Une Fleur de Cerisier

Résumé : Mourir pour renaître dans le monde shinobi n'avait jamais été son souhait. Mais voilà, elle se retrouvait désormais avec une horrible chevelure rose bonbon et un gamin blond harceleur. Fallait-il mentionner son attitude dangereusement semblable à celle d'un chûnin Uchiha supposé mort ? Évidemment, elle aurait dû réfléchir davantage avant d'aider les personnes âgées de Konoha. SI OC

Disclaimer : Je ne possède pas Naruto. Cette honneur revient à Kishimoto et cie. Je ne fais pas non plus de bénéfices sur cette histoire.

Mot d'auteur : J'ai été inspirée par cette histoire par quelques fanfictions anglaises (ou américaines ? That is THE question...), notamment par Sakura's Glasses et Incarnate of Obito Uchiha. Cela dit ce n'est pas un copié collé. Ceci est mon histoire, avec un SI qui ne me ressemble que dans une certaine mesure et je crois qu'avoir regardé Ghost Whisperer il y a peu de temps m'a un peu influencé. Vous pouvez devinez pourquoi ? Oui, quelques fantômes au programme... Le tout traité de manière assez réaliste je l'espère.

En tout cas, cette fanfiction est tout d'abord pour moi, un moyen d'exprimer ma créativité et de me faire plaisir. Après tout ce n'est pas une œuvre vendue au public ! Elle est en libre service (à la lecture seulement !) donc elle est là pour étayer ma vision des choses commençant par un «Et si... ?».

Je vais essayer de rendre cette histoire assez réaliste. J'ai déjà des idées sur ce que je veux faire, là où je veux la mener et sur ce qui va différer du canon. Cela dit LE PARCOURS N'EST PAS FIXE donc si vous voulez proposer quelque chose, si vous avez des idées dont vous voulez absolument me faire part, vous pouvez toujours tenter. J'ai tendance à beaucoup me laisser influencer. Cela dit ne vous attendez pas à l'impossible. Mon SI ne va pas tout à coup aller piquer la convocation de Hiruzen et frapper ce dernier avec sa pipe pour être un imbécile (même si c'est une idée... tentante ! :D) !

En tout cas, si vous pouviez laisser une review, un commentaire en somme, ce serait fantastique. Si vous voulez une suite, il faut donner un peu de boost à l'auteur. Écrire est difficile, parfois on a pas mal de merdes qui nous tombent dessus et les reviews sont notre caféine et nos tartelettes à la framboises qui nous redonnent l'envie de publier.

Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser une trace de votre passage !

Bon weekend !


CHAPITRE 1

Se réveiller était considéré comme une chose relativement commune.

On se couchait, on se levait, on passait la journée, on se recouchait, on se relevait et ainsi de suite. Une routine certes lassante, mais humaine et que tout à chacun connaissait. L'une des conditions de vie de l'humanité était le repos, et par conséquent le réveil était une étape obligatoire dans le rythme de sommeil d'un individu, quelque chose que l'on ne pouvait pas éviter même si on le souhaitait. Et que les insomniaques ne rentrent pas dans le débat, même eux finissaient par s'effondrer dans les bras de Morphée lorsque la fatigue se faisait trop intense et par conséquent réintégraient inlassablement le monde des vivants à un moment ou à un autre. C'était comme ça. C'était biologique et personne n'y pouvait rien.

Ce qui était moins commun, en revanche, c'était d'ouvrir les yeux après être mort. Je n'étais pas un génie mais j'étais à peu près sûre que mourir était quelque chose de plutôt définitif. Et bien à moins que vous ne comptiez les vampires et les morts-vivants. Si j'étais dans l'une des ces deux situations, je ne savais pas si je m'en remettrais. Le traumatisme de me retrouver dans un corps en décomposition me tuerait une deuxième fois, j'en étais certaine. J'avais une fâcheuse phobie de la pourriture et des vers.

Quoiqu'il en soit, ce n'était pas chose courante de se réveiller après s'être noyée comme une imbécile, prise au piège de la marée en explorant une putain de grotte marine que vous aviez trouvé jolie. (Stupidité, quand tu nous tiens !)

