Vendredi 18 mai

– Oh pu ! Purée ! lâcha-t-il à quelques secondes d'écart.

Il se félicita intérieurement tandis qu'il relevait la petite fille à ses pieds. Elle lui avait foncé dessus sans le voir. Son cœur revint à la normale, après la peur bleue qu'il venait d'avoir…

– Tu vas bien ?

Elle leva vers lui ses deux yeux vairons, qui le surprirent aux premiers abords, avant de lui trouver un air assez familier.

Sans répondre, elle regarda son cornet de glace, à moitié écrasé dans sa petite main tandis que la boule trônait à quelques mètres d'eux, sur le goudron. Les larmes aux yeux, elle eut une grimace de tristesse.

– Je vais t'en racheter une ! s'exclama le jeune homme, OK ? Mais tu ne pleures pas dans ce cas-là. Et tu me dis comment tu t'appelles ?

Il s'agenouilla à sa taille en lui posant la question.

– Aiko. Et toi ? T'es qui ? Un monsieur policier ?

Par réflexe, il regarda son uniforme.

– Pas exactement, je travaille pour la gendarmerie. Mais c'est presque pareil ! Je m'appelle Midoriya, Midoriya Izuku. OK, Aiko, tu me donnes la main ? On va chercher une glace ensemble. Ta maman est avec toi ? Ou ton papa ?

Elle secoua la tête.

Maintenant qu'il la regardait un peu plus, elle lui paraissait bien jeune...

– Et tu as quel âge ? lui demanda-t-il.

– Quatre ans.

Elle est vraiment petite, pensa-t-il en l'amenant jusqu'au glacier le plus proche.

Scrutant les environs en marchant, il ne vit aucune personne semblant inquiète ou paniquée. Peut-être que dans la foule, elle avait été entraîner bien plus loin que ses parents pouvaient imaginer ?

Après quelques minutes, Aiko avait une nouvelle glace dans la main et un grand sourire.

Cette petite fille devait bien avoir un nom. Avec ça, il devrait au moins réussir à contacter ses parents en retournant à la gendarmerie après sa ronde.

Il se pencha à nouveau vers elle.

– Dis, Aiko, c'est quoi ton nom ?

De ses grands yeux, elle lui répondit :

– Todoroki.

Cette fois-ci, il ne put retenir son juron.