Manga : Uta no Prince-Sama – Maji Love 1000%
Pairing : Ren x Tokiya
Rating : -16
Attention ! Contient un spoiler si vous n'avez pas vu la 1ère saison entière de Uta no Prince-Sama.
Pour celles et ceux qui auraient besoin de placer chronologiquement cette fanfic je dirai que cela se déroule entre l'épisode 10 – et le début/milieu du 11ème épisode de la saison 1.
Bonne lecture à vous ! :-) Laissez moi vous montrer comme le rarepairing RenToki est formidable.
En espérant qu'il y a encore des personnes qui lisent du Uta*Pri en 2020...
Pour tout expliquer, cette histoire a été écrite quelques temps après la fin de la première saison. Donc il y a littéralement des années de ça. Mais je me suis décidée seulement maintenant à la publier... comme quoi.
C'était un matin de cours qui aurait pu être comme n'importe lequel. Oui il aurait pu être comme tous les autres. Sauf que... L'habitude venait de se briser soudainement avec une annonce brusque de la part du professeur principale de la classe S de l'académie Saotome.
« Bien écoutez moi, l'école vient d'avoir l'accord du studio de télévision Yaiba pour que notre classe visite leur locaux de Tokyo. Nous allons donc organiser la visite Jeudi après-midi. Oui je sais, c'est pendant votre temps libre mais le programme de votre année ne permettait pas de la faire à un autre moment.
Ryuuga fit une pause dans ses paroles tout aussi théâtrale que sa façon de parler avant de reprendre pointant du doigt l'ensemble de sa classe tel un chef d'armée motivant ses troupes :
- Vous êtes la classe S alors n'oubliez pas que vous devez être à la hauteur de votre rang ! »
L'ambiance de la classe s'anima à la suite de la déclaration de leur professeur. Entre les protestations à voix basse de certains qui n'étaient que peu ravis de la suppression de leur demi journée de repos où les gloussements de quelques jeunes filles qui pensaient à toutes les célébrités qu'elles idolâtraient et qu'elles pourraient certainement croiser là bas.
Mais au milieu de toute cette agitation il y en avait un qui ne se sentait pas vraiment l'envie de sourire à la nouvelle. Cette personne c'était, Tokiya Ichinose, jeune homme de 17 ans et élève de la classe S de l'académie Saotome mais connu aussi pour être Hayato, l'idole sur-vitaminé. Bien que évidemment il faisait croire au monde entier que lui et Hayato étaient frères jumeaux et non la même personne.
Le jeune garçon ne fit que penser et dramatiser à l'idée de ce qui allait pouvoir se passer jeudi prochain car évidemment, ce Jeudi il devait enregistrer une émission dans les Studio de télévision que sa propre classe devait visiter. Comment quelque chose de pareil était seulement possible ? À quoi avait pensé Shining Saotome ?
À l'heure de l'inter-cours de multiple appels de la part d'un groupe de deux jeunes filles de sa classe le sortirent de ses angoisses :
« Tokiya-kun ! Il paraît qu'Hayato se rend dans les studios que l'on va visiter Jeudi, dit la jeune inconsciente sans se rendre compte qu'elle appuyait violemment là où ça faisait mal,
- Est-ce que... tu pourras nous le présenter ?
Tokiya écarquilla légèrement les yeux, ce qui traduisait une forte déstabilisation et une incapacité à savoir quoi répondre dans l'immédiat. Heureusement une seconde groupie d'Hayato en rajouta avant que le garçon puisse imaginer une réponse :
- Oh ! Et si l'on pouvait vous prendre en photos ensemble aussi, dit-elle doucement et timidement presque gênée de demander ce qu'elle souhaitait, où si vous pouviez chanter ensemble... ce serait merveilleux !
- Ah, je ne sais pas si...
Balbutia Tokiya en cherche d'un argument pour calmer ses camarades féminines.
- Hey, les filles n'embêtez pas ainsi notre réservé Ichi. Il ne sait pas parler à autant de jolies femmes à la fois.
Expliqua un jeune homme aux cheveux doré et mi long, dont une épaisse mèche venait barrer sont visage. Il s'approcha des deux élèves, se plaçant nonchalamment contre le pupitre de Tokiya et décocha un clin d'œil aux jeunes filles.
-Jinguji...
Marmonna l'une des deux jeunes filles avant de regarder son amie et de partir d'un commun accord. S'éloignant au plus vite du prédateur. Le concerné esquissa un sourire en disant à Tokiya :
- C'est incroyable ces deux là sont totalement insensible à mon charme. Leur amour pour Hayato est assez impressionnant.
Tokiya ne répondit pas, trop occupé à pensé à ce qu'il devait faire pour se sortir de la situation à venir. Ren voyant que son camarade ne décrocherait pas un mot il tenta de lui parler plus directement :
- Alors Ichi, tu seras là ? À moins que ton précieux job ne t'en empêche. Étant donné que tu te permets d'arriver à 5 minutes de la fin de nos répétitions je trouverai malpoli de te voir présent une journée entière à une bête sortie scolaire.
Tokiya fut contrarié par les remarques désagréables qu'émettait le blond tout en lui ayant parlé sur un ton peu amical. Il se leva de sa chaise et lui répondit froidement en sortant de la classe :
- Comme tu l'as dit si bien, mon précieux job m'en empêche. Et je n'ai pas envie de devoir le répéter encore une fois, arrête avec tes « Ichi » »
Disparaissant de la salle de cours le garçon aux cheveux indigo sombre ne put pas voir le sourire sournois qu'affichait Ren.
- Mais qu'est-ce que tu lui as encore dit ?
Demanda un jeune garçon de petite taille aux cheveux d'un blond semblant avoir des reflets rose.
- Oh, Ochibi-chan on se mêle des affaires des grandes personnes ?
