La franchise et l'univers de Fire Emblem ne m'appartiennent pas. Ils ont été créés par Shouzou Kaga, et développés par Intelligent Systems.

La franchise et l'univers de Super Smash Bros. ne m'appartiennent pas. Ils ont été conçus par Masahiro Sakurai, développés par Sora Ltd., HAL Laboratory et Bandai Namco, ainsi qu'édités et distribués par Nintendo.

Il s'agit ici d'un Crossover entre Fire Emblem : Three Houses et Super Smash Bros. Ultimate.

Aigles de Jais - Fleurs Vermeilles
Post-Game

Certains éléments de la fin du jeu ont été modifiés.

Zakuro Ruby Kagame
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A la Croisée des Chemins

Prologue

Fódlan, un vaste continent autrefois divisé en trois nations rivales. Après une guerre qui perdura sur plus de cinq années, Fódlan était aujourd'hui unifié sous l'étendard de l'Empire d'Adrestia, dirigé par une impératrice qui brisa des règles et un système enracinés depuis des milliers d'années dans le but de voit naitre un monde plus juste. Un monde meilleur.

Nul n'ignorait le nom de l'unificatrice de ce nouveau monde, ni celui de la réincarnation de la Déesse qui combattit à ses côtés. L'existence de cette dernière transcenda d'ailleurs les frontières du continent, du monde, et peut-être même, de tout un univers.

C'est du moins ce que je découvris en brisant le cachet de cire de l'enveloppe que je reçus, ce jour là.


Chapitre I - Une Lettre venue d'Ailleurs

Aujourd'hui, je suis de nouveau capable de sourire à la vie. Je suis de nouveau capable d'apprécier la chaleur qu'offrent les rayons du soleil même lorsqu'ils percent difficilement la couverture nuageuse obstruant le ciel. Je suis de nouveau capable d'admirer le bleu de ce ciel lorsqu'il est dégagé, ou bien les nuances de gris qui le traversent lorsque menace l'orage au travers des nuages. Je suis de nouveau capable de m'émerveiller sur les palettes de couleurs, orangées, parfois rosées, lorsque s'éteint le jour pour laisser place à la nuit, puis lorsque la nuit cède de nouveau ses droits au jour.

La guerre est terminée depuis des semaines, des mois, mais j'ai parfois l'impression qu'elle faisait rage hier encore. Les cicatrices qu'elle m'a laissée sont probablement plus profonde dans mon cœur qu'elles le sont sur mon corps. Mais je suis en vie, et ce ne sont plus des ruines qui m'entourent, mais bien des murs entre lesquels a raisonné la puissance de notre détermination. Garreg-Mach a retrouvé toute sa splendeur, et dans moins d'une lune, j'enseignerai de nouveau en son sein. Je laisserai ce passé derrière moi, un présent devenu souvenirs, et j'avancerai vers le futur, vers cet avenir.

Mon cœur est aussi lourd qu'il me parait léger, et je sais cette sensation liée à la présence de mon Aigle de Jais, rare en ces temps, je dois l'avouer. Nul doute qu'aujourd'hui, mon oiseau s'est envolé vers ses très nombreuses responsabilités. Un empire à reconstruire, un continent à unifier, une menace à exterminer, il y a bien trop de choses et de préoccupations dans l'esprit d'Edelgard pour que je puisse seulement les lister. Je sais que je n'arriverai pas à la croiser aujourd'hui, elle est en tête-à-tête avec Hanneman pour faire le point sur l'avancée de ses recherches quant à la possibilité ou non de retirer les emblèmes. Je sais ce sujet à cœur pour l'impératrice, même si j'ai également conscience qu'elle pense à Lysithea avant de penser à elle-même. L'emblématicien est plutôt optimiste et pense pouvoir, d'ici quelques lunes, réussir cet exploit qui relève du jamais-vu. J'ignore si les quelques élus détenteurs d'emblèmes viendront par la suite se faire déposséder, et pour être honnête, cela m'importe peu tant que cela permet à Edelgard de retrouver les années que les Serpents lui ont volés.