Je sentais encore mes poumons se gorger d'eau, cette incapacité à respirer absolument terrifiante, et cette aura de mort qui m'avait étreinte jusqu'à ce que je suffoque. L'horreur coulait encore dans mes veines, le choc de l'accident aussi, et ce fut probablement pour cela que j'eus autant de mal à prendre mon premier souffle lorsque je vins au monde pour la deuxième fois.

Dans un état second, je ne réalisai pas que je n'étais plus dans mon corps et que les mains géantes qui m'avaient saisie étaient celles d'une infirmière inquiète. Une douce lueur verte m'entoura, me captivant sans même que je m'en aperçoive et avant que je ne puisse comprendre ce qu'il se passait ma cage thoracique se remplissait d'air, me faisant hoqueter sous la surprise de me voir ainsi contrôlée par une force étrangère.

Encore à fleur de peau après le traumatisme dont j'étais victime, je me mis à hurler de terreur en me rendant compte de la grandeur des gens qui m'entouraient. Ma vision floue ne me rendait pas capable de tout distinguer autour de moi, mais cela n'était pas nécessaire pour m'apercevoir que la taille du visage et des mains de la femme qui me tenait était incroyablement disproportionnée par rapport à mon propre corps.

Mon esprit fragilisé ne réalisa pas tout de suite ce que cela signifiait réellement pour moi et mon nouveau statut. La première pensée logique que j'eus, en effet, fut un fantastique «Oh, merde ! J'ai atterri dans un monde de géants !» peu orthodoxe. Une vague image de Jack grimpant un fichu Haricot Magique géant s'imposa à moi et je me demandai un instant si la magie et la téléportation pouvaient être une explication viable avant que la réalité ne vienne me percuter avec toute la puissance d'un trente-huit tonnes lancé à pleine vitesse. La dame en blanc me déposant sur le torse d'une jeune femme épuisée et trempée de sueur, je me lançai dans une nouvelle crise en comprenant que je venais littéralement de renaître. Ma nouvelle mère, inquiète de mes pleurs hystériques, m'offrit un doux sourire rassurant et me berça tout doucement malgré mes bruyantes protestations. Il fallait croire que ma volonté n'était pas à prendre en compte dans cette histoire.

Le reste, je n'en ai que peu de souvenirs. Je crois avoir fini par m'endormir, à bout de forces, et ne m'être réveillée que plusieurs heures plus tard, rendue partiellement catatonique par ma découverte. Abasourdie par cette réincarnation impromptue, sous le choc de ma mort récente, je restai en effet un long moment sans bouger avant de finir par déchaîner les Enfers sur Terre.

Mes sept premiers mois de vie ne furent guère enrichissants. Traumatisée par les événements, j'avais mis un peu de temps pour comprendre que j'étais morte, vraiment morte, et que cela signifiait que je ne reverrais jamais ni ma famille ni mes amis. Je ne savais pas si mon corps avait été retrouvé au bord des récifs rocheux ou même plus loin sur les côtes mais je l'espérais de tout mon cœur. J'avais suffisamment entendu parler de parents dont l'enfant avait disparu et qui, faute de cadavre, n'avaient jamais été capables de faire leur deuil.

La culpabilité me rongeant, maudissant ma malchance et ma stupidité, je ne pouvais m'empêcher de me flageller pour ce qu'il s'était passé. À quel point fallait-il être abrutie pour oublier qu'une marée basse signifiait qu'une marée haute existait aussi ? J'avais su que l'eau remonterait, j'avais dû attendre que l'eau se retire pour descendre au bord de la plage et explorer ses environs après tout. Alors pourquoi, pourquoi n'y avais-je pas pensé avant qu'il ne soit trop tard ?

En colère contre moi-même pour avoir été la cause de ma propre disparition, furieuse contre le dieu ou la force divine qui m'avait obligée à me réincarner et à être ainsi séparée de ceux qui m'étaient chers, je n'avais pas réagi de la manière la plus mature qui soit et avait fait payer la situation à ceux qui avaient désormais la lourde tâche de s'occuper de moi.

