Bonjour à tous ! L'inévitable entre nous s'étant terminé la semaine dernière, il fallait une histoire pour combler cette sortie manquante.

Alors me voilà avec Whispers of Intent.

Petite note sur le titre cette traduction : je l'ai volontairement laissé en anglais, la traduction approximative serait : Murmures d'intention.

Mais sachant que le bar où se rencontrent Harry et Rogue porte le nom de "Whispers" il m'a semblé judicieux de laisser le titre en l'état.

En tout cas profite ! Un snarry comme on les aime. Tiranog est (était) une auteure magnifique, qui nous a malheureusement quitté en 2018.

J'espère lui rendre un bel hommage en traduisant cette merveilleuse fanfic.

Bonne lecture !

Chapitre 1

Harry Potter inspira profondément en franchissant la porte du pub. Whispers n'était pas un pub typique. C'était un des rares endroits du monde magique où les sorciers avec certaines préférences pouvaient en rencontrer d'autres. Contrairement aux établissements similaires de l'Allée des Embrumes, Whispers donnait une impression de sécurité. Un homme pouvait y venir et être sûr qu'il serait encore en vie le lendemain matin. On ne pouvait pas en dire autant des autres endroits qu'Harry avait fréquentés dans sa jeunesse.

En tant qu'Auror, il savait qu'il ne devrait probablement pas être ici. Les préjugés contre les relations homosexuelles étaient encore monnaie courante. S'il était un autre Auror qu'Harry Potter, il y aurait eu toutes les chances qu'il perde son emploi pour avoir été repéré dans un endroit comme celui-ci. Mais il était Harry Potter. Il se dit qu'après tous les ennuis que lui avait causés son statut de célébrité, il était juste qu'il se permette d'en faire usage de temps en temps

L'intérieur du pub n'était pas beaucoup plus lumineux que la rue dehors, mais il y faisait plus chaud. La chaleur et la fumée d'un feu de bois le réchauffèrent dès qu'il franchit le seuil de la porte secouant le froid qui l'enveloppait. Un sort avait empêché la pluie incessante de tomber sur lui, mais il n'y avait aucun sort au monde qui pouvait empêcher l'humidité de pénétrer les vêtements.

Après avoir essuyé la buée de ses verres, qu'il avait encore oublié de protéger d'un sort, Harry jeta un coup d'œil dans le pub peu éclairé. La musique était un peu trop lente à son goût, un genre de valse, mais son regard se mouvait avec appréciation sur les sorciers qui étaient serrés les uns contre les autres, dansant lentement sur la piste.

Il savait qu'il était un idiot sentimental, mais chaque fois qu'il voyait une scène comme celle-ci, il imaginait toujours que les sorciers s'embrassant et se balançant lentement sur la musique étaient des amants à long terme plutôt que les plus probables coups d'une nuit qu'ils étaient. Il fut un temps où il avait souhaité quelque chose comme ça, un partenaire qu'il pouvait chérir, mais la réalité lui avait appris une dure leçon sur ce que le garçon-qui-avait-survécu pouvait et ne pouvait pas avoir.

Sa célébrité était tout simplement un obstacle trop énorme. Les sorciers qu'il attirait le voulaient pour toutes les mauvaises raisons, et les sorciers qui attirait Harry étaient toujours trop inquiets de la publicité pour risquer plus qu'un coup d'un soir. Il était amer à ce sujet depuis des années, mais maintenant à trente-trois ans, il s'était résigné à son destin.

Il venait à Whispers quand il ne pouvait plus tenir, mais surtout, il y venait seul. La vie n'avait pas tourné comme il le pensait, mais pour qui était-ce vraiment le cas ? Personne qu'Harry ne connaissait en tout cas.

En arrachant ses yeux des couples qui bougeait hypnotiquement, Harry se dirigea vers le bar. Bien qu'il s'était s'assurer que sa frange cachait sa cicatrice en forme d'éclair sur son front, il entendit les murmures excités qui traversèrent la clientèle alors qu'il était reconnu.

Harry détestait ça, mais ces jours-ci, il s'en servait à son avantage. Une fois que la rumeur de sa présence s'était répandue, il avait généralement son choix de partenaires. Cela rendait tout plus facile. Quand il était plus jeune, il avait l'habitude de parler avec des amants potentiels pour essayer d'établir une sorte de connexion avec eux. Ces jours-ci, il choisissait celui qui avait l'air le plus sexy et couchait avec. Il détestait ça, mais le besoin l'emportait toujours sur sa morale.

"Un Whisky Pur Feu", dit Harry au barman blond potelé quand il l'eut finalement atteint. La foule du vendredi soir était assez dense.

Harry buvait sa première gorgée d'alcool quand quelqu'un l'appela.

