Hello ! Un petit chapitre mais le prochain sera plus gros ^.^

Bon, j'espère juste que la fin est claire, je n'arrive pas à me rendre compte toute seule devant mon PC. Sinon dites-moi, je la réécrirai !

Merci à Animevivie et Mimi Kitsune pour leur review !

Animevivie : Sherlock est allé trop loin mais John va-t-il s'en remettre ? La réponse tout de suite :D

Bonne lecture !

oOo

Le Fléau : Chapitre 26

oOo

L'obscurité. C'était tout ce que John voyait.

Cette masse informe, qui pèse sur vous comme si c'était le fardeau le plus lourd de la terre. Et qui vous presse, vous presse, jusqu'à extraire toute force et toute volonté de vous. Au final, il ne vous reste plus que votre corps, qui ne vous répond plus d'ailleurs. Il n'est plus qu'une enveloppe, un débris dont vous ne savez que faire. Une épave. Votre âme semble s'être évaporée, puisqu'il n'y a plus aucune lueur vitale en vous. Vous n'êtes plus rien. Rien que le néant qui vous entoure et vous absorbe irrémédiablement. Tout comme ce silence. Parfois, un peu de silence a du bon dans cette ville où règne le roulis incessant de la circulation, la sirène insupportable d'une voiture de police ou le bruit d'un chantier au loin. Mais vous n'aimez pas ce silence. Dénué de vie et de présence humaine. Parce qu'il ne vous dit rien. Il vous laisse pour compte, en roue libre, parce qu'il ne vous doit rien. Il ne vous rappelle pas non plus qui vous êtes parce qu'évidemment, seul face à l'obscurité, vous l'avez oublié. Pourtant, cela vous serait tellement utile pour reprendre pied. Mais était-ce vraiment le but ? Quelqu'un, quelque part, le désire-t-il seulement ou allez-vous vous perdre tout seul dans la nuit ? Non, le silence est comme l'obscurité. Il n'est que mort et désir de néant.

Et puis, il y eut cette étincelle. Quelque chose qui commençait à abreuver doucement le corps de John, quelque chose d'indispensable. Son organisme le buvait comme s'il en était assoiffé. Et cela lui faisait du bien, John le sentait. C'était lent, mais que signifiait le temps, après tout ? John n'en avait plus aucune notion, de toute façon. Il était là, quelque part, flottant dans le noir. Tout cela était sans importance. Peu à peu, des images dénuées de sens prirent le relai. Des rêves sans doute. Il rêvait. Cela voulait-il dire qu'il allait mieux ?

D'autres images arrivèrent. Plus réalistes, cette fois. Des visages inconnus mais tangibles au-dessus de lui, sur un plafond blanc. Celui de Sherlock peut-être, non, sûrement. Et du noir, entretemps, tantôt pendant une seconde, tantôt pendant des heures. Quelque chose de froid, sur sa main, qui la serrait et s'y accrochait fermement. Le froid le dérangeait, le tirant de cet état cotonneux mais, en même temps, le raccrochait au réel. Alors John s'y cramponna et, peu à peu, grimpa vers la lumière.

oOo

Le médecin se sentait faible. Terriblement faible. Son corps entier lui semblait lourd et inerte. Un bip régulier et insistant parvenait à ses oreilles. Il essaya de se tourner sur le côté mais un pincement dans le bras lui fit renoncer à cela. Il ouvrit les yeux.

L'image était d'abord floue, mais il comprit rapidement où il était. Murs blancs. Draps rêches bon marché. Le bip était celui d'un moniteur mesurant son rythme cardiaque. Et le pincement dans son bras, celui d'une perfusion. D'une transfusion sanguine, plus précisément.

Que faisait-il donc là, dans un lit d'hôpital ? L'instant d'avant, il allait très bien ! Il se souvenait qu'il était dans le canapé avec Sherlock et qu'il…

- John !

Le visage de Sherlock venait d'apparaître, quelque part sur sa gauche. Il lui tenait la main, ce qui expliquait cette sensation froide sur la sienne. Le blond sourit, heureux de voir une tête connue.