Si je sais ne pouvoir voir le visage de l'Adrestienne aujourd'hui, je suis cependant certaine de l'observer demain puisque Hubert et elle ont organisé une réunion avec les autres professeurs pour parler de nos enseignements. Ce sera après tout la première fois depuis la fin de la guerre que le monastère de Garreg-Mach accueillera de nouveau des élèves. Je décide donc de regagner ma chambre avec l'espoir de pouvoir passer du temps avec mon Aigle demain, mais aussi avec la satisfaction de la savoir déjà présente en ces murs. Si je n'ai jamais remis en question l'attachement que j'ai toujours ressenti pour cette femme, il ne fait aucun doute que mes sentiments pour elle sont devenus encore plus intenses depuis sa confession au sommet de la Tour de la Déesse, depuis que je les sais réciproques. De fait, il est encore plus insupportable de ne pouvoir la voir, mais je sais ce monde pour le moment trop abimé pour le priver ne serait-ce qu'une minute de son impératrice.

Je m'installe devant mon bureau et tente de me vider la tête. Toutes ces choses sont nouvelles pour moi. J'ai été professeur pendant quelques mois avant de sombrer pendant cinq ans, puis me suis réveillée au cœur d'un conflit qui dépassait déjà l'entendement. Je suis ainsi devenue un soldat, peut-être aussi une arme, parfois une conseillère, tout en tentant de continuer de distribuer des cours à des élèves qui n'étaient déjà plus des gamins. J'ai parfois l'impression d'avoir seulement cligner des yeux... Comment pouvais-je ne serait-ce que comprendre la notion même de sentiments au milieu de tout ceci ? La flamme dans son regard a été ma seule et unique boussole, et d'une certaine façon, elle l'est encore aujourd'hui.

Je soupire, et mes doigts s'occupent mécaniquement en retraçant les contours de l'enveloppe que j'ai reçue ce matin. En apprenant l'arrivée d'Edelgard au monastère, je l'ai posée sur mon bureau et complètement oubliée par la suite. Il faut dire que je ne reçois jamais de courrier, ou très rarement, et le sceau de l'impératrice est bien le seul qui scelle habituellement mes lettres. Le bout de mon index redessine le cercle creusé dans le cachet de cire rouge avant de tracer les deux lignes qui se croisent à l'intérieur. Je n'arrive vraiment pas à reconnaitre à quelle maison ce sceau appartient, et je crois d'ailleurs ne l'avoir jamais vu. Et puis, je le brise... et mes yeux s'agrandissent.

« Chère Byleth,

Félicitations ! Vous avez été sélectionnée pour participer à notre tournoi lors de l'évènement connu sous le nom de Super Smash Brothers Ultimate.
Veuillez trouver votre Moveset et vous rendre au Manoir Smash grâce aux coordonnées jointes.

-Masahiro Sakurai

PS : Ne dites rien à Waluigi ou aux autres à propos de ceci. »

Je relis la lettre une seconde, puis une troisième fois. Je ne comprends définitivement rien aux mots qui y sont employés, et je ne sais ni ce qu'est un Super Smash Brothers Ultimate, ni un Waluigi. Ces mots me paraissent même très difficilement prononçables. D'ailleurs, le nom et le prénom de l'auteur de la lettre m'indiquent que celui-ci n'est pas de Fódlan. J'ai l'impression qu'il sort tout droit d'un autre univers. La seule chose que je comprends est que je suis conviée à un tournoi, et si le sens et le contexte m'échappent, cela suffit tout de même à échauffer mon esprit de combattante. Un tournoi, hein ? Puis-je laisser passer une occasion pareille ?

Je secoue l'enveloppe et une feuille en tombe. Divers symboles et flèches apparaissent accompagnés de dessins qu'un enfant estropié a probablement réalisés. J'espère très sincèrement que le petit personnage représenté, si c'en est bien un, n'est pas censé être moi. La personne qui a dessiné ceci n'a définitivement pas le talent pourtant inexistant d'Edelgard pour ce qui est de faire des croquis. Peut-être devrait-il ou elle demander conseil à Ignatz. Je ne tente même pas de déchiffrer les enchainements de flèches et de lettres, je suppose que ce n'est pas si important, et mes yeux glissent vers le bas du papier sur la succession de chiffres. C'est la première fois que j'en vois autant alignés ainsi, sont-ce les fameuses coordonnées ? Je crois que oui, et étrangement, je pense instinctivement à l'orée de la forêt un peu plus loin en contrebas du monastère. Peut-être que le papier est emprunt de magie pour me permettre de lire ma destination si aisément. A côté des chiffres, je crois reconnaitre la lune, pleine, mais là encore, je ne sais pas s'il s'agit réellement de l'astre ou bien d'un dessin de biscuit sortit tout droit de l'imagination d'un gosse. Ce soir, d'ailleurs, la lune se distingue entièrement dans le ciel sombre, et je ne crois pas à une simple coïncidence.