Ren se pencha vers le garçon, exagérément, pour faire bien comprendre la différence de taille entre eux. Il ajouta avec un clin d'œil et un sourire amusé,
- Désolé ça ne regarde pas les enfants. »
Ce pauvre Syo qui ne faisait que s'inquiéter sincèrement sur la bonne entente de ses deux camarades, se sentit incroyablement vexé par le comportement de Ren.
La réaction ne se fit pas attendre le plus jeune des deux partit dans une diatribe intempestive contre celui qui aimait tant se moquer de sa taille à la moindre possibilité.
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Plus tard, Tokiya se rendit dans le bureau de l'énergumène qui servait de directeur à l'académie éponyme. Redoutant tout de même un peu l'affrontement avec cet excentrique il essaya de mobiliser tout son calme avant de pénétrer dans le large bureau, digne de celui d'un premier ministre. Est-ce que se soit-disant ancien idole avait gagné tant d'argent pour faire une académie aussi luxueuse ? Quand on le voyait, ce senior ridé et basané, empâté dans son costume. On avait tout de même du mal à y croire...
« - Oh, Misterrr Ichinose. Aurrrriez-vous un souci ?
Questionna d'entrer le directeur avec un sourire aux lèvres. Ces indécollables lunettes de soleil masquaient ses pensées. Tokiya hésita avant de se rapprocher de l'homme assis à son bureau et de commencer calmement mais fermement sa protestation :
- Vous devez bien vous en douter du souci en question. Vous avez organisé une visite pour ma classe dans les studios où je vais travailler Jeudi. Comment est-ce que je suis censé gérer la situation maintenant ? Vous avez accepté que je vienne ici seulement si je me faisais passer pour le frère jumeau d'Hayato. Comment est-ce que je suis supposé faire?
- Calm down Misterrr Ichinose, ce n'est pas une si grande affaire, tout ceux qui vous connaissent savent que vous avec un 'job' qui vous prends énormément de temps. SO, ce n'est pas une grande affairrrre si vous êtes absent à cette petite visite...
- Si Hayato n'est pas là, ou si Tokiya n'est pas là le doute va s'installer et je n'ai...
- BUT ! C'est à vous d'êtrrrre convaincant Misterrrr Ichinose. À vous de voirrrr quel rrrrôle vous préfèrrrrais tenir... Hayato ORrrr Ichinose Tokiya ?
Le jeune homme se tut un moment. Se pinçant les lèvres d'énervement comme pour s'empêcher de répliquer quelque chose de trop brutal. Quel rôle préférerait-il tenir ?! Comme s'il avait le choix ! Tokiya, le jumeau de l'idole, étudiant dans une académie ou Hayato l'idole dont la maison de disque ignorait son manège de double jeu...
Il n'avait pas le choix. Il devrait être Hayato.
Mais l'idée de se retrouver sous les traits de sa deuxième identité devant ceux qui connaissait « Tokiya »... Il y avait des moments comme celui-ci où le jeune homme sentait qu'on lui faisait vraiment payer cher le seul fait de vouloir chanter...
Le garçon sortit du bureau sans rien ajouter, laissant un directeur abordant un sourire malicieux dans son bureau.
Tokiya était devenu encore plus moribond et déprimé qu'à l'accoutumé. Il traversa les couloirs de l'établissement en se demandant si ses ancêtres n'avaient pas commis un crime impardonnable dans le passé et qui expliquerait la malchance continuelle qui semblait le suivre. A ce niveau là il n'y avait plus d'autre explication.
Certes, il avait déjà eut le droit à un certain lot de situations délicates par le passé... comme la fois où son colocataire Otoya avait fouillé dans ses affaires sans permission et avait aperçu le costume de scène d'Hayato dans son sac. À y réfléchir si il n'avait pas eu la chance que son colocataire soit particulièrement naïf il n'aurait sûrement pas pu se sortir de ce faux pas...
Enfin, si on pouvait parler de chance car l'avoir dans la même pièce plus d'une demi-heure sans avoir envie de l'assassiner relevait d'une patience digne d'un moine bouddhiste. Ô combien de fois aurait-il juste aimé bâillonner ce garçon... où l'étouffer avec son traversin... il y avait cette fois aussi où il avait été à la limite de lui faire avaler son magazine dont il avait commenté pendant toute une soirée chaque article à haute voix...
Bref, cela suffisait. Se faire du mal en repensant au passé n'était pas utile. Il avait la chance que se ne soit pas la classe d'Otoya qui soit convié à cette visite. Otoya aurait sauté dans les bras d'Hayato avant de lui dire de prendre des nouvelles de son frère plus souvent ou quelque chose du genre...
Mais ce n'était pas le moment de penser à ça, il avait déjà assez de personnes problématiques dans sa propre classe. Les groupies d'Hayato qui le scruteront avec attention et qui s'offusqueront de l'absence de Tokiya par exemple... et il y avait ses deux camardes. Syo Kurusu et Ren Jinguji... Quoiqu'à la limite Kurusu avait lui-même un frère jumeau. Il n'avait donc pas douté de Tokiya quand il s'était présenté en tant que frère de l'idole. De plus, Syo était un gentil garçon qui ne chercherait pas d'autres explications à son absence que son job. Mais... ce n'était pas la même histoire quand on parlait de Ren Jinguji... Avec ses aires de ne s'intéresser à rien si ce n'est à la gente féminine, il était plus espiègle et sceptique que n'importe qui. Avec un talent fou pour provoquer les autres.
Inutile de préciser que ce dernier ne portait pas réellement dans son cœur le jeune homme à la chevelure bleu nuit.
Leur relation était plus électrique qu'amicale... pas réellement d'affrontement entre eux, ni de réelle antipathie. Mais quelque chose... une sorte de constante provocation, parfois implicite... parfois plus démonstrative. Ça n'allait pas réellement bien entre eux. Et Tokiya n'était pas quelqu'un d'assez stupide pour ne pas avoir remarqué que Jinguji avait déjà plus où moins des grands doutes quant à la nature de son 'job'... Il ne pouvait pas lui jeter la pierre non plus... il avait toutes les raisons de ne pas y croire... mais pourquoi ne pouvait-il pas être doté d'une naïveté à toute épreuve comme tant d'autres dans cette école ?
