Alors, c'est ma première fic, donc soyez indulgent-es.
J'ai repris le plan d'Orgueil et Préjugés et Zombies, le livre et le film (lisez-le, voyez-le), même si j'ai modifié pas mal de trucs, j'ai quand même glissé des répliques telles quelles, parce qu'elles sont iconic. Sachez aussi que le casting a été assez difficile, donc va y avoir des associations peut-être un peu cheloues mais j'assume. Et aussi, il y a certainement des anachronismes ou des approximations (sur les armes, les lieux, les techniques de combat), mais bon, il y a une épidémie de zombies, donc je vous fais confiance pour la suspension consentie de l'incrédulité ^^
J'ai passé mon mois de juillet dessus, donc ne vous inquiétez pas, cette fic est finie. Elle compte 27 chapitres :D
Updates le lundi et le jeudi !
Bisous et bonne lecture
C'est une vérité universellement admise qu'un zombie ayant déjà dévoré des cerveaux humains est nécessairement en quête d'autres cerveaux humains. Cette vérité fut confirmée lors de l'attaque de Netherfields Park, où vingt-trois personnes furent massacrées par une horde de mort-vivants. Cette tragédie n'entrava cependant en rien l'arrivée de nouveaux propriétaires, à la plus grande joie de Mrs Weasley.
- Mon cher ami, Netherfields Park est de nouveau occupé ! dit-elle un jour à son mari.
- Vraiment ? Je l'ignorais, répondit distraitement Mr Weasley, concentré sur l'aiguisage de son poignard. Les attaques de zombies étaient de plus en plus fréquentes ces derniers temps et une arme mal apprêtée pouvait signer votre arrêt de mort.
- Vous n'êtes pas curieux de savoir qui l'a loué ? insista la dame.
- Vous allez me le dire de toutes façons, soupira le patriarche.
Mrs Weasley n'avait pas besoin de plus d'encouragement :
- Granger ! Une célibataire qui doit percevoir quatre ou cinq mille livres de rentes ! N'est-ce pas excellent pour nos enfants ?
- Est-elle douée en défense contre les forces du mal ? s'enquit Mr Weasley. Serait-elle capable d'améliorer leur art du combat ? C'est tout ce qui m'importe.
- Comment peut-on être aussi sinistre ? déplora son épouse. Je vous parle de mariage ! Nos fils sont certes des miliciens aguerris, mais il leur faudra se marier un jour ou l'autre.
- Il est vrai que le comté pourrait être enrichi de nouveaux petits défenseurs contre les innommables.
Mrs Weasley soupira. Certes, la protection contre les zombies était un enjeu important, pour ne pas dire vital, pour la société. Mais la vie mondaine revêtait au moins autant de nécessité à ses yeux, ne serait-ce que pour sa santé mentale. Bien que Mrs Weasley n'avait pas connu les temps où les morts avaient la courtoisie de rester à leur place, c'est-à-dire six pieds sous terre et rien de moins, elle avait été relativement épargnée pendant sa jeunesse au fin fond de l'Irlande. Tout au plus avait-elle eu à embrocher le pasteur Hawkins avec un crucifix de deux mètres lors de sa première communion. Après son mariage avec Mr Weasley, elle avait pu découvrir la dimension colossale de l'épidémie mais aussi celle de l'étiquette anglaise. Elle s'était plongée à corps perdu dans la seconde, au grand dam de son mari. Mrs Weasley était cependant loin d'être idiote, elle savait que ses enfants se devaient d'être d'excellents guerriers avant d'être des bons partis. Mais le célibat de ses fils lui pesait tout de même sur le cœur.
Elle ne s'inquiétait pas outre mesure pour son unique fille : à quinze ans, Ginny débutait tout juste sa vie sociale et ne pouvait commencer sa recherche de mari –ou d'épouse, mais il eût été préférable pour des questions financières qu'elle se fiance à un homme, que dans deux ans. En revanche, ses aînés lui causaient beaucoup plus de peine.
Le premier, Bill, était toujours célibataire à l'âge canonique de vingt-six ans. Sa situation désespérait Mrs Weasley, d'autant que le jeune homme avait déjà été fiancé trois fois. Mrs Weasley commençait à croire que les zombies ne voulaient pas voir Bill en ménage.
Le deuxième, Charlie, avait décidé de s'exiler dans les Carpates pour mener des recherches sur l'épidémie. Dieu seul savait ce qu'il y faisait exactement, ses lettres restant assez sibyllines sur ses activités professionnelles et, à la grande frustration de sa mère, sur sa vie amoureuse.
Le troisième, Percy, avait préféré se tourner vers le clergé dès ses dix-huit ans. Il avait fait vœu d'abstinence et malgré le désir de petits enfants de Mrs Weasley, elle était soulagée d'avoir un fils casé, même si c'était avec l'Église. Un problème de moins pensait-elle souvent quand elle s'arrachait les cheveux sur la situation de sa progéniture.
Les problèmes étaient la spécialité de ses jumeaux de vingt-deux ans, Fred et Georges. Bien qu'étant très compétents en matière de meurtre de zombies –mais peut-on parler de meurtre quand les victimes sont déjà mortes ? Mrs Weasley ignorait la réponse– le duo était surtout motivé à trouver de nouveaux moyens pour rendre la vie impossible aux habitants de Longbourn plutôt qu'à trouver une moitié. Leurs plaisanteries étaient la plupart du temps inoffensives mais extraordinairement agaçantes.
