Bonjour, bonjour !
Comment allez-vous ? ça fait bien longtemps que je n'ai pas écris, mais la prépa m'a pour ainsi dire tenue occupée ! L'inspiration et le temps venant ces temps-ci j'ai décidé de me lancer dans une nouvelle fiction. Je l'ai à peu près intégralement en tête et à moitié rédigée. Vous ne devriez donc pas avoir de grands temps d'attente, et je compte bien finir cette fanfiction.
J'ai toujours voulu écrire sur Grey et Juvia, qui est sans doute mon couple préféré, c'est maintenant chose faite. J'ai tenté ici d'éclaircir le personnage de Grey, et voir comment il pourrait évoluer en tant qu'adulte, notamment vis-à-vis de Juvia. Je me suis alignée sur le chapitre 499, donc il y aura nécessairement du spoil, mais si vous avez lu le manga, vous savez que cette fiction ne pourra pas mal se terminer (je n'aime pas les bad end de toute façon). J'ai voulu aussi reprendre un concept que j'ai vu trainer sur ce site concernant le rêve, j'espère que la manière dont je l'ai tourné vous plaira.
D'autre part je voulais préciser que le titre « The most loneliest day of my life » n'est pas une faute pour les plus bilingues d'entre vous. C'est tiré de la chanson « Lonely day » du groupe System of a down. J'ai pas mal écouté cette chanson ces jours-ci (je pense qu'elle sera très appropriée au chapitre suivant (déjà écrit) mais je n'en dit pas plus) et je trouvais cette citation adéquate (en plus de mon manque d'idée)
Enjoy !
C'est à ce moment précis que ce rêve bizarre, dieu sait pourquoi, m'est de nouveau apparu. Il est réapparu devant mes yeux comme une évidence, une sorte de flash qui éveille en vous des émotions que vous n'auriez jamais soupçonné ressentir.
Ce rêve, je l'avais fait il y a de ça bien deux ou trois semaines. Au réveil il m'avait surpris, par sa bizarrerie, son improbabilité, et en même temps, par son réalisme. J'avais été surpris de me réveiller. Ce songe avait la texture du réel. Il m'a paru si vrai : une sorte de rêve lucide. Je crois aussi qu'au fond de moi j'ai voulu y croire un peu. C'est sans doute pour ça.
Je ne sais pas comment décrire ça. Je fais la plupart du temps des nuits sans rêves, ou des cauchemar. Ce rêve-là était inclassable, alors je l'ai assimilé à une drôle de divagation je me suis réveillé en sueur.
Ça m'a perturbé un jour, puis je l'ai oublié dans les tracas du quotidien, dans la routine, dans le joyeux bruit de la guilde. Et puis ça me revient, là, comme ça, sortis de nulle part, cette douceur inattendue dont le souvenir m'a frappé comme une longue claque amère.
En fait, ce pauvre rêve commençait comme un jour normal. Nous étions tous à la guilde, à jacasser, crier, s'énerver, se battre, rire : le brouhaha perpétuel et constant de Fairy Tail en somme Les discussions avaient l'air terriblement réelles, les rires résonnaient pareillement à d'habitude.
Avec Natsu, on s'engueulait, rien de nouveau. Erza nous sermonnait avec lassitude en même temps qu'elle discutait avec Gadjeel sur la qualité du métal et la dextérité de ses armes… quelque chose dans le genre. Lucy, le regard vif, avide de potins en tout genre, lisait à voix haute le Crime Sorcerer, lecture qu'elle ponctuait de remarques et commentaires assez futiles. Juvia, à ses côtés, souriait et répondait parfois distraitement, plus polie que véritablement intéressée. Elle me lançait des regards furtifs, à peine camouflé. J'ai trouvé ça agaçant. Je crois qu'elle m'agace un peu, mais je ne lui dis plus rien depuis un moment. Je crois qu'au fond ça ne me dérange pas. Ou je m'en fous, je sais pas trop. J'étais trop occupé par cet idiot de Natsu, qui avait du encore une fois me dire une connerie, dont je ne me souviens même plus. J'étais tellement occupé que je ne l'ai pas entendu de suite, cette petite voix.
« Papa ! »
J'ai à peine prêté attention. Je ne reconnaissais pas la voix, légère, criarde : une voix d'enfant. Je ne me sentais pas non plus visé, et je n'ai même pas daigné tourner la tête.
« Papa ! »
La petite voix s'est non seulement fait plus pressante, mais elle s'est rapprochée. Cette petite voix s'est révélé être un gosse, haut comme trois pommes, de pas plus de cinq ans, accroché à mes jambes comme une moule à son rocher.