Vraiment... ceci l'aurait bien arrangé...
Il devrait faire attention... il le savait bien...
Jeudi il jouerait gros...
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Nerveux l'idole Hayato, qui était beaucoup plus expressif que son alter-ego étudiant à l'académie Saotome, commençait à ne plus savoir quoi faire pour se convaincre que tout se passerait bien. Enfin... son seul espoir était peut-être que débutant cette après-midi le tournage d'une émission de variété ses responsables empêcheront, si il avait beaucoup de chance, sa classe de visiter l'endroit. Mais entre nous, la chance n'était pas quelque chose qui semblait apprécier le jeune chanteur.
L'équipe de tournage était encore à faire le réglage des caméras et des éclairages. Tokiya ou plutôt Hayato avait été pris à part par le présentateur et quelques autres personnes du staff pour des explications supplémentaires sur ce qu'ils souhaitaient faire durant l'enregistrement.
L'émission pu commencer une demi-heure plus tard. Le tonique et jovial idole ne manquant pas à son attitude habituelle pour faire la joie du présentateur et des autres invités.
« Cher Hayato nous avons appris il y a peu par le biais de votre agence que vous alliez apparaître dans un tout nouveau drama, vous devez être fier d'avoir être choisi pour un nouveau rôle ?
Ne jamais se plaindre et ne pas dire la vérité, celle que pensait Tokiya. Il fallait agir comme Hayato, tout prendre bien et voir une belle occasion en toutes choses.
- Oui je suis vraiment heureux de pouvoir participer à ce drama en tant que premier role, c'est une réel chance et un grand honneur pour moi !
La bonne humeur et le sourire communicatif de l'idole conclurent sa phrase. Alors que le présentateur debout au milieu des deux tables des invités en vis à vis allait reprendre la parole, l'invité à la droite d'Hayato demanda en ne lâchant pas l'adolescent des yeux :
- Hayato vous êtes incroyable, vous ne vous plaignez jamais, y-a-t-il un secret pour être toujours aussi volontaire que vous ?
L'idole plus innocent que jamais ne voyait pas le malentendu qui commençait à naître entre lui et l'homme à ses côtés. Il répondit alors amicalement et du tac au tac :
- Je pense que c'est parce que je me dis que dans chaque expérience nouvelle se trouve une belle occasion d'en apprendre toujours plus !
- Vraiment ? »
Le regard de l'homme s'intensifia envers le jeune homme ce qui stoppa momentanément l'idole à formuler une suite à sa réponse. Ressentant une grande sensation de malaise. Le présentateur continua alors ses questions vers un autre invité pour respecter son programme.
Détournant le regard vers le reste du plateau plutôt que l'homme à sa droite, Hayato fut rappelé à l'ordre quand une main vînt se poser sur sa cuisse. Hayato comprit clairement qu'il n'avait pas fais fausse route sur les intentions de cet homme. L'adolescent évita de tourner son regard vers l'invité qui faisait lui aussi mine de ne pas faire attention à lui.
Heureusement pour l'idole les caméras n'étaient plus sur lui et le présentateur annonça quelques minutes plus tard le début de leur première pause.
Se levant sans attendre et sans rien dire Hayato s'éloigna vivement de son tendancieux voisin de table. Comment pouvait-il faire ça ?! … En plein tournage ! Et... et puis ce n'était pas un... enfin !
Mais qu'est-ce qu'il croyait ?
De toute évidence, il serait compliqué de ne pas réagir pendant la seconde partie de l'émission si il recommençait d'autres actes dans le même genre. Hayato regarda vers Himura, son manager, qui discutait avec quelques cameramans. Non c'était hors de question qu'il lui dise que... qu'on venait de le... « toucher ». S'il avait un problème à résoudre, surtout aussi gênant que celui ci, il devait le faire par lui même. Il se retourna légèrement se demandant si il devait aller s'expliquer avec l'invité quand un cri féminin le coupa dans ses réflexions :
« Hayato-Sama !
Tournant la tête précipitamment vers l'origine de l'appel, il vit à son grand damne un groupe de jeunes personnes, et dépassant de la masse, un homme au costume noir aux cheveux roux court. Pas de doute... sa classe venait d'arriver. Avec ce qui venait de se passer il avait presque oublier ce détail...
Les jeunes filles l'ayant appelé avait avancé un peu vers lui mais n'osaient pas non plus allez près de lui en voyant qu'il ne leur rendait aucun signe de salut, ni un sourire. Tokiya dû se reprendre en vitesse, affichant rapidement un large sourire sur ses lèvres il incita les jeunes filles à venir le voir. Et il ne fallu pas le dire deux fois.
Les paroles doucereuses et les déclarations d'admirations se suivirent ainsi que les autographes jusqu'au moment où, pour le soulagement de l'idole, son manager mit un terme à tout ceci en expliquant qu'Hayato devait se reposer un peu avant de reprendre l'émission.
Assis dans un coin plus reculé des coulisses du plateau, Tokiya bu une gorgée d'eau avant de soupirer. Vraiment... pourquoi était-il ici ? À participer à des émissions de variétés alors que lui... ce qu'il voulait... c'était juste chanter. Il s'en fichait de devenir une célébrité chaleureuse et appréciée de tous... de jouer dans un drama ou de devenir une égérie publicitaire...
À qui bon tout ceci ? Si il ne pouvait même pas faire la seule chose qui lui importait dans sa vie.
De plus... cet homme sans gênes rajoutait de l'appréhension à ce qui était déjà une épreuve pour lui... Sa classe qui assistait à l'enregistrement devenait au final le moindre de ses soucis... enfin à...
« Hey, Ichi ! Souris un peu plus sinon tout le monde va finir par comprendre, tu sais ?
