Hello les gens !

Laissez-moi vous dire que j'ai eu un immense plaisir en lisant toutes les reviews que j'ai reçues pour le dernier chapitre ! Très contente d'avoir pu vous surprendre. Et sinon oui, je suis démasquée : j'aime le fantastique, c'est un de mes genres préférés à la base et j'adore pouvoir l'introduire dans l'univers de Sherlock. C'est ce qui manque dans la série, je trouve ^.^ Mais heureusement, on a le Chien des Baskerville !

Bon sinon j'ai failli ne pas publier ce chapitre aujourd'hui. Je passe une semaine un peu compliquée au niveau pro / perso / familial - rien de grave rassurez-vous, mais il faut bien passer par là et quand c'est tout en même temps c'est pas cool xD J'ai pris pas mal de retard dans l'écriture ces derniers temps - j'aime bien avoir quelques chapitres d'avance pour maîtriser l'histoire mais le ratio avec le chapitre 33 se réduit, donc il est possible que dans une semaine ou deux je vous laisse poireauter deux semaines, sorry d'avance… MAIS je me suis dit que je ne voulais pas voir décevoir aujourd'hui ^.^ Donc voici le chapitre 33 et j'espère regagner un peu d'énergie et de motivation pour faire avancer cette histoire.

Attention, chapitre un peu gore ! (vous vous attendiez à quoi avec des loups-garous ? ;D)

Merci à yuerth, Mimi Kitsune, Elodouuu, Liseron, Avril et Animevivie pour leur review !

Elodouuu : Sarah n'est pas toute blanche et oui ! Mais John fait tout ça pour Sherlock parce qu'il est namoureux… La transformation va-t-elle marcher ? Sherlock va-t-il être content ? Suspense ;D

Liseron : FELICITATIONS tu es officiellement ma 100e review donc je te fais un gros BISOU sans covid comme promis :D Je suis contente que tu accroches à mon histoire et j'espère te retrouver sur les chapitres suivants ;)

Avril : et oui qui dit vampire dit loup-garou, on est beaucoup à avoir vu Underworld ou Buffy ^.^ Pour Sarah j'ai voulu lui donner un rôle un peu plus complexe, parce justement, vous le ne soupçonniez pas :D

Animevivie : Sarah n'est pas qu'une gentille fille, effectivement :D John va-t-il se transformer ? Va-t-il s'y faire ?

Bonne lecture !

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Le Fléau : Chapitre 33

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John ouvrit lentement les yeux. Il n'avait pas la moindre idée d'où il se trouvait. Vraisemblablement une infirmerie, s'il en croyait le lit dans lequel il était allongé, l'armoire de médicaments à porte transparente et le chariot où étaient posés des compresses, une boîte de gants en latex et une bouteille de désinfectant. Il n'était pas bien. Sa vision était un peu floue, il avait des sensations de nausée et, surtout, une douleur lui lançait l'épaule. Il posa la main dessus. Elle était recouverte d'un bandage.

Et il se rappela. Sarah. Le loup-garou. La blessure. Oui, parce que Sarah lui avait sauté dessus et l'avait mordu, sans pitié pour la terreur qui l'avait pris. Et la douleur avait été atroce. Il y avait d'abord eu les longs crocs qui s'enfonçaient dans sa chair, mais ce n'était rien à côté de la brûlure insupportable qui avait suivi. Le venin, sans aucun doute. John avait tout simplement eu l'impression qu'on avait mis le feu à son système nerveux tant il avait l'impression de brûler de l'intérieur. Cela avait été impossible à supporter, si bien qu'il s'était évanoui.

Il se redressa, gémit quand son bras bougea. Il remarqua que son autre bras était relié à une perfusion. Avec précaution, il essaya de soulever un peu le pansement.

- Comment vous sentez-vous, Docteur Watson ?

Il reconnut Mycroft qui pénétrait dans la pièce. Le blond répondit d'un rictus.

- J'ai connu des jours meilleurs, dit-il. Comment est la blessure ?

- Propre. Mademoiselle Sawyer ne vous a infligé que le nécessaire. Vous vous êtes évanoui et vous avez perdu un peu de sang, mais nos équipes vous ont rapidement pris en charge. On vous a injecté des antidouleurs pendant votre sommeil.

- OK.