« Harry ? »

Il se tourna, parce que normalement c'était « Harry Potter ? » ou « J'ai lu tellement de choses sur vous, » et pas juste son prénom, dit familièrement.

Le visage était très familier. Il lui fallut une minute pour placer un nom sur le visage du beau sorcier aux cheveux noirs qui était venu au bar à côté de lui. Seize ans avait passé depuis qu'il avait quitté Poudlard, et il n'avait pas vu l'autre homme depuis. Avec difficulté, Harry retrouva le nom du sorcier parmi les milliers de noms qu'il avait accumulés au fil des ans.

« C'est toi ! Je ne m'attendais pas à te voir dans un endroit pareil. Je ne savais même pas que tu étais gay ! » s'exclame Justin Finch-Fletchley, caressant Harry à l'épaule comme s'ils avaient été les meilleurs amis du monde.

C'était une autre chose que son statut de célébrité encourageait. Des gens qui lui avaient à peine accordé de l'attention à l'époque, avaient maintenant tendance à exagérer la proximité de leurs rapports antérieurs.

Comme Justin n'avait jamais été vraiment horrible avec lui, Harry colla un sourire sur son visage et essaya d'avoir l'air heureux de cette rencontre fortuite. « Bonjour, Justin. Comment vas-tu ? »

Les joues crémeuses de couleur pêche de Justin tournèrent au rose vif. Il était évidemment ravi que Harry l'ait reconnu.

« Bien, Harry. Je vais bien, » bégaya Justin nerveusement. « Je suppose que je n'ai pas à te demander comment tu vas. J'ai lu tes aventures dans les journaux chaque jour. Les choses ont l'air d'aller bien pour toi. »

Pour un homme qui n'avait aucun espoir de créer une relation satisfaisante, il supposa que c'était vrai. Ce commentaire, cependant, mit Justin immédiatement hors-course pour la « saveur de ce soir » du mois. Réprimant une grimace, Harry haussa les épaules et dit: « Tu sais à quel point les journaux exagèrent. »

« Oui, mais quand même . . . tu as une sacrée vie, n'est-ce pas ? On dit que tu es un si bon Auror que même le record de Maugrey Fol-oeil ne tient pas la comparaison », s'enthousiasma Justin.

Cherchant désespérément à changer de sujet, Harry demanda: « Alors, que fais-tu ces jours-ci ? »

Justin sourit avec auto-dérision et répondit : « je suis médicomage à Sainte Mangouste », comme si sauver des vies quotidiennement n'était pas quelque chose qui pouvait se comparer au fait d'être Auror.

« Hé, c'est très bien, » dit Harry.

« Je suppose. Mais ça n'a rien à voir avec ce que tu fais toi, non ? » Et voilà c'était la pause maladroite qui arrivait toujours quand des gens qui le connaissaient à peine essayaient de se rapprocher. Justin l'interrompit avec la question qu'Harry redoutait. « Alors, comment vont Hermione et Ron ces jours-ci ? »

Se disant que ce n'était pas mûr de grincer des dents, Harry répondit à la question du mieux qu'il put. « Bien, la dernière fois que je les ai vus. »

Harry n'ajouta pas que le laps de temps entre la dernière fois où il a vu Ron était à peine plus plus court de quelques années que la dernière fois où il avait vu Justin. Briser le cœur de la petite soeur de votre meilleur ami n'aidait pas à se faire aimer d'une famille. Cela faisait plus de treize ans qu'il n'avait pas vu les Weasleys, autres que Percy, qu'il voyait de temps en temps au Bureau du Ministère. Quant à Hermione, eh bien, il la voyait, mais le fossé entre Ron et lui avaient détruit leur proximité. Ils avait essayé, mais ça leur avait fait mal à tous les deux.

Justin n'avait pas besoin d'entendre tout cela, cependant.

« Oh, c'est merveilleux », répondit Justin, sa maladresse s'accroissant de minute en minute.

Harry espérait que Justin n'aurait pas le courage de proposer. C'était déjà assez dur de vivre ça avec des étrangers, ça l'était encore plus avec des gens qui l'avaient connu et qui auraient dû mieux le connaître.

Une bulle de silence inconfortable sembla les isoler du bar bruyant et occupé pendant un moment.

Visiblement à la recherche de sujets de conversation, Justin dit nerveusement, « Tu ne croiras jamais qui est là. »

Voyant la perspective d'une autre de ces affreuses retrouvailles, Harry se demandai s'il ne devait pas oublier l'idée de s'envoyer en l'air ce soir et rentrer chez lui. Cependant, ses manières ne lui permettaient pas d'ignorer la tentative de Justin, alors il demanda : « Qui ? »

« Rogue », dit Justin, avec son premier vrai sourire.