… à quelques personnes près. Tokiya ne put s'empêcher d'avoir un sursaut, aussi léger soit-il, il n'échappa pas à l'œil aguerri de Ren. Tokiya dut vite se ressaisir, se retournant dans sa chaise pour voir celui qui avait parlé dans son dos. Il afficha un sourire à la fois innocent et désolé :
- Oh ! Tu dois faire parti de la classe de mon frère pour me confondre avec lui ?
L'idole accentua sa posture innocente en se mettant à genoux sur sa chaise, une main posée sur le dossier pour se stabiliser, il passa l'autre dans sa nuque et dit avec un sourire sublime :
- Tu ne devrais pas resté là, il me semble que ta classe s'est déjà installée dans le publique, si un responsable te voit ici tu risques des problèmes et se serait bien embêtant.
- Hum... Ce n'est pas des sourires et un air de jeune pucelle qui vont te changer Ichi, tu sais ? Affichant un sourire en coin vainqueur et prédateur Ren rajouta en se penchant très près de l'idole,
- Hayato-sama vous portez le même parfum qu'Ichi, vous savez ?
Tokiya se leva de sa chaise, sans précipitation mais rapidement tout de même. Le même parfum ? Effectivement mais... d'où est-ce que celui-ci connaissait son parfum ? … Il n'en mettait pas non plus excessivement au point qu'on puisse le sentir sans être... vraiment près de lui. Est-ce qu'un Don Juan comme Ren avait juste les narines plus développées que d'autres ? ou... est-ce qu'il le... reniflait de temps à autre ?
... Ce type devenait vraiment de plus en plus inquiétant, en plus d'être un fouineur de première.
- Excuse moi, je suis désolé de te dire ça mais ton comportement est vraiment dérangeant. Je te demanderais de bien vouloir rejoindre ta classe,
Expliqua Hayato toujours avec la même expression souriante et désolée bien qu'il rajouta sur un ton plus froid,
- Laisse travailler les professionnels. »
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Le grand garçon aux cheveux d'un blond vénitien traversa les gradins où s'était installé sa classe jusqu'à ce qu'il aperçoive enfin une petite tête blonde ornée d'un chapeau.
Syo voyant enfin arriver son camarade de classe lui demanda d'un ton un peu irrité :
« Ren ! Mais où est-ce que tu étais passé ?
- Tu ne va pas me croire, mais je m'étais perdu !
- … effectivement...
- Désolé, Ochibi-chan mais c'est top secret,
répondit-t-il cette fois-ci en ponctuant sa phrase d'un clin d'œil dont il avait le secret. Le plus petit des deux garçons laissa échapper un bruit de contestation proche d'un grognement avant de répondre plus soucieux pour son ami :
- Tu fais beaucoup de mystères ces derniers temps Ren, qu'est-ce qui se passe à la fin?
Le bel adolescent ne sut d'abord pas quoi répondre, touché par la pointe d'inquiétude qu'il entendit dans la voix de Syo puis il finit par expliquer en souriant,
- Eh bien... je crois que je cherche moi-même à savoir ce qui se passe.
Syo ne répondit pas à ce que venait de dire Ren, visiblement il ne souhaitait pas partager ce qui se tramait de son côté et s'il essayait encore de savoir ce qui se passait le plus âgé finirait encore par se moquer de lui plutôt que de lui répondre sérieusement.
Alors que plusieurs minutes de silence s'étaient écoulées entre eux, Ren demanda de façon détachée :
- Est-ce que tu portes le même parfum que ton frère jumeau Kaoru ?
- Quoi ?! »
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La pause fut de courte durée pour l'idole qui allait de problème en problème. Entre Ren Jinguji et l'invité aux manières déplacées qui était juste à côté de lui, il ne savait pas qui il devait craindre le plus. Retournant à contre cœur à sa place sur le plateau Tokiya n'osa pas diriger son regard vers le pervers par peur qu'il puisse interpréter ça comme un éventuel signe positif pour quelconques actes lubriques qui lui traverserait l'esprit.
La musique entêtante du jingle d'entrée de l'émission retentit alors que le journaliste reprenait le fil de l'émission avec ferveur et énergie :
« Bienvenue à ceux qui nous rejoignent seulement maintenant. Nous voilà ce soir en compagnie de nos chers habitués mais aussi avec le jeune et séduisant Hayato !
Après cette présentation les cris des jeunes filles du public achevèrent parfaitement la présentation de Tokiya qui sourit tel un Hayato heureux et faisait un salut de la main aux caméras. L'animateur repris de plus belle :
- Mais ce n'est pas tout ce soir nous recevons aussi l'honorable et talentueux écrivain Asagara Takeru qui est présent pour nous raconter comment il a accepté de devenir parolier ! »
L'homme au côté de Tokiya salua modestement le public en inclinant la tête. Asagara Takeru, tout écrivain ou parolier respectable qu'il pouvait être, n'était pas dans le cœur d'Hayato. Autant dire que le chanteur n'avait aucune confiance en lui et surveillait de près les mains baladeuses qui pour l'instant étaient sagement posées sur la table. Petit soulagement de la part de l'idole qui put se détendre un peu pour la suite de l'émission.
Dans une exclamation admirative le jeune et petit blondinet de la classe S s'exclama :
« - Ça n'a rien à voir avec les essais que l'on fait en cours. Ce n'est pas direct et pourtant il n'y a presque aucun besoin de reprendre des passages. Tout le monde est vraiment professionnel. Tu ne trouves pas ? ... Ren ?
L'adolescent à la corpulence digne d'un adulte ne répondit pas immédiatement trop occupé à observer, scruter et investiguer.
De plus une phrase tournée en boucle dans sa tête « laisse travailler les professionnels ».
Ren ne pouvait pas nier qu'Hayato avait été un peu trop cassant pour sa réputation.
Une phrase comme celle-là... ça ne pouvait venir définitivement que du froid, blessant et revêche Ichinose Tokiya. Bien qu'en être sur... était difficile. Hayato pouvait très bien avoir le même caractère froid et cassant que son frère en dehors de son travail d'idole.