J'ai attendue que l'orbe céleste soit au plus haut sur sa nappe étoilée avant de sortir des dortoirs. Après près de deux heures à tourner en rond dans ma chambre et à me poser des questions, mon esprit de mercenaire et mes vieilles habitudes m'ont poussés à suivre les indications peu exhaustives de l'invitation reçue. Et me voila donc, à me faufiler comme une voleuse à travers la place du marché, prête à franchir la herse du monastère. La guerre n'a pas été une tasse de thé, bien au contraire, mais les combats me manquent. Depuis que nous avons triomphé sur Rhea, et que celle-ci est en exil dans un lieu sûr, Fódlan est devenu bien calme, ou presque. Evidemment, il subsiste certains conflits que les anciens membres de l'Escadron des Aigles de Jais font taire régulièrement, certains territoires du Royaume et de l'Alliance n'ont pas vu d'un très bon œil l'arrivée de l'armée impériale, ni que le continent soit unifié sous les étendards de l'empire. Mais force de constater que le seul fait d'enseigner au monastère peu devenir d'un ennui presque mortel, et pourtant, les cours n'ont même pas commencés. Je ne peux pas me résoudre à abandonner mon épée, ou à ne la saisir que pour des entraînements souvent futiles. J'ai besoin d'action, j'ai besoin d'aventure. Je ne suis pas seulement professeure, mais bien une mercenaire, et attendre qu'Edelgard, Hubert, et Ferdinand établissent un plan pour aller défaire les Serpents devient insupportable.

Me voilà devant les grilles. Je jette un œil derrière moi, comme pour faire taire un semblant d'hésitation devenue la seconde suivante inexistant. Je ne sais pas du tout ce qui m'attends, et j'ignore même si cette histoire de tournoi et de Waluigi est sérieuse, ou même réelle. Mais je n'ai rien à perdre, et je ferai en sorte de revenir à l'aube lorsque j'en saurais plus. Je vais juste m'informer...

—Qui essayé-je de convaincre ? Je me souffle à moi-même.

Je me retourne et abandonne derrière moi la vision du monastère, les grands murs et les marches qui mènent au vestibule que je pouvais encore voir il y a peu. Je sens la brise soulever mes cheveux, comme pour me donner l'ordre de me mettre en route en fouettant ma peau de ses paroles très fraiches. Mais la nuit n'est visiblement pas la seule à me faire part de ses pensées, que j'entends déjà sermonner :

—Que pensez-vous faire, Professeure ?

Nul besoin de me retourner pour reconnaitre avec facilité le timbre de la voix et le ton de reproche de mon Aigle de Jais. Dois-je avouer que celui-ci me manquait ?

—Une simple promenade nocturne, je n'arrive pas à dormir, je réponds sans aucune hésitation.

—Vous n'avez jamais fait preuve d'un quelconque talent pour le mensonge, Professeure.

J'entends ses pas se rapprocher de moi. Son odeur vient chatouiller mes narines, toujours cette même fragrance d'agrume : la bergamote. Je vois ses mèches blanches comme l'hiver se soulever lorsque l'impératrice me dépasse, elles contrastent tant avec la teinte vive et vermeille de sa robe qui lui donne cette imposante carrure. Ses cheveux dansent quand le vent souffle, je constate qu'Edelgard à laissé ses énormes cornes ornementales dans sa chambre puisqu'il ne reste que la couronne de l'empire pour orner sa chevelure. Elle observe un instant la forêt, puis me fait face et me confronte à son regard suintant d'une certaine forme de jugement. Ses orbes parme me fixent et la lueur de la lune s'y reflète au point d'avoir l'impression qu'il ne reste que la lumière qui s'y dégage pour éclairer la nuit.

—Aurais-je imaginé que vous et moi étions assez proches pour que vous n'ayez nul besoin de me mentir un jour ?

Elle me fait culpabiliser, et cela fonctionne parfaitement. Ce ne sont pas ses paroles, mais bien son regard, qui me perfore, et qui me fait douter. Je me contente de sortir la lettre au cachet brisé de ma poche pour la lui tendre. Elle la saisit sans se faire prier, je la vois plisser le nez en découvrant le message, avant qu'elle ne retrouve un air plutôt condescendant que je n'ai pas vu depuis bien des années.

—Qu'est-ce que ceci ? me demande-t-elle comme si le contenu de l'enveloppe n'était que vaste plaisanterie.

—C'est ce que je compte bien découvrir, je lui explique en rangeant l'invitation qui m'est destinée.

