Titre : Burgess High School
Rating : M
Genre : Romance/Humor
Pairing : Harold/Jack, et sûrement d'autres couples surprises. La fiction est donc un slash (relations homosexuelles), avis à tous les homophobes.
Disclaimer : Les personnages sont la propriété de Dreamworks Animation, de Disney et de Pixar.
Résumé : Jack Frost, 16 ans, débute une nouvelle année au lycée de Burgess, basée, comme toujours, sur l'amusement et l'empoisonnement de la vie des profs. Du moins, jusqu'à ce qu'il rencontre Harold Haddock, petit brun effacé, discret. Et muet. UA, Hijack.
Note : Bonjour ! Je me suis finalement décidée à poster. Cette fiction est donc un UA. Cependant, Harold utilisant ici la langue des signes, ses paroles seront rapportées en italique, afin d'éviter quelques confusions. Sinon, j'ai vraiment besoin d'un titre pour ma fic (celui là est juste provisoire), ainsi donc je me mets à genoux pour vous demander votre aide. S'il vous plait :D
Burgess High School
— Jackson Overland Frost ! hurle gentiment la douce voix de ma mère — un vrai rayon de soleil, dès le matin.
Je maugrée, la joue plaquée contre mon oreiller, qui me semble à présent si confortable. Pourquoi est-ce que l'oreiller à toujours l'air d'être l'allégorie du Paradis lorsqu'il faut se lever ? C'est foutrement injuste.
Oh, et puis, je m'en fiche. Tout ce qui compte, actuellement, c'est de me rendormir le plus vite possible.
— Je t'aime, je murmure à mon lit tandis que je me blottis encore plus sous les couettes.
Parce qu'il est hors de question que je me lève, comprenez le bien ! Je veux rester ici jusqu'à ma mort. Je frotte à nouveau ma joue contre les draps soyeux, les yeux clos. Puis j'entends le bruit d'un pas lourd montant les escaliers avec colère. Une porte claque.
Oh oh. Houston, nous avons un problème. J'ouvre précipitamment les yeux et sors mes jambes de mon cocon. Le froid me transperce et je manque de frissonner. Je jette un dernier regard vers mon oreiller, qui arbore maintenant la trace de mon visage.
— Tu vas me manquer, tu sais, je lui souffle, comme si je lui glissais des mots doux à l'oreille.
La porte de ma chambre s'ouvre d'un coup, et une furie entre dans la pièce, allumant la lumière d'un mouvement vif du poignet.
— Jack ! Je ne vais pas faire le taxi dès le premier jour ! s'emporte la dite-furie, qui s'avère être ma mère.
Je cligne doucement des yeux pour m'habituer à la lumière, puis mon regard se pose sur elle, l'air furieux, la main droite posée sur sa hanche, l'autre maintenant le panier d'osier rempli de fringues qu'elle porte sous son bras. Elle tapote même du pied. Dans le genre cliché, elle fait fort.
Je grimace. Je l'aime, ma maman, et je sais qu'elle m'aime aussi, mais pour le coup, j'ai plutôt l'impression qu'elle voudrait me le faire avaler, son panier.
— Bonjour, je vais bien, merci. Et toi ? Bien dormi ? je lui souris avec un petit air arrogant.
Elle me lance un regard noir — Brrr, j'en ai des frissons dans le dos —, s'avance vers moi puis pointe son doigt sur ma poitrine.
— Jackson Overland Frost, tu as exactement cinq minutes pour prendre ta douche, me menace-t-elle d'un air sévère.
Ouch. Deux fois mon nom entier, en moins d'une demie heure. Ça va mal se passer pour moi.
— Bien, Maître, je grimace tout de même tandis qu'elle sort de ma chambre en fermant la porte derrière elle — sans la claquer ; décidément, elle m'étonne, ma mère.
Je m'avance vers mon armoire tout en jetant un coup d'oeil vers mon réveil, qui affiche sept heures trente. Puis je tend mon bras vers...
Minute !
Comment ça, sept heures trente ? Qu'est-ce que je fous réveillé à sept heures trente, un jour de grandes vacances ?
Je me précipite presque en courant vers la porte, le bras tendu devant moi (je veux juste me dépêcher d'aller engueuler ma mère, ne vous faites pas d'idées) quand ça me revient tout à coup. J'attrape mon portable, l'allume rapidement, puis mon regard se bloque sur le mois.
Septembre ?
Septembre !