- Comment tu te sens ?

C'est alors qu'il remarqua l'expression anxieuse de son ami. Son front était plissé et ses yeux hagards, comme s'il avait passé des jours à se faire du mouron sans prendre de repos. Qu'est-ce qui justifiait donc cela ?

- Ouais… euh… qu'est-ce que je fous là ? réussit-il à articuler, lentement.

Sa gorge était tellement sèche qu'elle lui faisait mal. Il avisa une table de service et Sherlock s'empressa de lui servir un verre d'eau, devançant sa demande. Le détective manœuvra le lit pour redresser le dossier.

- De quoi est-ce que tu te rappelles ? demanda le brun en lui maintenant la tête pour l'aider à boire.

Il ne répondit pas tout de suite, ayant du mal à avaler. Il grimaça.

- Je… on était dans le canapé… et… oh ! Tu as bu mon sang, c'est ça ? Et puis…

Il fit alors le parallélisme entre l'évènement et la poche de sang à laquelle son bras était relié.

- J'ai absorbé approximativement deux litres et demi de ton sang, John, avoua le détective. Soit trois fois plus que ce que je prélève d'habitude.

Il baissa la tête, se soustrayant au regard du blond.

- Et au vu de ta corpulence, ça ne doit pas représenter loin de la moitié de ton volume sanguin.

John était bien trop médusé pour parler. Était-ce vraiment possible ? Il examina son ami. Il connaissait ses talents d'acteur, mais le détective avait l'air bien trop sincère et secoué pour que cela ne fût vrai.

Il regarda le cathéter scotché sur son bras. C'était vrai que sa peau était pâle. Et il sentait tellement faible…

Sherlock avait toujours la tête baissée. Soudain, un soubresaut secoua ses épaules.

- Je suis désolé, John…

Sa voix se brisa. Est-ce que… Sherlock Holmes était en train de pleurer ?

- Je n'ai pas pu… je n'ai pas pu…

- Sherlock !

John se redressa brusquement et agrippa les épaules de Sherlock, le forçant à lui faire face. Sous le coup, la perfusion s'arracha et il eut mal. Des étoiles dansaient devant ses yeux parce qu'il s'était relevé trop vite et il se concentra sur le visage de son ami pour ne pas faire un malaise. Des larmes mouillaient les joues de son ami et il paraissait effondré. Cela fit presque peur au médecin ; il n'avait jamais vu Sherlock aussi bouleversé.

- Calme-toi, murmura-t-il en essuyant les larmes avec le revers de sa main. Calme-toi et dis-moi ce qu'il s'est passé.

- On t'a emmené à l'hôpital, dit le détective en se reprenant, se dégageant de l'emprise du médecin. Tu es resté inconscient pendant trois jours. Pendant ce temps-là, on t'a fait passer des examens et on t'a transfusé l'équivalent de quatre poches de sang. Mis à part la perte de sang, tout est normal et tu n'as pas fait d'overdose de morphine. Tu as passé le plus gros et tes jours ne sont plus en danger. Il ne te reste plus qu'à reprendre des forces et… oh !

Le détective se pencha pour attraper la perfusion qui pendait. Il la donna au blond qui la remit lui-même en place. Sherlock l'encouragea à se rallonger et le médecin obéit.

Le brun s'éclaircit la voix, passant une main brusque dans ses boucles sombres. Il se redressa, puis s'affaissa de nouveau, se tordit nerveusement les mains et finit par lever des yeux pitoyables sur son ami. Pour les baisser ensuite.

- Je ne m'attends pas à ce que tu me pardonnes, John. Rien ne peut excuser ce que j'ai fait. Tu aurais pu… (Il déglutit, répugnant à terminer sa phrase.) Mais sache que je suis profondément désolé.

John était dépassé par la tournure des évènements. Tout s'était passé si vite. Et, le pire, c'est qu'il n'avait rien senti. Rien compris. Tout ce dont il se souvenait, c'était cette douce ivresse dans laquelle il baignait. A aucun moment il n'avait eu conscience du danger. Il se dit alors que, bon sang, les types comme Sherlock devaient avoir une sacrée place dans la chaîne alimentaire s'ils pouvaient tuer sans même que la victime ne s'en aperçoive.

