Bonjour à tous ! J'ai enfin décidé d'écrire cette histoire qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps. Elle suivra Harry Potter et son frère Alistair.
Résumé : Harry et Alistair Potter sont deux frères orphelins. Seuls contre une famille qui ne les aime pas, ils vont vite comprendre qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Seulement, quand un nouveau monde s'ouvre à eux, mais que l'un est un héros et l'autre un inconnu, les choses ne peuvent que changer.
Disclaimer : Je ne suis pas JK Rowling, Harry Potter et son univers ne sont pas à moi et je ne reçois pas d'argent pour écrire cette fic.
Sur ce, bonne lecture !
PROLOGUE
Lentement, ses yeux s'ouvrirent sur le plafond...
...Il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose pour ces fissures. Une de plus et le plafond allait finir par leur tomber de – merde ! Pourquoi pensait-il à ces conneries ? James se redressa brutalement et grogna. Le noir envahit sa vision et ses oreilles se mirent à siffler.
Merlin, qu'est-ce qu'il détestait ça.
Quand tout se calma, la première chose sur laquelle son regard se posa fut le vide. Ses yeux se tournèrent vers la droite puis vers la gauche, mais il n'y avait rien. Personne.
Son cœur accéléra dans sa poitrine. Pourquoi était-il seul ?
Sûrement il ne s'était pas assoupi si longtemps ? Il n'avait fermé les yeux que quelques secondes !
Pourtant, le manque de gazouillis était une réponse claire en soi. Pendant qu'il dormait, son petit lion en avait profité pour s'échapper !
Il traversa le salon le plus rapidement possible pour se diriger vers la cuisine. Son cœur battait toujours aussi fort. C'était impossible pour un enfant si jeune de disparaître si vite non ?
Son petit lion était un farceur. Il fallait dire que c'était pratiquement dans ses gènes. Mais quand même ! Fausser compagnie à son propre père ? Ses lèvres s'étirèrent en un grand sourire et ses yeux s'illuminèrent.
Quand il entra dans la cuisine, des spaghettis recouvraient le sol et le mur semblait avoir changé de couleur tellement il était maculé d'éclaboussures. L'hésitation le prit soudainement à la vue d'un tel foutoir.
Son regard se posa alors sur sa femme. Il essaya de se contenir mais ses épaules se mirent quand même à trembler. C'était infaisable pour lui de rester de marbre devant la scène qu'il avait sous les yeux.
Lily était entièrement couverte de sauce, à tel point qu'il n'arrivait même plus à faire la différence entre le rouge de la tomate et celui de ses cheveux.
D'ailleurs, il soupçonnait fortement une des longues mèches d'être en réalité une pâte un peu trop aventureuse.
Cependant, avant qu'il ne puisse confirmer son hypothèse, sa femme l'apostropha, « Si tu es venu pour te moquer de moi James, que Dieu ait pitié de toi, parce que je te jure que je n'en aurai aucune ! »
Ses yeux s'écarquillèrent et James se mordit la langue pour ne pas laisser échapper le fou rire qui menaçait de sortir. Il tenait bien trop à la vie, merci pour lui !
« Je suppose que tu as quelque chose à me dire, si tu n'es pas venu pour...ça, » lui dit-elle en présentant la situation avec une spatule. Il put observer sa paupière tressauter quand elle vit ce qu'elle tenait dans la main. Avec violence, elle balança la spatule dans l'évier.
Une douce chaleur se répandit dans sa poitrine. Il ne l'avait jamais autant aimée.
Il se retint de l'embrasser. Avant, il devait trouver son chenapan de fils.
Discrètement, il fit un pas en arrière, puis après avoir pris une grande inspiration, il lui demanda :
« Ma chérie, aurais-tu vu Harry par le plus grand des hasards ? » Il attendit un peu, mais quand il vit qu'elle le regardait sans répondre, il fit encore un pas en arrière. On n'était jamais trop sûr.
« Comment ça je sais où est Harry ? Tu n'étais pas avec lui ? » lui demanda-t-elle d'un ton hésitant. Lorsqu'il baissa la tête, James put apercevoir la main de Lily se fermer et s'ouvrir, comme si celle-ci se souvenait de la présence de...quelque chose.
Une spatule peut-être ?
« Heu...non, sinon je ne te poserai pas la question, » répondit-il doucement pour ne pas la brusquer. D'un regard discret, il évalua la distance entre elle et lui.
Quand il remonta ses yeux vers elle, et qu'elle croisa les siens, il détourna rapidement le regard puis pesta intérieurement, il espérait que le geste ne l'avait pas fait paraître trop coupa ––
« JAMES FLEAMONT POTTER ! »
Oups, loupé...
« Es-tu en train de me dire que depuis je ne sais combien de temps, notre fils d'un an, un mois et un jour, est tout seul dans cette grande maison ? Maison, qui je me sens obligée de te le rappeler car j'ai l'impression que tu as oublié, sur deux étages avec des escaliers ! » siffla Lily avec férocité.
Même couverte de sauce tomate – et d'une pâte ou deux – sa femme parvenait à imposer le respect.
Une véritable lionne. Tout aussi inquiète pour sa progéniture d'ailleurs.
« Ne t'inquiète pas mon amour, je vais le trouver rapidement. C'est juste un grand aventurier, tu sais, comme son papa. Intrépide et sans peur. Un vrai Gryffondor en devenir ! Lui et Alistair feront un duo explosif parmi les Lions à Poudlard, je peux déjà le voi... »
« JAMES ! Moins de projection dans le futur et plus d'action dans le présent veux-tu ?! » lui dit-elle d'un ton qui laissait croire qu'il valait mieux pour lui qu'il obéisse. Intérieurement, il leva les yeux au ciel.