J'y crois pas. On aurait au moins pu me prévenir que la rentrée, c'était aujourd'hui ! Dire qu'il y a encore dix heures, je me demandais qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire cette semaine. Je m'étais même dit que je pourrais demander à Sab de venir chez moi. Sab est un de mes amis d'enfance, que je continue à voir de temps en temps, même si il ne fréquente pas le même lycée que moi. Il est également muet, ce qui m'a contraint à apprendre rapidement la langue des signes afin de comprendre mon ami plus facilement.
J'avais aussi songé à Bunny. Je le considère un peu comme mon frère, même si, pour l'instant, j'aurais plus tendance à l'appeler "faux-frère". Il aurait pu me le dire, lui, qu'on retournait en cours aujourd'hui.
Je gémis en tendant une main dans ma penderie pour attraper mon uniforme — merci, Dieu, pour avoir créer cette merveille. Sans ça, j'aurais poireauté une nouvelle demie-heure devant mon armoire pleine à craquer avec le sentiment profond de n'avoir rien à me mettre, au risque de devoir subir le courroux de ma mère.
Je m'avance ensuite vers la salle de bain, saute élégamment dans la douche et m'empresse de me shampouiner. En moins de dix minutes, je suis propre, habillé et descendu en bas, dans la cuisine. En passant devant un miroir, je manque de m'étouffer en voyant mon reflet et mes cheveux blancs aplatis sur mon crâne. Je passe une main dedans pour les ébouriffer. Voila qui est bien mieux.
J'entre ensuite dans la cuisine en lançant un sourire éblouissant à ma mère, qui s'affaire près du bar, un couteau à beurre dans une main, une tartine dans l'autre.
— C'est pour moi ? C'est trop, fallait pas ! je m'écrie en tendant le bras vers le morceau de pain.
— Ça ne m'embêtais pas de te la faire, mais puisque ça t'ennuie tellement..., elle me répond en enfournant une bouchée de mon précieux déjeuner dans sa bouche.
— Non ! je crie. Monstre !
Elle rit en me lorgnant narquoisement, avec de se décaler. Derrière elle apparaît une petite pile de pancakes. Mes yeux s'illuminent d'eux-mêmes et j'englouti mon petit déjeuner avec un appétit féroce.
— Maman, je t'aime, je déclare rapidement avant de monter dans ma chambre.
Là-bas, je m'empare de mon sac, fourre mon portable dans ma poche, et jette un dernier regard à ma chambre.
— Adieu, mon doux amour, je lance à mon lit en essuyant une larme imaginaire au coin de mon oeil.
Puis je redescend en bas. Je retourne dans la cuisine, afin d'embrasser ma maman sur la joue. Enfin, je m'aventure courageusement dans le hall d'entrée. J'ouvre la porte d'un coup vif en hurlant à ma mère que j'y vais. Puis je fayote un coup en lui souhaitant de passer une bonne journée et en lui disant que je l'aime d'un ton mielleux. Puis je franchi ma porte.
Ça y'est, adieu les vacances. Bonjour les cours. Le seul point positif, c'est que je vais revoir mes amis. Je n'ai pas tous pu les voir, durant ces deux derniers mois, certains étant partis — les chanceux. Mérida était partie en Ecosse pour voir sa famille, Tatiana était quant à elle partie à l'étranger, en Amérique du Sud.
J'avais, en revanche, pu rester avec Bunny et Raiponce, qui nous a ramené un brun du nom de Flynn (nous le connaissions déjà vaguement du lycée, mais nous n'avions jamais vraiment discuté ensemble), et qui s'est avéré être un vrai emmerdeur. Mais j'aimais bien sa façon de dire les choses et sa gentillesse envers Punzie. Je crois que Bunny aussi, du coup, il est resté avec nous.
L'arrêt de bus apparaît enfin devant moi. Il n'y a encore que deux personnes, Rustik, un grand baraqué que je considère comme un abruti fini — je crois que, sur une échelle de stupidité, je le placerai juste après les chèvres. Je n'ai rien contre elles personnellement, mais depuis que j'en ai vu une avec la langue plaquée sur son museau pendant près d'une demie heure, je ne peux m'empêcher de les trouver stupides — ainsi qu'un petit brun, que je n'ai jamais vu auparavant. Pourtant, je connais presque tout le monde, à Burgess. Il doit être nouveau, j'ai entendu dire qu'une famille, ou, du moins, un père et son fils, se sont installés en ville récemment. Apparemment, le vieux Moony — nous n'avons jamais vraiment su son nom —, directeur du Burgess High School, a pris sa retraite cette année, et son remplaçant s'est vu se faire muter.
