Hello ! un nouveau chapitre sur Sherlock et Moriarty, et sur John qui se retrouve tout seul, le pauvre.

Attention, la relation entre Sherlock et Moriarty devient… piquante ! La scène vers la fin n'était absolument pas prévue à la base (sisi, promis !), mais je me suis dit pourquoi pas. Ne me détestez pas trop ^.^

Le tout dernier moment de cette scène est inspirée d'Anne Rice, vous savez, la dame qui a écrit Entretien avec un Vampire. Lisez ses livres, ils donnent le frisson ! C'est l'inventrice des vampires réalistes et bisexuels (Louis et Lestat, je les adore 3 )

Merci à Mimi Kitsune, Ukronia et Animevivie pour leur review !

Bonne lecture !

Animevivie : et oui un chapitre… pédagogique :D et le pauvre John, il est tout inquiet et il ne peut rien faire.

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Le Fléau : Chapitre 19

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John croyait devenir fou. Cela faisait vingt-sept jours que Sherlock était parti et qu'il était sans nouvelle de lui. Lestrade et Mycroft avaient uni leurs forces pour ratisser toute la ville mais sans succès. John s'y attendait, même s'il nourrissait un mince espoir de le retrouver. Si ça se trouvait, Sherlock créchait en plein centre-ville, mais il était trop malin pour se faire prendre. Il était en plus accompagné d'un deuxième cerveau. Non. John savait qu'il n'aurait de ses nouvelles que lorsque son ami l'aurait décidé.

Est-ce qu'il allait bien ? Qu'est-ce que Moriarty était-il en train de lui faire subir ? Est-ce qu'il lui susurrait de mauvaises idées à l'oreille ? John était bien incapable de répondre à toutes ces questions et c'était ce qui le torturait. Depuis le retour du Sherlock, il s'était fait un devoir de veiller sur lui et, depuis qu'il était reparti, il ne pouvait rien faire. L'impuissance. Ça le tuait.

Ça, et cette espèce de manque qu'il ressentait depuis son départ. Était-ce dû au fait que Sherlock lui manquait ? Cela ne faisait aucun doute, mais John sentait qu'il y avait autre chose. Il connaissait vaguement cette sensation, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Et ça commençait à prendre un peu trop de place dans son quotidien à son goût.

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Depuis que Sherlock avait découvert qu'il y avait un moyen de se nourrir sans avoir besoin de tuer ses victimes pour obtenir leur silence, il refusait catégoriquement que Moriarty prenne une seule vie. Moriarty devait s'y attendre alors, en échange, le criminel exigea un peu plus de sang de la part du détective. Ce dernier accepta à contrecœur, mais si cela pouvait lui permettre de sauver des vies…

Leurs sorties se firent plus fréquentes. Moriarty les appelaient leurs « chasses », car il était évident qu'ils ne sortaient pas pour prendre l'air. D'ailleurs, il était bien plus commode d'intercepter directement une proie dans la rue que de l'enlever et de la séquestrer. C'était également moins traumatisant pour elle. Sherlock savait qu'il avait le pouvoir d'effacer ses souvenirs, mais qu'en était-il de ses émotions ? Allait-elle souffrir d'un stress post-traumatique et se faire diagnostiquer comme folle étant donné le fait que le psychologue n'en trouverait aucune cause évidente ? Sherlock se souciait rarement du bien-être des autres, mais depuis qu'il avait lui-même pensé devenir fou après s'être transformé, il devait reconnaître que ce n'était pas une sensation des plus agréables. Alors, lors des chasses, il s'efforçait de faire ça le plus rapidement possible. La personne ne réalisait même pas ce qu'elle était en train de subir.

