Titre : La Reine d'Azméra

Genre : Aventure, Romance

Rating : Tout public. (K)

Personnages : Tous

Résumé : En rangeant la maison de son père, Riza met la main sur un étrange collier lié à la civilisation disparue d'Azméra et appartenant à leur ancienne reine. Elle découvre alors qu'elle est une descendante de cette reine et qu'un danger menace Azméra. Ils ont besoin d'elle. S'en suit une incroyable série d'aventures que je vous laisse découvrir. Royai ;)

Disclamer : Fma ne m'appartient pas T.T

Notes : Bonjour à toutes et à tous ! Eh oui, j'ai réussi ! Je voulais finir cette histoire avant ma rentrée (demain donc ^^') et je l'ai fait ! Vous aurez donc un chapitre par semaine comme d'habitude, le dimanche pour bien terminer la semaine. Il y aura 5 chapitres et cette fanfiction fait une centaine de pages.

Je suis vraiment hyper contente et surprise d'avoir pu finir de l'écrire aussi rapidement. Quand je change de ville, de rythme... c'est dur pour moi d'écrire mais là j'ai réussi. Voilà, c'est la satisfaction de ma semaine (ça et me dire que j'ai assez de finance pour tenir l'année ^^'). Bref, sur ces mots, je vous souhaite une très bonne lecture ! Attention : c'est encore une histoire tirée par les cheveux, fantastique, où Riza a une place centrale. Vous êtes prévenu.e.s ;) Bref, bonne lecture mes petits chats !


Chapitre 1 : Le collier


Comment s'étaient-ils retrouvés dans ce pétrin ? Ils n'en savaient rien. Contre toute attente, ils avaient mis la main sur un peuple dit « disparu », enfin, plutôt l'inverse d'ailleurs...

En soi, ils s'étaient fait capturés comme des bleus par une ancienne civilisation de l'empire d'Azméra. Rien d'extraordinaire quoi...

Là ils attendaient patiemment, ou pas, dans leur prison qu'ils décident de leur sort. Mort par décapitation ? Mort par écartèlement ? Mort dévoré par un tigre ? Bref, joyeux programme en perspective.

Les habitants les plus proches les avaient pourtant prévenus, personne ne revenait de ce désert. Maintenant, ils comprenaient pourquoi.

Un cliquetis se fit entendre et Mustang se releva rapidement.

« Debout ! » fit un des gardes.

Il s'agissait d'un colosse aux yeux mordorés. Ses longs cheveux blonds étaient attachés en catogan par un long ruban orangé. Ce fut tout ce que fut capable de repérer Mustang avant qu'il ne leur bande les yeux. Aveugle... cela lui rappela de mauvais souvenirs. Mais au moins, elle était toujours là pour l'aider à cette époque. Il avait l'impression que cela faisait des années et non pas quelques mois qu'ils étaient séparés.

Marchant aussi droit que possible, il perçut le changement de luminosité. Il repérait également Havoc non loin de lui et il sentit l'amertume le gagner. Encore s'il tombait seul, peu lui importait à présent, mais ses hommes étaient avec lui et cela non, il ne le permettrait pas. Il resserra son poing autour de son gant blanc.

Ce n'était pas la solution qu'il voulait. Il avait déjà exterminé un peuple par le passé et ne comptait pas recommencer, mais il ne les laisserait pas mourrir sans rien faire. Peut-être avait-il moyen de négocier ?

Il comprit à l'écho de leur pas qu'ils étaient arrivés dans une grande salle. L'homme les fit s'agenouiller brusquement.

« La reine arrive », déclara une voix féminine.

Elle était forte et claire. Roy haussa un sourcil. La reine ?

Il avait cru comprendre dans les livres qu'il avait retrouvés qu'il n'y avait plus eu de reine depuis la disparition de l'ancienne reine, il y a des centaines d'années de cela. Avaient-ils choisi une nouvelle reine depuis tout ce temps ?

Il entendit distinctement un bruit de tissu et le tintement des bracelets.

Le tissu semblait lourd. Il entendait le frottement à chaque pas.

« Inaya », souffla une voix qu'il reconnut aussitôt.

Il se redressa brusquement ce qui lui valut un coup de pied dans le dos. La chute fut violente et il parvint à se redresser comme il pouvait malgré ses mains nouées dans son dos. Avait-il rêvé ?

« Darius ! rugit la voix. Enlève leur bandeau », ordonna-t-elle dans une autre langue.

Nul doute possible. C'était la reine.

« Bien ma reine », répondit l'homme avec affabilité.

Roy sentit qu'on l'attrapait par l'arrière du crâne et quelques secondes plus tard, il voyait à nouveau. Son regard se porta d'abord sur ses hommes. Ils paraissaient aller bien et avaient les yeux rivés derrière lui. Le brun se retourna et crut rêver.

Si son équipe ne percevait que la beauté irréelle de la reine, lui la voyait telle qu'elle était. Incapable de se retenir, il se releva. Même à plus d'une dizaine de mètres, il avait l'impression de plonger son regard dans le sien. Mordorés, ses yeux étaient couleur or. Était-ce possible ? Il perçut le mouvement du dénommé Darius pour le rassoir avant qu'un cri ne l'arrête.

« Je te l'interdis ! » s'écria la reine en se levant.

