Hello les gens ! C'est vendredi :D

Voici le chapitre des retrouvailles (les combientièmes, déjà ?). J'espère ne pas avoir trop fait dans la guimauve (sinon pardonnez-moi !)

Merci à Mimi Kitsune et Animevivie pour leur review !

Animevivie : les retrouvailles et oui, mais tu as raison, l'histoire n'est pas finie :D

Enjoy !

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Le Fléau : Chapitre 38

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Sherlock frissonnait de nervosité. John se tenait devant lui. Enfin. Après près de trois mois passés avec cette concurrente déloyale qu'était Sarah. John l'aimait-il seulement encore ? Sherlock avait-il encore une chance ? Même avec tous ses talents de déduction, le détective n'était pas à même de répondre à cette question. John paraissait aussi nerveux que lui. Il ne bougeait pas, ne disait rien. Qu'est-ce qui se passait donc dans sa tête ? Est-ce que revoir Sherlock ne lui faisait rien ? Ou était-il en train de lutter contre sa nature qui lui criait de le mettre en morceaux ?

L'incertitude était insoutenable pour Sherlock, qui lui demanda maladroitement s'il allait bien.

John ne répondit pas, s'avançant lentement vers le détective. Il étudiait attentivement le brun, ses yeux parcourant son corps. Il prenait son temps, jaugeant la situation. Sherlock nota que c'était une chose plutôt rare chez son ami qui avait plutôt l'habitude de foncer dans l'action.

Le médecin s'arrêta devant lui, tendant une main une main incertaine. Elle vint toucher la joue du détective, puis la caresser. Elle descendit le long de son cou, se glissa derrière sa nuque, exerça une pression.

Et John embrassa Sherlock. Ce dernier fut un peu surpris, mais le plaisir succéda à l'étonnement. Cela faisait longtemps. En l'absence du médecin, Sherlock avait de nouveau ressenti le froid et cela n'avait pas été tolérable. Alors la dernière idée qui pouvait lui venir était bien de le repousser. Malgré le doute, le détective laissa son amant l'embrasser puis empoigner son bras et sa taille. Il sentait la force qui exsudait de cette pression et il n'avait aucune envie de la contrarier. Le baiser devint exigeant et le détective voyait avec plaisir son corps se réchauffer. Toutefois, il résista quand John l'entraîna vers le canapé.

- La chambre, exigea-t-il.

Le médecin devait trouver sa préférence étrange vu qu'ils avaient déjà fait l'amour plusieurs fois sur le sofa mais Sherlock avait ses raisons.

Peu après, ils se retrouvèrent sur le lit. Ils se déshabillèrent en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Le détective, qui était allongé sur le dos, voulut inverser leurs positions mais John le surprit en le plaquant d'une main sur le matelas. Oh. Alors les choses allaient être légèrement différentes, cette fois-ci. Le brun sourit d'un air coquin. Cela lui plaisait, et John lui répondit d'un air satisfait. Il fondit sur le détective, caressant toute la chair qui se présentait à lui. Le détective se prit à gémir, tellement cela lui avait manqué.

- Comme tu es vivant, John…

Une vigueur surprenante émanait du médecin. Cela n'avait plus rien à voir avec avant, lorsque John rentrait fourbu du boulot, ou quand Sherlock avait bu son sang quelques heures auparavant ou encore quand il n'était simplement pas en forme. Là, le médecin était une boule d'énergie et ne ménageait pas le détective. A lui aussi, cela devait avoir manqué. Et surtout, John était bouillant. Sherlock croyait à peine la chaleur qui émanait de lui, tant elle était puissante. Il la communiquait au détective, qui s'enveloppait dedans avec délice, si bien qu'il en avait presque trop chaud. Sherlock formait un tel contraste avec John – le médecin si vivant, le détective mort et froid de nature – qu'il en venait à se demander par quel miracle ils avaient fini ensemble. Mais non, en fait, c'était parfaitement logique : parce qu'ils étaient complémentaires.

Sherlock ferma les yeux, ressentant les sensations. Mais il les rouvrit vite quand il crut entendre un grognement.

Des poils blonds avaient poussé sur le corps de John. Derrière ses oreilles, sur ses coudes, sur son torse et sans doute dans son dos. Ses oreilles avaient pris une forme légèrement pointue et il fixait le détective d'un air carnassier.

Sherlock se raidit, un peu inquiet.

- Ne t'inquiète pas, je maîtrise, assura le médecin. C'est juste que j'ai une putain d'envie de toi.

Le détective haussa les sourcils.

- Alors quand tu veux essayer de te reproduire, tu deviens un animal ? railla-t-il.

- On dirait bien, dit le médecin en attrapant sa bouche.

Le détective se laissa faire. Il aimait définitivement cela.