Le nouveau est plongé dans la lecture d'un livre et ne lève même pas la tête à mon arrivée, que je prends pourtant soin à ne jamais effectuer de façon subtile. A vrai dire, je ne sais même pas si c'est le fils de notre nouveau directeur, qui vient d'emménager — je ne sais même pas son nom, décidemment, c'est une manie chez moi — ou un de ces habitants auxquels je n'ai jamais vraiment prêté attention, pour une raison ou une autre.
Il n'a pas vraiment l'air enclin à engager la conversation, et parler avec le débile ne me tente absolument pas, alors je m'assois sur le banc en laissant mes pensées vagabonder.
Mes yeux parcourent ma ville qu'est Burgess, ainsi que les quelques piétons qui traversent lentement les rues, et je me dis que, pour rien au monde je ne voudrais avoir une vie monotone. Ça doit être vachement chiant. Ce qu'il me faudrait, à moi, c'est une vie pleine d'aventures, de péripéties et d'action ! Je passe alors en revue tous les métiers qui m'offrent cet avenir. Rien de bien tentant.
A côté de moi, le petit brun a toujours le nez plongé dans son livre. Il feuillette les pages rapidement — soit il lit le livre en diagonale, soit il est Superman. Impossible de lire à cette vitesse. Où alors c'est juste moi qui suis une bille niveau lecture. C'est fort probable, même si le fait qu'il soit Superman déguisé me plaisait plutôt bien.
Oui, en fait, non. Je m'imaginais Superman autrement, je ne veux pas que mes rêves soient brisés. Sérieusement, ce petit est plutôt maigre, avec une chevelure mi longue et en bataille, rien à voir avec le physique du super-héros.
Eh, je sais ! Je pourrais devenir dresseur Pokémon. Cette vie là me tenterait bien. C'est avec cette pensée figée dans mon crâne que je me lève pour monter dans le bus, qui vient de s'arrêter devant nous. En entrant, j'adresse un grand sourire hypocrite au chauffeur, qui grommelle des paroles à l'apparence douce et chaleureuse. Puis, après ces belles retrouvailles, je me précipite au fond du bus, où Bunny me fait de grands signes de ses bras.
— Bunny, je lui déclare en jetant négligemment mon sac sur le siège à côté de lui, je sais ce que je veux faire, plus tard.
Le garçon aux cheveux cendrés lève un sourcil interrogateur tandis que je m'affale près de lui.
— Je veux devenir dresseur Pokémon.
Mon meilleur ami me lance un regard empli d'incompréhension, je ne sais pas si c'est bon signe. Après tout, tout le monde n'est pas capable de voir toutes les qualités et les possibilités qu'offre le fait d'être dresseur Pokémon.
— C'est pas un bon plan, ça, Jacky. Tu es obligé de t'habiller étrangement et de t'entourer de filles qui te lâcheront à la moindre occasion, me contre-t-il (Vous voyez, qu'est-ce que je disais ?).
— Peut-être, mais elles sont vachement bonnes, ces filles, j'argumente en secouant la tête.
— Sérieusement, mon pote, renonce à cette idée. Deviens plutôt Jedi avec moi, ça a beaucoup plus d'avantages.
Je proteste vivement, pas prêt à renoncer à mon rêve. Le reste du trajet se déroula ainsi, à lister les avantages et les inconvénients, de chacun de nos deux futurs métiers — après tout, nous sommes au lycée, il serait grand temps d'y songer un peu.
Le petit brun de l'arrêt de bus, installé quelques sièges devant nous, à côté d'une blonde au regard menaçant — je crois qu'elle s'appelle Astrid, je l'ai déjà vue traîner avec Mérida au lycée — s'est retourné quelques fois pour me regarder, l'ombre d'un sourire planant sur son visage. Il est vrai que Bunny et moi devions pas mal nous donner en spectacle.
En descendant du bus, Bunny passe une main dans mes cheveux blancs, un sourire plaqué sur son visage.
— Aller, Blanche-Neige, avoue le : j'ai gagné. Etre un Jedi est mieux qu'être un dresseur Pokémon.
— Jamais, mon lapin, je lui souffle en retour en enlevant la main de mes cheveux.
Il me tire la langue, d'une façon un peu puérile, vexé. Il déteste ce surnom. Petit, il lui avait été donné à cause de ses deux grandes dents proéminentes. Il avait porté un appareil quelques années, et, maintenant, sa dentition est parfaite, mais le surnom est resté, plus pour l'emmerder qu'autre chose.
Alors que nous nous avançons dans la cour du lycée — d'un pas traînant pour moi, et enjoué pour Bunny, qui à hâte de revoir tout le monde — une tornade blonde fond sur nous. Elle agrippe mon cou et celui de Bunny à la fois, puis se serre contre nous deux.
— Je t'ai manqué à ce point, Punzie ? je lui tire la langue avec un sourire.