Elle portait une tenue rouge et dorée. Un haut empesé de bijoux luxueux laissait ses épaules, ses bras et son ventre nus. Sa longue jupe commençait sur ses hanches et dévoilait sa taille fine. D'un rouge chaud, la jupe était richement décorée également. Ses longs cheveux retombaient en épaisses boucles blondes sur ses épaules et dans son dos. Ils étaient eux aussi parés de bijoux somptueux et sur son front, Roy reconnut le fameux collier du livre, celui qu'il avait déjà eu l'occasion de voir. Il n'était qu'entrelacement d'or. Malgré la distance, il percevait la finesse de la couronne. La pierre tombant au milieu de son front était d'un rouge vif. Il revint à son visage. De grands yeux stupéfaits, un teint doucement basané par le soleil, des lèvres pleines couleur pêche. Il n'y croyait plus. Pourtant, c'était elle. Il pouvait la reconnaître entre mille. C'était bien elle.

« Riza... » murmura-t-il.

Il y eut un grognement de la part de Darius. Le colosse leva sa lance et un grondement plus fort l'immobilisa. Roy en resta pantelant. Un tigre immense venait de s'interposer entre Darius et lui.

Aussitôt, le blond avait baissé son arme et s'était agenouillé.

« Keïor », reprit la voix.

Le tigre se détendit alors et s'assit devant Roy. Le brun réalisa alors qu'il faisait sa taille. Il eut un frisson et se tourna vers le fond de la salle.

Calmement, la reine marchait vers eux. Il pouvait suivre ses hanches ondulantes et le tintement des bijoux l'accompagnant. De même, ses cheveux vaporeux semblaient flotter sur ses épaules.

« Je rêve, souffla Roy.

- Bon sang ! » fit Havoc à ses côtés.

Ses hommes la reconnaissaient à présent. L'air strict de la reine s'estompa et un sourire tendre naquit sur ses lèvres.

« Keïor », murmura-t-elle.

Un souffla chaud sur ses mains le surprit et à la seconde suivante, il était libre. Le tigre se trouvait à moins de vingt centimètres de lui. Malgré cela, il ne parvenait pas à avoir peur. Elle était là. Bien là. Présente en chair et en os.

Elle s'arrêta finalement à un mètre de lui.

« Ça faisait longtemps, Général, susurra-t-elle.

- Riza, c'est bien toi ? demanda-t-il, presque désespéré.

- Oui, c'est moi. »


Quelques mois plus tôt, à Central.


La journée était lourde et chaude. C'était des températures qu'il détestait. Ronchonnant, il prit un nouveau dossier et pesta. Ses doigts étaient humides et il mourrait d'envie de prendre une douche. Froide si possible.

Il entendait les mêmes lamentations de la part de ses hommes. Seule son Lieutenant semblait très bien s'en accommoder. Elle devait être l'unique personne de tout le QG à garder sa veste militaire. Malgré les convenances militaires, ils étaient tous en bras de chemise, le col entrouvert. Ils descendaient des litres d'eau, priant pour que cela les rafraîchisse, alors qu'elle buvait toujours son thé habituel, sereine. Impeccable comme toujours, elle vint récupérer ses dossiers et en déposa de nouveau sur son bureau.

« Courage Général. La chaleur est moins forte à présent. »

Il maugréa. Moins forte. Moins forte. C'était vite dit. Lui ne percevait aucune différence.

« Mais comment faites-vous ? », râla-t-il finalement en se renversant sur sa chaise.

Elle haussa un sourcil.

« J'apprécie juste la chaleur quand elle se présente, répondit-elle comme si c'était une évidence.

- Vous appréciez la chaleur ?! lâcha Mustang. Mais nous atteignons des records de température, Lieutenant ! Ce n'est plus de la chaleur, c'est une canicule et vous semblez ne pas en souffrir. »

Elle parut surprise par son emportement et posa une main sur son épaule pour le calmer. Elle monta l'autre sur son front. Il était chaud.

Roy hoqueta. Elle avait les mains tièdes, presque fraîches. La reine des glaces, finalement, ce surnom lui allait plutôt bien.

« Bien, souffla Riza. Nous devrions faire une pause. »

Des soupirs de satisfaction se firent entendre et ils partirent tout droit vers les douches.

« Je vous conseille un thé chaud Général. Ça va réguler la chaleur de votre corps, pareil pour la douche, ne la prenait pas froide. »

Il opina, stupéfait, et il le fut encore plus en la voyant sourire légèrement.

« Alors ? » s'impatienta la jeune femme.

Il ne se le fit pas répéter et sortit du bureau.

Heureusement, les jours suivants, le temps s'adoucit et la température devint supportable. Riza semblait indifférente, mais eux soupiraient de bonheur et de gratitude.

Lentement, l'été s'acheva et septembre arriva. Leur quotidien était paisible en ces temps de paix. Le pays remontait la pente, plus fort qu'avant. Le Généralissime Grumman, secondé par le Général Roy Mustang, faisait de son mieux pour maintenir les efforts de tous. Ils avaient encore beaucoup à faire, notamment pour les Ishbals. C'était la mission particulière que s'était octroyé Roy. Ses hommes étaient tous revenus près de lui et ensemble, ils changeaient les choses jour après jour.