A part l'autre jour et sur lui, il n'avait jamais vu Moriarty se nourrir. Mais il doutait que Moriarty soit aussi prévenant envers ses victimes. A vrai dire, cela relèverait du miracle s'il les laissait partir. Il devait déroger à tous les principes de retenue qu'il inculquait à Sherlock, torturant et terrorisant la malheureuse personne au passage, ou la tuant par simple amusement. Cela n'étonnerait même pas le détective.

De son côté, Sherlock jubilait. Il arrivait désormais à contrôler son appétit, ce qui était un grand pas en avant. Et il savait que, s'il en avait besoin, il pourrait désormais compter sur de sombres inconnus pour le satisfaire. John allait pouvoir reprendre du poil de la bête et c'était le principal. Et il ne risquerait plus de le tuer à chaque fois qu'il se nourrirait sur lui. C'était tout bonnement fantastique.

Mais il restait une ombre au tableau. Il n'arrivait jamais à être complètement repu. Certes, il absorbait une quantité supérieure mais raisonnable d'hémoglobine. Or, paradoxalement, il se sentait moins rassasié que lorsqu'il séjournait à Baker Street. Et il ne savait que trop d'où provenait cette frustration : John. Depuis le début de son apprentissage, il n'avait pas goûté un seul sang qui pût égaler celui de John, ni même s'y apparenter. Le sang de John, c'était… le sang de John. Unique en son genre et irrémédiablement délicieux. Il comprit alors qu'il ne pouvait même pas s'en passer. Et puis, il fallait l'avouer, John lui manquait.

Alors il prit son mal en patience.

Un jour, Moriarty lui proposa une séance un peu spéciale.

- Nous ne sommes pas les deux seuls vampires au monde, Sherlock, dit le criminel alors qu'ils se trouvaient dans la vaste pièce du sous-sol. D'ailleurs, nous faisons partie d'une population peu commode. Il faut donc que vous appreniez à vous défendre contre notre espèce.

- Comment ça, peu commode ? demanda le détective, intrigué.

Cela l'intéressait. C'était la première où Moriarty évoquait des gens comme eux.

Le criminel fit quelques pas, le regard fixé au plafond.

- Les gens de notre espèce sont généralement solitaires, même s'il existe des familles. Et, par-dessus tout, ils sont très attachés à leur survie. Vous pourriez avoir quelques ennuis s'ils vous percevaient comme une menace. D'ailleurs, comme beaucoup d'entre eux tuent sans hésiter, il est fort possible qu'ils puissent être l'un des criminels que vous traquerez un jour.

- Je vois.

Sherlock avait beaucoup de questions qui lui venaient à l'esprit, mais il se doutait que ce n'était pas le moment de les poser et il n'était pas dit que Moriarty y réponde complaisamment.

- Bien, dit le bandit, vous connaissez au moins une de nos faiblesses.

- La morphine. Elle nous ralentit et nous désinhibe complètement.

- Bien. Essayez donc de me mordre.

D'accord.

Sherlock bondit sur lui mais Moriarty se tenait prêt. Et ce fut le début d'une longue suite de tentatives d'immobiliser le bandit, toutes plus vaines les unes que les autres. Moriarty, bien plus expérimenté que le détective, n'avait aucun mal à l'esquiver et à rendre les coups que Sherlock ne lui donnait pas. A un moment, le criminel parvint même à le mordre, ce qui déboussola temporairement le détective. Mais il se reprit vite ; la morsure n'avait duré qu'à peine une seconde et peu de morphine avait pu pénétrer son organisme. Mais Moriarty était simplement beaucoup plus rapide que lui, et sa physionomie petite et fine n'arrangeait rien. Si bien que Sherlock finit par s'épuiser.

Mais il apparut que Moriarty aussi se fatiguait. Malgré sa propre lassitude, Sherlock notait l'augmentation de son temps de réaction et le ralentissement de ses mouvements. Peut-être y avait-il moyen de…

- Bon, ça suffit pour aujourd'hui, décida le criminel.