Il avait l'impression que son ami le dévorait. Celui-ci mettait une telle ardeur et une telle autorité dans ses gestes qu'il était difficile de s'y dérober. John usait de sa nouvelle force pour le dominer et Sherlock s'y pliait avec plaisir. Il aurait tout le temps de rétablir les choses plus tard. Alors il laissa John explorer son intimité. Il grimaça. Cela faisait horriblement mal au départ et il s'en voulait presque d'avoir fait endurer ça à John, la première fois. Mais il tint bon.

Quand il fut prêt, John le retourna.

- Comme un animal, répéta Sherlock, non sans moquerie.

Le médecin eut un petit rire, puis lui demanda de se mettre à quatre pattes.

Il entra avec précaution, et Sherlock remercia le lubrifiant qui faisait plutôt bien glisser son membre. Mais il avait mal quand même. Quand le médecin fut entré au maximum, il se pencha pour déposer un baiser sur sa nuque, lui demandant si cela allait bien, son souffle le faisant frissonner au passage. Le détective répondit par l'affirmative et John se retira doucement, avant d'entrer de nouveau et d'entamer des va-et-vient. Les sensations étaient nouvelles pour Sherlock, qui sursauta quand John heurta sa prostate. Cela devenait incroyablement agréable, surtout John vint l'entourer de ses bras, haletant à son oreille. Sherlock appréciait cet étau. Il se sentait aimé. C'était juste merveilleux. Sans doute devraient-ils faire cela plus souvent, à l'avenir.

Aussi n'eut-il aucun mal à escalader le plaisir. Il sentait que John le suivait, gémissant de plus en fort. Il grognait de temps à autre, d'un grognement animal, mais le détective n'était pas inquiet, il lui faisait confiance. Soudain, John cria, puis Sherlock cria aussi, et ils s'effondrèrent l'un sur l'autre sur le lit.

Le détective prit plaisir à écouter la respiration de son amant qui ralentissait. Sur son dos hypersensible, il sentait aussi le cœur de John qui battait contre sa poitrine. Celui se calmait aussi.

Finalement, l'ancien soldat roula à côté de son ami, et ils passèrent un moment à se contempler. Puis Sherlock remarqua que la pilosité de John avait diminué et continuait à vue d'œil. Le détective se sentait hypnotisé ; il n'aurait jamais pensé assister à ça. Enfin, il n'aurait pas pensé assister à un certain nombre de choses, en fait.

- Je peux… retenir ça, si ça te dérange, dit le médecin qui avait suivi son regard.

Il semblait un peu embarrassé.

Mais Sherlock eut un sourire espiègle.

- Non, c'était parfait, décida-t-il.

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Un peu plus tard – John aurait été incapable de dire combien de temps il avait dormi – le médecin sentit un pincement désagréable dans le pli du coude. Il ouvrit les yeux. Sherlock tenait son bras déplié et était en train de prélever ce qui était vraisemblablement son sang à l'aide d'une seringue.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda le blond d'une voix pâteuse.

- Je détermine si ton sang est toujours comestible. Ton corps a subi quelques altérations, je te rappelle.

- Ça ne pouvait pas attendre que je me lève ? dit le médecin en baillant.

- Ça fait trois mois, John. Trois mois.

Oh. Trois mois que Sherlock n'avait pas consommé une goutte de son sang et qu'il avait vécu dans le doute de pouvoir recommencer un jour. Soit. John lui pardonnait.

- Sarah a dû te dire que ça ne poserait aucun problème, avança le blond. Tu ne lui fais pas confiance ?

- Alors qu'elle a tenté de me tuer, qu'elle t'a transformé avec l'espoir de te récupérer et qu'elle t'a sciemment caché qu'une seule de tes morsures pouvait à coup sûr me faire passer l'arme à gauche ? Mmmmh…. Non.

John eut un petit sourire. Oui, c'était compréhensible.

- Pourtant, elle m'a beaucoup aidé, tu sais.

Le détective acquiesça d'un air distrait. Il transvasa le contenu de la seringue dans un verre à liqueur. Puis il trempa le bout de son doigt dedans, le renifla et le goûta. Et ce fut comme si le moment s'était figé. Le visage de Sherlock s'immobilisa, à part ses yeux qui brillaient d'une lueur presque inquiétante.

- Sherlock, ça va ? s'enquit le médecin, qui avait soudain un doute. Est-ce que Sarah lui avait menti, finalement ? Ou est-ce que son sang avait simplement pris un goût répugnant ?

Le détective retira son doigt de la bouche.

- C'est juste que ça fait longtemps, dit le brun.

Le médecin souffla, soulagé. Puis il s'aperçut que son ami le regardait d'un air absorbé, qui lui rappelait les premiers temps où Sherlock n'était pas capable de se contrôler.

- On va attendre deux ou trois jours, histoire d'être sûrs, suggéra le blond.