Oui, votre Majesté. Tout ce qu'il vous faudra votre Majesté.
« James ? »
« Oui, oui j'y vais. »
Ce n'est pas parce qu'il avait dit oui qu'il devait se précipiter pour le faire.
Avec un dernier sourire narquois en direction de Lily qui plissa les yeux mais ne répondit pas, James sortit de la cuisine et parcourut la maison.
Il espérait juste maintenant trouver Harry rapidement et sans une égratignure, car dans le cas contraire, Lily lui ferait la peau à coup sûr.
Alors qu'il se dirigeait vers l'escalier, James ne put s'empêcher de sourire comme un idiot. Qu'est-ce qu'il était curieux son petit Harry quand même, pensa-t-il avec fierté.
James l'avait perdu des yeux deux petites secondes et voilà que son fils s'était déjà mis en quête de nouvelles choses à découvrir ! Harry semblait toujours vouloir en apprendre plus sur tout !
Il tient ça de sa mère le petit bougre !
Lily avait toujours été...ouverte. Elle avait toujours laissé une chance aux choses et aux personnes différentes.
Cette conviction qu'il avait pu lire dans ses beaux yeux verts. Cette dévotion à la magie que beaucoup d'élèves de sang-pur ou de sang-mêlé élevés par leur parent magique avaient perdue ou simplement laissée de côté.
Bien trop sûrs que la magie leur était due, qu'elle leur appartenait. Alors qu'en réalité, rien n'était plus faux.
C'était pour plaire à cette fille au caractère de lionne, qui avait fait battre son cœur comme aucune auparavant, que James avait essayé de changer.
Finalement, son amour l'avait changé. Et pour le meilleur, parce qu'il l'aimait et que Lily méritait le plus beau qu'il puisse lui donner. Si ce n'était pas pour elle, James aurait mis bien plus de temps avant de prendre conscience de son arrogance. De son immaturité.
Oui, Lily lui avait fait voir la vérité. La vérité sur qui il était vraiment...même si cela ne s'était pas vraiment fait dans la – délicatesse...
« Ça m'étonne que ton balai arrive encore à décoller avec une tête aussi enflée. Tu me fais VOMIR ! »
James rigola tout seul dans le couloir.
Sirius se payerait sûrement sa tête s'il savait qu'à ce souvenir, James ressentait une intense nostalgie. Mais ce n'était pas sa faute ! C'est juste qu'en fermant les yeux, il pouvait sentir la brise du vent de cette journée dans ses cheveux, il pouvait entendre les rires de ses amis, ou même les cris de Snivellus qui lui ordonnait – lui suppliait plutôt – de le libérer du maléfice.
Posant le pied sur la première marche, James monta enfin à l'étage, un grand sourire aux lèvres.
Une fois en haut, après avoir pris les escaliers – ils ne sont pas si terribles que ça ! Rien de quoi effrayer son petit lion – pensa-t-il en riant, il regarda les chambres et les placards. Mais son fils ne s'y trouvait pas. Pareil pour la salle d'eau.
Génial.
Harry je t'en prie, dis-moi que tu n'as pas transplané sur le toit ou quelque chose dans le genre, parce que là, c'est pas dans l'autre monde qu'elle va m'envoyer, c'est dans une autre dimension.
Soudainement, James interrompit son mouvement, avant de se retourner précipitamment dans la direction opposée.
Attend – le toit ! Mais oui, bien sûr ! Bon sang, je sais où tu es petit démon !
Dans une grande foulée, James se dirigea vers le bureau. Une fois à l'intérieur, il voulut sortir sa baguette de la poche de son pantalon pour ouvrir la trappe qui menait au cellier, mais sa main ne trouva rien.
James leva les yeux au ciel. Il n'était pas le sorcier le plus précautionneux que ce monde ait porté après tout. Soupirant d'exaspération, il se frotta l'arête du nez avec les doigts pour masser la zone où ses lunettes laissaient des traces.
C'était quand il voulait, il gardait sa baguette sur lui. Rémus n'avait pas intérêt à prendre connaissance de ça ! Avec son air désapprobateur habituel, James l'imaginait déjà lui faire la leçon comme s'il était un enfant désobéissant. Après c'était vrai qu'il ne pouvait pas contredire que pour quelqu'un de recherché, c'était un oubli vraiment stupide.
Ah ! mais l'incertitude et le danger, voilà ce qui l'attirait ! James ricana. Il admettait bien volontiers qu'il avait beau être un excellent sorcier, il n'était pas vraiment connu pour sa grande sagesse.
« Grande ? Une preuve ne serait-ce qu'infime d'un peu de sagesse de ta part pourrait déjà être acclamée comme un miracle ! »
James eut un reniflement moqueur. Il pouvait parfaitement imaginer la tête de Rogue lui disant cela.
Raaa pourquoi fallait-il qu'il pense à cette saleté de Snivellus encore. Putain de Serpentards avec leurs airs supérieurs.
Mais outre les Serpentards et leur attitude insupportable, il fallait qu'il ouvre cette trappe.
Heureusement, James se souvenait du mécanisme dissimulé pour l'ouvrir.
Les moldus avaient parfois des idées vraiment ingénieuses, malgré leur absence de magie ! Depuis que sa famille et lui se faisaient passer pour des Moldus pour leur sécurité, James avait pu découvrir une multitude de choses d'un monde qui lui était totalement étranger.
James espérait qu'il puisse découvrir un peu plus de ce monde avec ses fils à ses côtés.