Pleurant toutes les nuits, refusant de manger quand ils me le proposaient, criant la journée, refusant de reconnaître leur présence, j'avais été un bébé absolument infernal. Une partie de moi s'était sentie coupable mais une autre, la petite voix méchante qui me poussait à leur rendre la vie plus dure encore, me racontait sans vergogne que s'ils n'avaient jamais mis au monde cette petite fille dont je possédais le corps, je n'aurais jamais eu à me réincarner.

Il me fallut finalement quatre mois pour que la colère laisse place à la triste réalisation que peu importe à quel point je pourrais être détestable rien ne changerait et que je ne reverrais jamais les miens. Quelque soit le dieu ou la puissance divine qui m'avait ramenée à la vie, il ne ferait certainement pas marche arrière maintenant que les dés avaient été lancés. Incapable de faire face à cette terrible vérité, je finis par me murer dans un silence quasi religieux, à peine troublé par mes gémissements lorsque ma couche s'était remplie ou que la faim se faisait trop vive. La douleur que je ressentais était si forte que je ne me sentais plus capable de rien et même rester éveillée me semblait être une tâche des plus ardues. Avec le recul, je me rends compte de la frayeur que j'ai dû causer à mes parents adoptifs. Du nourrisson le plus terrible et bruyant, je devenais tout à coup un être amorphe, silencieux, presque mort de l'intérieur. Pas étonnant qu'ils se soient précipités avec moi à l'hôpital en hurlant à qui voulait l'entendre que j'étais sûrement sur le point de mourir. Et ils n'avaient pas tort dans un sens : j'étais morte de l'intérieur à ce moment-là.

Ce fut à peu près à cette période que je découvris mon prénom : Sakura. Et si je devais être honnête, je l'aimais plutôt bien. J'avais toujours adoré les fleurs de cerisier et j'étais plutôt heureuse de savoir que je portais un nom en rapport avec elles. Et puis ce n'était rien comme «Gertrude», «Germaine» ou une horreur pareille. Ce fut la toute première bonne chose que ce monde décida finalement de m'offrir.

Mon deuil commençant à toucher à sa fin, finissant par accepter cette douloureuse réalité qui était la mienne, je m'apaisai finalement. Plus calme, trop calme peut-être pour un bébé, mes nouveaux tuteurs prirent la décision de me faire sortir de la maison dans l'espoir de me stimuler mentalement et de me montrer toutes les bonnes choses qui composaient ma nouvelle vie. Emmaillotée dans une grenouillère légère, portée par la femme qui se disait être ma mère, je découvris alors pour la première l'endroit où mon âme avait décidé de se poser pour sa renaissance.

Les routes n'étaient pas goudronnées, les trottoirs n'existaient pas, aucune voiture n'était visible (ce qui, sur le moment, fut incroyablement terrifiant) et la mode était un étrange assemblage des anciens costumes asiatiques combinées à des vêtements beaucoup plus modernes. Honnêtement, je ne sus trop quoi en penser. L'esprit diverti par toutes ces choses nouvelles qui me furent présentées, je devins peu à peu plus énergique, plus expressive et ma dépression me quitta lentement. Enhardis par les bienfaits visibles de cette sortie en pleine air, mes nouveaux parents me firent alors découvrir de plus en plus souvent le monde qui m'entourait, m'emmenant régulièrement en balade, pleins d'espoirs pour le futur.

Il me fallut deux autres visites au marché pour réussir à émettre quelques hypothèses sur le lieu et l'époque où j'avais atterri. Je savais déjà que j'avais mis les pieds dans un pays d'Asie de l'Est, mais je ne savais pas quand. Ainsi, je supposais deux choses : j'avais soit voyagé dans le temps, soit réussi à renaître dans une région extrêmement rurale de la Chine.

De manière plutôt pathétique, je mis presque trois mois à compter de ma première sortie pour me rendre compte que je n'étais plus sur Terre. Ce ne fut pas les noms de mes parents adoptifs qui me mirent sur la voie (Même si, sérieusement, combien existaient-ils de couples se nommant Mebuki et Kizashi ?), ni même mon nom de famille ou encore les hommes et les femmes en uniforme et au bandeau frontal orné d'une feuille stylisée qui parcouraient les rues, non. Ce fut quelque chose de si terrible que mes cauchemars n'auraient jamais pu l'imaginer avant ce jour-là.

