sortant sa baguette.
Sa fille la regardait avec des yeux ronds, n'osant pas faire de bruit.
– Pointe-moi Forks.
Aussitôt, la baguette tourna sur elle-même avant de pointer la route de gauche. Satisfaite, elle la posa devant elle. Remettant le contact, elle suivit le trajet indiqué par sa baguette, non sans avoir avalé encore des gorgées de café bien serré, et fumer sa première cigarette sur le sol américain.
10 heures. Elle était enfin arrivée, non sans mal. Au vu de la superficie de la ville, elle pouvait s'orienter sans baguette. Repérant une supérette, elle s'arrêta dans le but de faire quelques courses, avant d'aller chez elle pour dormir.
Mise à part la caissière, la supérette était vide. Prenant un chariot, elle posa le cosy dessus et commença mentalement sa liste, par le plus nécessaire, tournant en rond dans les rayons pour trouver tout le nécessaire.
– Lait en poudre… Gel douche, shampoing… Murmura-t-elle, en énumérant sa liste mentale. Pâtes, sauce tomate, tomates, carottes… Oh, et de l'eau. Sac poubelle… Café. Très important le café.
Regardant le chariot d'un air critique, elle se demanda si elle n'avait rien oublié. Fatiguée, n'ayant pas le courage de tout vérifier, elle se dirigea vers la caisse, remarquant du coin de l'oeil qu'une femme venait de rentrer dans la supérette, et posa ses articles sur le tapis. Elle jeta fréquemment des coups d'oeil vers Anaëlle, qui bougeait un peu trop à son goût.
Alors qu'elle mettait le dernier article sur le tapis, Anaëlle se mit à pleurer, avant de se débattre, comme si elle voulait enlever les sangles.
– Oui chérie, tu en as marre du cosy hein ? Supposa Lorena, en prenant sa fille dans ses bras. Allez, ne pleure pas, on est bientôt arrivé…
Faisant un regard d'excuse à la caissière, elle essaya de remettre sa fille dans le cosy, mais celle-ci s'en opposa farouchement, pleurant de plus belle. Elle soupira de dépit et de fatigue.
– Vous avez besoin d'aide ? Demanda une voix douce, derrière elle.
– Excusez-moi, on sort de 13 heures d'avion, je crois qu'elle en a marre d'être dans le cosy depuis midi, enfin, midi à Londres…
Esmée détailla la jeune fille. Un peu trop mince à son goût, elle avait l'air visiblement épuisée. La petite fille semblait aussi fatiguée que la jeune fille. Était-ce sa fille ?
– Voulez-vous que je la porte pendant que vous rangez vos courses ? proposa Esmée.
– Je veux bien, merci. avoua Lorena, repoussant une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux.
Délicatement, Esmée prit la petite fille, dont les pleurs avaient cessé, tant qu'elle ne retournait pas dans le cosy. Lorena s'excusa une nouvelle fois auprès de la caissière, avant de ranger ses courses et de sortir sa carte pour le paiement. Esmée détailla la petite fille, qui avait des yeux qu'un gris acier très peu, voire pas du tout courant.
Une fois que la jeune fille ai remis ses courses dans son chariot, elle la suivit pour l'aider, intriguée plus qu'autre chose par ces personnes qu'elle n'avait jamais vue.
– Je suis désolée de vous embêter, déclara Lorena, en rangeant les courses dans le coffre, avant de le fermer.
– Cela me fait plaisir !
– Ma puce je suis désolée, mais tu vas devoir retourner dans le cosy le temps du trajet.
Reprenant sa fille qui s'était remise à pleurer, elle essaya de la bercer pour la calmer. Soudain, Anaëlle se mit à vomir sur sa chemise et ses cheveux.
– La voiture, souffla Lorena d'une voix étranglée, en fermant les yeux pour s'empêcher de pleurer. C'est la voiture c'est ça ?
Maintenant que la nausée était passée, Anaëlle ne faisait que renifler. Remerciant la femme pour le mouchoir, elle enleva le plus gros sur elle, avant de prendre une lingette pour essuyer le visage de sa fille.
– S'il vous plaît, laissez-moi vous ramener, proposa Esmée, en faisant un geste vers sa propre voiture. Vous semblez toutes les deux épuisés, et cela est dangereux de conduire aussi fatigué. Je vous ramènerai votre voiture dans la journée, ne vous inquiétez pas pour ça, ajouta Esmée.
– Je...
– Excusez-moi, je ne me suis même pas présenté. je m'appelle Esmée Cullen, j'habite en ville avec mon mari et mes enfants.
– Enchantée, je suis Lorena Mckenzie, et je vous présente Anaëlle Mckenzie, ma fille.
Esmée eut la confirmation de ses soupçons. Cependant, elle se demandait où était le père de l'enfant, et les parents de la jeune fille. Jeune fille qui l'intriguait beaucoup, de même que son enfant. Leur sang n'avait pas d'odeur. Comme si elles n'étaient pas humaines. Mais les cernes de la mère, sa fatigue visible, le bruit des coeurs, tout cela prouvait qu'elles étaient bien humaines. Elles étaient humaines, mais pas que.
Une sonnerie de téléphone interrompit leur présentation. Esmée sourit en regardant l'écran.
– C'est ma fille, Alice, s'excusa Esmée pour prendre l'appel.