Enfin, à petite dose car...Moldus d'accord, mais Pétunia Dursley, jamais.
L'idée que Harry ou Alistair puissent interagir de quelque manière que ce soit avec cette horrible femme, fit remonter des frissons désagréables le long de son dos.
James n'arrivait pas à comprendre comment sa douce colombe, si forte et si extraordinaire pouvait avoir le moindre lien – et encore moins de parenté ! – avec Pétunia.
Le peu de fois où il avait eu l'immense plaisir de s'entretenir avec elle, James avait bien compris qu'ils n'étaient pas les bienvenus, lui et son ''excentricité'', comme il avait entendu Pétunia marmonner à son mari quand elle pensait que James ne pouvait pas l'entendre.
James avait remarqué qu'elle semblait effrayée par sa présence. Chaque réunion familiale avait été tendue et même si Lily s'acharnait à l'idée de rester en contact avec sa grande sœur, James ne doutait pas un instant du ressentiment de cette dernière.
Quant au mari...eh bien, James manquait de mots pour qualifier ce qu'il – était. Un mariage étrange entre un troll miniature et une de ces créatures énormes que Lily appelait éléphant. Il marqua un temps d'arrêt, n'arrivant pas à savoir si c'était le bon mot.
James haussa des épaules. Cela avait peu d'importance. Certains Moldus ne s'approcheraient jamais de ses fils !
D'ailleurs tout ceci lui fit penser à Arthur Weasley. L'homme avait toujours eu une certaine fascination pour eux. Si James se souvenait bien, il travaillait au Service des Détournements de l'Artisanat Moldu. Il travaillait au Ministère de la Magie.
Avec un profond soupir, James passa la main dans ses cheveux, enlevant les mèches de ses yeux.
James aurait adoré pourvoir postuler pour être Auror. Il savait pertinemment que c'était extrêmement dur dans devenir un. Mais les notes qu'il avait obtenues à ses ASPIC étaient largement suffisantes pour lui permettre de décrocher une place. Il avait toutes ses chances.
Et au pire, il n'avait que vingt-deux ans de toute façon. James avait le temps encore.
Seulement pour l'instant...pour l'instant ce n'était que des projets. Des rêves, pensa-t-il avec aigreur.
James haïssait tellement cette situation !
Pris au piège comme des oiseaux en cage, sa femme, Harry et lui se voyaient obligés de rester enfermés ici dans cette maison. Quoique confortable, elle n'avait rien du manoir Potter qu'ils avaient été forcés de fuir dans l'urgence lors de la deuxième grossesse de Lily.
Et comme si cela ne suffisait pas, ils étaient traqués comme des bêtes par les sbires de Voldemort, à tel point que seul le charme de Fidelitas pouvait les protéger.
Le seul qui échappait un peu à cet enfer était Alistair. Presque personne ne connaissait son existence puisque Lily avait accouché de lui alors qu'elle sortait tout juste de Poudlard. Quelle surprise cela avait été pour James ! En même temps, Lily avait caché à lui et à tous leurs amis sa grossesse pendant sa dernière année. Personne n'avait remarqué quoi que ce soit. Sauf Dumbledore évidemment. Il fallait dire que rien ne lui échappait aussi.
Sauf les Maraudeurs...Quoique...
Mais même si son aîné pouvait sortir un peu avec son parrain, lui et sa femme ne pouvaient pas.
Merde ! Son fils aîné fêtait ses trois ans mais il ne pouvait même pas être avec lui !
Le sentiment d'injustice qu'il ressentit à cet instant fut si fort que cela fit remonter la bile dans sa gorge.
Car non seulement il était privé de liberté et de la joie de profiter de sa famille pleinement, mais en plus les circonstances faisaient qu'il en était venu à douter des gens qu'il aimait le plus.
Depuis combien de temps n'avait-il pas vu Moony ?
Son cœur se serra à la pensée de son ami. Cette méfiance entre eux était une insulte à leur amitié.
James se souvenait de cette soirée du 31 Octobre 1975 comme si elle avait eu lieu hier ! Cette nuit où les quatre Maraudeurs avaient accepté et juré de se suivre et de se protéger jusqu'à ce que la mort les sépare.
Et pourtant ! Voilà où ils en étaient...plus aucune nouvelle depuis que Sirius pensait que Rémus pouvait être le traître. Quant à Peter, quelque chose semblait lui peser, mais il refusait de leur dire quoi.
James comprenait que Sirius soit soupçonneux. Lui-même savait qu'il y avait un traître au sein de l'Ordre. Mais de là à penser que le mouchard soit Rémus ?
– Honnête, respectueux des règles, Préfet – Rémus ? Qui avait souffert une vie de solitude et de préjugés plus immondes les uns que les autres à cause de son problème de fourrure...
Non. James n'y croyait pas.
Dans le silence de la maison, James soupira de nouveau, le regard vide.
Parfois, il se prenait à rêver qu'il était encore à Poudlard. À vrai dire, il donnerait tout pour que les choses soient aussi simples que là-bas.
Par Merlin, il serait même prêt à accepter pour encore un peu – juste un peu – la vue de Snivellus et de son gros nez.
Machinalement, James passa à nouveau la main dans ses cheveux et le geste le fit sourire. Il se souvenait de toutes ces fois où il l'avait fait pour avoir l'air de descendre de son balai, tout en jetant un rapide coup d'œil par dessus son épaule pour voir si les filles le regardaient.
Jusqu'à ce qu'en 7ème année, ce soit le regard de Lily qu'il croise.
Lily. Sa magnifique Lily qui avait enfin accepté de sortir avec lui alors que cela faisait deux ans qu'il demandait sans succès. Sa précieuse femme qui lui avait donné deux magnifiques fils alors même que sa propre mère s'était autrefois résignée à ne jamais avoir d'enfant.