— Tu n'imagines pas à quel point, me chuchote-t-elle, ses yeux verts grands ouverts. Mérida n'arrêtait pas de me parler de toi, je me suis éclipsée discrètement et l'ai semée, mais je crois qu'elle...
Raiponce fut interrompue par l'arrivée d'une rousse qui bouscula tout le monde pour accéder à ses amis. Face à elle, mes arrivée passaient inaperçues.
— Raiponce ! elle hurle en serrant les poings. Pourquoi tu... Bunny ! Jack !
Les yeux de Mérida s'agrandissent et elle se joint elle aussi à nous pour nous encercler dans ses bras.
— Un câlin groupé, comme c'est mignon, je grimace faussement, en vérité heureux par l'engouement de mes amies.
— C'est bon, on peut postuler pour Bisounoursland, ajoute Bunny, le même rictus plaqué sur son visage.
Les filles gloussent et se détache de nous. Mérida me regarde avec les yeux brillants. Je soupire intérieurement. Je sais depuis longtemps qu'elle m'aime bien — et même plus que bien : combien de fois mes amis me l'ont-il dit, combien de fois m'a-t-elle dévoré des yeux avec ce regard ? — cependant, je n'ai jamais fait le moindre pas vers elle. Je l'adore, évidemment, mais comme une simple amie. Et puis, pour être honnête, être en couple me répugne.
Ce n'est pas vraiment les mots doux ou le fait de se tenir le main continuellement qui me dégoûte non, ça, à la limite, je m'en bats les couilles royalement. Ce qui me gène, c'est la fidélité. Je préfère m'amuser par-ci par-là avec les personnes qui me tombent dans les bras plutôt que de rester avec la même personne qui, à tous les coups, me fera le coup de l'abstinence pour "savoir si je tiens réellement à elle". Je suis un connard, je le sais.
Notre petit groupe d'amis augmente à vue d'oeil au fur et à mesure que les étudiants arrivent, que ce soit par bus, par voiture ou à pied. Je salue vaguement les quelques connaissance qui passent à toute allure à côté de moi, heureuses de voir leurs amis à elles.
J'ai aussi vu plusieurs fois le petit brun. Je ne l'ai pas vu ouvrir la bouche une seule fois, lorsqu'il était avec ses amis et Astrid — qui est, par ailleurs, venue nous saluer en laisser le nouveau derrière elle. Bizarre. Il est surement timide, où je ne sais quoi.
OoO
Je débute par physique. Quoi de mieux pour commencer la journée ?
Avec Raiponce, nous partageons ce cours alors, évidemment dès que nous sommes entrés dans la classe, nous nous sommes installés côte à côte, sur des bureaux centraux. Elle a tout d'abord insisté pour que nous nous installions au premier rang (et puis quoi encore ? Cette fille est folle) mais je n'étais pas d'accord et l'ai entraînée presque de force vers le fond de la salle. Aucun de nous deux n'a faibli, et puis, finalement, nous avons convenu du juste milieu — c'est le cas de le dire.
Le prof est le même que l'année dernière. Lorsque nous sommes entrés, avec Punzie, je n'ai pas vraiment prêté attention à lui, trop occupé à me disputer avec la blonde. Et puis, une fois que la classe fut calme, mon regard s'est posé sur lui, et j'ai manqué de m'étouffer — sérieusement, Raiponce à d'ailleurs dû me taper dans le dos.
Son regard de serpent se pose sur moi. Il grimace, alors je lui envoie un sourire étincelant de toutes mes dents. Il fronce ses sourcils et me lance un de ces regards qui te filent la chair de poule. C'est tellement jouissif de réussir à faire chier quelqu'un juste avec un sourire. Il faudra que j'en fasse part à Bunny, qu'il s'y mette lui aussi.
Le prof se lève alors de sa chaise, dévoilant à tous ses habits entièrement constitués de noir, et s'approche du tableau.
— Bonjour à tous. Je serais votre professeur de physique-chimie pour cette année (son regard se pose sur moi et un rictus effrayant se peint sur son visage). Je me nomme Mr. Black. Pitch Black.
Je frisonne rien qu'a ce nom. Môsieur Black s'empare d'une craie et commence à l'inscrire au tableau. Sérieusement, quel prof fait encore ça de nos jours ?
— Bien, reprend-t-il. J'ai organisé moi-même un plan de classe. Par ordre alphabétique. C'est plus facile pour retenir les noms, de cette manière.
Non ! Sacrilège ! Raiponce tourne son beau visage vers moi et je lui envoie une expression horrifiée en retour. Puis elle pouffe légèrement, la traîtresse ! Raiponce se fiche l'identité de la personne qui partage son bureau, du moment qu'elle peut bosser en paix.