Le médecin devait avoir l'air d'être particulièrement absent puisque Sherlock lança :

- Je vais te laisser te reposer. Tu n'es pas encore remis.

Le détective se leva, mais la main de John le retint.

- Reste, s'il te plaît, demanda le blond d'une voix sans timbre.

Le brun se rassit. Il avait l'air légèrement surpris, et intrigué.

- Après ce que je t'ai fait, tu n'as même pas peur de moi, constata-t-il.

- Mais…. non, répondit le médecin, et ce fut son tour d'être étonné.

- Tu devrais, grogna Sherlock. Tu sais de quoi je suis capable.

- Sherlock, tais-toi ! Enfin, non, je veux dire… Écoute, je cherche juste à mettre de l'ordre dans ma tête et à comprendre. Alors, s'il te plaît, regarde-moi et explique-moi…

Le détective obéit à contrecœur.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda lentement le blond en secouant la tête. Tu étais capable de te contrôler. Certes, tu t'es relâché pour affronter les Westwood mais tu as réappris à te rationner avec les poches. Si tu avais eu un doute sur tes capacités, tu aurais refusé de te servir sur moi. Tu serais plutôt allé chercher une personne dans la rue et non, ne nie pas, je sais très bien que tu l'aurais fait même si je te l'ai interdit. Tu ne m'aurais jamais mis sciemment en danger. Alors dis-moi, Sherlock : qu'est-ce qui était différent cette fois-ci ?

Le détective se renfrogna. Ses épaules étaient contactées, sa mâchoire aussi. Il frottait nerveusement ses longs doigts blancs entre eux.

- Je ne sais pas, dit-il.

Sa voix était tendue et sonnait faux. Ses yeux parcouraient tantôt le sol, tantôt ses mains. Et John eut le sentiment qu'il ne lui disait pas tout.

- Tu es sûr ? insista-t-il. Tu peux tout me dire, tu sais. Je pourrai comprendre.

- Non, vraiment, John. Je ne sais rien. C'était juste… un malheureux faux pas de ma part.

Le médecin hocha la tête.

- OK, dit-il.

Il acceptait pour cette fois, mais il mènerait son enquête.

Il soupira. La fatigue revenait. C'était beaucoup trop d'émotions pour l'état dans lequel il était.

- Repose-toi, dit Sherlock, remarquant ses paupières qui papillonnaient.

Le détective se leva, remit le lit médical en position horizontale et ramena la couverture sur John.

Un papier qui glissa de la poche du manteau noir attira l'attention du médecin. Il vint atterrir sur la couverture. John s'en saisit.

- Tu as perdu ça, dit-il.

Il eut le temps de voir l'image d'un grand feu accompagnée de la mention : Nuit de Guy Fawkes – Venez voir le jeu de joie d'Amersham ! avant que Sherlock ne le lui reprenne des mains.

- Oh, c'est vrai, c'est bientôt le 5 novembre. Ça t'intéresse ? demanda le blond, intrigué.

- C'est cette gourde de standardiste qui me l'a refilé ! s'expliqua le détective. Soi-disant que son mari bosse dans l'association ou je ne sais quoi. Je l'ai pris, sinon elle ne me lâchait pas.

Il chercha une corbeille et se débarrassa du tract.

John fit à peine attention à cela. Ses yeux se fermaient déjà. Mais il vit tout de même Sherlock se diriger vers la porte.

- Où tu vas ? demanda-t-il.

- Lestrade a désespérément besoin de mes services. Trois jours ici et il est complètement à la ramasse. Enfin, plus que d'habitude.

- Tu es resté ici pendant tout ce temps ? s'enquit le blond.

Le détective fit oui de la tête, un peu gêné.

- J'ai mené la vie dure aux infirmières, dit-il avec un demi-sourire.

- J'imagine, dit le médecin en souriant à son tour.

- Tu as besoin de quelque chose ?

Le médecin secoua la tête. Le détective se détourna.