Le médecin appuya sa tête contre le mur.

- Le venin est en train de faire effet et va modifier progressivement votre organisme, c'est pourquoi vous devez vous sentir un peu groggy.

- En effet, reconnut-il.

- Mais il va aussi aider votre corps à se rétablir plus vite. Si tout se passe bien, vous serez debout dans très peu de temps.

- Bien.

John regarda par la fenêtre. Les stores étaient baissés mais il vit à travers les interstices qu'il faisait nuit. Il devait avoir dormi pendant une bonne heure.

- Il n'arrivera rien de dangereux jusqu'à la prochaine pleine lune, c'est ça ?

- Oui, confirma l'homme d'État, qui sera dans vingt-six jours. A ce moment-là, je vous demanderai de revenir ici pour qu'on puisse vous garder en sécurité.

John acquiesça. Il n'était pas réveillé depuis longtemps, mais il avait l'impression de sentir la douleur de son épaule décroître. Ou peut-être s'y habituait-il.

- Sans regret ? demanda le ministre.

Le médecin leva la tête vers lui.

- Aucun.

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John se rendormit pour se réveiller quelques heures plus tard. Il fut surpris de constater qu'il se sentait plus alerte et que la douleur avait considérablement diminué. Étaient-ce les antidouleurs qui faisaient effet ? Curieux, il défit son bandage. La morsure n'était pas aussi vilaine qu'il s'y attendait malgré la taille des dents de Sarah. Rassuré, il remit le bandage en place. Il se sentait encore un peu patraque, mais il décida de rentrer chez lui. Sherlock risquait de se poser des questions s'il ne le voyait pas rentrer cette nuit.

Il retira la perfusion et se rhabilla. Il passa devant un miroir et trouva qu'il n'avait pas une tête si horrible après ce qu'il venait de subir.

Un agent l'attendait dans le couloir. On l'avait chargé de le reconduire chez lui, et le médecin accepta volontiers. Il demanda à s'arrêter à la pharmacie pour acheter quelques compresses puis la voiture le déposa devant chez lui.

Sherlock était absent et le médecin en fut soulagé, car il ne se sentait pas de lui avouer ce qu'il s'était passé dans l'état où il se trouvait. Il vit un mot sur la table basse.

Sorti pour une enquête. SH

John se sentit à la fois flatté que Sherlock ait daigné lui indiquer où il était – même si c'était plutôt approximatif – et vexé qu'il y soit sans lui. Mais il estima que, du point où il était parti – à savoir lorsque Sherlock ne s'apercevait même pas quand il sortait – il ne pouvait pas en demander trop. Il sortit son téléphone de sa poche. Cinq appels manqués de la part de Sherlock Holmes. Et autant de SMS. Ah. C'était vrai qu'il n'avait pas été très joignable, ces dernières heures. Sherlock avait eu raison de partir sans lui.

Le point positif était que Sherlock ne déduirait rien de l'état asthénique dans lequel il se trouvait. Il se sentait sale et avait envie de prendre une douche, mais n'eut pas le courage de défaire le pansement. Donc il fit ce qu'il y avait de mieux pour le moment : s'écrouler dans son lit tout habillé et dormir.

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Il fut réveillé en fanfare par un Sherlock réclamant sa présence sur une scène de crime.

- John ! Debout ! Prends un café et on y va ! disait-il en tambourinant à la porte.

Le médecin se redressa lentement. Il n'avait pas pris la peine de tirer les rideaux la veille, si bien que la lumière inondait sa chambre. Ce petit rayon de soleil aurait pu être agréable si John n'avait autant eu mal à la tête. Il avait l'impression d'avoir une bonne gueule de bois.

- John, tu y es ? insista Sherlock.

- Oui, ça va ! Je viens !

Sa propre voix empira son mal de crâne. Ses yeux s'habituant péniblement à la lumière, il se mit en quête d'une boîte de paracétamol dans le tiroir de sa table de chevet. Il descendit les escaliers en tenant la rampe pour ne pas que son état ensuqué lui joue des tours. Il alla directement à la salle de bain, libéra un comprimé de sa coquille de plastique et l'avala avec un trait d'eau. Il regarda son reflet dans le miroir. Il n'avait pas une très bonne tête du fait de sa nuit agitée, où il s'était réveillé un nombre incalculable de fois. Mais c'était toujours mieux que la veille où il…

Une minute. Il déboutonna sa chemise et s'aperçut qu'il portait un bandage. Ce n'était donc pas un mauvais rêve ?!