Le Croquemitaine — surnom officiel de Pitch, quelques fois abrégé en CM — se met ensuite à lister des noms en indiquant les bureaux correspondants de son doigt maigre. Les élèves se lèvent et se placent au fur et à mesure qu'il donne les places. Raiponce, Corona de son nom, se retrouve au deuxième rang, ce qui la satisfait amplement.
— Ensuite, nous avons Jack Frost, poursuit le CM, pas le moins du monde perturbé par le vacarme qui l'entoure.
Je n'ai pas entendu le nom de celui — ou celle — qui aura l'honneur d'être à côté de moi, le brouhaha que font les autres autour de moi m'en a empêché. Je lève les fesses de ma chaise, où j'étais si confortablement installé pour m'avancer vers ma nouvelle paillasse, les pieds traînant. Je jette enfin mon sac dessus et m'affale sur la chaise en bois que j'occuperai dorénavant lors des cours de Pitch.
Je sens soudainement une présence à ma droite, et le brun du bus s'assoit à côté de moi. Je lève des sourcils surpris. Bon. Au moins c'est une tête connue.
Tiens, Black a fini. Il s'avance vers son bureau de son habituel pas traînant, répandant sa laideur et ses mauvaises ondes derrière lui. Et j'exagère à peine. Enfin, il s'assied et prend de nouveau la parole. Je ne l'écoute que d'une oreille distraite, bien trop occupé à détailler mon nouveau voisin. Apparemment, le CM décrète qu'il est inutile d'attendre une semaine afin de bien se remettre dans le bain, et que nous devons sortir nos cahiers immédiatement. Je m'exécute presque d'un geste mécanique, et étale un cahier violet sur mon pupitre. Mon voisin sort le sien et s'empare d'un stylo.
Il a une tête de bosseur, je décide en l'analysant plus en profondeur. Il porte le même uniforme que moi, à la différence près que la couleur de notre cravate rayée n'est pas la même. C'est l'un des petit délire de l'école, le choix de la couleur de la cravate. Depuis que je fais partie de ce lycée, la mienne est bleue. J'aime bien le bleu, c'est une couleur calme et rassurante. Tout mon contraire.
La cravate du petit brun est verte. Ça fait ressortir ses yeux, qui sont, par ailleurs, d'une couleur incroyable. Ses cheveux en bataille lui donne un petit air désordonné, comme si il avait été pris au dépourvu ce matin. Il ne rentre pas dans la catégorie "canon", cependant, je le trouve mignon, à sa manière.
Je n'ai jamais caché ma bisexualité. Du moins, mes amis sont réellement au courant, les autres s'en tiennent au rumeurs, y croyant ou non selon les gens.
Ce n'est pas tout à fait exact. Mes amis ne sont pas les seuls au courant, il y a également tous les poissons que j'ai attrapé dans mes filets. Je souris à cette pensée.
Le petit brun a dû remarquer que je l'observais attentivement, puisqu'il posa son regard gêné sur moi. Il faut vraiment que j'arrête de l'appeler "le petit brun".
— Comment tu t'appelles ? je lui souffle en me penchant un peu vers lui.
Il me jette en regard surpris avant de tourner les page de son cahier. Il me montre ensuite la première feuille et pointant quelques mots de son stylo. Je m'approche un peu pour déchiffrer. Harold Haddock. Pas vraiment courant.
— Tu sais, tu peux me le dire à voix haute, je ricane — pas vraiment méchamment, c'est juste que je ne comprend pas vraiment. Tu as peur que Black te repère dès le premier cours ou quoi ?
Il revient à la page où se trouvent toutes les notes qu'il vient de prendre (Mince, ce type est presque pire que Raiponce) et écrit quelque chose au coin gauche, d'une écriture fine et parfaitement lisible. Je suis muet.
— Oh, je fais.
Non pas que la nouvelle me choque, je ne suis même pas surpris, à vrai dire. Mais cette réponse fut la seule que je trouva dans les méandres de mon cerveau encore en plein sommeil.
Harold — ça y'est, je sais enfin son nom ! — bouge alors rapidement ses doigts son son bureau. L'image de Sab me disant la même chose se superpose alors dans mon esprit et je fronce les sourcils. Est-ce qu'il vient sérieusement de me traiter d'abruti ?
Je suis vexé. Le fait que je sois véritablement un abruti ne change rien, Harold vient de m'insulter sans aucune raison, sans même me connaitre. Je détourne la tête, dans un élan de puérilité absolument débile, et fixe Raiponce, les sourcils froncés. La blonde, armée de son bic bleu, recouvre sauvagement son cahier de son écriture ronde. Je pense que je devrais m'y mettre, moi aussi.