Peu à peu, le peuple Ishbal retrouvait ses terres, ses cultures et ses prières. L'équipe du Général passait beaucoup de temps là-bas et ce malgré la chaleur étouffante de cette région.

Ils rentraient justement de deux semaines de vadrouille en vue de nouvelles améliorations. Le froid de Central les accueillit soudainement à la sortie du train.

Riza frissonna tandis qu'elle chargeait son sac sur son dos.

« Vous avez votre week-end, Messieurs, ainsi que votre lundi. Faites-moi juste parvenir vos rapports au QG, informa Roy. Vous avez fait du bon travail. »

Il regarda chacun de ses hommes et termina par Riza. Elle arborait son air habituel et neutre.

« Repos, Messieurs. Merci. »

Ils se dispersèrent et par habitude, Riza le raccompagna jusqu'à chez lui.

« Merci Lieutenant », fit-il une fois arrivés.

Elle opina.

« Aucun souci, ça fait partie de mon travail.

- J'espère que vous n'allez pas passer votre week-end à travailler », plaisanta Roy.

Elle eut un sourire.

« Non, je compte remettre un peu d'ordre dans la maison de mon père. »

Il perdit le sien et approuva plus sérieusement.

« Aurez-vous besoin d'aide ?

- Pas maintenant, mais certainement lorsque je m'attaquerai à son bureau et... votre chambre... Je vous le dirai.

- D'accord. »

Ils s'entreregardèrent quelques secondes avant qu'elle ne rompe le contact visuel.

« Je vais rentrer », murmura-t-elle finalement, resserrant les pans de sa veste autour d'elle.

Il opina et elle sentit un tissu se poser sur son cou. Il lui sourit tendrement et se retourna vers son immeuble. Machinalement, elle caressa l'écharpe du Général et rappela Black Hayate avant de partir.

Un doux sourire ornait ses lèvres. Le chemin jusqu'à son appartement fut tranquille. Contrairement à elle, le chien semblait heureux de retrouver sa ville. Sans savoir pourquoi, elle aimait la chaleur du désert et le froid qui s'était abattu sur Central ne lui plaisait guère.

Son week-end fut chargé. Il fallut faire le ménage dans toute la maison. Cela faisait des années qu'elle n'était pas revenue ici. Maintenant, elle ressentait le besoin de faire un point. Ishbal remontait la pente, elle ferait pareil. Il était temps qu'elle solutionne son passé et qu'elle fasse la paix avec son père.

Pendant que Black Hayate gambadait dans le jardin laissé en friche, elle nettoyait consciencieusement chaque pièce. Elle restait constamment vigilante, se souvenant que du vivant de son père, la maison tombait déjà en ruine. Elle commençait tout juste à trier le salon quand le soleil se coucha le lundi soir.

Black Hayate la retrouva lovée dans le canapé, un album dans les mains.

Il posa sa truffe sur son genou et geignit un peu. C'est qu'il avait faim lui.

Elle se réveilla et prit quelques secondes à se souvenir d'où elle était.

« Ah oui, nous y allons Hayate. »

Elle abandonna l'album sur la table basse et récupéra ses affaires. Avec tout ça, elle avait oublié de manger le midi.

Une photo jaunie montrait un homme grand, blond, au visage strict avec à ses côtés un jeune garçon brun, un sourire malicieux sur le visage et des yeux rieurs. Roy Mustang.

Le mardi matin, le Général retrouva son écharpe parfaitement pliée sur son bureau. Il ne put s'empêcher de sourire et commença sa journée dans la bonne humeur.

La semaine s'écoula lentement. Chaque soir, Riza passait une à deux heures dans la maison, si bien qu'elle eut vite terminé le salon.

Elle mettait de côté ce qu'elle gardait, d'un autre, ce dont elle voulait se débarrasser, c'est-à-dire beaucoup de choses.

Le vendredi suivant, elle arriva au QG avec un sac.

« Vous partez quelque part, Lieutenant ? questionna Fuery.

- Je suis en train de remettre de l'ordre dans le maison de mon père. Je vais y passer le week-end d'où mon sac », informa-t-elle.

Les hommes parurent rassurés et elle perçut le regard de Mustang. Il l'interrogeait. Elle lui répondit par un non silencieux.

La journée fut faite de paperasses et de dossiers pour le plus grand plaisir du Général.

Il ne termina que tard et sourit en apercevant son Lieutenant. Les autres étaient déjà partis depuis longtemps. Il s'étira, lui faisant comprendre qu'elle avait fini, mais elle ne réagit pas. Étrange.

Doucement, il s'approcha d'elle. Elle était penchée sur un livre assez vieux et paraissait absorbée dans sa lecture.

« Lieutenant ? » appela-t-il en posant une main sur son épaule.

Elle sursauta et releva la tête vers lui. Dorés.

Il ouvrit de grands yeux surpris, mais déjà, elle se détournait. Il glissa une main sous son menton et d'un geste impérieux, ramena son visage vers lui. Il plongea son regard dans le sien avec un sérieux désarmant.

« Général ? » souffla-t-elle, interdite.

Il sentit son souffle sur ses lèvres et réalisa.

« Excusez-moi, fit-il en la libérant. J'ai cru... je... c'est bête. Allons-y », capitula le brun, embarrassé.