Il était compliqué d'être totalement certain de quelque chose. Pourtant Ren mettrait sa mèche à couper que cet Hayato au sourire niais et Tokiya le glaçon de l'académie était la même personne.
Il y avait ce parfum... celui de Tokiya. Qui ajoutait un point dans son hypothèse bien que comme lui avait répondu Syo après avoir était choqué par sa question, c'était probable car des jumeaux avaient des goûts proches et pouvaient même sans se concerter acheter un produit identique. Le parfum n'était donc pas une preuve irréfutable.
Ne pouvait-il pas y avoir un élément qui lui donnerait un avis certain ? … une cicatrice peut-être ? Une marque ou... que diable quelque chose de discret mais quelque chose tout de même !
- Ren ? Demanda de nouveau le plus jeune soucieux du silence de son ami.
Le blond vénitien remarqua enfin l'appel de son camarade de classe et répondit de façon insouciante :
- Ah, excuse moi Ochibi-chan j'étais trop occupé à observer les beautés présentent sur le plateau.
- Menteur, il n'y a pas de femmes sur le plateau, rétorqua Syo avant de changer le sujet car il savait inutile de tenter de creuser,
- Tu penses qu'Asagara-san va écrire des paroles pour Hayato ? Ce serait vraiment génial mais... je crois que ça me fait un peu mal pour Tokiya de voir son jumeau déjà aussi célèbre...
Ren s'adossa plus confortablement sur son siège avant de répondre :
- Hum, je ne pense pas que se soit pour Hayato qu'Asagara-san écrira. Réfléchit depuis quand est-ce qu'Hayato a sorti son dernier un single ? Et regarde, même s'il a été invité à une émission de variété on voit très bien que rien n'a été prévu pour le laisser ne serait-ce que performer une seule chanson. »
Syo ne répondit pas tout de suite. C'est vrai, Ren avait raison, bien que l'idole restait très présent dans le circuit médiatique on ne le voyait plus chanter depuis des mois...
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Il ne restait plus que quelques minutes avant de terminer l'émission. Dans quelques minutes son calvaire serait terminé, sa classe partirait et il pourrait s'éloigner de l'homme qui plus tôt avait essayé quelques gestes déplacés envers lui.
Tous les invités se levèrent alors pour rejoindre le présentateur au centre du plateau afin de dire au revoir à leur public.
À ce moment où tout le monde se saluaient, Asagara, qui ne lâchait pas d'une semelle le jeune idole plaça sa main sur son épaule. Tokiya bien qu'un peu inquiet par ce nouveau geste tactile ne put rien dire. On ne s'offusquait pas d'une main sur une épaule et ce n'était certainement pas le chaleureux Hayato qui détesterait ça.
C'était terminé. Les cameramans s'arrêtèrent de tourner alors que le staff avait crié la fin de l'émission. Tout le monde pu souffler et laisser retomber la tension. Tout le monde sauf Tokiya qui n'était toujours pas libéré d'un certain parolier...
« - Mon cher Hayato j'aimerai bien que l'on se parle un peu plus,
prononça doucement l'homme mature près de l'oreille du jeune chanteur. Laissant glisser sa main de l'épaule vers le dos du beau garçon. Il ajouta,
- J'aimerai pouvoir vous inviter ce soir afin de mieux vous connaître. Qu'en dîtes-vous ?
… entreprenant. Tokiya fut glacé par la proposition qui se voulait tentatrice... Un rire nerveux le prit alors qu'il répondit dans un sourire crispé :
- Je commencerai plutôt par retourner dans ma loge. »
L'idole échappa alors des griffes, ou plutôt des mains possessives du trentenaire, pour allez saluer brièvement le staff de l'émission. Il discuta ensuite de quelques petites choses avec son manager.
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Entre séducteurs il y avait des techniques universelles que tous connaissaient et savaient reconnaître alors que tout autre personne n'y verrait là aucune manœuvre sensuelle. Ce n'était donc pas surprenant que Ren Jinguji trouve étrange ce qui se tramait entre le - soit disant - jumeau de son camarade de classe et le – il paraissait – très doué écrivain et parolier Asagara.
Il avait bien vu la manière tactile de montrer son amitié qu'avait l'homme de lettres pour l'idole ainsi que ce très bref instant. Le moment de quelques secondes avant que les deux ne se séparent, le plus âgé s'était penché vers Hayato pour lui murmurer quelques mots...
Oui vraiment, la manigance qui se tramait entre ces deux là n'avait pas échappé aux yeux océan du prédateur de l'académie Saotome. Mais un mystère demeurait tout de même pour lui, à savoir si la proie était d'accord... Après une courte réflexion cela aurait été surprenant que quelqu'un doté du même patrimoine génétique que le stoïque Tokiya soit d'accord pour ce genre de choses. Et d'ailleurs il n'avait toujours pas trouvé la réponse à sa première investigation...
Il était temps d'aller voir un peu plus clair dans tout ça.
Sa classe descendait des tribunes du public et se dirigeait vers la sortie du studio. En chemin le responsable du groupe, le professeur et acteur, Ryuuga Hyuuga remercia le personnel dont un certain nombre était de ses connaissances ou avait déjà travaillé avec lui. Les jeunes filles du groupe lâchèrent des derniers regards peinés à l'idée de se séparer du bel Hayato qui, au loin, discutait avec son manager, un grand homme à lunettes, impeccable dans son costume, coiffé de cheveux châtains repoussés en arrière.
Son professeur était donc occupé et les jeunes filles étaient trop obnubilées par la bleuté de service, il pouvait donc en profiter. Syo n'était pas là non plus, il admirait au loin son professeur, c'était le bon moment.
Ren s'échappa du troupeau d'étudiants.
Il put se faufiler entre les techniciens et responsables qui s'activaient énergiquement au rangement du matériel. Et traversa sans se faire repérer par qui que se soit la grande aire de tournage pour atteindre un lieu au combien plus calme : la zone des loges des artistes.