« Papa, j'ai eu si peur ! »
J'ai eu un putain de sursaut. Mes yeux sont devenus ronds comme des boules de billards, et je suis très certainement devenu livide. Quand le gosse m'a sauté dessus, Natsu a immédiatement et de justesse réprimé ses flammes, et m'a fixé avec autant d'incrédulité. J'ai regardé à droite à gauche en secouant frénétiquement la tête, comme pour me justifier. Mais de quoi aurais-je du seulement me justifier ? J'avais du mal à réfléchir, je me suis demandé si ça pouvait seulement être possible. Le brouhaha s'est petit à petit atténué tandis que tous s'étaient figés, m'observant à demi- incrédule à demi- accusateur. J'avais pourtant rien fait de mal bordel !
« Eh… fis-je, mal à l'aise, tu dois te tromper petit… J'ai cherché les autres du regard, pas bien assuré. Pas vrai ? »
Le gosse en démordait pas, et se réfugiait d'autant plus entre mes jambes. Il a commencé à chialé, je savais plus où me mettre. J'ai demandé à l'aide du regard, et instinctivement, je me suis tourné vers Juvia. J'avais l'impression qu'elle saurait y faire. Et puis aussi, sans trop me l'avouer, j'ai voulu me justifier, avec mes yeux plaintifs, lui prouver que j'avais rien à voir là-dedans. J'ai vu malgré tout beaucoup de déception dans ses yeux océans que je fixais avec détresse. Ça m'a fait l'effet d'un coup de poignard.
Après ce moment de flottement, ça a commencé à s'attrouper et à s'agiter.
« Ben alors Gray, tu nous avait caché ça ? Disait Macao d'un ton moqueur »
Erza, quant à elle, semblait hors d'elle : à mi-chemin entre la déception, la fureur et la stupeur. Si ce gosse ne me maintenait pas fermement à ma place, j'aurais sans doute déguerpis.
« Gray ! Bon sang ! C'est qui ce gosse ? Qu'est-ce que tu as encore fait ?
-Mais c'est pas moi merde ! Putain je le saurais si j'avais un gosse !
-A d'autres ! Il te ressemble comme deux gouttes d'eau ! »
J'ai eu un mouvement de recul. Curieux, j'ai un peu penché la tête, dubitatif. Je reconnaissais ces cheveux de jais, c'est vrai, mais ces yeux que j'entrevoyais à peine tant le petit continuait à cacher sa tête contre moi, n'étaient définitivement pas les miens. Ils étaient plus bleus que jamais, même d'un coup d'œil ça m'a surpris. Les miens étaient grisâtres, pour pas dire noir on ne voyait rien passer derrière, tandis que les siens étaient aussi lisibles qu'un livre. Le petit a ensuite levé la tête vers moi. Il me ressemblait vraiment. Là j'ai commencé à avoir un peu le vertige. Si j'étais déjà blanc, je suis devenu translucide.
« Non mais je… J'ai jamais… Enfin… non je vous jure c'est pas possible ! »
Je savais plus où me mettre.
« D'où il sort ce gosse ? j'ai désespérément demandé »
Levy s'est approchée, embarrassée et tout aussi étonnée que les autres. Elle l'avait apparemment trouvé dans la bibliothèque d'en bas, où ne sont autorisés à aller que certains mages suffisamment aguerris, et où l'on ne trouvait en réalité le plus souvent qu'elle. Selon elle, le petit était sortis de nulle part, entre une des allées de l'immense salle remplie de livres poussiéreux, contenant divers sortilèges, plus ou moins dangereux et plus ou moins lisibles, dans des langues à peine identifiables.
« Il avait l'air perdu, expliqua-t-elle. Je ne comprends pas comment il a pu rentrer. Il s'est mis à paniquer, que ses copains avaient disparu… Je l'ai amené en haut pour le calmer, mais apparemment… »
Elle m'a jeté un petit regard gêné, qui semblait me rejeter la responsabilité. Ça m'a agacé. J'ai alors saisis aussi délicatement que je le pouvais le petit pour le détacher de moi. Je l'ai maintenu à distance et me suis mis à sa hauteur. Il avait les yeux bouffis et l'air effectivement perdu. Ses cheveux noirs corbeau en bataille et la forme de son visage avait aussi quelque chose de familier, mais je voulais me raisonner.
« Bon écoute bonhomme, ai-je articulé de la manière la plus distincte possible pour bien me faire comprendre, je ne sais pas qui tu es, tu t'es visiblement perdu. Est-ce que tu peux me dire d'où tu viens ?