Pourtant, il ne sentait plus rien. Il ôta le pansement. Il n'y avait plus rien. Rien, hormis une légère cicatrice qui lui rappelait que la morsure avait été réelle.

Médusé, il dut se retenir au lavabo pour ne pas tomber. Il s'était fait mordre sauvagement par une bête qui faisait presque deux fois sa taille et n'en gardait pratiquement aucune trace. Et il allait devenir l'équivalent de cette créature.

Il entendit Sherlock passer rapidement devant la porte, puis repasser quelques secondes plus tard, comme un fauve rôdant en cage. Non, le médecin n'avait pas pris une mauvaise décision, si cela pouvait permettre de sauver son ami.

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Vingt minutes plus tard, ils se tenaient à l'entrée d'un immeuble de briques à Whitechapel. John était soulagé ; Sherlock ne lui avait pas posé de question sur la veille et ne semblait avoir rien remarqué. Ou du moins, il n'en avait rien dit. On ne savait jamais trop, avec Sherlock Holmes. Lestrade descendit les accueillir, mettant fin aux spéculations de John.

- Il faut que je vous prévienne : ce n'est vraiment pas beau, dit-il.

- Vous dites cela tout le temps, répliqua Sherlock d'un air désabusé.

- Oui, mais là… c'est vraiment barbare.

L'inspecteur les précéda dans l'escalier et s'arrêta au troisième étage.

- C'est ici, dit-il.

Les trois hommes dépassèrent des techniciens en combinaison blanche, ainsi qu'Anderson et Sally qui adressèrent un signe de tête aux nouveaux venus.

Le cadavre d'un homme se tenait au milieu du salon. Ou au moins son tronc, puisque le reste était éparpillé un peu partout dans la pièce. Les bras et les jambes avaient été arrachés, dispersés sur le sol et sur le canapé, le tout dans une mare de sang séché. La tête, quant à elle, trônait sur la table, renversée, la mâchoire complètement disloquée. Elle fixait les visiteurs de ses yeux sans vie.

L'intégralité des parties humaines était lacérée de traces de griffes d'une taille très suspecte.

John eut un mouvement de recul, accompagné d'un haut-le-cœur.

- C'est affreux, dit-il, la main devant la bouche.

Sherlock avança comme si de rien n'était, étudiant les membres les uns après les autres.

- Charles Fairclough, cinquante-six ans, vendeur en assurances, déclara Lestrade. Sa femme l'a retrouvé comme ça il y a deux heures. On l'a interrogée. La mort doit remonter à trois ou quatre heures puisqu'elle était sortie promener le chien et qu'elle est revenue juste après. Des voisins l'ont vue.

- John, tu penses que ça colle ?

Le médecin prit son courage à deux mains et s'approcha pour examiner le tronc, puis la tête.

- Oui. Trois heures ou trois heures et demi, peut-être quatre.

- Le démembrement a-t-il été fait ante ou post-mortem ?

- Ante-mortem. C'est sans doute ce qui a causé la mort, avec l'hémorragie.

Le médecin frissonna. Être démembré vivant devait être abominable.

Le détective s'approcha du tronc. Avec un crayon, il souleva le pan de vêtement recouvrant l'épaule gauche.

- Les membres n'ont pas été découpés avec un objet tranchant. Vu l'état des chairs, je dirais qu'ils ont été arrachés net.

- Arrachés net ? répéta Lestrade. Mais comment ? Un être humain normal ne peut pas avoir une telle force !

- Non, en effet.

Sherlock et John se lancèrent un regard entendu. Puis John se leva et se recula, commençant à se sentir particulièrement mal. Et si c'était une bête comme Sarah qui avait fait ça ? La jeune femme était hors de cause puisqu'elle était emprisonnée, mais elle n'était sans doute pas seule. Ne disait-on pas que les loups vivaient en meute ? Est-ce que les siens avaient un bon contrôle d'eux-mêmes ou étaient-ils mauvais ? Dans les deux cas, la réponse ne rassurait pas John. Car, aux dernières nouvelles, il allait devenir comme eux.

Capable de reproduire cette sauvagerie.