OoO
A midi, nous nous réunissons tous à la cafète, et nous racontons nos mésaventures de ce matin. Quand vient mon tour, je me lamente auprès de mes amis quant au CM.
— Et il a été siii méchant avec moi, je fais semblant de pleurer, la tête dans mes mains.
— C'est faux, intervient Raiponce, posément, il ne t'a même pas parlé.
— Traîtresse, je lui souffle tandis que les autres rient. Mais sérieusement, vous auriez dû voir ces regards, ils étaient si... Regardez, j'en ai encore la chair de poule !
Je tend mon bras au centre de la table pour que les autres puissent l'inspecter. Seulement, ils n'en font rien et se contente de fixer au point derrière moi. Un point que je ne peux, par conséquent, pas voir. Je me retourne donc pour voir Astrid et Harold — grmmh — arriver vers nous. La blonde se pointe devant notre petit groupe, en tenant son plateau dans ses mains.
— Salut ! s'exclame-t-elle. On peut manger avec vous ?
Elle pointe Harold, derrière elle, du pouce. Mérida s'empresse d'accepter, vivement soutenue par les hochements de tête de Raiponce et Tatiana, qui nous a rejoint après nous avoir serrés à nous étouffer dans ses bras.
Les deux s'installent donc à notre table, et je me retrouve en face du brun.
— Lui, c'est mon cousin, le désigne Astrid. Harold. Il vient d'emménager et...
Un petit sourire compatissant naquit sur son visage.
— Il est muet.
Des expressions étonnés se peignirent lentement sur les visages de mes compagnons. Les commères qu'ils sont s'empressèrent de poser des questions auxquelles le brun répondit avec ses mains. Astrid se chargea de la traduction.
Finalement, j'appris qu'il n'était pas muet de naissance — il ne veut cependant pas parler de la raison de son handicap —, qu'il ne le vivait pas forcément bien, mais que ce qu'il préférait, c'était de voir les gens se mettre à lui parler plus fort lorsqu'ils apprenaient son mutisme. Forcément, mes amis ont tous plaqués leurs mains sur leurs bouche en entendant cela. Harold rit doucement, sans un son.
— Tu sais que Bunny et Jack comprennent le langage des signes ? s'enquiert Tatiana. Un ami à eux, Sab, est aussi muet. De naissance, par contre.
Harold ouvre alors de grands yeux en me fixant, et son visage s'empourpre peu à peu.
— Ça veut dire que tu as compris ? signa-t-il en agitant les mains à toute vitesse. Lorsque je t'ai traité de...
Il laisse retomber ses bras sur la table et, lorsque j'acquiesce, baisse les yeux sur son assiette.
— Désolé, il agite de nouveau les bras. C'est juste que je suis en permanence sur la défensive, lorsqu'il s'agit de mon handicap.
— Qu'est-ce qu'il a dit ? intervint Mérida, pas gênée pour un sous.
Je vois Harold en face de moi froncer les sourcils. Il est apparemment en train de se retenir de jeter un regard noir à la rousse. Eh bien, si lui hésite, moi non ! Je fixe mon amie dans les yeux, essayant de lui communiquer tout ema fureur et ma colère. Bon, j'exagère, mais c'est vrai que ça ne se dit pas.
Je hausse les épaules en faisant une petite moue désintéressée puis me tourne vers Astrid alors que les autres lèvent le menton vers elle. Elle hausse les épaules à son tour. Le sujet est clos.
OoO
— Je veux pas y alleer, je geins en enfouissant la tête dans mes bras.
— Jack, annonce Raiponce d'une voix dure. Ne fais pas l'enfant. Tu sais que tu dois aller en cours.
Je lève ma tête, le menton toujours posé sur mes bras, et lui lance un regard noir.
— Mais j'ai histoire ! Je déteste cette matière, je proteste. En plus, la prof ne m'aime pas.
— Aucun prof ne t'aime, réplique-t-elle en me regardant sévèrement.
Ouch. Dur. Bon, en même temps, elle n'a pas vraiment tort. Je suis réputé pour faire le con en cours... avec à peu près chaque prof. Le seul que j'ai épargné est Mr. Nord, le prof de Russe. Ne me demandez pas ce que je fous dans cette option. Cela fait maintenant plus d'un an que je me tape la tête et m'en mord les doigts. J'ai bien essayé d'arrêter, mais le lycée ne me l'a pas permis. Pourtant, Flynn a pu, lui !