Oui, des souvenirs inestimables qu'il chérissait à chaque instant de sa vie.
Un petit gazouillis le fit brutalement sortir de ses pensées.
Hâtivement, James monta les marches. Une fois dans le cellier, ses yeux trouvèrent tout de suite son fils. Harry était simplement assis en face de la vitre, en train de regarder à travers.
La Lune sans doute. Il avait dû être attiré par sa belle luminosité. Le ciel était très noir aussi, aucune lanterne ne venant perturber l'obscurité.
Grâce à la clarté de l'astre, James se déplaça sans aucun problème dans le cellier, pourtant habituellement si sombre sans la lueur d'un Lumos.
Puis doucement, il appela son fils. Mais Harry était tellement absorbé par ce qu'il voyait, qu'il ne lui prêta aucune attention.
James avait déjà remarqué que ses deux enfants semblaient plus calmes et plus rassurés dans la nuit.
Pourtant, il avait cru penser que les enfants en général étaient effrayés dans le noir, qu'ils ne pouvaient pas dormir à moins d'avoir un peu de lumière avec eux.
En tout cas, c'était ce que lui avait dit la mère Weasley.
Mais ses fils étaient différents des autres enfants. Beaucoup plus courageux et cela le rendait tellement fier.
« Harry ? Fils, que fais-tu dans le cellier ? Il fait froid ici. »
Son bébé tourna la tête vers lui. Avec un sourire joyeux, Harry commença alors à agiter les mains et à babiller. Il paraissait heureux de voir son père, mais surtout il semblait vouloir qu'on le prenne aux bras.
« Oui, oui je vais te porter. Merlin, tu es bien le fils de ta mère, petit lion, à vouloir que les autres se plient à tes désirs. Je vais t'appeler Son Altesse si ça continue. Entre toi et Lily, je vais passer mes journées à faire des courbettes dis donc ! » rigola-t-il en se baissant pour attraper Harry.
Heureusement qu'Alistair était là. Quoique lui au vu de son caractère, dans quelques années, James allait finir par l'appeler ''Maître''.
Harry n'avait pas l'air de comprendre un traître mot de ce qu'il disait mais bon, James commençait à avoir l'habitude. Cependant, maintenant qu'il était en hauteur, il ne put s'empêcher d'exprimer son excitation en gigotant dans tous les sens.
« Tu veux regarder encore un peu cette jolie lumière c'est ça ? » demanda-t-il dans un sourire à son fils. « Elle est si jolie n'est-ce pas ? »
Mais Harry ne s'arrêta pas de gigoter. En fait, il redoubla d'efforts. À cause de ça, il échappa de peu aux mains de James qui pesta, son cœur battant la chamade dans sa poitrine.
« D'accord, j'ai compris, calme-toi petit démon ! On va retourner sous la vitre, alors arrête d'essayer de te suicider en t'agitant dans toutes les directions hein ! Je ne suis pas ton fidèle hippogriffe non plus ! » s'indigna James.
Harry n'en fit rien.
« L'enfant continua de remuer, il se moquait éperdument de ce que lui racontait son père. En revanche, il trouvait que celui-ci était bien lent à se mettre en action. S'il avait pu parler, il lui aurait dit ''plus d'action dans le présent veux-tu James ? J'ai pas toute la nuit'' » fit James d'une voix sarcastique comme pour imiter quelqu'un.
« Pas vrai petit chenapan ! C'est ce que tu penses là actuellement ? J'en suis sûr ! Merlin, comme ta mère je te dis. »
« Et par la barbe de Dumbledore ! Arrête de bouger ! C'est bon, elle est juste là ta très chère Lune, » grommela James, à moitié exaspéré et à moitié amusé par le comportement de son fils.
« Tu n'as pas à t'inquiéter. S'il y a bien quelque chose qui ne risque pas de disparaître, hormis les affreuses robes bariolées de ledit moustachu, que je te souhaite vivement par ailleurs à ne jamais avoir à fixer plus de quelques minutes au risque de finir aveugle, c'est bien la Lune. »
« Personne n'a trouvé le bon sort encore. Mais je te jure démon infernal, que si tu continues à bouger comme ça, je pourrais bien être son inventeur ! » menaça James. Son fils tourna alors sa tête vers lui et tous deux se fixèrent dans une bataille silencieuse.
Après quelques instants de calme, une fierté soudaine envahit James. Peut-être avait-il enfin réussi à se faire écout ––
Mais Harry se mit soudainement à rire avant d'essayer de toucher le visage de son père. La grimace que James faisait semblait beaucoup l'amuser. Clairement, Harry se moquait de lui ! James leva alors les yeux au ciel si fort qu'ils s'étaient presque détachés de leurs orbites et Harry rigola une nouvelle fois.
« Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire, » souffla-t-il en riant.
Puis le regard d'Harry se posa encore sur la Lune, et James observa le sourire disparaître des lèvres de son fils.
Maintenant qu'il était plus proche, Harry tendit la main pour essayer de l'attraper mais il ne pouvait pas. James pinça ses lèvres. Pourquoi un tel intérêt ?
Était-ce la lumière si intense dans ce ciel noir qui le fascinait ? Harry voulait-il juste posséder cette lumière ? Ou devenir elle ? Devenir la flamme dans la nuit de quelqu'un ? Comme Lily avait été la sienne ? Comme il l'avait été pour Sirius ? Pour Rémus ?
Doucement, les paupières de son fils se fermèrent. Harry devait être fatigué après ce long périple.
