L'univers ne m'appartient pas mais appartient à J.K Rowling. Néanmoins, je précise que les personnages qui ne se retrouvent pas dans la saga Harry Potter et que vous allez suivre ici, m'appartiennent.

Je vous souhaite un excellent moment de lecture et espère que vous allez apprécier cette Histoire.

Une jeune femme était assise sur le sol du ponton, le dos appuyé sur la rambarde, inspirant et expirant, essayant de faire passer son mal de cœur. Elle aurait bien eu envie de pester contre l'idiote infâme qui avait eus l'idée de faire tout ce voyage à la mode « sans-magie » pour « mettre de la saveur à notre périple ! Ce ne serait vraiment pas amusant si on ne fait que transplaner. » Mais elle n'en avait pas la force. Autant le voyage Amérique du sud- France s'était plutôt bien passé et avait était très intéressant, autant le voyage en enfer que représentait le trajet France-Angleterre lui donnait envie de rebrousser chemin dans la seconde. Le bateau ne flottait pas. Il s'amusait à tanguer dangereusement d'un côté à l'autre quand il ne sautait pas carrément sur les vagues. « On n'a pas idée de voyager sur une mer pareille. » Pensa-t-elle. Elle leva la tête aux embruns de la mer qui tombaient sur elle. Elle était ici depuis des heures, laissant le vent caresser son visage et calmer son mal-être, se fichant de tremper sa robe brune. Elle n'était couverte que d'un fin châle rouge bordeaux et frissonnait sous le froid de l'aube qui pourtant, lui faisait un bien fou. Le froid, n'était pourtant pas quelque chose pour lesquels elle était habitué. Dans son pays il faisait tout le temps chaud et humide. Ici, elle avait l'impression que l'eau s'infiltrait pour glacer ses os. Quelle étrange sensation.

Ainsi à moitié couché sur un ponton de bois, la tête légèrement levée, les long cheveux noirs volant au grès du vent, les yeux fermés et, les quelques rares passant ne lui jetant pas un coup d'œil, elle ressemblait à une poupée abandonnée. Pourtant la poupée ouvrit un œil, puis l'autre, lorsqu'elle sentit arriver une silhouette mince, d'apparence plus frêle qu'elle, portant les même cheveux légèrement bouclé, attaché en tresse et maintenu ensemble par une queue de cheval. Le visage ovale de la jeune femme, dont aucun relief ne transparaissait si ce n'est un petit nez en trompette, affichait un air contrit tandis que ses yeux marron clair évitaient de trop s'attarder sur son vis-à-vis.

« Désolé Aka. Je ne pensais pas que tu serais si malade. Une voix douce sortit de la femme debout au-dessus de l'autre.

- Tu n'as pas à être désolé. Soupira la dénommée Aka dont la voix était plus grave. J'ai un corps beaucoup plus faible que mon esprit. Il faut que je fasse avec. Aka offrit à son amie un immense sourire dans lequel on voyait tous ses dents. Elle avait parlé sur un ton joyeux.

- Toi ? Un corps frêle ? Rigola l'autre femme.

En effet, Aka avait les épaules assez larges sans que cela ne soit laid chez une femme. Même recouverte de plus de tissus que dans son pays natal à cause du froid, on devinait chez-elle une certaine force. Aka fronça les sourcils.

- Tu aurais toi aussi un corps musclé si tu prenais part aux exercices de combats.

- Je ne suis pas un soldat, je suis une soignante. Quel genre de médecin je serais si j'apprenais à blesser ?

- Le genre qui puisse soigner et protéger.

- Je ne vois pas pourquoi j'apprendrais à protéger. Cela fait longtemps que la communauté n'a pas eus à utiliser ses soldats. La femme s'était approchée de la balustrade, et avait lancer à l'autre un regard suffisant.

Aka fronça encore une fois les sourcils sous l'idiotie manifeste de son amie.

- Très belle pensée Mayeka ! S'exclama-t-elle joyeusement en se relevant. Bien trop rapidement au gout de son estomac, mais cela ne l'empêcha pas de continuer sur un ton sérieux et enjoué.

- J'ai une idée ! On n'a qu'à arrêter de s'entrainer aux combats ! Les guerriers pourront se reposer au lieu de faire des rondes ! Ils pourront aider dans les champs, à la cueillette, à la chasse. Et si un jour un ennemi, comme, je ne sais pas moi, celui qui tue tout le monde ici, arrive chez nous parce que nous lui avons dit non pour partager avec lui notre connaissance sur la magie des pierres, arrive donc pour massacrer tout le monde, nous n'aurons pas de quoi nous défendre mais au moins, moi, ça me fera du travail et pour toi aussi !

Son amie la regarda en coin, son sourire disparu sur l'air joyeux et totalement sérieux d'Aka. Cette dernière, les yeux dans le vague semblait déjà voir la scène : les morts, le sang, les cris d'agonies, un sourire aux lèvres.

- Quelque fois Akatcheta, tu fais peur. Souffla Mayeka.

Akatcheta la regarda, un regard doux et un sourire compatissant aux lèvres.

- Seulement parce que tu ne sais pas si je suis sérieuse.

- Non c'est parce que je sais que tu l'ai à moitié.

Akatcheta partis dans un fou rire.

- Qui sait ?! » Lança-t-elle avant de se diriger vivement vers les toilettes du bateau dans le but de vomir son petit déjeuné qu'elle n'avait pas avalé.

Son estomac se tordit et elle recracha de la bile. « C'est moi qui fera un massacre si je ne mets pas rapidement pieds à terre. » Pensa-t-elle.