Elle ne le fit pas répéter et ferma son livre rapidement. Elle récupéra ses affaires et Black Hayate se posta près de la porte.

Noisette, pensa Mustang. Ses yeux étaient couleur noisette. Pendant l'espace d'une seconde, ils lui avaient semblé mordorés. Il avait dû rêver. La fatigue certainement.

Ils sortirent ensemble, le malaise se dissipant peu à peu.

Roy refusa qu'elle le raccompagne et malgré lui, il l'observa s'éloigner dans les rues désertes. Il avait un drôle de pressentiment. Un instant, il repensa au livre qu'elle lisait. Quelle langue était-ce ? Il en avait déchiffré des langues étranges, mais celle-ci ne lui disait rien.

Il rentra chez lui, pensif.

Pendant ce temps, Riza marchait rapidement jusqu'à sa voiture. Son cœur ne semblait pas vouloir se calmer et il lui faisait presque mal. Il avait été si proche. Elle ne comprenait pas ce qu'il lui avait pris. Elle était sûre d'une chose : il n'avait pas voulu l'embrasser. Non. C'était ses yeux qu'il observait avec tout ce sérieux. Qu'y avait-il vu ?

Lorsqu'elle arriva dans la maison de son père, la première chose qu'elle fit fut de monter à l'étage. Elle se précipita dans la salle de bain et plongea son regard dans le miroir. Elle resta un long moment à observer ses yeux. Rien. Elle ne voyait rien qui puisse l'intriguer à ce point. Pourtant, elle était sûre d'avoir lu de la surprise dans son regard.

Lentement, elle se détourna de son reflet et déposa ses affaires dans son ancienne chambre.

Elle sortit le livre de son sac et le laissa tomber sur son bureau.

Elle allait manger avant de commencer.

Le week-end passa à une vitesse folle. Sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi, elle se retrouva dans la chambre de ses parents le dimanche soir. Elle avait pourtant prévu de partir, mais quelque chose l'avait rappelée ici.

Elle ne savait pas ce qu'elle cherchait, mais elle ouvrit tous les tiroirs, la commode et le petit secrétaire. Tout y passa. Enfin, elle mit la main sur un petit coffret aux arabesques étranges. Un souvenir revint dans sa mémoire. Un souvenir heureux. Avant la mort de sa mère. C'était elle qu'elle voyait. Son visage lui souriait, ses grands yeux la contemplaient avec amour. Des yeux dorés comme l'or.

Riza se retint à la chaise et grogna. Qu'est-ce que c'était ? Elle n'avait que peu de souvenirs de sa mère. Vraiment très peu. Elle était morte lorsqu'elle avait sept ans et après ça, plus rien n'avait été comme avant. Son père avait changé du tout au tout et avant que Roy n'arrive, sa vie avait été bien triste, seule dans cette grande maison avec un père fou de douleur.

Elle passa sa main sur les bords du coffret. Visiblement, il pouvait s'ouvrir. Encore fallait-il savoir comment faire. Elle appuya un peu partout, essaya par la force, mais le coffret resta fermé. Pourtant, elle percevait un petit cliquetis lorsqu'elle le secouait. Il y avait quelque chose à l'intérieur.

Elle l'observa attentivement. Il n'y avait pas de système d'ouverture donc pas besoin de clés.

Finalement, ce fut Black Hayate qui la sortit de ses pensées.

« Oui, excuse-moi mon grand. Tu dois avoir faim. Nous y allons. »

Elle glissa le coffret dans sa poche sans s'en rendre compte et sortit.

Ce ne fut que le lendemain midi, alors que tous partaient manger qu'elle sentit ses doigts rentrer en contact avec le coffret. Elle l'en sortit, stupéfaite.

Elle pensait l'avoir laissé dans la chambre de ses parents, mais il était pourtant dans son manteau. Elle l'étudia, fronçant les sourcils.

« Lieutenant ? appela une voix. Vous venez ?

- ... Oui, euh... j'arrive Général. »

Elle attrapa son bien et le remit dans sa poche. Mustang l'attendait près de la porte. Il ne dit rien pour le coffret, mais elle sut aussitôt qu'il l'avait vu.

Le soir même, Roy finissait péniblement ses dossiers et elle l'attendait comme toujours. Ayant fini les siens depuis longtemps, elle sortit son livre et continua sa lecture. Sans qu'elle n'y prenne garde, ses doigts vinrent rencontrer le coffret dans sa poche.

Elle arrêta sa lecture et déposa le coffret sur son bureau. Il était vraiment très beau. Sans chercher à l'ouvrir, elle l'examina sous toutes ses coutures. Il semblait y avoir des inscriptions en-dessous de la boîte. Elle la retourna et plissa les yeux.

« Propriété de la Reine Jelila »

Les mots étaient presque effacés mais elle parvenait à les lire. Ce coffret appartenait donc à une reine... Étrange qu'elle le retrouve dans la maison de son père. Si elle en jugeait par le nom, cette reine n'était pas d'ici. Elle devait venir d'un pays du sud. Ce coffret aurait donc été volé ? Perdu ? Comment expliquer sa présence chez ses parents ?