James imagina alors que les yeux clos, son fils pouvait voir le reflet de la Lune sur ses paupières, comme si elle avait décidé qu'elle ne le laisserait jamais seul, même dans son sommeil.
Il ne put s'empêcher de trouver l'idée réconfortante. Un protecteur de plus pour cet enfant du Destin.
Sur ces pensées, il ne fit pas attention à son fils qui s'endormit sur son l'épaule, juste avant d'entendre ses mots.
« Dis-moi Harry, comment es-tu arrivé jusqu'ici ? Même en connaissant le mécanisme pour faire dérouler l'escalier, j'ai eu du mal. »
Il ne reçut aucun gazouillis en guise de réponse, ni même aucune réaction.
« Harry ? »
Lorsque James regarda son fils, celui-ci dormait, la moue paisible.
Avec un petit sourire affectueux, James embrassa gentiment le front de son fils. Il était temps de sortir d'ici et de rassurer Lily.
Si jamais celle-ci lui demandait, non il n'était pas un père irresponsable et oui, il n'avait pas laissé l'escalier vers le cellier déroulé.
D'ailleurs comment un bébé, d'un peu plus d'un an était parvenu jusqu'ici ? Peut-être que lui ou Lily avait emmené Harry une fois ici alors qu'il était dans leurs bras. Cela expliquait qu'il connaisse l'endroit. Mais le moyen d'y parvenir ? Impossible qu'Harry puisse s'en souvenir ou même enclencher le mécanisme.
Non, ça ne laissait qu'une seule explication.
Magie.
.
.
Du coin de l'œil, alors qu'elle finissait de préparer – de recommencer – cette saleté de pâtes à la bolognaise, Lily aperçut son mari entrer dans la cuisine. Leur fils dans ses bras.
D'un coup, son souffle se relâcha et ses épaules se décontractèrent. Elle sourit à son mari, soulagée de voir leur fils sans aucune blessure. Même pour un enfant magique, c'était bien trop dangereux de laisser Harry seul longtemps sans surveillance.
« James, nous allons passer à table. Tu sais où en sont Sirius et Alistair ? » demanda-t-elle. Ses épaules détendues se contractèrent de nouveau.
« Cela fait plusieurs heures qu'ils sont partis, j'espère qu'il ne s'est rien passé. Et puis Sirius n'est pas l'adulte le plus responsable de notre entourage ! Pourquoi on l'a choisi lui pour être le parrain de notre bébé déjà ? » railla nerveusement Lily.
Honnêtement, entre son bébé et Sirius, elle ne savait pas lequel était supposé être l'enfant...
Sirius avait beau être un membre de la famille mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait une mauvaise influence sur Alistair. Son bébé, son petit premier.
Lily adorait éperdument ses deux fils. Mais Alistair avait été le premier qu'elle avait porté dans son ventre alors même qu'elle venait tout juste de devenir adulte.
Malgré sa joie, lorsqu'à la naissance de son fils, Lily a vu ses cheveux rouges et ses yeux gris, elle a tout de suite su que sa vie serait difficile.
Elle avait désobéi aux règles et Alistair pâtirait de ses décisions. Il était à la fois un miracle et une damnation pour elle.
Alors elle priait. Elle priait pour la sécurité de ses enfants, pour leur bonheur. Et elle essayait de profiter au maximum de ces moments avec sa famille car elle pouvait sentir le malaise dans l'air.
S'arrêtant un instant dans sa préparation, Lily fixa le mur, l'esprit vide. Inconsciemment, elle amena sa main au niveau de son cœur et serra le médaillon qui était là, caché sous ses vêtements, derrière le charme de dissimulation le plus puissant qu'elle connaisse.
« Ah, ma Lily ! » l'interpella James, la faisant brutalement sursauter. « Laisse les garçons s'amuser un peu, aujourd'hui est un jour spécial. Et puis Sirius n'est peut-être pas l'adulte le plus responsable mais tu ne peux pas trouver meilleur garde du corps dans toute l'Angleterre ! Sauf moi, évidemment, » rajouta-t-il avec un clin d'œil.
Lily lui adressa un petit sourire gêné comme réponse. Elle s'était encore perdue dans ses souvenirs.
Soudainement, elle prit conscience de l'endroit où sa main s'était posée et Lily la retira violemment comme si elle avait été brûlée.
Ses dents se fermèrent coléreusement sur sa langue. Le goût de fer envahit alors sa bouche mais Lily l'ignora. Elle méritait cette punition.
Puis enfin les paroles de son mari parvinrent à son cerveau et Lily se retourna violemment vers James en lui lançant un regard perçant lorsqu'elle l'entendit se bidonner derrière elle.
« Pour le meilleur garde du corps de toute l'Angleterre, tu ne fais pas un très bon travail lorsqu'il s'agit de garder un enfant dans ton champ de vision ! Un enfant d'à peine un an qui ne sait même pas encore marcher, » précisa-t-elle sarcastiquement.
Lily le vit grimacer. Elle savait que ses mots avaient fait mouche. Mais bon, si Lily voulait préserver au moins son petit Harry, il fallait agir maintenant avant qu'il ne soit trop tard pour lui.
Comme son pauvre Alistair. Seulement trois ans et déjà perverti par son père et son parrain.
Elle avait peut-être perdu la première bataille mais pas la guerre. Elle avait juré qu'Harry serait l'enfant le plus calme, le plus réfléchi et adorable qu'on ait jamais vu. Que cela ne tienne !
D'un coup, Lily se sentit plus sereine, plus joyeuse. Elle était avec sa famille, et tout allait bien.