Elle soupire et continue de me considérer. Edelgard est bien trop terre-à-terre pour croire ce qui est encré sur cette lettre. Elle l'est certainement bien plus que moi, et nul doute qu'elle ne prend rien de ceci au sérieux.

—Vous ne dormez pas, Edelgard ? Je lui demande très naïvement pour changer de sujet.

—La réponse me semble plus qu'évidente, si je me tiens devant vous.

—Et pourquoi vous tenez-vous devant moi ?

Mes pas réduisent légèrement la distance qui nous sépare tandis que mes lèvres s'étirent sur l'expression presque gênée de la si grande impératrice. Je sais que derrière ce masque de force et de puissance, inébranlable, se cache une femme bien plus sensible qu'elle ne veut bien l'admettre. Après tout, j'ai découverts Edelgard sous bien des aspects, lorsque ses épaules portaient le poids de son destin, mais aussi lorsque ses jambes tremblaient sous celui de ses craintes.

—Vous devriez aller vous coucher, je lui suggère tandis que mes doigts s'égarent sur les longueurs blanches qui retombent de part et d'autre sur la poitrine de ce petit oiseau sombre.

—Vous devriez en faire autant, alors rentrez avec moi.

Je ne sais pas si sa voix me donne un ordre, ou bien si son regard me supplie. J'ai l'impression de me voir disparaitre dans le reflet de ses yeux. Elle sait très bien que je ne l'écouterai pas, elle aussi me connait sous bien des aspects désormais.

—Sachez que dans le cas contraire, je me verrai dans l'obligation de vous accompagner, elle me signale en croisant les bras sur sa poitrine, me forçant à abandonner la danse de mes doigts sur ses cheveux.

—Je ne suis pas certaine que l'impératrice puisse ainsi abandonner ses devoirs, je lui fais remarquer.

—Ni vous les votres, je me permets de vous rappeler.

Je me fais violence pour empêcher mes lèvres de s'étirer un peu plus sous son mordant et sous son répondant, mais mon corps accueille sa réaction d'une très agréable façon alors que je le sens se détendre.

—Votre nom ne figure pas sur cette invitation, il me semble que moi seule sois conviée.

—Je suis Edelgard von Hresvelg, Impératrice d'Adtrestia, unificatrice de Fódlan. Je n'ai nul besoin d'une quelconque invitation.

L'une de ses mains se pose sur sa hanche, tandis que l'autre soulève ses cheveux desquels mes yeux ne se détachent plus. Je ressens son mécontentement et sa fierté s'échappe presque par le moindre pore de sa peau. Que puis-je lui dire ? On ne contredit pas l'impératrice d'Adrestia. On ne contredit pas Edelgard von Hresvelg, et on ne contredit surtout pas une femme avec un tel égo.

Je compose avec ses exigences et je la laisse me suivre sans savoir moi-même où je me rends. Le temps passe vite, et je ne veux surtout pas rater le coche. Peut être que cette invitation n'est que plaisanterie, mais peut-être que tout cela est bien réel. Je n'ai vraiment rien à perdre à aller m'en assurer, et puis, quelque chose me pousse à le faire. Quelque chose d'inexplicable.

Le silence règle. Fódlan est endormi, et sous les rayons de lune, j'attends qu'il se passe quelque chose comme j'attendrais un signe de la Déesse qui me parlait jadis. Edelgard est de plus en plus dubitative, et elle n'attends qu'une chose, que je lui donne raison. Mais l'orbe lunaire rayonne et la lumière céleste émane de l'astre comme si le jour venait de rompre le cours naturel de la nuit. Pendant une demi-seconde, je crois devenir aveugle.

Et la seule chose que j'entends, est mon destin qui m'appelle.


Note de l'auteur: Bon, d'habitude je ne fais pas de notes d'auteur à la fin. C'est la première fois que je fais un crossover et franchement, ce sera très loin d'être parfait. Je n'aurais pas de rythme de publication. J'ai écris ce premier chapitre sur un coup de tête, au début je voulais juste faire un OS. Ce premier chapitre commence d'une façon un peu sombre, mais cette histoire va tendre vers l'humour (en tout cas c'est mon but) ainsi que sur la romance (what else). Je suis juste pas trop trop d'humeur à rigoler en ce moment va-t-on dire, mais ça gênait pas ce premier chapitre ! Bon, j'ai tout écris comme ça sortait de ma tête sans réfléchir comme je peux le faire dans mes OS et dans AI. J'espère que vous trouverez cette FF agréable malgré tout ! A très vite !