Elle caressa le couvercle doucement et revint à son livre. Elle ne comprenait pas tout. C'était pourtant sa langue maternelle qu'elle lisait mais les mots semblaient avoir d'autres significations. Un instant, elle passa du livre au coffret. Et si cette reine était celle du livre ? Son nom était différent ici, mais elle s'y connaissait assez pour savoir que certains personnages historiques étaient appelés par différents noms. Elle feuilleta le livre, cherchant une image du coffret et finit par mettre la main dessus. Les deux avaient donc un lien.

Son père avait dû faire des recherches sur le peuple dont parlait l'ouvrage : les Azmériens. Cela n'expliquait pas comment il avait mis la main sur le coffret.

Elle parcourut les quelques pages à son sujet. Tout y était expliqué. L'origine du coffret, sa fabrication, son contenu et surtout sa disparition avec la dernière reine. Riza tiqua à ce moment et releva la tête vers la boîte.

Visiblement, elle contenait une couronne très précieuse. Il n'y avait pas d'illustrations dans le livre. C'était celle de la dernière reine et elle était également la seule à l'avoir jamais portée.

Donc si elle résumait, la reine Jelila avait fait fabriquer une couronne pour son règne et elle l'avait emportée lors de sa disparition.

Les premières pages de l'ouvrage en parlaient longuement. Les Azmériens s'étaient lamentés des millénaires sur la disparition de leur reine bien aimée et ils n'avaient plus jamais eu de reine depuis. C'était pour cela qu'elle était souvent appelée la dernière reine. Il y avait de nombreuses hypothèses sur les raisons. Cela allait de l'enlèvement à la fuite.

Elle tourna la page, sentant la migraine venir. C'était souvent lorsqu'elle le lisait. Elle devait se concentrer énormément pour comprendre.

Une présence derrière elle la fit se redresser. Elle leva la tête vers Roy Mustang.

« J'ai fini, informa Roy. Vous êtes sur le même livre que la dernière fois, nota-t-il.

- Oui, il est compliqué.

- J'imagine. Quelle langue est-ce ? »

Elle haussa un sourcil. Que voulait-il dire ?

« Comment ça ? demanda-t-elle. La même que la nôtre. »

Il l'observa avec un air surpris et se pencha sur le livre.

« Je ne comprends pas un traitre mot de ce qui est écrit pourtant, marmonna le brun.

- Vous avez dû passer toute votre concentration dans les dossiers », éluda Riza en se levant.

Il haussa les épaules. En effet, il était exténué.

« Et ce coffret ? questionna le Général.

- Il appartenait à ma mère. Je l'ai trouvé dans son secrétaire.

- Il est très beau. »

Elle approuva. Ils sortirent du QG et cette fois-ci, il la raccompagna jusqu'à sa voiture non loin.

« À demain Lieutenant. Pensez à vous reposer.

- Ne vous en faites pas, répondit la jeune femme. À demain. »

La voiture démarra et il prit la direction de son appartement. Le livre lui revint en mémoire. Il avait été incapable de lire une ligne. Au delà du papier jauni et de l'écriture manuscrite rendant difficile la lecture, les lettres qu'il avait vues lui étaient inconnues. C'était des sortes de traits tantôt arrondis, tantôt droits. Pourtant, Riza avait été sincère dans sa réponse. Elle avait sans doute raison, il devait être fatigué. Il rentra chez lui et oublia cette histoire.

De l'autre côté de la ville, Riza gara sa voiture devant la maison et elle en descendit avec Black Hayate.

Cette histoire la perturbait. Elle monta ses affaires dans sa chambre et sortit le coffret.

« Ok, fit-elle. Maintenant, il va falloir t'ouvrir. »

Elle relut longuement les pages traitant du coffret dans le livre, essayant de comprendre toutes les subtilités. Elle relisait pour la troisième fois un paragraphe dont elle ne saisissait pas le sens et finit par le faire à voix haute. Cela l'aiderait peut-être.

« Le métal précieux de Durien se trouve sous l'oasis... millénaire de Méphilos. Pour y accéder, la grotte d'Éracle est le seul... la seule voie... Il faut... »

Soupirante, elle continua à lire un long moment, maudissant le scribe pour son écriture illisible. Elle continua un moment et arriva finalement à un passage plus intéressant.

« Le coffret s'ouvrira quand... »

Elle fronça les sourcils. Quand ? Elle ne parvenait pas à lire la suite.

« Le coffret s'ouvrira », répéta Riza pour elle-même, les yeux rivés sur ledit coffret.

Un déclic se fit entendre et elle sursauta presque en voyant le couvercle se surélever de quelques millimètres. Ça avait marché. C'était ça. C'était sa voix. Elle posa le livre et l'ouvrit.

Sans se poser plus de questions, elle sortit le délicat bijou qui reposait au fond de la boîte. Apparemment ce n'était pas une couronne. Cela n'y ressemblait pas. Elle l'étudia attentivement et se souvint. Ce collier... sa mère l'avait porté parfois. Elle la vit très clairement à travers ses yeux clos.

Il était fait de tiges dorés superbement entrelacées et au centre se trouvait une sublime pierre noire.

Ses mouvements n'étaient plus les siens. Elle mit le collier autour de son cou et se leva pour aller voir dans le miroir.