Ses lèvres s'étaient étirées dans un sourire et Lily pouvait voir du coin de l'œil que James affichait le même, comme pour la provoquer et lui remonter le moral en même temps.
Quand Rémus reviendrait, ce n'était plus qu'une question de temps avec lui à ses côtés. C'était impossible qu'ils perdent. James et Sirius lui avaient pris Alistair, mais elle, elle leur prendrait Harry !
Avant de se mettre à table, elle envoya un dernier regard perçant à l'homme de sa vie, que celui-ci se fit un plaisir de lui renvoyer avec une lueur de défi et ce petit sourire en coin qui la faisait toujours autant craquer.
Lily voyait bien dans son attitude que James aussi ne se laisserait pas facilement abattre. Harry était son champion et James n'allait pas la laisser le transformer ''en rat-de-bibliothèque ou en je-sais-tout'' d'après lui, bien trop effrayé à l'idée d'avoir une mauvaise note ou d'aller en détention pour s'amuser.
Cela avait le don de l'exaspérer. Comme si c'était une honte d'avoir des bonnes notes et d'être sérieux en cours...ou même dans la vie pour certains.
N'est-ce pas James ? Ou Sirius.
Pas qu'elle n'avait pas déjà essayé. Non c'était même l'inverse ! Tous les soirs, Lily lisait à son fils des histoires, puis elle essayait de le stimuler avec une multitude d'objets magiques ou de sorts.
Elle voulait qu'Harry passe autant de temps possible avec Rémus aussi.
Dieu seul sait comme l'homme en avait besoin, lui qui tremblait toujours à l'idée de tenir Harry dans ses bras, car la possibilité même involontaire de le blesser le terrifiait.
Lily essayait d'encourager au maximum leur relation. Car derrière son sourire aimable, elle pouvait discerner la douleur de son ami et cela la déchirait. Rémus était l'âme la plus sensible qu'elle connaisse et sa proximité avec Harry ne pouvait que l'aider.
Elle se souvenait encore du jour où elle et James avaient annoncé le parrain de leurs deux fils. Là où Sirius avait explosé de joie, incapable de retenir son bonheur et sa fierté d'être le parrain d'Alistair, Rémus lui avait tout simplement fondu en larmes.
À la fois enchanté et apeuré par la pensée qu'il puisse être digne de partager un lien si fort avec Harry.
Les mots qu'il avait prononcés dans un murmure ce jour-là résonnaient encore dans ses oreilles. Cela avait été un murmure si faible qu'elle l'avait à peine discerné :
« Vous êtes sûrs ? »
Leurs fils auraient besoin de tout le soutien possible pour traverser les épreuves qui les attendaient.
Pas une fois elle n'avait regretté cette décision et elle savait que James était du même avis.
Même si Rémus lui-même ne se sentait pas à la hauteur.
Même si Sirius avait critiqué leur décision, exposant le fait que l'homme puisse être le traître.
Lily en voulait à Sirius d'oser penser ça. Toute sa scolarité à Poudlard, elle avait dû faire face aux préjugés sur les sang-de-Bourbe. Elle savait reconnaître un préjugé quand elle en voyait un.
Même si Sirius n'avait rien contre les loups-garous en temps normal, dans cette atmosphère tendue où la panique et la trahison régnaient, il pouvait refuser autant qu'il voulait de se l'avouer, mais Lily voyait pourquoi il considérait Rémus comme un traître possible.
Les préjugés d'une famille aussi vieille et consanguine que la Famille Black étaient difficiles à tuer. Leur bigoterie était toujours bien présente en Sirius, malgré tous ses efforts pour s'affranchir de leur joug.
S'en le vouloir, entouré par l'incertitude et la peur de perdre ceux qu'il aimait le plus, Sirius faisait preuve d'une méfiance innée envers les loups-garous à cause des promesses de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom envers eux.
Et le fait qu'ils aient si peu vu Rémus avant d'aller se réfugier dans la maison de Godric's Hollow n'avait certainement pas aider le cas de l'homme aux yeux de Sirius.
D'un geste de la main, Lily tenta de chasser ses mauvaises pensées. Elle regarda alors James qui essayait tant bien que mal de nourrir leur fils même si c'était peine perdue. Harry avait les yeux à moitié fermés et n'avait pas l'air le moins du monde intéressé par ce que lui proposait son père.
Une douceur chaleur se propagea alors dans son cœur. Mais l'inquiétude prit elle aussi de plus en plus de place dans celui-ci.
Tout comme son fils, Lily n'avait pas très faim. Comment pouvait-elle quand elle ne savait pas où se trouvait son aîné ?
Sirius pouvait parfois être imprévisible et elle n'avait aucun moyen de savoir si leur retard était dû à une folie de l'homme qui avait décidé au dernier moment d'emmener Alistair dans un endroit imprévu ou si quelque chose leur était arrivée.
Le visage de Lily se rembrunit. La contrariété venait de tuer la joie qu'elle avait ressentie quelques instants auparavant.
Non, James avait raison. Elle pouvait faire confiance à Sirius. Il donnerait tout pour protéger la vie de son filleul.
Pourtant, lorsque ses yeux se posèrent sur l'une des fenêtres et qu'elle vit le ciel noir, Lily frissonna. Elle avait l'impression que la main du Destin se refermait petit à petit sur sa nuque. Sur sa famille.
Comme une intuition, une mise en garde. Un murmure à son oreille, la prévenant que ce qui doit se passer, se passera.
Oui, Lily s'en souvenait maintenant.
La nuit où elle avait donné naissance à Alistair, le ciel avait été aussi noir que ce soir, sans autre lumière que la Lune.