Sherlock sortit sa pince pour attraper un poil. En s'approchant, John constata qu'il était roux.

- On en a plein d'autres, des comme ça, indiqua un technicien à l'attention du détective. A priori, ce sont ceux d'un animal.

- Ce serait en effet étonnant qu'ils proviennent de quelqu'un ici présent, ironisa Sherlock.

- Il y a des empreintes de partout, dit Lestrade. A voir si on en trouve d'autres que celles des Fairclough et de sa femme.

- Bien. Continuez à interroger l'entourage et tenez-moi au courant, commanda Sherlock.

John se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur une ruelle. Il mourait d'envie de l'ouvrir parce qu'il avait un furieux besoin d'air. Mais il était conscient qu'il ne devait rien toucher de plus que nécessaire dans cette pièce.

- Ça va, John ?

Sherlock s'était matérialisé à ses côtés. Il semblait un peu inquiet.

- Vraiment pas beau à voir, dit-il en reprenant la formule de Lestrade, occultant le réel sujet de ses inquiétudes.

- Mmmh.

Le détective lui prit la main et John apprécia le contact froid familier. Sherlock ne fonçait pas tête baissée dans ses enquêtes et se préoccupait de lui. C'était touchant. John lui sourit.

- Tu crois que c'est une créature comme celle qui nous a attaqués qui a fait ça ? demanda-t-il à voix basse.

- C'est possible, répondit le brun, vu les traces de griffes et la quantité de poils présents.

- Merde, grimaça le blond.

La tête lui tournait. Non, il ne pouvait pas devenir cette abomination, non ! Il comprenait à présent les potentiels arguments que Sherlock aurait pu lui opposer s'il lui avait demandé son avis. Il ne pouvait pas tuer des gens comme ça ! Il était un médecin, pas un assassin !

- John, John !

Le médecin comprit que Sherlock l'appelait.

- On va l'attraper, d'accord ? lui dit son ami avec assurance.

- Mais vous êtes ensemble !

La voix de Sally venait de traverser la pièce et, étant donné l'expression un peu contrite de la jeune femme, il semblait que c'était sorti tout seul. John ne comprenait pas ce qui motivait cette remarque, jusqu'à s'apercevoir qu'il tenait toujours la main de Sherlock.

D'un coup, il se sentit mal à l'aise. Jusqu'à présent, il n'avait jamais eu à assumer sa relation avec Sherlock devant des gens qu'il connaissait. C'était resté dans la sécurité de l'appartement ou dans l'anonymat d'une balade à Southbank. Il n'avait pas vraiment eu l'occasion d'anticiper ce genre de situation. Il se tourna vers Sherlock, mais celui-ci restait en retrait et ne l'aidait pas. Le détective savait qu'entre les deux, ce serait John le plus embarrassé et qu'il avait besoin d'être maître de la situation.

John sentait que tout le monde les regardait, dont Lestrade qui était intrigué. Même Sherlock semblait captivé par la tournure des évènements. Est-ce que son ami était capable de lui en vouloir si John niait la situation ? Dieu savait que le détective se foutait du regard des gens. Et pourtant, en cet instant, le médecin était tenté de répondre que si, cela pouvait l'affecter si le blond niait tout en bloc.

- Oui, on est ensemble, dit finalement John.

Et voilà, le « je ne suis pas gay » était définitivement enterré.

Il y eut un silence, pendant lequel le médecin eut un doute. Et si Lestrade et les autres changeaient leur regard sur lui ? John savait que l'homosexualité était globalement acceptée dans la société, mais allait-il en être de même pour ses amis ?

Si John avait été plus lucide, il aurait compris que ce silence était 1/ dû à la stupéfaction générale qu'il venait de déclencher et 2/ qu'il n'avait duré que trois secondes au lieu des dix imaginées.

- Félicitations, les gars, lança soudain Sally avec un sourire franc.

Anderson renchérit ainsi que quelques autres personnes que John connaissait de vue et Lestrade leva un pouce convaincu. Le médecin souffla, soulagé. Ses amis étaient des gens bien.

Sherlock et John étaient sur le point de quitter la pièce quand un technicien lança à Lestrade :

- Chef, on a trouvé ça dans le tiroir du meuble télé.

Le DI prit l'enveloppe qu'on lui tendait.