Mais Sherlock ne l'entendit pas de cette oreille. Alors que le bandit relâchait momentanément son attention, il se rua sur lui et parvint à l'immobiliser au sein de ses grands bras et à juste appuyer ses canines sur la peau du cou de Moriarty.

Mais il ne mordit pas.

Un éclat de rire vibra dans la gorge de Moriarty.

- Loyal et déloyal, dit-il en se dégageant. Loyal de respecter la consigne – juste essayer ! – mais déloyal de ne pas en faire de même pour le chrono. J'aime quand vous m'étonnez, Sherlock.

- C'est réciproque, lâcha le détective.

Mince, il venait de faire un compliment à Moriarty. Non, il n'aurait pas dû.

Le criminel pencha la tête, l'air amusé.

- En tout cas, vous avez mérité votre prix.

Sherlock fronça les sourcils. Son prix ?

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Quelques minutes plus tard, ils étaient installés dans le grand canapé de cuir blanc du salon du premier étage.

- Allez-y, dit Moriarty en déboutonnant le col de sa chemise.

Sherlock ne bougea pas.

- Vous me faites confiance ? s'étonna-t-il.

- Mmmh, pas tout-à-fait, mais je ne vois pas pourquoi vous voudriez me tuer alors que j'ai encore beaucoup de choses à vous apprendre.

Ce n'était pas faux. Pourquoi Sherlock s'arrêterait en si bon chemin ?

D'ailleurs, le détective était curieux. Quel goût pouvait avoir le sang d'une personne comme lui ? Il enlaça le criminel et planta ses canines dans son cou.

Et ce fut…

Exquis.

Et surtout : comparable.

Comparable au sang de John.

D'un coup, plus rien d'autre ne compta que le sang chaud qui descendait lentement dans sa gorge. Ce sang, c'était tout Moriarty : puissant, piquant et d'une richesse insoupçonnée. Et par-dessus tout : nourrissant. Chaque gorgée valait mille fois celle d'un sang lambda si bien que… Sherlock estimait que s'il en buvait assez, il atteindrait sans aucun doute la satiété.

Mais pour l'instant, il n'en avait pas besoin. Le sang de Moriarty était si fort dans sa bouche qu'il dût s'arrêter de lui-même. C'était un peu comme boire de l'alcool pour la première fois : cela surprenait, mais il fallait du temps pour s'y habituer et pouvoir en consommer plus.

Il se redressa sous le regard appréciateur de Moriarty qui n'en perdait pas une miette. Le bandit n'avait même pas l'air shooté. Est-ce qu'il sentait au moins l'effet de la morphine ?

- Pas mal, non ? dit simplement le criminel.

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A partir de ce moment, Moriarty lui donna son sang pratiquement autant de fois qu'il lui demandait le sien. Sherlock se demandait la raison de cette générosité, d'autant qu'elle comportait sa part de risque pour Moriarty. Peut-être le criminel s'amusait-il de l'avidité avec laquelle le détective buvait l'hémoglobine, se réjouissant du pouvoir qu'elle avait sur lui. Mais Sherlock ne voyait pas d'inconvénient à consommer ce précieux liquide ; il sentait qu'il nourrissait son corps de manière évidente et cela lui suffisait pour l'instant.

Ils poursuivirent leurs entraînements de manière quotidienne. Cela permit à Sherlock de s'améliorer, gagnant en force et en rapidité. Il ne disposait pas de griffe comme Moriarty, mais il se défendait plutôt bien. Il n'était pas sûr, mais il trouvait que cette progression s'accélérait parallèlement à ses collations impliquant le sang du criminel. Est-ce que le sang de vampire était… énergisant ? Ou était-ce simplement l'entraînement qui portait ses fruits ?

Il se demandait d'ailleurs pourquoi Moriarty faisait tout cela. Certes, Moriarty lui avait dit qu'il cherchait quelqu'un à qui se mesurer. Mais avait-il pensé une seule seconde que Sherlock puisse devenir plus puissant que lui ou était-il trop confiant ?