Le lendemain matin, elle se réveilla dans son lit et fut surprise de voir un nombre impressionnant de livres autour d'elle. Elle cligna des yeux et porta une main à sa tête. Qu'avait-elle fait hier soir déjà ?

Le collier ! Cela lui revint. Elle porta une main à son cou et fut soulagée de le retrouver ici. Elle se leva rapidement et arrêta ses interrogations en apercevant l'heure sur l'horloge.

Elle allait être en retard. Elle s'habilla rapidement, appela Black Hayate et récupéra ses affaires.

Tiens ? Mais où était ce chien ?

« Hayate ? Black Hayate ? Viens voir maman. »

Un couinement lui répondit du bureau de son père et elle s'y précipita.

Le chien lui sauta dessus sitôt libéré.

« Bah alors, souffla Riza, qu'est-ce que tu faisais dans le bureau ? »

Elle le caressa pour le rassurer et leva la tête vers la porte. À part pour faire le gros du ménage, elle n'avait pas encore touché à cette pièce. Elle y entra et fut stupéfaite de voir le bazar qui y régnait.

« C'est toi qui a fait tout ? » questionna la jeune femme.

Le chien pencha la tête sur le côté. Elle soupira. Cela ne ressemblait pas au bazar habituel qu'il pouvait mettre. Et si ce n'était pas lui, c'était sûrement elle. Mais qu'avait-elle fait pendant sa soirée ? En plus, elle mourrait de faim.

L'heure tournait et elle attrapa une pomme. Black Hayate avait des croquettes au QG donc ils mangeraient tous les deux là-bas.

Elle arriva avec cinq minutes de retard et bien évidemment, fut la première sur les lieux. Elle sortit une gamelle et donna sa ration au chien avant de croquer dans sa pomme. Elle en profita pour filer en salle de pause préparer du café et du thé. Un passage pour les toilettes lui rappela qu'elle portait toujours le collier. Il encerclait son cou et la jolie pierre noire brillait d'un éclat lumineux. Elle le caressa distraitement et refit sa coiffure. Ses cheveux se montrèrent un peu rebelle. Heureusement, elle avait toujours un peigne dans son sac. Elle retourna au bureau le chercher et parvint à domestiquer ses mèches. Habituellement, ses cheveux étaient simples à coiffer. Il tombait lisse dans son dos, mais ce matin, ils ondulaient presque sauvagement sur ses épaules. Il faudrait qu'elle passe chez le coiffeur. Elle jeta un dernier coup d'œil à son reflet. Tout semblait correct.

Elle détourna la tête et s'immobilisa. Que venait-elle de voir ? Elle se pencha vivement vers le miroir, ouvrant de grands yeux.

Rien. Il n'y avait rien. Juste son visage surpris. Ses yeux noisettes. Rien.

Elle soupira et retourna dans son bureau.

Les autres ne tardèrent pas à arriver et une nouvelle journée de travail put commencer.

Après dix-huit heures, Riza se remit à son livre et fut surprise de beaucoup mieux le comprendre. En réalité, c'était même plus que cela. Elle comprenait tout. Elle parvenait même à situer les différents lieux dont il parlait, comme si elle y était déjà allée...

Pendant deux bonnes heures, elle parcourut le livre et le referma alors que le Général s'étirait, annonçant son départ prochain. Elle venait de finir le livre. Les informations circulaient dans sa tête et elle eut étonnamment l'impression de déjà les connaître.

Sans s'en rendre compte, elle porta une main à son collier et caressa la pierre noire. Elle vira au dorée l'espace d'une seconde faisant apparaître un étrange symbole en son centre et redevint noire à l'approche de Mustang. Elle retira sa main et se leva.

« Vous avez fini mon Général, nota Riza en récupérant les dossiers.

- Oui, merci de m'attendre. C'était les derniers en retard de notre mission. Vous serez libérée plus tôt les soirs prochains.

- Aucun problème », répondit Riza.

Elle le vit baisser les yeux vers le collier.

« Il appartenait à ma mère.

- Vous en retrouvez des choses dans cette maison.

- En effet, fit-elle avec un sourire. Nous y allons ?

- Bonne idée. »

Ils sortirent tous deux du QG, saluant les rares personnes qu'ils croisaient en chemin, et Roy la raccompagna jusqu'à sa voiture.

« Bonne soirée, Lieutenant.

- Bonne soirée, Général. »

Leurs regards se croisèrent et pendant une seconde, Riza eut une vision totalement différente. Ce n'était plus Mustang devant elle, mais un homme aux yeux bleus et à la mâchoire carrée. Son regard était extrêmement doux. Elle revint à la réalité pour plonger dans la même douceur. Il lui sourit et s'éloigna, lui faisant un signe de la main.

Le Général avait eu l'air tellement mélancolique à l'instant qu'elle resta un moment perturbée. Elle roula lentement jusqu'à la maison et se gara. Il fallut bien l'intervention de Black Hayate pour qu'elle sorte.

Elle rentra dans la maison et fila aussitôt prendre une douche. Elle avait bien fait de faire remettre l'eau chaude. Une serviette autour de la poitrine, elle gagna sa chambre et se mit directement en pyjama. Elle réalisa en passant devant le miroir qu'elle avait oublié d'enlever son collier. Heureusement, il semblait intact.

Elle décida de manger avant de continuer son rangement.