Un soir, bien après que mes parents me couchèrent dans mon berceau, un puissant rugissement fut entendu au loin avant qu'une aura de mort et de haine n'emplisse l'air de vice et d'agonie. L'étrange énergie dégagée par la bête furieuse me glaça le sang, me brûla la chair, et ce ne fut qu'en sentant ma gorge se déchirer que je me rendis compte que je hurlais. Incapable de sombrer dans l'inconscience malgré ma souffrance croissante, des larmes coulant sans fin sur mon visage à la pâleur cadavérique, je me vis mourir pour la deuxième fois cette nuit-là. Mon cœur manquant à de nombreuses reprises de s'arrêter, torturé par les vagues de douleur qui me submergeaient, je crus à plus d'une reprise que ce dernier ne parviendrait pas à tenir le coup. Et cela n'aurait-il pas été ironique ? Décédée sept mois à peine après sa renaissance. Hilarant, vraiment.

Mes tuteurs ne furent pas longs à venir me chercher dans ma chambre. En pyjamas, ils ne prirent certainement pas le temps de se vêtir avant de se précipiter à l'extérieur pour se diriger vers un abri que des hommes en uniformes nous désignèrent avec empressement. La terreur des gens qui couraient à nos côtés était si forte qu'il me semblait qu'on pouvait la touchait, l'horreur était tout aussi palpable bien que celle-ci se confondait beaucoup avec l'incompréhension générale grandissante. L'Enfer semblait s'être abattu sur Terre. Le ciel habituellement sombre de la nuit était teinté de rouge et au loin, si terrible que je ne parvenais pas à croire en son existence, rugissait furieusement une immense créature brûlant de haine et de colère.

Choquée par cette vision digne de cauchemars, je mis un peu de temps à reconnaître la bête mais lorsque je le fis, je me sentis presque défaillir. Il s'agissait là du Démon Renard à Neuf Queues, et cette réalisation m'horrifia de la pire des manières.

J'avais atterri dans une putain d'histoire. Dans une putain d'histoire sanglante aux mœurs pourries qui envoyait des gamins de cinq et six ans se battre dans une guerre de merde parce qu'ils étaient soit-disant des prodiges. Dans une histoire où le coupable vivait et l'innocent mourrait et où, si vos idées différaient de celles de votre dirigeant, le mort pourrait bien vous guetter au détour d'une sombre ruelle. J'avais atterri dans le monde de Naruto et, honnêtement, contrairement à ce que beaucoup d'imbéciles de fans auraient pu penser, ce n'était ni une bonne chose, ni une bonne nouvelle. Du tout.

Cette réalisation était une condamnation, un doigt d'honneur des entités célestes pour vous dire que vous ne pourriez jamais être heureux (Car comment pourriez-vous l'être en vivant dans un système pareil ? Deviez-vous ignorer cette propagande vendue à la population et transformant les enfants en armes ? Ou deviez-vous devenir vous-même shinobi pour essayer de renverser ce système pourri alimenté par des milliers d'années de conflits incessants et d'une version corrompue du Ninshû et, finalement, plonger vos mains dans le sang d'innocents afin de réaliser cette utopie ?). C'était aussi un moyen de vous rappeler que les secondes chances n'existaient pas vraiment et qu'il fallait être incroyablement stupide pour y croire. Je m'étais bien faite avoir. Les dieux étaient des connards.

Agonisant, hurlant contre cette terrible réalité qui était désormais mienne et incapable de supporter plus longtemps toute cette merde qui venait de m'être jetée en pleine face, je ne fus pas longue à perdre connaissance, sombrant dans une obscurité plus que bienvenue.

Je venais de renaître dans l'un des pires mondes possibles, et j'allais devoir y survivre.

Vraiment dommage que mon instinct de conservation ne soit pas des meilleurs.


Voici mon premier chapitre. Je ne suis pas des meilleures pour débuter un récit alors j'espère que vous me laisserez un avis pour me dire si ce n'est pas trop mauvais !

En vous souhaitant un bon weekend !