C'était incroyable, vraiment, le niveau d'émotion que le simple nom pouvait éveiller en lui. Il fut un temps où il avait détesté Rogue plus que Voldemort. Il n'avait pas vu l'homme depuis le procès il y a seize ans.

« Pas possible », nia Harry. Mais il ne vit aucune trace de plaisanterie sur le beau visage.

« Vraiment », dit Justin en pointant du doigt les ombres à leur droite. « Il est à une table dans le coin. Ça m'a choqué la première fois que je l'ai vu ici. Je viens ici assez régulièrement. Rogue se pointe quelques fois dans le mois. »

« As-tu… jamais... » Harry se retrouva à poser une question totalement inappropriée, parce que l'idée de son ancien ennemi qui fréquentait un bar pour sorciers gay était tellement au-delà de sa capacité à comprendre qu'il perdit temporairement le contrôle de sa bouche.

Justin sembla scandalisé par la suggestion. « Tu es fou ? Il n'est peut-être plus mon professeur de potions, mais Rogue est toujours le sale bâtard qu'il était à l'école. C'est un miracle qu'il trouve quelqu'un pour coucher avec lui. »

« C'est le cas ? » Une fois de plus, la question de Harry s'échappa de sa bouche avant qu'il n'ait pu s'en empêcher.

« Je l'ai vu partir avec un sorcier une fois à la fermeture, mais surtout, il reste assis là et regarde les danseurs, puis repart seul », dit Justin.

Harry fut intrigué malgré lui. Il n'avait jamais imaginé que Rogue pouvait être homosexuel. Avec toutes les choses horribles et méchantes qu'il avait dites et pensé sur l'homme à l'école, cette idée ne lui avait jamais traversé l'esprit. Mais après tout, il n'avait jamais pensé à ses anciens professeurs comme des êtres sexuels. Et c'était toujours le cas, en vérité. Juste l'idée de penser à Minerva ou à Hagrid de cette façon était suffisante pour court-circuiter son cerveau.

Mais Rogue était apparemment ici en chair et en os, et c'était trop de nouveauté pour passer à côté. Harry donna une tape amicale sur le bras de Justin et lui dit: « Content de t'avoir revu, Justin. » il se dirigea vers l'endroit que Justin lui avait montré.

Il put sentir le regard choqué de Justin sur son dos pendant qu'il marchait.

Harry n'eut pas la moindre idée de ce qu'il allait dire à Rogue, mais même s'ils se mettaient à se crier l'un sur l'autre, ce serait mieux que la petite conversation maladroite qu'il avait essayé d'avoir avec Justin. La seule chose qu'il savait avec certitude, C'est que Rogue ne se comporterait pas comme un flagorneur devant une star.

Loin du bar, il faisait plus sombre. Harry avait du mal à distinguer les tables de l'autre côté de la piste de danse, mais quand il eut contourné les danseurs, il vit finalement les tables.

Il a fallu à peine un battement de coeur à Harry pour identifier la figure familière et menaçante de l'époque de ses jours d'école. Même après plus de quatorze ans en tant qu'Auror, Harry trouvait encore Rogue intimidant.

Il n'avait pas beaucoup changé. Ses cheveux étaient plus longs, sans effet particulier. Rogue les portait tirés en arrière dans une queue de cheval maintenant, ce qui ne faisait qu'accentuer les lignes sombre, accueillantes de son long visage anguleux et de son nez surdimensionné. Les robes noires et la veste avec les douzaines de boutons auraient pu être les mêmes que celles que Rogue avait portées à Poudlard.

Harry se tint dans l'ombre, prenant un long moment pour observer son ancien professeur, faisant un débat intérieur sur la sagesse même d'essayer de prendre contact. Ce n'était pas comme si Rogue et lui avaient eu une relation amicale. Même lorsqu'Harry avait témoigné pour le compte de Rogue lors des procès, l'homme l'avait terrifié, l'insultant et l'injuriant toutes les minutes.

Non, il n'y avait vraiment pas d'amour perdu entre eux, mais . . . Harry avait connu Rogue, d'une manière qu'il n'avait jamais connue Justin ou peut-être n'importe qui d'autre dans sa vie. Malgré leurs différences et leur haine, ils avaient été les hommes de Dumbledore jusqu'à la toute fin, bien qu'Harry ait mis du temps à le comprendre.

Harry pensait avoir une conversation décente avec Rogue, à condition que L'homme accepte de lui parler. Harry était très conscient du fait que Rogue était parfaitement capable de faire une scène qui ferait la une de La Gazette du Sorcier plus vite que ses propres fiançailles.

« Toujours dans l'ombre, Potter ? » la voix familière et profonde de son professeur de potions se fit entendre quelques mètres de distance. « Venez ici et asseyez-vous ou partez . . . avant que je vous jète un sort. »