Black Hayate parut satisfait de son choix et dévora sa ration. À l'inverse, Riza picorait distraitement dans son assiette. Elle finit par mettre la fin de son repas dans un récipient hermétique.

Caressant son collier d'une main, elle fut consciente de monter jusqu'au bureau de son père.

Lorsqu'elle reprit conscience, elle se trouvait avec un livre inconnu dans les mains. Elle cligna les yeux, une fois, deux fois, et secoua la tête pour sortir de sa torpeur.

Elle était assise à même le sol, entourée d'une multitude de livres. D'après leur aspect, ils étaient vieux et poussiéreux.

Elle toussa et reposa le livre devant elle.

C'était le collier ? Cette pensée la fit sursauter. Était-ce possible ? Elle leva une main au bijou dans le but de l'enlever, mais la rabaissa aussitôt. Non c'était ridicule. Elle était fatiguée c'était tout.

Elle se leva chancelante et fila jusqu'à sa chambre. Elle avait bien fait de ramener des affaires là-bas. Sans demander son reste, elle se coucha et s'endormit comme une masse. Sur le réveil, la petite aiguille venait de dépasser la barre des une heure.

Le lendemain matin, lorsqu'elle arriva au Quartier Général, une étrange animation régnait. Laïs, la secrétaire, discutait avec Maria.

« Que se passe-t-il ? questionna Riza avec curiosité.

- C'est un ambassadeur de Jyde. Il vient d'arriver pour discuter de traité avec le Généralissime, informa Maria.

- Et il est à tomber ! » continua Laïs avec entrain.

Riza eut un léger sourire. C'était donc cela. Cependant, elle fronça les sourcils.

« Aucun ambassadeur n'était attendu pourtant...

- Non, en effet, reprit Laïs avec plus de sérieux. Le Généralissime a été prévenu dès son arrivée ainsi que votre Général.

- Le Général Mustang est ici ?

- Il est arrivé il y a cinq minutes. Ils sont dans le bureau de réunion 509.

- Merci Laïs, j'y vais.

- Tu pourras confirmer la rumeur de tes propres yeux », taquina Maria alors qu'elle disparaissait déjà dans les couloirs.

Elle fut de la salle de réunion en quelques minutes et s'immobilisa devant la porte. Elle avait une étrange impression...

Secouant la tête, elle inspira profondément et frappa.

« Oui ? » entendit-elle de l'autre côté.

Elle poussa la porte avec son sérieux habituel.

« Général Mustang, salua-t-elle.

- Ah Lieutenant, rompez. Capitaine, je vous présente mon bras droit, le Lieutenant Hawkeye. Lieutenant, voici le Capitaine Mehdi qui est un ambassadeur de Jyde.

- Enchanté, reprit Riza avec un salut militaire.

- Tout le plaisir est pour moi Lieutenant... »

Il avait une voix chaude et grave avec un accent du sud envoûtant, de longs cheveux noirs noués en catogan et une peau basanée. Ce qu'elle nota en premier était ses yeux. De magnifiques yeux mordorés. Elle n'en avait jamais vu d'aussi beaux, si on enlevait le regard de braise de son supérieur. Des boucles en or pendaient à ses oreilles et il portait une belle veste verte foncée ainsi qu'une écharpe de soie grise. Son pantalon de toile et ses chaussures de ville brillantes complétaient sa tenue. Son observation ne prit que quelques secondes et elle se tourna vers le Général.

« Voulez-vous que je rapporte du thé ou du café ?

- Pourquoi pas Lieutenant. Qu'en dites-vous, Capitaine ?

- Avec plaisir », répondit-il avec un doux sourire.

Elle opina et sortit. D'accord il était beau, mais il n'était pas exceptionnel non plus. Sa beauté était assez exotique, c'était peut-être cela ?

Enfin si elle comparait au Général, lui aussi avait une beauté exotique... C'était vrai que ses yeux étaient captivants.

Elle haussa les épaules en finissant de préparer thé et café et ramena le tout à la salle de réunion.

« Avez-vous besoin de moi ? demanda Riza après les avoir servis.

- Oui, invita Roy, restez Lieutenant. »

Elle s'assit à table, une feuille de note à la main, et alors qu'elle relevait la tête, elle croisa le regard de Mehdi. Il parut surpris une seconde et se reprit. Peut-être ne s'attendait-il pas à ce qu'elle reste ?

Ils reprirent cependant leur discussion où elle en était et le Généralissime arriva une vingtaine de minutes plus tard. Leurs échanges durèrent une bonne partie de la matinée et furent passionnants. D'autant plus que Mehdi dissertait sur la région ayant autrefois accueilli le peuple dont parlaient les livres de son père. Parfois quand il s'exprimait, elle avait l'impression de connaître ces endroits.

Le midi, Riza s'esquiva pour rejoindre le reste de l'équipe, les laissant manger entre eux. Elle savait qu'ils iraient au restaurant et ils avaient déjà pris trop de retard dans leurs dossiers.

Les hommes furent assez curieux. Visiblement, la rumeur de la beauté de Mehdi avait vite fait le tour du quartier général. Elle répondit laconiquement à leurs questions ce qui les fit grogner, mais ils capitulèrent bien vite lorsqu'elle dégaina son beretta. Le calme revint dans les bureaux, au moins jusqu'à la pause déjeuner.