-Tu me reconnais pas ? Pleurnicha le gamin, ses grands yeux bleus se remplissant encore un peu plus de larmes
-Non, dis-je d'un ton un peu plus ferme que je ne l'aurais voulu, Ecoute… je m'en serais souvenu si… »
Le garçon a pleuré de plus belle, son corps agité de soubresauts. Je passais pour un vrai monstre, malgré toute ma bonne foi. Devant mon empêtrement, Erza m'a finalement pris de court :
« Laisse-le, tu ne sais pas t'y faire avec les enfants »
J'ai claqué la langue tandis qu'elle le prenait dans ses bras en lui tapant le dos et en lui murmurant des mots rassurants. Elle essaya de lui extirper des informations, en vain. Je m'étais alors relevé, et, l'observant un peu plus attentivement, je discernai sur sa nuque une chaîne argentée et épaisse qui scintillait faiblement. Ça a éveillé en moi un drôle de pressentiment, une curiosité que je n'ai pas l'habitude d'avoir. Pour ainsi dire, ce petit détail m'a tellement fasciné que je me suis de nouveau approché, et que, faisant reculer Erza de mon bras, je me suis saisis de ce collier.
Il était lourd, presque trop pour un enfant de cet âge. La chaîne aussi paraissait trop longue, comme si elle ne lui appartenait pas. Plus troublant encore, ce que je croyais de prime abord être une croix en guise de pendentif s'est révélé être un épée, finement sculptée d'argent. L'ensemble était amoché de part et d'autre, quelque peu rouillé aussi. Je tenais fébrilement ce pendentif entre mes doigts. Je ne pouvais en détacher les yeux, je n'entendais même plus les plaintes offusquées de la rousse à côté de moi. J'avais pu confondre les cheveux ou les traits du visages. Mais ce collier, c'était le mien.
Sonné, j'ai précipitamment porté la main à ma poitrine pour m'assurer que l'on ne me l'avais pas volé, mais il était bien là. Hésitant, j'ai accolé les deux objets. C'était un pur répliqua, à quelques différences près celui de l'enfant me paraissait encore davantage usé et malmené par le temps.
« C'est quoi ton nom ? Lui ai-je demandé d'une voix blanche sans même le regarder.
-Silver… »
J'ai immédiatement lâché le collier. Je me suis relevé très vite, la tête m'a tourné. J'ai croisé le regard de Juvia. Elle a vu mon trouble. Si tout à l'heure il avait pu y avoir un peu d'hésitation ou d'espoir chez elle, elle était cette fois certaine de ce qu'elle voyait. C'était trop pour elle, je l'ai bien senti. Elle a commencé à s'en aller, réprimant ses larmes, et moi, comme un con, j'étais incapable de lui dire quoique ce soit, perdu comme j'étais.
Tandis qu'elle s'en allait, ses longs cheveux bleus au vent, la scène devint encore plus insensée.
« Maman ! »
Nous nous sommes tous de nouveau figés.
« Maman, Maman ! »
Une lueur d'espoir dans la voix, le petit s'est rué sur la belle bleue. Ses yeux, déjà pourtant si grands qu'on s'y perdrait, sont devenus encore plus ronds que les miens plus tôt. Ils étaient remplis d'incompréhension.
La situation devenait véritablement incontrôlable, nous étions tous encore plus perplexes. Difficile cette fois de trouver une explication. En tout cas, moi, de mon esprit embrumé, je n'étais capable d'en donner aucune. Les jacasseries repartaient de plus belle, tandis que nous cherchions, Juvia et moi, dans le regard de l'autre quelque éclaircissement. Fort heureusement, pour nous sauver de ce beau merdier où personne ne semblait capable de réfléchir correctement, s'éleva finalement la voix de la raison.
« Attendez ! Attendez ! S'exclama Levy, Pensons de manière raisonnée. Le petit a l'air d'avoir cinq ans. Vous deux, elle nous pointa du doigt, vous en avez vingt. Quinze ans me semble non seulement un peu jeune pour avoir un enfant, mais en plus de cela, il y a cinq ans, vous étiez… Elle se reprit, Nous étions tous encore piégés sur l'île Tenrô. Cet enfant ne peut juste pas être le vôtre »
Un silence accueillis sa déclaration. Tous étaient songeurs, moi y compris. Je me suis trouvé bien bête de n'avoir pas même pensé à ça. J'étais plus soulagé, mais quelque chose encore me tracassait. Si ce n'était pas notre gosse -et ça ne pouvait être le cas- comment expliquer toutes ces coïncidences ? Natsu fut le premier à briser le silence
« Mais regarde-le, il leur ressemble, il s'appelle comme le père de Grey et a son collier ! ça peut pas être une coïncidence, ou alors… Son regard s'affermit en direction du petit. Ou alors on se paye notre tête et le gosse n'est pas ce qu'il prétend être »
Je me suis assombris d'un seul coup. Est-ce que quelqu'un serait suffisamment tordu pour envoyer un gosse qu'on aurait fait en sorte de me -nous ?- ressembler avec mon collier, mes cheveux, ce nom, ses yeux.. ? Une fureur insoupçonnée monta en moi presque irrésistiblement. Ce genre de plan me semblait si lâche, si terriblement bien pensé, touchant exactement là où ça faisait le plus mal… ça n'aurait pu être l'œuvre que d'un être haineux et rancunier, et je n'aurais jamais pu laisser passer ça.