- Je te pardonne, Sherlock, lança soudain l'ancien soldat.

Le brun se retourna vers lui. Sa mine était redevenue sombre.

- Tu ne devrais pas.

- J'insiste.

Sherlock hocha la tête.

- Et on va s'en sortir, d'accord ? assura le blond. On va trouver ensemble une solution.

- D'accord.

- Et tu…

La fatigue était trop lourde. Elle s'abattait sur la tête du médecin comme une chape de plomb. Mais, sans trop pouvoir se l'expliquer, il éprouvait terriblement le besoin de poser cette question.

- Tu reviens, hein ? termina-t-il.

Sherlock eut un sourire triste. Il semblait sur le point de faire demi-tour, de laisser Lestrade se débrouiller. Mais il se ravisa.

- Bien sûr, John.

oOo

John dormit toute la journée. Il fut réveillé par moments, par des voix plus fortes que d'autres et par le roulis d'un chariot qu'on traînait dans le couloir. Les parois étaient plutôt fines et, même si la porte était fermée, il pouvait saisir des bribes entières de conversation quand on passait devant sa chambre. Les infirmières passaient parfois changer sa perfusion ou lui demander s'il avait besoin de quelque chose. Il se sentait fatigué, mais il allait mieux, beaucoup mieux. Les forces lui revenaient.

En fin d'après-midi, il eut l'impression d'avoir trop dormi et commença à s'ennuyer. Il se leva. Cela faisait trop longtemps qu'il était dans ce lit, il fallait absolument qu'il se dégourdisse les jambes. D'ailleurs, où était Sherlock ? Était-il toujours sur l'affaire de Lestrade ? En tout cas, pas de message sur son téléphone. John lui envoya un texto pour lui demander des nouvelles et lui dire qu'il était réveillé. Puis il glissa une veste sur son pyjama, enfila ses chaussures et se mit sur ses pieds. Si Sherlock était revenu à l'hôpital, peut-être le médecin tomberait-il sur lui.

Le médecin déambula tranquillement dans l'étage. Les premiers pas avaient été délicats – cela faisait tout de même plus de trois jours qu'il n'avait pas marché – mais les mouvements lui revinrent vite. Il se tint d'abord à la barre prévue à cet effet, fixée le long du mur, mais plus par précaution. Il l'abandonna rapidement.

Il croisa son médecin qui fut étonné de le voir si vite sur pieds et qui lui reprocha de ne pas avoir fait appel à une infirmière pour l'assister. Mais l'ancien soldat le rassura, déclarant qu'il se sentait parfaitement bien et qu'il pourrait même partir le lendemain si cela pouvait permettre de libérer un lit. A cela, l'interne lui répondit qu'il n'en était pas question et qu'il fallait qu'il se ménage, il avait quand même perdu près de la moitié de son sang, mince ! Il lui donna des informations complémentaires sur son état, qui coïncidèrent avec ce que lui avaient dit les infirmières. John était curieux mais se garda de demander ce que l'interne savait des circonstances de son accident. Cela ne devait pas arriver souvent, des personnes qui arrivaient aux urgences complètement saignées à blanc sans aucune plaie visible. Il ne savait pas ce que Sherlock avait raconté aux ambulanciers et il ne voulait pas éveiller les soupçons. En fait, il était plus probable qu'il se soit contenté d'hypnotiser l'ensemble du personnel pour les convaincre que ce n'était qu'un vulgaire accident de la vie quotidienne et pour les enjoindre de ne pas poser de question.

Après cette entrevue, John consulta son portable. Sherlock ne lui avait toujours pas répondu. Il devait être occupé à chercher des indices ou à réfléchir sur le canapé, trop loin de son téléphone. Il n'empêchait, John aurait aimé avoir un petit message de lui.