Dans le long couloir blanc il inspecta le nom de chaque porte jusqu'à trouver celle ou était accrochée, de manière temporaire, une plaquette blanche où était inscris, noir sur blanc, un nom en lettres majuscules occidentales « HAYATO ».
Le sourire victorieux le jeune homme poussa la clenche de la porte qui à son grand bonheur n'était absolument pas verrouillée. Il put s'y engouffrer sans problème, n'ayant plus qu'à attendre l'arrivée du locataire des lieux.
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Tokiya venait de finir de faire un court rapport de l'émission dont le tournage venait de se conclure à son manager. Après quoi il partit vers sa loge pour se changer et se reposer quelques instants.
Il venait de traverser le long couloir des coulisses et était arrivé devant la porte de sa loge quand il entendit en arrière plan la voix d'une femme du staff s'exclamer :
« Ah, monsieur Asagara ! Votre loge n'est pas de ce côté vous n'avez pas remarqué ? »
Le sang de l'adolescent se glaça. Il ne voulut même pas se retourner pour constater la triste vérité. Il repensa à sa phrase alors que l'homme lui avait proposé une invitation plutôt orientée...
« Je commencerai plutôt par retourner dans ma loge. »
N'était-ce pas là une façon clair de l'éconduire ? … N'aurait-il tout de même pas compris ça... d'une autre manière ? …
Visiblement si...
Tokiya ne réfléchit pas plus et entra rapidement dans sa loge et s'apprêtait à la verrouiller quand une voix grave et velouté se fit entendre derrière lui. Coupant le jeune homme dans son action :
« - Hey, Ichi tu en a mis du temps pour venir, je commençais à me demander si je ne m'étais pas trompé de loge.
L'idée de verrouiller sa loge abandonna Tokiya qui cherchait dans son fort intérieur le self-control dont il avait urgemment besoin pour ne pas craquer.
Alarmé Tokiya ne put pas supprimer un air de surprise et de légère panique alors qu'il se tourna pour voir l'intrus.
Dans sa loge, composée d'un coin avec une longue table à miroir jointe au mur, et d'un coin repos avec canapés et table basse. Assis sur l'un des deux sofa de la pièce se trouvait actuellement un grand garçon qu'il connaissait bien. Même si en l'état présent il devait nier le connaître et donc se retenir de crier le nom du blond en lui ordonnant de sortir d'ici. Il ne trouva d'ailleurs pas les mots immédiatement, laissant l'occasion au plus âgé des deux de se lever et de dire en se rapprochant de Tokiya :
- Je n'aime pas abandonner Ichi. Tu sais bien que je fais partie de ceux qui veulent absolument avoir raison et toi de ceux qui n'accepteront jamais de perdre le contrôle, mais il faut que tu te résignes mon cher. Tout ça, ce n'est pas crédible.
Tokiya resta muet, son visage avait retrouvé son impassibilité. Il réfléchit un instant, il devait agir comme Hayato et pas comme lui même. C'était là, la difficulté et ce Jinguji l'avait bien compris. Il essayait avec aisance de pousser Tokiya dans ses derniers retranchements. Mais l'idole était lui aussi doté d'une obstination à toute épreuve.
Ren se rapprochait considérablement de Tokiya, qui se tenait dos à la porte. Ce dernier décida de se déplacer sans se soucier du grand garçon. Il alla vers l'autre bout de la pièce, en laissant échapper dans un rire au tintement clair et pur :
- Vraiment, tu ne démords pas de ton idée. Il n'y a rien d'étrange à avoir un jumeau, c'est normal que tu ne puisses pas nous différencier mais,
Tokiya laissa passer un temps avant de rajouter dans un ton un peu moins doux,
- C'est très vexant pour lui comme pour moi de se faire confondre. Nous ne sommes pas les mêmes. Nous n'avons rien en commun.
Alors que Tokiya pensait marquer un point avec sa diatribe, Ren ne put que laisser se dessiner un sourire en coin sur son visage et de rajouter plus fier que jamais de son argument alors qu'il avança vers là où s'était placé le jeune homme :
- C'est surtout vexant pour Ichi qui n'aime que si peu son frère jumeau. N'est-ce pas ? N'y aurait-il pas que Tokiya pour dire du gentil Hayato quelque chose d'aussi froid et dur que « Nous n'avons rien en commun » ? Personnellement je ne pense pas que l'on peut dire d'un frère « Nous n'avons rien en commun » surtout d'un frère... jumeau.
Assis face à la longue table à miroir Tokiya se sentait cette fois-ci à court d'arguments. Il s'était fait avoir... Lui faire parler de lui et de son imaginaire frère... c'était le meilleur moyen pour que sa colère envers lui-même ne reprenne le dessus.
Personne dans l'académie n'ignorait qu'il parlait en mal de son frère, l'idole Hayato. Il s'était trahi, n'est-ce pas ? Mais même en sachant ça, l'idée d'abandonner et de donner raison à Ren était insupportable :
- Voyons, tu te montes la tê...
- Tokiya, ça suffit, explique-moi plutôt pourquoi tu fais tout ça.
Le garçon aux cheveux indigo avait été coupé par un blond à bout de patience qui arrivait tout près de lui. Il s'appuyait d'une main sur la longue table et s'était penché vers le chanteur. Plongeant son regard bleu roi dans les yeux lagon de Tokiya et dans lesquels une masse d'incertitudes se bousculaient.
L'un attendait une réponse clair, l'autre cherchait une idée pour continuer de défendre l'existence du frère jumeau. Mais les deux furent interrompus par le bruit de la clenche métallique de l'entrée de la loge qui était actionnée.