A mes côtés cependant, j'ai sentis Lucy s'approcher, bien plus calme. Elle semblait avoir une idée derrière la tête. Elle m'a tapoté le dos pour m'adoucir, puis s'est mise à hauteur du petit.
« Dis-moi Silver, entama-t-elle d'une voix douce, quel jour sommes-nous ? »
Sa question semblait futile, pourtant je tendais l'oreille avec attention. Lucy était du genre perspicace : si nous ne comprenions pas sa démarche, c'était souvent que nous étions en tort.
« Le 21 avril… je crois »
Jusque-là rien de spécial. Natsu perdait patience, Lucy lui fit un vif signe de la main, pour lui dire de se taire. Elle ajouta :
« Quelle année ?
-X803… souffla-t-il comme une évidence, puis ajouta, vexé, détournant la tête et croisant les bras, et pis j'ai cinq ans et demi d'abord »
J'ai reçu un véritable coup de massue. Nous étions bien le 21 avril, mais le 21 avril X792. Le gosse, s'il ne mentais pas -et il ne semblait pas mentir- venait de dix ans dans l'avenir.
J'en avais vu des trucs délirant, mais là, tout mon monde semblait s'effondrer. Je veux dire, entre ceux de la guilde, tous plus étranges et imprévisibles les uns que les autres et le monde dans lequel on évoluait qui offrait de nouvelles surprises chaque jours, je pensais que rien ne pourrait me surprendre. Je m'étais bien trompé, loin de me douter qu'en plus de ce monde étrange, du monde parallèle d'Edolas qui était déjà alors une révolution, l'on pouvait envisager un passage entre les époques. Et plus que tout, ce futur-là, qui nous frappait violemment en plein visage comme une aberration scientifique, était mon futur ! Tout ça me paraissait invraisemblable : dans dix ans j'étais sensé avoir un enfant de cinq ans ?... Avec Juvia ? Je secouai la tête frénétiquement : impossible. Mais je jetais aussi un coup d'œil au petit et aux gens autour, et ça semblait réel. J'ai pourtant frénétiquement cligné des yeux, mais ça ne me semblait pas être alors un rêve.
La situation pour les autres était en tout cas devenue claire, et certains pragmatiques cherchèrent d'emblée des solutions. Aussi, tandis que Lucy et Levy étaient décidées à aller voir dans quels livres se trouvait le sortilège de retour dans le temps, d'autres, comme Mirajane, Lisanna ou même Juvia, un peu plus distante, toujours sous le choc, décidèrent de s'occuper du petit, complètement paniqué et effrayé.
Moi, j'avais besoin d'une clope. Ou deux. Très, très vite.
Je ne suis pas gros fumeur en général, mais dans des situations stressantes, ou extrêmes, j'en ressent le besoin. Parfois, je peux passer deux semaines sans même y penser, et certains jours, il m'arrive de fumer un paquet, voire deux. J'en étais à un paquet par jour après la seconde disparition de mon père. J'avais ralentis après la discussion que Juvia et moi avions eu à propos de cela. Mais ce jour-là, dans ce qui s'est avéré plus tard être un rêve, après toutes ces émotions, j'en avais terriblement besoin.
Juvia n'aimait pas que je fume, je me souviens y avoir pensé. Comment disait-elle déjà ? Ah oui. Selon elle j'abîmais le « merveilleux corps que mère nature avait fait ». J'ai souris. Ça m'a encore plus donné envie de fumer, de penser à elle.
Je suis sortis sans me préoccuper du reste, j'avais besoin d'air, et de beaucoup de fumée toxique dans mes poumons. Contre le mur, j'ai allumé ma cigarette d'une main peu assurée, puis j'ai fermé les yeux en la portant à ma bouche. Je commençais tout juste à me détendre quand j'ai entendu un grand fracas. Je pensais que tout ça ne pouvait pas être plus bizarre. Devinez quoi? Je m'étais encore trompé.
Qu'en avez-vous pensé? Il s'agit ici d'une sorte d'introduction à ce qui va suivre, là n'est pas le principal de mon propos et la vrai raison d'être de cette fiction. Le gros morceau vient aux prochains chapitres qui seront plus riche en émotions.
Quoiqu'il en soit dites moi si cela vous plait et ce que vous en avez pensé (mon style d'écriture ou l'histoire en elle-même)
A la prochaine!