Néanmoins, depuis le jour où ils avaient cru bon de se déguiser en innommables, ce qui avait provoqué l'évanouissement de deux femmes de chambre et la perte tragique d'un vase chinois rapporté du temple de maître Liu, les jumeaux se tenaient plus tranquilles notamment Georges qui avait perdu la moitié supérieure de son pavillon auditif gauche suite à un lancer de dague réflexe de Harry. Ce répit durait quelques semaines déjà, mais Mrs Weasley craignait que cela ne présageait d'un canular plus stupide encore.
La mère de famille portait déjà plus d'espoir pour le dernier garçon de la fratrie, Ron. À dix-neuf ans, il était encore célibataire mais Mrs Weasley était persuadée que peu de jeunes gens allaient résister au charme de son cadet cette saison. Le jeune homme était doué aux arts du combat, même si son entraînement dans un temple chinois plutôt que japonais lui valait quelque scepticisme de la bourgeoisie sur ce point – « À tort » avait assuré Sirius Black lorsque les Weasley avait émis cet argument quand la fratrie était partie pour l'Orient, « L'art de la guerre chinois est bien plus efficace que les techniques japonaises en matière de zombies » avait ajouté Remus, son époux. Ron était également l'archétype du jeune homme en fleur selon les canons de la société anglaise : roux, il avait le teint pâle et les manières délicates, ainsi qu'une maladresse charmante qui donnait à n'importe qui l'envie de le protéger, bien qu'il soit capable d'éventrer un zombie d'un seul coup de sabre.
Enfin, le dernier résident de Longbourn n'était pas un Weasley de sang mais Mrs Weasley l'aimait tout autant. Harry Potter était le fils unique de James et Lily Potter, membres éminents de la Patrouille de Nuit, assassinés par une horde de zombies alors qu'Harry n'était encore qu'un bébé. Il gardait la trace de cette nuit tragique sur son front : une cicatrice en forme d'éclair, causée par la griffure d'un zombie alors que Sirius l'arrachait à son berceau et à l'horreur de l'attaque. Son parrain n'avait pu obtenir la garde officielle du garçon : son mari, Remus, avait été mordu par un zombie dans sa jeunesse, et malgré le fait qu'il soit visiblement un porteur sain de l'épidémie, les autorités avaient interdit le couple d'avoir une descendance.
C'est donc aux Weasley que fut confié l'enfant, épaulés par Sirius et Remus dans son éducation. Harry avait un caractère beaucoup plus affirmé que Ron et son activité de patrouilleur de nuit, là où les frères Weasley y voyaient au mieux une nécessité, au pire une contrainte, était pour lui une vocation. La mort de ses parents avait été le déclencheur d'une passion dévorante pour l'extermination de la menace zombie, passion qu'il entretenait en menant moult recherches parallèles sur l'apparition du phénomène et sur les techniques de combat. Harry adorait tuer des zombies et ce, non pour une pseudo-vengeance pour la perte de ses parents, mais pour l'efficacité redoutable dont il faisait preuve en pleine action. Le dur entraînement de maître Liu avait été révélateur de ce plaisir, et Harry pouvait se vanter sans mentir d'avoir été le meilleur élève du guerrier chinois.
Ce caractère frondeur réduisait selon Mrs Weasley ses chances de trouver un époux ou une épouse. Harry n'en avait cure, étant donné qu'une alliance n'augmentait en rien son talent face à un mort-vivant avide de cervelle. Néanmoins, il allait devoir se forcer à s'y intéresser : seul le mariage lui permettrait de récupérer le manoir de ses défunts parents, jusqu'alors occupé par la sœur de sa mère. Celle-ci était mariée à un lord très riche qui, malgré un patrimoine conséquent, avait préféré s'installer dans la demeure des Potter pour y profiter de l'aristocratie locale. L'homme étant infect, Harry savait qu'il n'aurait aucun remord à le renvoyer dans un de ses nombreux châteaux gallois. Jusque-là, cet affront personnel n'était pas urgent, car malgré l'orgueil haut placé du jeune homme, son sens des priorités se tournait vers les mangeurs de cerveaux plutôt que vers son patrimoine immobilier.
Mais récemment, Mrs Weasley avait rapporté à Harry que lord Dursley avait été contaminé par un innommable. Il ne deviendrait pourtant ingérable et dangereux qu'au bout de quelques saisons, selon les médecins. « Son odieux caractère est certainement ce qui lui permettra de résister si longtemps à son avilissement » avait ironisé Harry, ce que Mrs Weasley fût contrainte d'approuver malgré le manque d'affabilité de cette remarque. Toujours est-il que si le garçon souhaitait récupérer son bien, il allait devoir se fiancer avant ses vingt et un ans, en comptant sur le fait que son oncle à moitié mort n'ait pas la merveilleuse idée d'aller goûter de la cervelle. « L'on aurait pu s'imaginer que la bisexualité de notre idiot de filleul ait pu doubler ses chances de fiançailles, ironisait souvent Sirius, mais avec un tel caractère, il va finir vieux garçon, à recueillir une centaine de chats et en passant ses journées à tuer du zombie ». Ce à quoi Harry rétorquait qu'il trouvait ce projet de vie plus qu'enthousiasmant pendant que Remus priait son mari de laisser le jeune garçon tranquille en sirotant son thé brûlant.