Beaucoup d'interrogations s'imposaient à Sherlock. Et il décida d'en poser quelques-unes.

Mais, malheureusement pour lui, Moriarty ne se montra pas très bavard sur le sujet des vampires. Aux questions « Combien de temps vivons-nous ? », « Combien sommes-nous ? », « Sommes-nous menaçants pour la population ? », Moriarty répondit : « Un certain temps. », « Quelques-uns. » et « Ça dépend. ». Sherlock sut qu'il allait devoir trouver toutes ces réponses par lui-même.

La question de leur vulnérabilité le taraudait. En sachant qu'ils cicatrisaient dès qu'ils s'égratignaient et qu'ils pouvaient survivre à une balle dans le crâne, qu'est-ce qui pouvait bien les tuer ? A cela, Moriarty s'était soigneusement abstenu de répondre et avait gratifié Sherlock d'un sourire magnanime. Évidemment. S'il faisait confiance à Sherlock en cet instant, ce ne serait peut-être plus le cas dans une ou deux semaines.

Mais Sherlock ne croyait pas en l'invulnérabilité. Il y avait forcément une faille quelque part. Rien n'était parfait en ce monde.

Un soir, il regarda l'agenda du téléphone que Moriarty lui avait gracieusement prêté pour découvrir que cela plus d'un mois qu'il était parti. Que le temps passait vite quand on était bien occupé. John lui manquait. Il se demandait s'il allait bien. Mais il n'y avait pas trente-six solutions pour le savoir.

Il laissa un mot à Moriarty et sortit dans la nuit froide.

Il revint à Baker Street à pieds en évitant les rues fréquentées, vêtu d'une parka à capuche. Les lumières de l'appartement étaient éteintes, mais il n'eût pas à chercher bien loin pour retrouver son ami. Le détective s'arrêta net. John était attablé dans un restaurant… accompagné d'une charmante jeune femme.

Elle était blonde, juste un peu plus jeune que lui et riait à ce que le médecin racontait. John aussi semblait détendu, appuyant ses propos avec ses mains et souriant d'un air charmeur. La jeune femme ne semblait pas insensible à lui. Ainsi, John allait bien. Il s'amusait. Il avait l'air heureux…

Sherlock était rassuré… en un certain sens. Un pincement vint serrer son cœur. John s'intéressait à quelqu'un d'autre que lui. Et si cette fille lui plaisait vraiment ? Et s'il avait envie de partir avec elle et de revenir sur sa décision de veiller sur Sherlock ?

Le détective serra la mâchoire, un nœud dans la poitrine. John ne pouvait pas s'en aller comme ça. Il ne pouvait pas même juste s'intéresser à quelqu'un d'autre. John tenait beaucoup à lui, la preuve, il s'était défendu de vivre pendant deux ans sans lui. Et Sherlock doutait qu'il eût vu beaucoup de filles pendant cette période. Il ne pouvait pas partir comme ça, juste parce que Sherlock lui avait fait un sale coup, ça n'avait pas de sens…

Pendant un instant, il lui sembla que le regard du blond s'arrêtât sur lui à travers la vitrine du restaurant. Le détective se crispa. Mais la jeune femme sembla dire quelque chose d'intéressant, et le docteur reporta son attention sur elle.

Sherlock rebroussa chemin, les épaules basses.

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En pénétrant dans l'hôtel particulier, il sut que Moriarty était rentré. Son odeur était partout dans le hall d'entrée. Il la suivit au hasard, n'ayant pas la moindre envie de rester seul. Il emprunta les escaliers et monta jusqu'au deuxième. Il traversa un salon, puis un couloir. Et il se retrouva devant la porte d'une vaste chambre.

Moriarty se trouvait sur un lit kingsize, torse nu, vêtu d'un simple jean raccourci aux chevilles. Allongé sur le côté, la tête appuyée sur une main, il fixait Sherlock d'un regard lourd de sous-entendus.