Poussant un profond soupire de satisfaction, un sourire extatique aux lèvres, Aka sauta à pieds joints sur le sol du port d'Angleterre. Son estomac fit demi-tour dans son ventre, ses jambes, peu habitués à la terre ferme chancelèrent quelque peu mais, alors qu'elle titubait pour ne pas tomber, Akatcheta ne se départit pas de son sourire. Au contraire, elle sourit de plus belle. Humant l'air de l'Angleterre, son regard parcourut les docks, s'attardant surtout sur le sol dur de la terre ferme. La jeune femme d'une vingtaine d'années plaça ses mains sur ses hanches et se redressa, comme voulant dominer ce petit monde. Mayeka arriva derrière elle, un sourire aux lèvres et, glissant son bras dans le creux du coude d'Akatcheta, elle la décala de la sortie. En effet, presser de partir de cet enfer, Aketcheta avait presque bousculé tout le monde pour sortir du bateau et, immobile dans sa contemplation, elle bloquait quelque peu la sortie.

Elles trouvèrent presque immédiatement un coin assez calme et commencèrent à babiller joyeusement sur quoi visiter, quelle ville traverser, dans quel restaurant manger. Toutes ces grandes villes qu'elles visitaient depuis leur départ les changeaient de leur tout petit village et elles voulaient absolument tout voir, qu'importe où elles étaient. Les voyageurs leur jetaient des regards énervés, outrés, condescendants et parfois choqués et horrifiés devant leur langue qui était bien différente de l'anglais. En effet, cette dernière pouvait paraître très rustique, composé de claquement de langue de temps en temps à la fin d'une exclamation joyeuse, les r étaient roulés, les voyelles appuyées mais l'ensemble paraissait harmonieux et résonnait comme un chant étrange venu de loin et qui aurait perdu la plupart de ses sons dans le vent.

Akatcheta remarqua les regards haineux des Anglais et s'exclama bien fort dans sa langue :

« Oh ! Regarde-les ! Regarde-les donc ! On les énerve rien qu'en parlant ! Seulement en parlant ! Ils doivent avoir des esprits si faibles pour être courroucés pour une chose qui ne les concerne même pas ! Une chose qu'ils ne comprennent même pas ! Que ce sera si facile de les faire sortir de leur état normal !

- Et pourquoi voudrais-tu faire ça ?! S'exclama horrifier, Mayeka.

- Je ne sais pas. Par ennui peut-être ? Toi tu es ici pour étudier la médecine de ce monde, moi pour étudier les esprits. Mais ils ont l'air tellement inintéressants. Soupira-t-elle de tristesse en regardant aux alentours.

Observant plus attentivement Akatcheta et son regard scrutateur mais amical qu'elle lançait au passant, Mayeka eu une idée.

- Tu n'auras qu'à essayer de comprendre pourquoi ils sont si intolérants.

- Une raison à l'intolérance ? A par la profonde bêtise ?

- Tu es ici pour connaître le maximum de type d'âme et comprendre comment les esprits peuvent être pervertis et donc comment les soigner. Tu l'as dit toi-même, les esprits naissent purs. Alors comment et pourquoi deviennent-ils comme ça ? Finit-elle en balayant les docks de la main.

- C'est juste la bêtise humaine ! Les humains sont tous plus idiots les uns que les autres.

- Ce n'est pas un peu facile comme réponse ? Dis Mayeka, un regard en coin vers sa meilleure amie et une moue sur les lèvres.

- Ce n'est pas parce que c'est une réponse simple qu'elle n'est pas bonne. Quelquefois, il ne faut pas chercher compliquer. Je te le dis, j'ai déjà vu beaucoup d'âme dans ma vie, elles ont toutes des degrés d'idiotie différente mais elles sont toutes idiotes. Mais tu as raison. Il faut que je sache quel genre de problèmes amène ces différents degrés d'idiotie. Peut-être pourrais-je faire une sorte d'échelle de la moins pire à la pire.

Mayeka la regarda, soufflée. Ça faisait longtemps qu'elle ne la considérait plus comme totalement humaine mais quand même. Elle observa Akatcheta qui était concentré, le regard dans le vide. Est-ce que tous les Chamans et Grand-Chamans étaient comme elle ? Est-ce que le fait de parler et de diriger les esprits errants ainsi que soignés les esprits perdus les rendaient tous un peu hautains ? Où est-ce le fait d'accéder à une dimension, que les autres ne verraient jamais avant de mourir, qui leur donnait une compréhension du monde que les autres n'avait pas ? Les faisant passer pour hautain et suffisant auprès de tous alors que ce n'était que le reflet de la réalité ?

- J'hésite entre manger et dormir. Je pense que je vais dévorer tout ce que je trouve sur mon passage et ensuite avec un peu de chance je m'évanouirais repu dans mon assiette.

Mayeka fut sorti de ses réflexions par la voix d'Akatcheta.

- Il faudrait d'abord récupérer nos affaires et aller à notre hôtel.

- Bien. Faisons ça. J'achèterais quelque chose sur le chemin et comme ça je pourrais manger à quelques pas de là ou je devrais m'évanouir. C'est une excellente idée Mayé ! » S'exclama joyeusement Aka.

La plus petite femme suivit alors tranquillement la plus grande qui sautillait joyeusement, semblant vouloir se venger de son estomac qui, à chaque bon, lui donnait des nausées. Une petite guerre se passait ainsi silencieusement devant les yeux marrons de Mayeka sans que celle-ci s'en rende compte.