Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.
Pour l'instant, j'ai décidé de montrer uniquement des personnages de la saison 1 dans cette série.
1. Kyouya Tategami
Une prétendue grande annonce passait en boucle à la télévision et à la radio. Elle était sur toutes les lèvres. L'organisation d'un tournoi Beyblade et pas n'importe lequel : le plus important à ce jour. Que l'on soit en ville ou dans un trou paumé, dans un bureau ou dans les magasins, son nom résonnait partout. Pas moyen d'y échapper. Kyouya ne voyait pas ce qu'il y avait de si enthousiasmant à propos d'un jeu. Car, après tout, le Beyblade n'était rien d'autre qu'un jeu pour enfants. Cette Ultime Bataille n'aurait aucun intérêt. Les participants seraient le reflet des bladers du pays. Comme eux, ils cumuleraient faiblesse et stupidité. Comme eux ils n'auraient aucune détermination.
Kyouya avait été blader lui aussi – techniquement, il l'était toujours : jamais il ne se séparerait de Leone – mais il avait perdu le goût du Beyblade. Quel intérêt de voir de faibles imbéciles défiler ? À les combattre ? Tous ceux qu'il avait écrasé au cours de son voyage se ressemblaient. Trop faibles, trop stupides, trop pathétique pour incarner un semblant de défi. Pour lui faire ressentir le frisson du danger, l'enivrement du combat. Les victoires étaient fades, sans saveur. Il avait fini par s'en lasser et laisser d'autres combattre à sa place. Il avait attendu, et attendu, et attendu qu'un adversaire digne de lui apparaisse. Qu'un véritable défi se dresse devant lui. Kyouya désirait jeter toutes ses forces dans la bataille et obtenir une victoire de valeur. Il existait tant de bladers. Au moins un devait se distinguer de la masse. Kyouya avait espéré, en vain. Cet adversaire rêvé n'était pas apparu... et l'espoir s'était évanoui.
De toute façon, rêver c'était un truc de gamin.
Diriger les Chasseurs de Tête avait été divertissant, au début. À défaut de trouver un adversaire à sa hauteur, il avait régné sur une ville. Ils lui avaient permis de gagner du temps en affrontant les bladers trop faibles à sa place. Après tout, ceux qui n'étaient pas capables de les vaincre ne pouvaient rêver de lui tenir tête. Mais même jouer au chef avait fini par perdre de son intérêt. Ils étaient faibles, eux aussi. Ils ne lui apportaient rien. Alors Kyouya était parti.
Il était rentré chez lui.
Il avait pris la décision du jour au lendemain. En regardant sa situation, il s'était rendu compte qu'il perdait son temps à Bey-City. Il se contentait de donner quelques ordres aux Chasseurs de Tête et de passer ses journées dans les hangars abandonnés, à attendre. Il avait rassemblé ses quelques affaires dans un sac et était parti résolument, ignorant les tentatives des Chasseurs de Tête pour le retenir. Rien ne pouvait le retenir à Bey-City. Pas de défis, pas d'attaches, rien.
Ses parents n'avaient pas été surpris par son retour. Il rentrait assez régulièrement et leur donnait souvent des nouvelles – enfin, disons plutôt qu'il leur prouvait être encore vivant. Ils avaient commencé à se poser des questions en le voyant rester, mais ils n'avaient pas essayer de l'entraîner dans des discussions, ce qui le soulageait. Il n'avait aucune envie d'en parler. C'était personnel.
Bien sûr, quand Kakeru reviendrait des États-Unis, il ne se gênerait pas pour l'interroger. Et Kyouya lui répondrait, comme toujours. Alors qu'il était resté de longs mois à Bey-City, au plus près du siège japonais de l'AMBB, il n'avait croisé aucun adversaire décent. Ce qui devait signifier qu'il n'en existait aucun dans le pays.
Mais, même maintenant qu'il était chez lui, il avait l'impression de stagner. Il ressentait de plus en plus d'agitation à chaque jour qui passait.
Je devrais peut-être faire un stage à la TC...
L'idée ne le tentait pas particulièrement mais ça lui donnerait l'impression d'avancer... ainsi qu'un aperçu de sa vie future.
Ce ne sera pas plus lassant que les combats Beyblade que j'ai mené à Bey-City.
Même s'il devait donner du crédit à Benkei : ce Chasseur de Tête avait fait preuve d'une persévérance et d'un acharnement qui forçaient le respect, même si ça n'avait pas été suffisant pour l'inciter à séjourner à Bey-City plus longtemps.
Si je propose ce stage à Père, par contre, il risque de faire un arrêt cardiaque...
Voilà qui serait divertissant.
Un mot l'extirpa de ses pensées. Un nom, plus précisément. L'Ultime Bataille.
- Qu'est-ce qu'ils ont tous avec ce stupide tournoi ? s'agaça-t-il.
- ...les rumeurs ?
- Lesquelles ?
- Les bladers des sélections disparaissent les uns après les autres. Il paraît que c'est à cause d'une toupie.
- Sérieux ?
Un trio d'adolescents, tous plus âgés que lui, apparurent au coin de la rue. Depuis son point de vue en hauteur, Kyouya les toisa, mais aucun d'eux ne leva la tête.
- Ouais. Elle dévorerait l'énergie vitale de ses adversaires.
- Comment... ?
- C'est horrible.
La seule chose horrible, ici, était leur crédulité.
- Tu crois... ?
- Vous avez quel âge pour croire encore aux contes de fées ? demanda-t-il d'une voix cassante.
Les adolescents s'immobilisèrent. Alors qu'ils levaient lentement la tête, Kyouya se laissa tomber devant eux. Il se réceptionna souplement, se redressa et, posant une main sur sa hanche, les balaya du regard, ne faisant rien pour dissimuler le mépris qu'ils lui inspiraient.
- La magie n'existe pas. Vous n'en avez sans doute jamais entendu parler mais la force est le seul pouvoir en ce monde. Les toupies sont fabriquées par les hommes, dans des usines. Il n'y a rien de surnaturel là-dedans. Leurs techniques spéciales s'expliquent par la science, rien d'autre.
Ils ne répondirent pas. Ils ne remuèrent même pas un cil, comme cloués sur place. Kyouya fit poussa un soupir hargneux. Les gens se laissaient si facilement impressionner.
Il leur tourna le dos et s'éloigner. Des toupies aux pouvoirs magiques... Ce qu'il ne fallait pas entendre. Comme si leur faiblesse affligeante ne suffisait pas, les bladers se mettaient au mysticisme.
Kyouya ralentit. Il prit Leone dans sa main et le regarda.
- Le monde du Beyblade n'a vraiment rien à nous offrir...
Un soupir s'échappa de ses lèvres. Il ferma les yeux.
Absolument rien.
Fin du drabble 1