- A l'attention de John Watson, lut-il.

L'enveloppe n'était pas scellée, si bien que le policier put l'ouvrir sans crainte qu'elle ne fut piégée.

Il fit tomber trois pépins d'orange dans sa main.

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- Ce crime est lié à Moriarty, forcément ! explosa Sherlock dès qu'ils furent rentrés à l'appartement.

- Ah, non ! Non ! Je refuse ! répliqua John avec véhémence. TU lui as planté un couteau en plein cœur et on l'a vu tous les deux brûler. Il est bien mort, cette fois, et je te garantis qu'il va le rester !

- Je n'ai pas dit que c'était Moriarty qui avait fait ou fait faire ça, mais que cela avait un rapport avec lui.

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Tu te rappelles des bips de l'horloge parlante qui s'activaient juste avant qu'il ne nous envoie un indice sur les crimes que je devais résoudre, quand il jouait avec moi ? A la base, il s'agissait de pépins d'orange, que certaines sociétés secrètes envoyaient aux personnes qu'ils menaçaient. Il y en avait normalement sept, mais Moriarty se servait de ça pour indiquer le nombre de crimes qu'il me restait à résoudre. A chaque photo que je recevais, il enlevait un bip.

- C'est peut-être une coïncidence que quelqu'un se serve du même code, suggéra le blond.

- Tu crois vraiment aux coïncidences, en ce moment ? Et pourquoi n'y aurait-il que trois pépins à la place de sept ? Non, la personne qui a fait ça savait que nous comprendrions la référence. Et elle n'a mis que trois pépins parce que…

Le détective s'interrompit, dévisageant son ami.

- Pourquoi ? insista John.

- Parce qu'elle a l'intention de commettre trois meurtres et que tu es le troisième sur la liste.

Le médecin resta bouche bée, puis secoua la tête.

- Pourquoi moi ? Je n'ai pas d'ennemis !

- Mais vraisemblablement, moi, j'en ai.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Le détective serra la mâchoire et couvrit son ami d'un regard peiné.

- Il est possible qu'on veuille se servir de toi pour m'atteindre, dit-il faiblement.

John soupira avec un geste impuissant.

- Il est aussi possible qu'il reste certains disciples zélés de Moriarty en vie, ajouta le détective.

- Tu ne m'avais pas dit que tu les avais tous mis hors d'état de nuire ?

- Apparemment, je me suis trompé. Reste à savoir qui ils sont.

Le médecin jura, pensant très fort que quand il n'y en avait plus, il y en avait encore.

- Et je doute que la protection rapprochée que Lestrade t'a proposée soit suffisante pour contrer cette ou ces personnes.

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Les prochains jours furent teintés d'inquiétude. John n'était visiblement pas tranquille. Et Sherlock ne pouvait s'empêcher de s'en faire pour lui. Il y avait quelqu'un quelque part qui projetait de s'en prendre au médecin à cause de lui et ça ne lui plaisait définitivement pas. Et l'aspect abominable du cadavre que cette personne avait laissé derrière elle n'aidait pas. Personne n'avait le droit de faire subir une telle chose à John. Alors le détective mettait tout en œuvre pour accélérer les recherches. Et il fit une découverte pour le moins déconcertante.

- Ce sont des poils de tigre, John ! lâcha le brun depuis son microscope.

Le médecin leva les yeux de son livre.

- T'es sérieux ?

- Formel.

- Alors, après le loup-garou, il y a quoi ? Le tigre-garou ?

Ses paroles avaient à peine franchi sa bouche que le médecin se mordit la lèvre, comme s'il le regrettait. Sherlock estima qu'il avait peut-être trouvé la plaisanterie mal placée. John avait beaucoup trop de scrupules dès qu'il s'agissait de la mort d'un être humain.

- Il faut croire, dit le brun en se replongeant dans ses recherches.

Mais le détective se heurtait au fait que le cadavre était tellement amoché qu'il en était muet. A part les poils de tigre, la sauvagerie du meurtre avait fait disparaître beaucoup de données. Alors Sherlock harcelait Lestrade pour savoir ce que le relevé d'empreintes avait donné. Et le résultat finit par tomber.