Ren tourna la tête, surpris, sa présence n'était pas autorisée ici. S'il était prit par quelqu'un du staff, il était très mal. Mais, il fut bien vite sortit de ses inquiétude par l'idole face à lui. Deux mains vinrent fermement se poser de par et d'autres de sa tête et le poussèrent droit vers Tokiya qui expliqua brièvement d'une voix dont le son trahissait une crainte certaine :
- Je t'en prie, surtout laisse toi faire. »
Le plus grand des deux n'eut pas le temps de dire quoique se soit que ses lèvres vinrent rapidement et brutalement rejoindre celle de l'idole. Un contact auquel il ne s'attendait absolument pas.
Pas qu'un baiser était quelque chose qui pouvait brusquer ou choquer Ren, mais c'était plutôt la rapidité du geste et les circonstances. Il ne comprenait pas bien pourquoi il se retrouvait avec sa bouche collée sur celle du dénommé Hayato alors que quelqu'un venait d'entrer dans la pièce. Il ne pouvait même pas se retourner pour voir la personne. Il devait se laissait faire...
… Se laissait faire ?
Ce n'était pas son genre.
Autant dire que les choses ne lui plaisait pas si elles devaient se dérouler de cette manière. Il allait devoir ajouter sa touche personnelle dans ce froid contact de peau. Si cet idole voulait faire croire qu'entre eux existait quelque chose de... passionné ? c'est ce qu'en avait conclu Ren Il fallait mettre plus de cœur à l'ouvrage, n'est-ce pas ?
De son côté Tokiya n'avait que peu réfléchi à son geste. Il ne savait même pas si la personne qui ouvrait la porte était bien Asagara. Personne n'était censé venir dans sa loge. Il courait quelques risques si ce n'était pas lui... Mais dans la panique et obnubilé par l'idée de se débarrasser de l'écrivain il n'avait trouvé que ça à faire.
Se servir de Ren pour un baiser volé n'était pas grand chose et n'aurait pas de conséquences. Ren lui était utile pour faire fuir l'écrivain.
Sauf que...
Tokiya se demanda bien vite si il avait fait le bon choix. Il ne faisait que poser fermement ses lèvres pincées contre celles, plus lâches, de Ren, mais il sentit un changement d'attitude chez ce dernier. Sûrement le temps de récupérer après la surprise.
Les bras de Ren vinrent envelopper sa taille. Une des mains posées sur le creux de son dos, remonta le long de sa colonne vertébrale dans un touché lascif, qui aurait presque pu le faire frissonner.
Cette main finit par se loger dans le creux de la nuque du brun bleuté.
Ainsi tenu Tokiya fut coincé contre la table de maquillage et le corps de Ren. Tokiya ne savait plus que faire, si il n'en tenait qu'à lui-même il ferait rapidement lâcher Ren. Il était coincé, dans les deux sens du terme, ne pouvant que continuer de jouer le jeu avec quelqu'un qui y prenait un malin plaisir.
Ren se disait que les garçons ne l'attiraient pas particulièrement mais ce n'était qu'un baiser, alors pourquoi ne pas jouer le jeu sérieusement ? Il le tardait de faire avouer l'idole sur les raisons de son geste. Cela promettait d'être amusant, encore plus si Hayato était bien Tokiya. Il n'aurait pas fini de s'amuser.
Ren changea rapidement sa position pour avoir une meilleure prise sur le jeune homme. Il laissa filer un bref regard en coin pour observer l'intrus avant de retourner à sa proie qui semblait maintenant être encore plus surprise que lui au début.
Puisque que c'était ce que Tokiya, enfin « Hayato » souhaitait, il était urgent de faire comprendre clairement que le jeune homme était déjà pris par bien plus séduisant qu'un écrivain.
Il n'hésita donc pas à se faire plus insistant et à changer ce toucher de lèvres froides en un véritable baiser. Le bleuet n'osa pas répondre quand il sentit se mouvoir les lèvres de Ren mais il s'y sentit tout de même rapidement forcé au vue de leur spectateur incrédule.
Son partenaire d'une fois se mettait à sourire contre les lèvres de l'idole, amusé par la tournure des événements. Avoir un Tokiya, car ça ne pouvait être que lui, forcé de répondre à son baiser et de lui céder la dominance de l'instant était quelque chose de trop tentant et unique pour ne pas en profiter au maximum.
Tokiya devait faire tant d'efforts pour mettre de côté sa fierté que Ren se sentit de plus en plus taquin. Il ne put s'empêcher de passer au niveau supérieur en demandant une permission du bout de la langue. Totalement piégé par sa propre initiative le jeune homme n'eut pas le choix et dû entre-ouvrir, le moins possible, ses lèvres. Bien qu'il n'avait pas fait d'effort pour laisser un accès facile, se fut bien assez pour que son conjoint de fortune y accède.
À partir de ce moment, tout commença à ne plus être contrôler des deux côtés. Peut-être était ce le fait d'avoir une excuse pour se permettre cet acte, peut-être était-ce le fait de savoir que son partenaire ne pouvait rien lui refuser. Quoiqu'il en soit l'échange fut adjectivement, pour un regard extérieur, plus que passionné. Les deux ne se séparèrent seulement qu'au moment où le besoin d'air devînt urgent.
Ils n'étaient plus très lucides sur ce qui les entouraient, ils ne revinrent à la réalité qu'en entendant la porte de la loge claquer.
L'intrus était enfin parti. Il était hors de question de continuer cette mascarade plus longtemps pour le plus jeune des deux adolescents. Tokiya fou de rage envers Ren et très honteux repoussa ce dernier qui restait étreint contre lui. Lui adressant un regard des plus colérique, il ne put s'empêcher d'insulter le beau blond au passage :
« Salaud...
- Oh, Ichi, répondit-il dans un léger rire,
- quel soudain changement d'attitude. Tu n'as pas de demi-mesure.
- Ne te fous pas de moi !
L'idole voulut frapper d'un coup de poing l'arrogant jeune homme mais son poing fut fermement bloquer par la main de Ren. Le tenant il en profita pour le déstabiliser encore plus en lui annonçant :
- Tu avoues enfin que c'est bien toi, Tokiya.
