.
Merci à Rochelle Allison pour sa confiance
Twilight et ses personnages appartiennent à S. Meyer, bien sûr
Sear est à Rochelle Allison
Donc rien ne nous appartient sauf la traduction!
Cette fic a été écrite pour un défi : Choisis un mot et écris selon ton imagination
L'auteur a choisi SEAR qui signifie griller, saisir, brûler, roussir, cautériser
s/10682931/1/Sear
Complète en 25 chapitres
– CHAPITRE 1 -
Un petit coup, Petit mais définitivement…
… un coup.
Surprise, je m'assis, fouillant entre les coussins du canapé pour attraper la télécommande. En coupant le son de la télévision, je me calmai et écoutai, attendant un autre coup ou que mon cœur ralentisse.
Hormis le double bourdonnement du réfrigérateur et du radiateur il n'y a rien. Je me réinstallai, éteignis la télé et posai la télécommande sur le canapé. De toute façon ça ne m'intéressait pas. Une semaine de solitude volontaire et je commençais déjà à devenir un peu folle.
Le chalet en rondins dans les bois de mon oncle avait semblé être un rêve idyllique. Romantique même malgré mon absence de vie amoureuse. Et au début ça l'avait été. Il avait besoin que quelqu'un reste chez lui pendant son voyage à l'étranger et je… j'y trouverai le calme, un endroit pour réparer mon cœur blessé.
Un endroit pour retrouver un peu le moral, déraciner les graines de l'ennui qui germaient dans mon âme. D'accord, c'est un peu mélodramatique mais honnêtement c'est ce que je ressentais. Terne, triste, ennuyée – interminablement. Et je suis vraiment, vraiment trop jeune pour ressentir ça – eh bien … trente ans c'est vieux pour ceux qui n'en ont que vingt et quelques mais jeune pour n'importe qui d'autre – pour démarrer avec ce genre d'ennui.
Je n'avais pas de don de voyance et je ne voyais certainement pas les choses clairement comme elles étaient. Et ce n'était que maintenant avec une bonne dose de réflexion après coup que je pouvais comprendre pourquoi j'étais là où j'en étais.
Manque de but, passer d'un emploi à un autre sans tenir compte des suggestions de ma mère de retourner à mes études. Une petite estime de soi triste : trouver de la valeur dans des relations alors que je me connaissais à peine. Quand je ne savais même pas si je m'aimais. Peut-être que je m'étais plaint. Peut-être que c'est pour ça que j'avais été avec Jacob – quel dommage. Peut-être…
Toc
L'ancienne couverture de football de l'oncle Phil tomba silencieusement au sol quand je me levais. Les portes étaient toutes verrouillées. Je m'en étais assurée plus tôt après m'être aventurée à aller chercher du bois de chauffage. Toute la journée les prévisions de fortes chutes de neige m'avaient forcé à quitter mon cocon paresseux pour me plonger dans la froideur extrême de l'extérieur. Avec un garde manger bien rempli, j'étais prête à tout.
Toc
… Tout mais ça. Que se passe-t-il?
Je m'approchai doucement, écoutant, espérant, souhaitant, priant pour que ce soit juste… un cerf. Ou autre chose. Une chauve-souris? Qui pouvait être dehors à cette époque de l'année?
A cette heure de la nuit?
De nombreuses fenêtres permettaient que la lumière illumine l'intérieur dans la journée. De belles images vivantes, des vues de paysage magnifique. Beau même en plein hiver, même avec des arbres imposants parcheminés et sans feuilles, le monde lessivé de ses couleurs.
La nuit par contre ces mêmes fenêtres me donnaient la chair de poule, envahissant mon intimité et je tirai tous les rideaux dès qu'il faisait nuit. Je les regardai maintenant, me demandant s'il y avait une fente n'importe où, si quelque chose… n'importe qui… pouvait me voir.
Toc
Toc
Toc
"Oh mon Dieu, oh mon Dieu!" soufflai-je, ayant vraiment peur. Quelqu'un frappait à la porte. Je n'avais pas entendu de voiture et de toute façon la neige tombait depuis assez longtemps pour rendre la conduite difficile.
Tenant mon téléphone puis le tisonnier de la cheminée pour faire bonne mesure, j'avançai jusqu'à la porte et écoutai.
Un autre coup, plus doux cette fois. Je sautai en arrière, tremblant, sentant une flamme d'adrénaline me brûler et je me demandais si je devais appeler quelqu'un ou juste crier. J'étais sur le point de le faire quand j'entendis une voix faible.
"S'il vous plaît..."
Tenant le tisonnier dans ma main droite, je déverrouillai et ouvris avec ma main gauche. Mon cœur, qui avait été frénétique jusque-là, s'arrêta presque à l'air glacial qui me salua. C'était tellement froid que ça me brûlait et je suffoquais.
Mais là, allongé sur le porche d'entrée, en pantalon de survêtement gris et en sweat-shirt noir, tous deux mouillés par la pluie et la neige et peut-être la sueur - je ne savais pas - gisait un homme tremblant.
"Hé!" criai-je, horrifiée. Je jetai le tisonnier et m'agenouillai à côté de lui, essayant de remplacer ma peur des étrangers par de l'inquiétude pour celui-là. "Hé, ça va?" Il n'allait évidemment pas bien et je le tirai, essayant de le relever pour qu'il puisse au moins entrer. Ses vêtements n'étaient pas adéquats pour le temps qu'il faisait dehors et je savais qu'il souffrait probablement déjà d'hypothermie.
Il gémit, tremblant. La neige couvrait ses sourcils ainsi que sa barbe de plusieurs jours. Sans réfléchir, je passai les doigts dessus, regardant la neige fondre au contact.
Il frissonna de nouveau et moi aussi, mes yeux larmoyants à cause du vent.
Une autre montée d'adrénaline. Je me relevai, le pris sous ses aisselles et le tirai à l'intérieur, m'excusant doucement quand sa tête heurta le chambranle de la porte.
Je claquai la porte derrière nous, haletant, les mains picotant à cause du froid. Ses mains et son visage, avaient pris une teinte bleutée. Incertaine de la façon de procéder et ne voulant pas perdre de temps, je me mis à genoux.
"Hé, vous m'entendez?"
"Oui," chuchota-t-il après un moment, respirant à peine.
"Pouvez-vous... bouger? Pas du tout? Je pense que vous allez devoir prendre un bain chaud ou quelque chose comme ça."
Ses yeux s'ouvrirent pendant une fraction de seconde, verts, brillants et un peu vitreux, avant de se refermer. "D'accord," dit-il, juste avec un filet de voix.
Et puis il s'évanouit.