- Sebastian Moran, annonça un jour Lestrade au téléphone. C'est un militaire. Enfin, c'était. Il a été major dans le régiment des Royal Gurkhas Rifles, 2e bataillon, au Brunei. C'est un tireur d'élite. Mais il a été congédié pour agressivité et mauvais traitements. Ensuite, il a exercé des petits boulots pas très nets dans les communautés locales : mercenaire, contrebandier, braconnier… en particulier de tigres, puisqu'il a été pincé alors qu'il essayait de revendre plusieurs peaux. On n'a plus eu de nouvelles de lui pendant six ans, puis il a refait surface en Grande-Bretagne, il a quelques années, où il a commis trois meurtres. Les trois victimes, des trafiquants de drogue, ont été abattues chacune d'une seule balle à plus de mille huit cent mètres de distance, en ville.

John, qui écoutait le haut-parleur, frissonna.

- A croire qu'il a changé son mode opératoire, fit remarquer Sherlock.

- C'est ce qui nous restera à éclaircir, dit le DI. On ne comprend pas non plus le délire avec les poils de tigre. Les analyses ont révélé qu'il s'agissait d'un tigre vivant, ce n'est pas une fourrure qu'il aurait pu mettre pour se donner un genre. Mais comment pouvez-vous vous balader en pleine ville avec un tel animal sans vous faire remarquer ?! D'un autre côté, c'est la seule solution plausible que nous pouvons envisager, étant donné le massacre que cela a donné.

Sherlock ne répondit pas, conscient que livrer ce qu'il savait n'aiderait pas le DI.

- Je vous envoie une photo tout de suite.

Sherlock raccrocha, puis ouvrit la pièce jointe. On y voyait un homme blond, cheveux courts, maigre, aux traits sévères. Sa joue était traversée d'une longue balafre composée de trois traits parallèles, lui courant jusqu'à l'oreille. Sans doute celle d'un tigre.

- On a un nom et une tête, c'est déjà ça, déclara John. Donc ce Moran serait lié à Moriarty ?

- Oh oui, et je le sais de source sûre. Parce que je le connais.

Le médecin haussa les sourcils.

- Tu connais ce psychopathe ?

- C'était l'un des criminels que je poursuivais lorsque je démantelais le réseau de Moriarty. L'un des plus coriaces, d'ailleurs. Je pensais l'avoir fait arrêter mais, apparemment, il a réussi à passer entre les mailles du filet. C'était le bras droit de Moriarty, il faisait tout le sale boulot que notre génie du mal ne voulait pas faire. A l'époque, il sévissait au fusil de précision et à l'AK-47, mais je ne savais pas qu'il avait une faculté en plus.

- Le bras droit de Moriarty, rien que ça, marmonna le médecin.

Le détective pinça les lèvres.

- Il est possible qu'il veuille venger son maître.

- C'est vraiment notre veine.

Le blond semblait désabusé.

- Moriarty ne nous foutera donc jamais la paix ! lâcha-t-il.

- Il s'était entiché de moi, c'est normal qu'il ne lâche pas l'affaire aussi facilement.

John souffla d'exaspération.

- Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Si c'est un tireur d'élite, j'imagine que je ne pourrai plus me promener comme je veux dans la rue et que je vais à nouveau être confiné ?

- Non, je n'en vois pas l'utilité pour l'instant. Le premier meurtre est un avertissement et, tant qu'il n'aura pas commis le second, il te laissera tranquille. Il cherche juste à nous impressionner. D'ailleurs, je ne pense pas qu'il veuille te tuer d'une simple balle. Il optera pour quelque chose de plus spectaculaire et plus… sadique.

- Il me fera subir la même chose qu'à Fairclough ?

Sherlock se pinça la lèvre inférieure.

- Oui, en quelque sorte.

John se recula, soupira nerveusement. La peur se lisait dans ses yeux.

- Mais ça n'arrivera pas, John, dit le détective sur un ton rassurant en s'approchant de lui. Tant que je serai avec toi. Je ne le laisserai pas te faire du mal.

Le détective posa une main sur la joue du blond. Le geste était voulu réconfortant, mais Sherlock réalisa qu'il ne devait pas avoir l'effet escompté à cause de la température de sa main. Mince. Il était déjà maladroit dans ce genre de situation, alors si en plus sa nature venait en rajouter…

Finalement, John sourit.

- Merci, Sherlock.