Le Général ne se montra pas de l'après-midi, au plus grand désespoir de Riza. Certes, la venue de l'ambassadeur était importante, mais les dossiers accumulés sur son bureau promettaient de longues heures de torture.

Vers dix-huit heures, alors qu'Havoc se levait pour partir, la porte s'ouvrit sur le Général et Mehdi.

« Capitaine, je vous présente mes hommes. »

Une fois les présentations d'usage faites, Mehdi le remercia.

« Merci de votre accueil aujourd'hui et du temps que vous avez passé avec moi. Ce fut fort instructif.

- Je vous en prie, Capitaine. Ce fut un véritable plaisir. Vous pouvez disposer Messieurs. »

Aussitôt, les membres de l'équipe se levèrent et rangèrent leurs affaires.

« Vous savez où dormir ce soir, Capitaine ?

- Oui, votre secrétaire m'a conseillé un hôtel en centre ville. Je dois dire que je suis assez surpris du nombre de femmes travaillant au sein de l'armée, ajouta-t-il en coulant un regard vers Riza. Et elles sont toutes ravissantes. »

Il avait dit ces derniers mots avec un grand sourire et Riza avait retenu un soupir. Avait-elle vraiment besoin d'un deuxième Mustang dans les pattes ? Elle l'ignora royalement et récupéra ses affaires. L'équipe avait presque pitié de lui à ce stade. Ils n'avaient pas pu le prévenir, mais flirter avec le Lieutenant Hawkeye n'était pas une bonne idée.

« Général, salua-t-elle, Capitaine. »

Elle lui accorda à peine un regard et sortit, froide comme la glace.

Roy avait gardé un sourire léger. La réaction de son Lieutenant ne l'étonnait pas. Il fronça un peu les sourcils cependant en notant le regard de Mehdi. Il observa un instant la porte close avant de revenir à lui.

« Bien, je vais y aller également je pense. Merci encore. »

Et sur ces mots, il sortit. Roy en fut un peu surpris et sentit son cœur s'étreindre. Qu'avait-il en tête ?

En effet, dès qu'il fut dans le couloir, il s'arrangea pour rattraper la jeune femme.

« Lieutenant », appela-t-il doucement derrière elle.

Elle leva la tête vers lui.

« Capitaine ? interrogea-t-elle, surprise de le voir.

- Je tenais à m'excuser pour mon comportement. C'était un peu cavalier et... macho... je ne sais pas ce qui m'a pris. »

Ils étaient seuls dans les couloirs et Mehdi avait un air penaud qui la convainquit. Elle acquiesça et lui sourit légèrement.

« Ce n'est rien. Tant que vous ne recommencez pas, oublions cela. »

Il sourit un peu plus et elle fut attirée par son regard étincelant. Oui, il était bel homme.

« J'ai cru comprendre que vous vous intéressiez beaucoup à la civilisation disparue d'Azméra, ajouta Mehdi, faisait référence aux échanges du matin.

- En effet, c'était passionnant.

- Je serai ravi de vous en dire plus, si vous acceptez de me montrer la ville... »

Elle haussa un sourcil et l'étudia quelques secondes. En avait-elle envie ? Sans qu'elle n'ait le temps d'y réfléchir plus longtemps, elle accepta. Elle ne comprit pas trop comment, mais ils se retrouvèrent une heure plus tard. Elle était passée se changer entre-temps et lui en avait profité pour récupérer la clé de sa chambre d'hôtel.

Vêtue d'un grand manteau noir sur un jean taille haute et un pull blanc col V, elle avait gardé sa longue écharpe blanche. Le temps s'était encore refroidi sur Central.

Mehdi semblait d'ailleurs en souffrir. Malgré son manteau, il grelottait dehors aussi ils s'étaient vite installés dans un café.

« Nous repasserons pour la visite de la ville, émit Riza alors qu'ils se réchauffaient avec du thé.

- C'est de ma faute, s'excusa Mehdi. Je supporte très mal le froid. Je préfère de loin la chaleur.

- Ne vous excusez pas, je suis totalement d'accord avec vous sur ce point. »

Il sourit et but une gorgée de thé.

« Merci d'avoir accepté de me tenir compagnie pour ce soir.

- Je vous en prie... j'avoue ne pas...

- Vous ne savez pas pourquoi vous avez accepté », continua Mehdi.

Elle haussa un sourcil.

« Non, en effet... »

Dans un étrange silence, ils s'observèrent. Riza essaya de comprendre son comportement mais tout lui échappait. Oui, il était sympathique, mais il ne l'intéressait pas. Aussi, que faisait-elle ici ? Il allait se fourvoyer si elle restait. Soudain, elle se leva.

« Je vous raccompagne ? » proposa-t-elle.

Il sourit un peu plus.

« C'est le collier », murmura-t-il.

Elle crut avoir rêvé ces mots, mais son corps réagit pour elle et elle se rassit.

« Comment cela ? Que savez-vous de ce collier ?

- Tout », répondit Mehdi avec un sérieux surprenant.


Oui, je sais que vous vous dites, encore une histoire complètement barrée... mais je vous avais prévenu ! ;) J'espère qu'elle vous plait en tout cas.

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