Disclaimers : Albator, Warius, leurs vaisseaux, appartiennent à leur créateur M. Leiji Matsumoto
Bob l'Octodian et ses Metal Bloody Saloon appartiennent à Aerandir Linaewen qui me les prête gracieusement.
Les autres sont à moi.
1.
Dans un silence et une discrétion qui lui étaient inhabituelles, Bobsdqildjavlb Le colossal Octadian patron des Metal Bloody Saloon avait servi ses amis avant de se retirer.
Un long moment, Albator tint le godet de red bourbon dans sa main gantée.
- Le red va se réchauffer, remarqua Warius qui était assis face à lui à la seule table occupée de la salle que Bob leur avait réservée.
- Si tu savais comme je n'en ai cure !
- Tu es toujours décidé ? préféra interroger le brun Colonel du Karyu cuirassé de la République Indépendante à l'adresse du grand brun borgne et balafré affichant les emblèmes pirates sur sa tenue noire.
- J'ai créé un monstre, c'est à moi de le détruire.
- Tu es sûr qu'Alphégor va revenir ? Depuis l'année écoulée, son cuirassé est en cale sèche, son équipage s'est dispersé, Endéa et Julo se sont installés dans un penthouse.
- Alphégor continue de payer les charges de son hôtel particulier. Il doit songer à enfin s'y installer un jour, mais seulement après avoir envahi cette partie des Mondes Libres.
Albator soupira.
- J'aurais tellement aimé le gâter pour sa pendaison de crémaillère. Mais l'accueil que je lui réserve désormais est tout sauf amical. Et donc pour répondre à ta question, Warius : j'irai face à son Condor et je l'arrêterai.
- En ce cas, je serai avec toi.
- Mais, Warius…
- J'ai reçu l'autorisation de ma Hiérarchie. Tout est en règle. Toi et moi avons atomisé la cité du troisième des Potentats de Xendr. A nous de régler la menace qui est notre œuvre.
Albator se leva, reposant le verre auquel il n'avait toujours pas touché.
- Je te remercie, Warius. Mais abattre mon fils me revient. Et rien ne pourra atténuer cette intolérable souffrance qui me ronge depuis que je l'ai renié.
- Tu as dû le désespérer.
- Ou le libérer. J'ai brisé le dernier lien qui pouvait le relier à la vie que je lui avais construite. J'avais tout détruit, j'ai juste pu lui donner tout ce que j'avais. Comme si cela aurait pu jamais suffire à effacer tout ce que j'avais saccagé. Je sais qu'il n'aurait pas survécu si je ne l'avais emmené mais je devais le faire ! Tout comme je dois à présent en finir avec lui.
- Je suis prêt, assura Warius. Ta femme et Alhianna le savent ?
- Comme si en un an j'avais pu réussir à le leur dissimuler. Elles sont anéanties. Elles le comprennent, ou tu du moins c'est ce qu'elles tentent de me faire croire pour au moins me soulager de ce poids. Mais une fois le pire accompli je sais qu'elles ne me le pardonneront jamais.
- Je suis désolé.
- Non, c'est moi, j'aurais sans doute dû deviner que Xendr reviendrait un jour !
- Même pas dans mes cauchemars, avoua Warius.
- Tu as ta famille. C'était à moi de surveiller la mienne. Et je n'ai rien vu venir ! Ce vieil adage, que je ne peux que comprendre : œil pour œil ! Et Alphie ne pouvait que se retourner contre nous, c'était écrit, c'était notre destin !
Tournant les talons dans le claquement de ses éperons et l'envol de sa cape noire doublée de rouge, le grand Pirate quitta la salle à grands pas.
Bob avait vidé le godet dans l'évier derrière son zinc.
- Certains barmen indélicats le font, mais moi je ne remets pas un verre dans la bouteille. Et c'est bien la première fois que le gamin ne boit pas un verre.
- Moi aussi. Comme si nous aurions pu avoir le cœur à boire… Son fils, mon neveu. Le pire désastre que nous n'avons jamais voulu envisager ! Mais pourtant, tout comme Albator, je crois que quelque part nous le savions, et que nous nous y sommes préparés. Par contre ce mal qui nous ronge, il est d'une ampleur inimaginable. Albator, il…
- Le petit lui a brisé le cœur, gémit Bob. Et dire que tant pensent qu'il n'en a aucun !
- Toi et moi savons que notre ami a le plus grand cœur qui soit. Mais une fois son fils perdu je crains que la rumeur ne se confirme. Il n'aura plus rien. Mais il le fera, car il n'a pas le choix. Je dois y aller à mon tour. Adieu, Bob, car je crains que sans plus aucune raison de nous réjouir nous ne revenions pas. Merci pour tout.
- A bientôt, préféra rectifier l'Octodian en donnant une tape amicale sur l'épaule du grand brun en uniforme gris et rouge.
Sans un mot, Warius regagna le Karyu qui se désarrima pour repartir vers l'espace et se glisse à tribord de l'Arcadia.