J'ai crié au scandale pendant à peu près une semaine lorsque je l'ai su, l'année passée. Finalement, j'ai cessé de jouer au ventilateur avec mes bras à chaque fois que je le croisais et l'on m'a expliqué gentiment que les notes de Rider étaient trop beaucoup trop basses. Apparemment, monsieur pourrait ainsi donc se concentrer sur les matières principales afin d'augmenter ses résultats scolaires. Tu parles. Flynn Rider était le plus gros branleur que le lycée de Burgess ai jamais connu.
Raiponce écrase ses mains sur la tables, me faisant sursauter.
— Personne ne m'aime, je gémis en me redressant, complètement cette fois-ci.
Maintenant que j'ai le dos bien droit sur ma chaise — quel beau petit écolier parfait je fais —, je peux voir tous les autres. Les expressions qu'ils arborent diffèrent selon les personnes. Flynn et Mérida, par exemple, me lorgnent avec un sourire moqueur. Tatiana nous offre une jolie expression reflétant le blasement dans toute sa splendeur. Bunny a sa main posée sur son front, et secoue la tête de gauche à droite, dans une position de parfaite lassitude. "Faux frère !" aurais-je envie de lui crier, une nouvelle fois.
Astrid me regarde bizarrement. Ça me fait peur. On dirait un mélange d'incompréhension, de blasement et d'autre chose, dont je n'arrive pas à mettre un nom dessus. Elle n'est pas encore habituée à toutes mes bizarreries.
Non ! C'est faux, je ne suis pas bizarre ! Bunny l'est. Son régime alimentaire est principalement fondé sur les carottes, vous ne trouvez pas ça étrange, vous ? Mais moi, je suis parfaitement normal.
Elle pourquoi qu'elle me regarde comme ça, Astrid ? Harold n'est pas encore habitué à moi non plus, et pourtant, il me regarde juste avec un petit sourire en coin. Pas un sourire moqueur comme celui des deux autres traîtres là-bas, non, juste un sourire qui semble amusé.
La cloche retentit, en parfaite synchronisation avec mon gémissement de terreur. Je ne veux pas aller en histoire. Mes notes sont absolument catastrophiques dans cette matière. Et puis Dunbroch s'amuse toujours à m'interroger, un sourire sadique en coin. Et pourtant, Elinor Dunbroch se trouve être la mère de l'une de mes meilleures amies, Mérida. Inutile de préciser que celle -ci est absolument ravie. Je crois que ma roussette prie le seigneur chaque jour pour que sa mère enseigne dans un autre établissement, ou au moins qu'elle cesse de demander à avoir sa fille dans sa classe chaque année.
OoO
J'ai finalement dû me rendre en histoire.
Après avoir poussé ce hurlement tout droit sortit de mes tripes, mes amis m'ont pris par le bras et tiré à travers le dédale qu'est l'école. Sérieusement, c'est un véritable labyrinthe. Les nouveaux s'y perdent rapidement. Lors de ma première année, je suis arrivé avec un retard de près d'une demie heure à l'un des cours de Black. Avec un sourire à faire pâlir les pires psychopathes de l'histoire, il m'a envoyé à Berk.
Berk, c'est la salle de retenue et d'expulsion. Egalement affectueusement nommée "Salle du Jugement et de la Torture". Lorsqu'on t'y envoie c'est que tu as vraiment fait une — grosse — connerie ou a trop emmerdé ton monde, ça dépend du prof. Quoi qu'il en soit, y aller n'est jamais bon signe. Tu en ressors avec une retenue, ou, si tu es carrément malchanceux, un avis d'expulsion d'une durée indéterminée Ça dépend de l'ampleur de ta connerie. Par exemple, lorsque, en chimie, j'ai fait exprès de concocter une petite solution de mon cru qui a fumé et déclenché les détecteurs, je me suis fait expulser trois jours. Foutrement injuste.
Les profs ont une autre vision de Berk. Pour eux, c'est une salle reflétant limite le paradis, la salle où tu peux envoyer gentiment paître Jack Frost afin qu'il ne te casse plus les pieds en cours. Mis à part une petite minorité, ils sont tous au bord de l'orgasme quand ils t'y envoient. En plus, il fait vachement froid dans cette salle depuis que les radiateurs ne marchent, comme par hasard, plus. Bref, tu t'y gèles les couilles pendant un certain temps pour qu'on finisse par te remonter les bretelles en t'annonçant que tu as raté ta vie, que tu mériterais d'être renié de ta famille et que les sept générations qui succéderont ne devraient même pas avoir connaissance de ton nom si honteux.