James lui a dit qu'il avait trouvé Harry dans le cellier.
Il regardait la Lune.
Maintenant qu'elle faisait attention, était-il possible que comme elle il y a trois ans jour pour jour, quand elle donnait naissance à Alistair, Harry avait perçu quelque chose ?
Malgré son âge, Lily le savait perceptif à ce qui l'entourait. C'était pour ça qu'elle voulait l'intéresser aux plus de choses possibles. Pour cela que Rémus, qui avait beaucoup souffert mais avait tant d'empathie à offrir, était le choix parfait pour son plus jeune.
Son regard se posa à nouveau sur son fils.
Son magnifique bébé qui avait la tignasse de son père mais ses yeux à elle.
Non, ils étaient encore plus beaux que les siens. Encore plus verts.
Lily était si heureuse d'avoir eu deux si beaux fils. Et quoi qu'il arrive, quoi qu'ils fassent, quel que soit le chemin qu'ils décident de prendre, elle serait toujours fière d'eux.
Soudainement, Lily se leva, sa chaise protestant bruyamment du mauvais traitement. Le bruit réveilla Harry qui sursauta dans son fauteuil rehaussé.
Avec douceur, elle lui caressa la joue alors qu'il la fixait curieusement.
Elle entendit James appeler son nom, surpris par son action brusque, mais elle l'ignora. Lily n'avait d'attention que pour son petit Harry. Tendrement, elle le prit dans ses bras avant de se diriger vers la fenêtre.
Une fois devant, elle ferma les yeux un court instant, avant de les lever jusqu'à ce qu'ils se posent sur la Lune.
Son souffle se coupa et Lily sourit alors, émerveillée car la Lune était magnifique. Mais les choses les plus belles sont souvent les plus dangereuses.
Serrant sa prise sur Harry, elle enfouit sa tête dans les cheveux noirs, respirant l'odeur familière pour calmer son cœur.
Peu importe le danger, Lily ne pouvait plus se permettre d'hésiter.
Ce n'était pas à elle d'avoir peur pour l'avenir, mais à ceux qui tenteraient d'attaquer sa famille. Regardant son bébé avec amour, Lily se fit la promesse de ne plus les craindre.
Ni le Destin, ni les forces des Ténèbres.
Ni même lui.
Lorsqu'elle sentit soudainement les barrières de protection autour de la maison laissaient passer une présence familière, une présence autorisée, elle comprit que les choses ne seraient jamais plus les mêmes.
Croisant les yeux verts de son fils, elle se redressa. La crainte avait laissé place à la détermination.
Si tu veux la paix, prépare la guerre.
Dans un mouvement fluide, Lily prit Harry d'une seule main et de l'autre, elle appela sa baguette à elle, se retournant vers le couple qui venait de transplaner dans sa demeure.
Lily sentit tout de suite l'odeur du sang. Derrière elle, elle entendit James crier le nom de son meilleur ami. Mais elle n'avait d'yeux que pour l'enfant dans les bras de son parrain.
L'enfant qu'elle avait mis au monde malgré les circonstances. Lily avait promis de le protéger et pourtant, elle l'avait déjà trahi.
Un jour, il finirait par comprendre. Peut-être alors pourra-t-il lui pardonner.
Déposant doucement Harry sur sa chaise, elle s'approcha ensuite d'Alistair. Le garçon était choqué, mais heureusement il ne semblait pas effrayé. Lui attrapant avec délicatesse le menton, Lily leva la tête de son fils vers elle.
Une tempête. Voilà ce qu'elle voyait dans les yeux gris.
Elle pouvait sentir au fond d'elle-même que ses fils marqueront ce siècle. Mais que cela soit une bonne ou une mauvaise chose, elle ne pouvait le dire.
Mais pour cela, il fallait qu'ils vivent. Lily dirigea sa baguette vers son fils.
« Episkey »
Les écorchures d'Alistair se refermèrent petit à petit. Se mettant à genoux pour être plus proche de lui, elle passa la main dans ses cheveux. Les mêmes que les siens. Mais plus foncés, plus rouges.
Des cheveux plus rouges que les siens. Des yeux plus verts que les siens.
Quelle étrange sensation que d'être à la fois fière et à la fois envieuse. Que de vouloir sourire tout en ressentant ce petit goût d'amertume sur la langue, comme si quelqu'un lui disait qu'elle avait fait du bon travail, mais qu'elle n'était plus utile.
Qu'elle appartiendrait bientôt au passé.
Une fois les blessures refermées, elle se tourna vers James qui avait terminé de soigner Sirius, et l'aidait maintenant à se relever.
« Il faut que tu nous dises ce qu'il s'est passé Sirius ! » entendit-elle James demander anxieusement à l'homme qui reprenait lentement son souffle. Malgré sa bonne forme physique, Sirius avait été pris de court. Elle voyait encore les tremblements de ses membres dus à l'adrénaline.
« James, les Mangemorts ! Ils ont attaqué le Chemin de Traverse ! Par Merlin, j'étais avec Alistair, on marchait dans la rue, on était entourés par plein d'autres personnes... »
Sirius s'arrêta de parler, il avala sa salive puis se racla la gorge. « Et puis l'homme devant nous, là juste devant nous. Vraiment à deux bras de distance ! Il a été soufflé par la première explosion ! Et après ça, je ne voyais plus rien avec la fumée, en revanche, j'ai entendu les cris !