- Je croyais que vous n'étiez pas dans ce genre de choses, dit le détective en entrant, prudent.

- Mais je ne le suis pas, répondit le bandit.

A l'aide d'une de ses griffes, il dessina une petite déchirure sur son torse.

Ah. Le détective comprenait mieux.

Il pesa le pour, le contre. Et décida que le sang de Moriarty pourrait lui apporter un peu de réconfort.

Il s'approcha du criminel et grimpa sur le lit. Il posa une main de chaque côté du torse du bandit, sur ses côtes. Il les sentait sous ses doigts car elles étaient un peu saillantes, Moriarty n'ayant pas une corpulence très épaisse. Un peu maigre, à vrai dire. Sa poitrine était blanche, plutôt délicate, et ses muscles finement dessinés. Difficile de penser qu'une force herculéenne se cachait derrière. Sherlock se pencha sur la blessure, consulta une dernière fois le visage du criminel du regard pour s'assurer qu'il n'avait pas changé d'avis, et lécha le sang qui avait commencé à couler.

Il ne s'en lasserait jamais. Ce goût puissant, enivrant. C'était le plus raffiné des alcools. Il s'y était habitué, si bien qu'il pouvait désormais en consommer plus. Sa langue remonta jusqu'à la griffure et il commença à suçoter doucement. Il avalait lentement, pour l'apprécier et parce qu'il savait que Moriarty le repousserait s'il buvait trop vite. Il ne fallait pas gâcher cela.

Le détective raffermit sa prise, comme s'il craignait que Moriarty ne s'en aille trop vite. Il ne s'aperçut d'abord pas que le criminel était en train de dégrafer les boutons de sa chemise puis, quand Moriarty fit glisser le vêtement, il n'y vit pas d'inconvénient. C'était donnant-donnant, après tout.

Moriarty le repoussa et il accepta docilement, car il savait que ce n'était pas fini. Ce fut au tour du criminel d'explorer son torse, le caressant et y laissant traîner ses lèvres. Il devait chercher le meilleur endroit où y planter ses crocs. Et il le trouva : à l'angle de sa taille, là où la chair était un peu plus molle.

Sherlock sursauta. La première morsure le surprenait toujours. Pour sa défense, aucune n'était vraiment anodine ; il perdait du sang et il risquait toujours un peu sa vie à chaque fois. Moriarty sentit son trouble et le renversa sur le dos, resserrant son étreinte. La douceur de la morphine envahit le corps de Sherlock, et il se laissa aller. Il fut pris d'un petit rire. Il aimait sentir les bras de Moriarty autour de lui, comme ça, car il n'était plus seul. Il y avait quelqu'un de semblable avec lui, qui se souciait de lui, qui pouvait le comprendre. Moriarty profita de son abandon pour défaire la boucle de sa ceinture. Il cessa de boire puis fit glisser le pantalon du détective de ses jambes.

Alors comme ça, Moriarty tirait avantage de sa position de buveur. Sherlock décida que cela ne devait pas durer et il bondit sur le bras du criminel. Il l'immobilisa et planta ses crocs dedans.

Un petit cri de surprise de ce dernier lui laissa penser qu'il avait apprécié l'initiative. Le criminel se laissa faire. Sherlock maintenait le bras délicat, le serrant un peu trop, ce qui accélérait la circulation sanguine. Ça le rendait fou. Le sang affluait, délicieux et abondant. Il y en avait tellement qu'il semblait qu'il ne se tarirait jamais. Et pourtant, toute bonne chose avait une faim. Moriarty récupéra son bras en un mouvement rapide, qui emporta un peu de chair avec lui. Mais quelle importance ; la blessure cicatrisait déjà.