Mû par une envie, le détective l'embrassa. Le médecin répondit avec ferveur au baiser, agrippant la chemise du brun. Le détective perçut un besoin de contact ; John avait besoin d'être réconforté. Sherlock referma un bras autour de la taille de l'ancien soldat et, de l'autre, caressa les cheveux blonds. Cela sembla plaire au médecin qui soupira et approfondit davantage le baiser. S'il voulait du contact, Sherlock allait lui en donner.

Le détective le poussa contre le mur, puis ses mains se frayèrent un chemin sous la chemise du médecin qui gémit. Le baiser s'accéléra, tandis que Sherlock défaisait les boutons de la chemise de son ami. Il n'attendit pas d'être arrivé au dernier pour faire courir ses lèvres sur son menton, puis sur sa gorge qui bougea lorsque le blond déglutit. Le détective embrassa et lécha la peau sensible. La langue de John lui manquant soudain, il fit le chemin inverse pour retrouver ses lèvres. Il profita de sa bouche, avant de s'intéresser à sa poitrine nue et de lui faire subir le même traitement qu'à sa gorge, tout en caressant ses cotes et son dos. John transpirait, à présent. Mais quelque chose intriguait Sherlock.

- Ton odeur est différente, aujourd'hui, dit-il.

Le médecin ouvrit les yeux, avisant le détective qui se tenait à présent à genoux et qui avait glissé ses doigts sous sa ceinture.

- Comment ça ? demanda le blond.

- C'est plus musqué, plus… viril, dit le détective avec une intonation coquine.

Le détective attendait une explication, que le blond ne semblait pas vouloir lui donner.

- Alors baise-moi, si ça te plaît, dit le médecin.

Surpris par ces paroles crues, le détective sentit son corps se réchauffer subitement. Alors il décida de lui obéir et se promit d'éclaircir ce point plus tard. Il défit la ceinture de son ami, baissa son caleçon et attrapa le membre tendu.

Le médecin gémit alors que le brun commençait à le masser. Au bout d'un moment, Sherlock lécha le membre dur, d'abord doucement, puis avec un peu plus d'assurance, et John tressaillit quand il le prit en entier dans sa bouche. C'était la première fois que le détective faisait cela mais il savait quoi faire. Il suça avec appétit, appréciant le goût salé de John. Il était différent de celui de son sang, mais il y avait une similitude troublante, et le détective en conclut que ce devait être quelque chose comme sa quintessence, l'essence-même de John. Enthousiasmé par cette idée, il suça plus fort, sentant l'amour monter en lui. Mais soudain, le médecin l'appela.

- Je vais venir trop vite, dit-il d'une voix cassée.

Le détective se releva et l'embrassa.

- Et tu ne veux pas le faire seul, c'est ça ? demanda le brun avec un sourire taquin.

John lui répondit par une moue et Sherlock le fit pivoter.

Il attrapa une bouteille de lubrifiant qu'il avait rangée à proximité ainsi qu'un préservatif – ils avaient déjà fait l'amour dans divers endroits de l'appartement et le détective avait compris la nécessité de laisser traîner ce matériel un peu partout. Il embrassa le cou de John alors qu'il le préparait. Ce n'était toujours pas très agréable pour le médecin mais il semblait surmonter de mieux en mieux cette étape. Puis Sherlock s'introduit en lui, le pressant contre le mur.

La sensation était toujours aussi exquise, et Sherlock ne s'en lassait jamais. Le détective aimait tellement envahir le corps de son ami, le posséder et lui procurer tant de plaisir. Il aimait tenir le corps du médecin qui se tortillait et se tordait à cause de lui. Comme à présent, alors qu'il allait et venait et qu'il sentait son propre plaisir monter en flèche. John gémissait plus fort et avait les bras étalés sur le mur. Son corps se tendit alors qu'il jouissait, et le détective le suivit peu après.

John se détendit et laissa Sherlock le serrer contre lui, malgré la chaleur qu'il devait ressentir. Le détective l'adorait et en profitait avant qu'elle ne quitte son corps. Il pensa qu'ils ne devaient pas être très fiers à voir, tous les deux, à moitié habillés et souillés de sperme, mais personne n'était là pour les regarder et de toute façon Sherlock se fichait du regard des autres.

John laissa sa tête tomber sur la poitrine de Sherlock et ferma les yeux.