Décrochant et s'éloignant, elle répondit à Alice.
– Oui Alice ? Non ne t'inquiètes pas. C'est son enfant. Je vous expliquerais à la maison. Je rentre bientôt. Calme-toi. Tout va bien.
Après avoir raccroché, Esmée prit les courses de la jeune fille pour les mettre dans sa voiture, avant de faire de même avec la valise et le cosy de l'enfant.
– Je t'en supplie Ana, 5 minutes, 5 minutes et on arrive, implora Lorena, en allant vers le véhicule d'Esmée. Je ne peux pas te garder dans mes bras, c'est trop dangereux. Alors, pour 5 minutes, est-ce que tu veux bien rester dans ton cosy ?
Esmée avait le coeur fendu en voyant la détresse de Lorena. il y avait fort à parier qu'elle ne s'attendait pas à une fin de voyage aussi catastrophique. Anaëlle ne broncha pas quand elle fut posée dans le cosy, au soulagement visible de sa mère.
– Quelle est votre adresse ? s'enquit Esmée, doucement.
– 25 North Road. Je serais incapable de vous guider par contre, avoua-t-elle, en s'asseyant côté passager.
– Ne vous en faites pas, je sais où c'est. C'est la première fois que vous venez ici ?
– Non, feu ma grand-mère maternelle habitait dans cette ville. J'y allais parfois en vacances. À son décès elle nous a légué sa maison. Depuis j'y suis déjà allé quelques jours pour préparer notre installation, si on peut dire, et surtout refaire la décoration.
– Quel âge avez-vous si ce n'est pas indiscret ? tenta Esmée, qui ne lui donnait pas plus de 19 ans.
Non sans un léger soupir, Lorena dit du bout des lèvres.
– 18 ans. Et ma fille a bientôt 4 mois
– Vous êtes donc au lycée alors ? En terminale ?
– Les enseignements anglais et américains diffèrent beaucoup, et les diplômes ne sont pas reconnus, donc je ne suis qu'en première, option littérature.
Grâce au rétroviseur central, la jeune maman regarda Anaëlle qui semblait être absorbée par Merlin sait quoi. Au moins, elle ne pleurait plus.
– Comment allez-vous faire pour la faire garder quand vous serez en cours ? Demanda Esmée, ayant suivi son regard.
– Eh bien… Commença Lorena, très éloquente.
Lorena se mit à avoir un petit rire nerveux, apporté par la fatigue. Elle se passa une main lasse sur le visage, se massant les tempes qui commençaient à l'élancer.
– Je ne sais pas. Je ne me suis pas encore penché sur la question. Je comptais regarder cela cet après-midi.
– Je travaille à la maison, donc si cela peut vous dépanner le temps de trouver une personne je peux m'occuper d'Anaëlle cette semaine.
– Non, je ne veux pas vous importuner ! S'affola Lorena. Vous êtes bien trop gentille avec moi, je dois assumer mes responsabilités !
Esmée ne dit rien, se garant devant l'allée. C'était une maison simple, de plain-pied, avec un petit jardin fleuri devant, donnant sur la rue. Blanche aux volets bleus, elle ressemblait aux autres maisons du quartier.
Après que Lorena ai ouvert, Esmée commença à déposer la valise dans le salon, tandis que Lorena arrivait avec le cosy.
Lorena prit quelques secondes pour regarder son nouveau chez elle. Le salon et la cuisine étaient attenantes. Un parquet gris clair, les murs blancs cassés, avec quelques décorations la maison pourrait avoir un certain cachet. Un couloir à gauche partait en direction des deux chambres, de la salle de bain, et de la pièce qu'elle utilisait en bureau.
– Voilà ma puce, bienvenue chez toi. Je vais te faire prendre ton bain, et ensuite tu me diras si tu veux ton biberon.
Sa fille dans les bras, elle se tourna vers Esmée qui venait d'arriver avec les courses.
– Laissez les courses ici, je m'en occupe. Je vais juste prendre les…
Lorena s'interrompit, maudissant Merlin, Morgane et tout leur descendant.
– Les couches. J'ai oublié de reprendre un paquet. Félicitations Miss Mckenzie.
– Oh, j'y vais si vous voulez ?
– Non, il m'en reste, ne vous dérangez pas pour si peu. J'irai ce soir.
– Réfléchissez à ma proposition de venir garder Anaëlle cette semaine le temps de vous poser. Je ne vous oblige à rien, je veux juste vous aider.
– Esmée vous êtes vraiment trop gentille. Je vais y réfléchir, mais avant je vais passer tout le monde à la douche, car ce ne sera pas du luxe, si vous voyez ce que je veux dire... Son regard glissant alors sur la tache de vomi de son haut.
Esmée se mit à rire, avant de dire qu'elle comprenait très bien. Après avoir récupéré les clefs de voiture de la jeune fille, elle salua une dernière fois la bambine avant de partir.
– Au bain, Miss McKenzie junior.
Midi, 20 heures à Londres, ce fut non sans soulagement qu'elle coucha la petite fille dans son lit à barreaux, lit sortant du sac à main de Lorena. Avant de prendre sa douche, elle sortit les objets et meubles de son sac, leur rendant leur taille originale d'un coup de baguette, mit quelques photos aux murs, plaça quelques tapis et livres dans sa bibliothèque, puis rangea ses vêtements dans le placard de la même manière.