D'un geste, Moriarty plaqua Sherlock sur le matelas. Il se mit à califourchon sur lui, caressant, humant son corps, tandis qu'il descendait le long de son ventre. Il survola son entrejambe, s'intéressant à sa cuisse. Il la lécha puis la mordit en plein dans l'artère fémorale.

Sherlock serra les dents, malaxant les draps. C'était déjà une zone sensible, pas très éloignée de son sexe, en plus si Moriarty le mordait dedans… Il bascula la tête en arrière, essayait de se cambrer mais Moriarty le tenait fermement sur le matelas. Il râla, et Moriarty écrasa de plus belle sa cuisse. Il tenta de se calmer. D'accord, si Moriarty voulait jouer à ce jeu-là…

Il rassembla ses forces et se redressa. Puis il prit l'une des mains du criminel. A sa grande surprise, celui-ci se laissa faire. En continuant de boire, le bandit leva des yeux rieurs, comprenant ce que Sherlock allait faire.

Et Sherlock mordit dans son poignet. Le sang afflua de nouveau, parcourant son corps, pour s'en échapper ensuite et envahir celui de Moriarty, puis celui de Sherlock, et ainsi de suite. Là, il n'y avait pas de perte, ni de gain, ils étaient tous les deux sur un pied d'égalité. Ils pourraient continuer indéfiniment leur échange, perdant et se nourrissant à la fois. Ils formaient à eux deux un signe infini. Sherlock buvait plus vite, Moriarty aussi, leur sang se mélangeait jusqu'à devenir un seul, un sang hybride, et le détective pensa s'évanouir de bonheur. Il fallait aussi dire que la morphine et l'hémoglobine de vampire formaient un curieux mélange à eux deux. Quelque chose qui l'amenait à un état proche de l'extase… et Sherlock était incapable de dire laquelle les deux substances le shootait le plus.

Il sentait son corps faiblir. Il sentait aussi Moriarty retirer ses crocs de sa cuisse. Il lui sembla qu'il retombait sur le dos. Il n'avait plus de force. La dernière chose qu'il vit avant de sombrer dans un curieux sommeil fut le visage de Moriarty qui murmurait des paroles dénuées de sens.

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John rentrait chez lui, penaud. La soirée ne s'était pas bien terminée. Elle avait plutôt bien commencé, pourtant. Jennifer était une fille agréable, drôle, en plus d'être jolie. Elle avait la conversation facile et John était resté sous son charme. Mais c'était avant que son mari – oui, son mari – n'appelle, se doutant vraisemblablement de la nature de la sortie de sa femme. Elle s'était énervée et d'un coup, tout n'avait plus paru aussi rose aux yeux de John. Le médecin n'était pas allé plus loin, pas franchement désireux d'approfondir ce genre de relation. Encourager l'infidélité ne faisait pas vraiment partie de son crédo.

Il accéléra le pas, irrité. Ce n'était pas tant le fait d'avoir perdu son temps qui l'énervait, mais ce manque qui persistait depuis à présent un mois. D'ailleurs, ses mains tremblaient. Il aurait aimé conclure avec Jennifer, car la présence d'une femme dans son lit lui aurait fait peut-être oublier cet inconfort. Pour être honnête, c'était avant tout pour cela qu'il avait invité la jeune femme. Les coups d'un soir n'étaient pas dans la nature de John, mais là, il y avait été contraint. Mais voilà que la chance n'était pas avec lui. Il expira bruyamment. Le manque commençait à devenir vraiment problématique. Une partie de lui savait ce que c'était, mais l'autre refusait de le reconnaître. Non. Il était au-dessus de tout cela, pour la simple et bonne raison qu'il avait connu bien pire. Tout ça n'était pas pour lui.

N'y tenant plus, il sortit un petit paquet de sa poche. Il l'avait acheté au cas où, mais là, il réalisait que ce n'était plus aussi facultatif qu'il le pensait au départ.

Il attrapa une cigarette et l'alluma.