J'ai attrapé le bras d'Alistair mais je ne pouvais pas laisser ces fous tuer tout le monde ! Il y avait beaucoup trop d'enfants avec leur famille ! Du coup, j'ai essayé de renvoyer le plus possible de sorts mais avec Alistair, c'était difficile d'attaquer et de défendre en même temps. Malgré tout, je te jure James que j'ai eu un de ces enfoirés ! Mon maléfice l'a touché en pleine poitrine. Mais son acolyte a vu que c'était moi qui l'avais lancé. J'ai essayé de lui régler son compte aussi mais quand un de ses Bombarda à fait exploser la pierre de la maison derrière nous et que les éclats ont atteint Alistair, j'ai dû transplaner, ça devenait trop dangereux. »
Lily était agacée. Elle aurait voulu qu'il transplane tout de suite, plutôt que d'attendre que son fils ne soit touché ! Elle connaissait Sirius mais il fallait que l'homme se rende compte qu'il y avait des priorités dans la vie ! Surtout quand on a à sa charge un enfant de trois ans.
''Meilleur garde du corps de l'Angleterre'' que son mari disait ! Dans ses rêves plutôt.
Heureusement que son fils était arrivé en un seul morceau, sinon Lily n'imaginait pas ce qu'elle lui aurait fait. Ce qu'elle leur aurait fait.
Dirigeant son attention vers Alistair, elle vit qu'il n'avait pas bougé depuis son arrivée. Il semblait cependant regarder quelque chose sur sa main. Avec confusion, Lily s'approcha et la prit dans la sienne pour vérifier qu'il ne restait pas quelques petites blessures.
Seulement, lorsqu'elle l'examina, Lily ne vit rien. Même pas de sang ou de saletés qui auraient pu attirer l'attention.
Perplexe, elle se mit à genoux et s'adressa à son fils pour lui demander ce qui l'obnubilait à ce point mais Alistair garda les yeux sur sa main. Il ne fit même pas attention à elle.
« Alistair ? Mon ange, réponds-moi s'il te plaît. »
Mais Alistair ne réagit pas et l'inquiétude de Lily grandit dans sa poitrine. Son garçon, qui était d'ordinaire si vivant, si réactif...semblait...perdu.
Elle se releva alors et se dirigea vers Sirius. L'homme avait pris place sur l'un des fauteuils du salon. Harry était assis sur ses genoux, en train de dormir paisiblement pendant que Sirius continuait de discuter avec James.
Lorsqu'il la vit, il s'arrêta dans son récit. Voyant sa contrariété, Sirius se redressa rapidement, essayant tout de même de ne pas réveiller Harry.
« Sirius, lors de l'attaque, as-tu remarqué quelque chose d'étrange à proximité d'Alistair, quelque chose qu'il aurait pu toucher ? » l'interrogea-t-elle.
Peut-être n'y avait-il pas d'explication au comportement de son fils, mais s'il y avait une chance, Lily voulait savoir. Cette attitude était bien trop inhabituelle. Alistair ne l'ignorait jamais de cette manière.
Ce qui l'avait dérangé aussi...c'étaient les yeux fixes de son fils, comme s'ils étaient ancrés dans une scène qui se déroulait seulement dans l'esprit d'Alistair.
« Sa main ? J'étais sur sa gauche quand on marchait. C'est laquelle dont tu me parles ? »
« La droite. Il n'en détourne pas le regard depuis que je l'ai soigné. »
« Sa main droite ? » demanda Sirius en fronçant les sourcils. « Non Lily, je t'avoue que je ne sais pas. Quand l'attaque a commencé, j'ai concentré mon attention sur les Mangemorts, je n'ai rien vu de … »
D'un coup, l'homme écarquilla les yeux. Elle vit une lueur de compréhension passer dans son regard avant que son visage ne se ferme. Lily comprit qu'il savait.
« Je – je suis désolé Lily. L'homme devant nous, quand on marchait, il tenait la main d'une petite fille. Je me souviens qu'elle essayait de se détacher de lui et avec son bras, elle – elle essayait de toucher Alistair. »
Cette fois-ci, ce sont ses yeux à elle qui s'écarquillèrent quand Lily comprit ce que Sirius voulait dire. Se retournant vers Alistair, elle baissa tristement son regard sur la main droite de son fils.
Elle voyait ce qu'il voyait...la petite fille lui tendant la main et disparaissant dans le souffle de l'explosion une seconde après.
Même si tout avait dû se dérouler très rapidement, Lily visualisait bien la violence d'une telle scène. Elle n'osait même pas imaginer le choc que son fils avait ressenti. Son cœur se serra.
Avoir un aperçu de la mort si jeune. Si tôt.
Tout à coup, Lily entendit le bruit de la pluie sur la fenêtre. Les gouttes d'eau commençaient à couler sur la vitre. Elle n'avait pas dû faire attention aux nuages tout à l'heure à cause de l'opacité du ciel.
Ecoutant l'orage qui s'approchait, son seul espoir fut alors que comme la pluie qui allait effacer les traces de sang sur les pavés du Chemin de Traverse, le temps effacerait les souvenirs de l'esprit de son fils.
Lily pouvait simplement espérer qu'à l'aube, le Soleil chasserait la nuit et le froid, continuant jour après jour de briller sur sa famille.
Mais quand la foudre déchira le ciel, elle sut que rien n'était moins sûr.
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Voilà ! J'espère que cela vous a plu.
J'ai un peu trafiqué la timeline de Harry Potter, si vous n'avez rien remarqué tant mieux. Mais en réalité Lily et James finissent Poudlard en 1978, alors que dans cette histoire c'est en 1977. C'est pour ça qu'ils ont vingt-deux ans.
C'est ma première fic, alors n'hésitez pas à me laisser une review si cela vous dit, je serai très heureuse de savoir ce que vous avez pensé de ce prologue.
A la prochaine fois !