- Hein ?
Troublé et énervé par ce qui s'était passé il n'avait pas eu l'idée de relever encore une fois de plus qu'il n'était pas Tokiya. En manque de nouvel argument Tokiya se sentit soudainement pris au dépourvu. De son côté Ren en profita pour faire descendre sa main qui tenait le poing du chanteur jusqu'à son poignet et l'attira contre lui. Solidement bloqué par plus fort que lui Tokiya ne put qu'émettre son désaccord pour tenter vainement de se débarrasser de ce gêneur.
- Mais qu'est ce que tu fiches ? Lâche-moi maintenant j'en ai...
- Désolé mais j'ai accepté de t'embrasser alors tu m'en dois une.
- Quoi ?
- J'ai juste besoin de faire quelque chose pour pouvoir être fixé.
- Ça suffit ! Je ne te connais pas, et tu te permets.. n'importe quoi ! Fiche moi la paix si tu ne veux pas avoir de sérieux ennuis !
Ren regarda intensément et sans plaisanter le moins du monde le chanteur qui se sentit vraiment mal à l'aise. Coupant cours à ses protestations. Le blond vénitien expliqua donc, d'un ton froid presque menaçant :
- Je me permets n'importe quoi ? Je ne me souviens pourtant pas avoir était celui qui a agrippé l'autre en premier et je doute fort, mon cher Ichi que tu sois capable de piétiner ton ego au point d'appeler à l'aide.
- Je suis peut-être celui qui a... débuté ce baiser comme tu dis mais c'est toi qui l'a transformé en ce qu'il a été !
- Oses dire que ça t'as déplu.
- Qu... Mais évidemment !
L'idole soupira, essayant de calmer sa panique. Il put reprendre le contrôle de lui-même :
- Cette discussion est stupide et j'en ai assez. Lach...
- Tiens-toi tranquillement et se sera vite terminé.
- Qu... Tu n'as rien à faire ici alors vas-t'en. »
Tokiya s'exclama froidement et réussit à faire lâcher prise à Ren en bougeant brusquement ses bras et tout son corps. Malheureusement pour lui, à cause de ses mouvements peu coordonnés il perdit l'équilibre et trébucha contre les pieds de la chaise à côté de lui. Il tomba, se cognant l'arrière du crâne contre le bord de la table qui lui faisait dos. Laissant échapper un cris, néanmoins très retenu, Tokiya à terre, massa douloureusement l'arrière de sa tête, oubliant momentanément l'autre homme ici présent.
Ce dernier se fit vite rappeler, les genoux du blond vinrent se poser à terre entre les jambes espacées du bleuté. Relevant la tête, il était plus choqué que mécontent. Étant de plus en plus inquiet sur ce que Ren lui voulait réellement au fil des secondes qui s'écoulaient.
Ren esquissa son fameux sourire en coin et profita du fait que sa proie était déboussolé par le coup au crâne qu'il s'était infligé malencontreusement pour agir. Avançant son visage vers celui de l'idole - ou de son camarade de classe - le doute persistait encore légèrement après tout. Il put enfin arriver à son but, poser ses lèvres inquisitrices sur le cou de sa victime.
Le souffle coupé par ce que l'autre adolescent lui faisait soudainement subir Tokiya n'agit pourtant pas. Il ne se débâta pas, ni ne protesta. Un sentiment puissant de résignation l'envahit, sentant qu'il avait perdu contre Ren. Tokiya préféra se laissait faire pour en finir au plus vite. Il avait eu sa dose de Ren. Il voulait qu'il parte vite.
Vite.
Déviant le regard à l'opposé de son tortionnaire, il attendit, tiraillés entre de nombreux sentiments. Ren ne s'attendait pas à avoir ainsi le champ libre mais n'en fut que plus satisfait.
Le calme de Tokiya, boosta la confiance de Ren. Son charme fou venait à bout de tous après tout, même d'une teigne obstinée comme Tokiya se flatta le blond.
Mais il ne fallait pas non plus que ce dernier ne se fasse trop d'espoir, il n'était pas intéressé par les hommes. Même ceux qui avait une peau avec un touché particulièrement agréable... et une douceur particulière... une blancheur élégante... une fermeté toute apprécié... ou encore un parfum enivrant... Non, vraiment il devait se dépêcher. Il faisait ça uniquement dans le but de mettre au clair cette histoire de jumeaux essaya-t-il de se rassurer.
Ren torturait de ses lèvres, de sa langue et quelques peu de ses dents la fine peau du chanteur au niveau de son cou, ni trop haut, ni trop bas. Tout ceci afin qu'aucun col, ni aucune mèche de cheveux, ne puissent plus tard dissimuler la marque qu'il était entrains de déposer.
Au bout de quelques minutes, le jeune garçon à la chevelure nuit commença à bouger faisant comprendre au blond qu'il en avait assez eut. Relâchant la peau de sa victime il put contempler fièrement le fruit de son travail. Avec ça, si le Tokiya qu'il côtoie en cours arbore cette marque il ne pourrait plus se trouver la moindre excuse. S'éloignant de sa victime il allait ajouter quelque chose de sarcastique avant de se relever quand il posa ses yeux sur l'idole.
Il... il ne se sentit soudainement plus l'envie de se relever si vite.
Le spectacle était saisissant.
Ce visage si froid et impassible à l'ordinaire s'était coloré d'un beau carmin faisant contraste avec le foncé de ses cheveux. Et cet air contrit qui rajoutait à son rougissement quelque chose de tout à fait irrésistible. La main posée sur ce que venait de lui faire Ren. Fixant le sol, les sourcil froncés et le visage empourpré. Tokiya donnait de lui même une image sans défense qui vînt titiller le blond vénitien. Ren sentit qu'il se perdait à son propre jeu. Replongeant son regard sur Tokiya... le grand garçon sentit le peu de raison qu'il possédait voler en éclats.
« - Tokiya... »