Se trouvant bêtement sentimental, John reprit son exploration de l'étage. Il en fit vite le tour et, se sentant vaillant, il décida de prendre l'ascenseur. Comme il ne connaissait personne dans cet hôpital, il descendit directement au rez-de-chaussée. Le grand hall d'entrée s'ouvrit sur lui. Il marcha au hasard, croisant principalement des visiteurs. Ses pas l'amenèrent dans l'espace qui faisait office de salle d'attente, non loin de la banque d'accueil. Il y avait des fauteuils, quelques canapés, des tables basses et des présentoirs avec des prospectus sur la prévention et les prestations de santé, mais aussi sur les animations de la ville. L'attention de John fut attirée par une grande affiche représentant un feu de joie, un de ceux que l'on faisait brûler le 5 novembre. Le graphisme évoqua à John le prospectus qui était tombé de la poche de Sherlock. Non, en réalité, il s'agissait du même évènement.

Nuit de Guy Fawkes – Venez voir le jeu de joie d'Amersham !

John resta planté devant l'affiche, l'esprit vide.

C'est le plus grand feu de joie des environs.

Une petite femme brune d'une trentaine d'années venait d'apparaître à côté de lui. Elle était vêtue d'un uniforme indiquant son appartenance au personnel de l'hôpital. Un badge épinglé sur sa poitrine annonçait : Jane Gillan, réceptionniste.

Oh, sans doute celle que Sherlock avait évoqué un peu plus tôt.

John acquiesça d'un air absent.

- Ils font ça à la campagne ; vous comprenez, un grand feu comme ça, ça ne fait pas bon ménage en ville !

- Je vois, répondit le blond, mécaniquement.

- Je ne vous propose pas d'y aller, dit Jane en avisant la tenue et déduisant donc la condition de patient de John, vu que c'est ce soir. Mais, au moins, regardez-le à la télé, ça vaut le c…

- Ce soir ? répéta John.

La petite femme acquiesça et repartit, laissant le médecin à ses pensées.

Il ne pouvait détacher ses yeux de cette affiche. Plus il la regardait, plus cela le mettait mal à l'aise. Mais il n'arrivait pas à définir pourquoi. Il repensa à la visite de Sherlock. Pourquoi avait-il ce papier dans sa poche ? Son ami aurait pu le jeter dans la première poubelle venue et n'aurait eu aucun scrupule à le faire sous les yeux de cette bénévole zélée. Pourtant, il l'avait gardé. Comment un vulgaire feu de la nuit de Guy Fawkes était-il capable de retenir l'attention de Sherlock Holmes ?

La sonnerie de son téléphone le fit sursauter.

- Mycroft ? dit-il en décrochant.

- John, Sherlock vous a-t-il parlé ce matin à l'hôpital ? dit l'homme d'État sans autre forme de salut.

Le médecin fronça les sourcils.

- Oui… nous avons parlé… de choses et d'autres. Pourquoi ?

- Vous a-t-il dit où il comptait se rendre ce soir ?

- Non, je ne crois pas. Mais pourquoi, dites-moi ?

- Parce qu'il vient de se soustraire à notre vigilance.

Blanc.

- Vous ne savez pas où il est ? clarifia le blond.

- Non, nous l'avons perdu depuis dix-sept minutes maintenant.

John piétinait et virevoltait sur place. S'efforçant de rester calme, il passa rapidement en revue ses souvenirs.

- Non, Mycroft, il ne m'a rien dit, finit-il par déclarer.

Le ministre commença à détailler le plan qu'ils allaient suivre, mais John n'était plus là. Ses yeux étaient fixés sur l'affiche. Le feu. Que représentait donc le feu pour Sherlock ?

Le souvenir de cette soirée près de la cheminée lui revint. Sherlock avait alors le moral à zéro. Il avait froid. Éloignant lentement le combiné de son oreille, John sentit le sol se dérober sous ses pieds quand il se souvint de la phrase un peu étrange de son ami :

J'aimerais me consumer dans le feu pour que ça passe.

Cette parole avait été anodine à ce moment-là. Elle ne l'était plus. A présent, Sherlock avait manqué de l'envoyer à la mort et s'en voulait énormément.

Alors que le cheminement funeste se dessinait peu à peu dans son esprit, un autre souvenir ayant la voix de Mycroft acheva avec horreur ses derniers doutes :

Ne sous-estimez jamais ce que Sherlock Holmes est capable de faire pour vous.