Quoi qu'il en soit, malgré des opinions divergentes sur la salle, tous — profs et élèves — s'accordent à dire que "Berk" est vraiment un nom de merde. On ne sait pas vraiment d'où ils vient. Selon Bunny, un type y aurait été tué, et le massacre aurait été si épouvantable que tous auraient dit "berk" en l'apercevant Mais bon, je crois qu'il n'était pas très net quand il m'a sortit ça.
Ce nom n'avait été, au départ, utilisé que par les élèves, et puis, il est devenu si courant que même les professeurs se mirent à nommer l'AB01 — véritable nom de la salle — comme cela.
Bref, tout cela est bien beau mais j'ai quand même dû aller en histoire. Enfin, je n'y suis pas encore, je suis planté dans le couloir, à quelques mètres de la salle du cours, tandis que Mérida me tire par le bras.
Je ronchonne, mais me laisse quand même emmener. Mon attitude est totalement puérile, je sais, mais il faut reconnaître que Maman Dunbroch est sacrément dérangée. Mais à bien y réfléchir, la fille doit l'être également vu la vigueur qu'elle met à me tirer jusqu'en cours.
— Pourquoi tu es si pressée d'y aller, Méri ? C'est louche, je l'accuse haut et fort.
— Astrid y est aussi. Et j'ai quelques questions à lui poser, elle me répond en faisant un geste vague de la main, comme si c'était une évidence.
A ces mots, elle s'engouffre dans la salle et s'empresse d'aller s'asseoir sur la chaise près du pupitre d'Hofferson. Elle m'abandonne sérieusement, là ? Eh bien, la prochaine fois qu'elle viendra me supplier pour que je lui fasse ses devoirs, elle pourra se fourrer le doigt dans l'oeil, et jusqu'au coude !
Oh, wait... C'est moi qui lui demande de faire mes devoirs. Je soupire. Il faudrait vraiment que mon cerveau sorte de son état d'hibernation.
Je parcoure rapidement la salle de classe des yeux en cherchant où je pourrais m'asseoir. Deux personnes seulement sont seules. A gauche se trouve Rustik le débile — même pas en rêve —, et à droite, Jamie Benett. Le choix est vite fait. Je me précipite vers le brun et dépose mon sac près de moi tandis que je m'assois sur mon siège.
— Hey, je lui dis en souriant.
Il me répond avec enthousiasme en déplaçant ses affaires de sorte à ce que je puisse étaler les miennes — ce que je m'empresse de faire.
— Alors, tes vacances ? s'enquit-il en se tournant vers moi.
J'aime bien Jamie. Toujours souriant et sympa avec les gens. Même Rustik ne s'est jamais vu insulté par l'âme pure qu'est Jamie Bennett. Et puis, il est toujours partant pour une petite partie de jambes en l'air. Jamie, évidemment, pas le débile. Rien que l'idée de le faire avec lui me donne envie de vomir. Oh mon dieu. Vision d'horreur. Ça y'est, il me faut un sceau.
— Super. Burgess, ses plages de sable blanc, ses palmiers et ses fleurs au parfum entêtant, sa mer au bleu si limpide et son soleil à en faire pâlir l'Afrique... Que rêver de mieux ? j'ironise malgré tout en essayant d'inspirer et d'expirer profondément. Et toi, l'Espagne ?
Jamie rit.
— Même chose. Sauf que moi, c'est pour de vrai.
Je lui tire la langue avec amusement, quand, soudainement, une douce voix mélodieuse nous interrompt.
— Jack Frost et Jamie Bennett ! hurle Maman Dunbroch. Ne m'obligez pas à vous envoyer à Berk.
Je lui adresse un grand sourire hypocrite tandis que Jamie se renfrogne dans sa chaise à côté. Il est comme ça, à toujours culpabiliser. Il est vraiment timide, dans un sens. Sauf au pieu, je pense avec un grand sourire pervers.
— Bien, reprend la prof. Nous allons donc passer une année ensemble. Ainsi donc...
Pour une fois, je me concentre sur le babillage joyeux de la prof. Elle nous fait un léger récapitulatif de notre programme de l'année, puis nous invite à sortir nos cahiers. Je rigole pas, elle a vraiment dit "invite".
Je plonge donc une main donc mon sac à dos pour en ressortir un vieux cahier rouge recouvert d'écritures et de petites caricatures en tout genre. Oui, je l'admets : je suis un gros flemmard qui n'ose même pas aller racheter des fournitures mais préfère réutiliser celles de l'année passée.
Mais bon, c'est aussi par souci d'économie.
Et pour la protection de la planète. Faut pas croire, je suis un type bien, tout de même.
Non ?
Une 'tite review, les amis ? :D