- Oui, bonne idée, approuva le détective en récupérant la seringue.

Il était sur le point de prendre congé, mais quelque chose semblait le retenir.

- Tu es revenu, dit-il.

- Bien sûr, répondit le médecin d'un air déconcerté. Pourquoi ? Tu pensais quoi, que…

Les traits de John se relâchèrent. Il comprit soudain.

- Tu pensais que je resterais avec Sarah ? dit-il d'un air interdit.

Sherlock haussa les épaules.

- Vous êtes des loups-garous tous les deux. Vous deviez avoir beaucoup à vous raconter. Tu n'aurais pas eu à fournir le moindre effort pour supporter son odeur. Sans compter que c'est une… femme. Un être susceptible de te donner des enfants, ce que tu désires certainement. Cela aurait été logique et facile. Donc oui, c'était une possibilité.

John fronça les sourcils. Il n'aurait pas été plus estomaqué lui on lui avait donné un coup dans le ventre. Quoi ? Sherlock avait si peu foi en leur couple qu'il s'était senti menacé par un être aussi inoffensif que Sarah ?

Le médecin lui prit les mains fermement.

- Sherlock, logique ne veut pas dire évident. J'apprécie beaucoup Sarah mais elle n'est pas… elle n'est pas toi. Cela fait un moment que je ne suis plus amoureux d'elle, et ce qui est sûr, c'est que je ne le suis plus depuis tout ce que tu m'as fait connaître. Et puis, tu as fait la même chose pour moi avec Moriarty, non ? Alors oui, je suis revenu. Je reviendrai toujours.

Alors qu'il voyait naître une lueur d'amour et de reconnaissance dans les yeux de son amant, il l'attira doucement à lui et l'embrassa.

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Sherlock patienta encore trois jours avant de décider qu'il pouvait de nouveau boire le sang de John. A en croire les œillades aussi captivées que gourmandes que le détective lui lançait, ce furent trois très longs jours. Le brun était définitivement en manque et John se demandait par quel miracle son ami ne lui avait pas déjà sauté dessus. En tous cas, il était raisonnable et savait se tenir à ses décisions.

Comme aucun effet secondaire ne semblait vouloir apparaître, Sherlock demanda, et John accepta. Quand le détective posa ses mains sur lui, le médecin sentit qu'il tremblait. Comme un addict qui n'avait pas eu sa dose, pensa-t-il.

Au moment où Sherlock s'apprêtait à le mordre, il s'arrêta un instant.

- Toujours bouillant, ronronna le détective.

- Au moins, je n'ai pas froid, dit le blond. Et tu n'auras pas froid non plus.

Sherlock transperça la peau fragile du cou.

Le sang fit irruption dans sa bouche. Comme à chaque fois qu'il recommençait à en consommer après une période de privation, Sherlock y prenait manifestement un grand plaisir. Il s'accrochait vigoureusement au blond et buvait avidement. John, quant à lui, appréciait les doux effets de la morphine. Il s'était d'abord montré un peu inquiet à ce propos. Il savait que les loups-garous étaient résistants aux sédatifs et avait craint d'avoir à supporter la douleur. Mais il n'en était rien. Apparemment, la morphine de vampire était prévue pour calmer n'importe quelle créature. Et, comme il n'avait ressenti aucun manque pendant son séjour chez Sarah, il n'avait aucun souci à se faire sur l'effet addictif. Tout semblait rentrer dans l'ordre, finalement.

Sherlock se retira, vraisemblablement à regret. Il se lécha les lèvres et examina John.

- Comment tu te sens ? demanda-t-il.

John se leva et fit quelques pas dans la pièce, avant de se retourner.

- Même pas un vertige.

C'était vrai. Il ne se sentait pas du tout fatigué et se trouvait même d'attaque pour aller courir derrière les criminels. Incroyable, ces trucs de loup-garou.

Sherlock sourit sincèrement, visiblement aussi réjoui que lui. Mais il insista toutefois pour lui préparer un en-cas ; après tout, on ne savait jamais.

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John reprit le travail, encore une fois – il était étonné d'avoir réussi à conserver son poste après toutes ces absences à répétition, qui plus est avec des motifs douteux (mais il reconnaissait bien la griffe de Mycroft derrière tout ça). Avant de sortir, il prenait toujours soin de se parfumer beaucoup plus que nécessaire, ce qui intriguait Sherlock. John esquivait toujours la conversation, tant pour une raison évidente que pour une autre qui le chiffonnait également, mais dans une autre mesure. E tous cas, les frères de Matê semblaient l'avoir oublié. Il n'avait plus détecté de présence inquiétante ni flairé leur odeur depuis leur confrontation, au parc. Pourtant, John les avait sérieusement énervés et le regrettable accident avec Linda lui avait démontré que les vampires ne prenaient pas les outrages familiaux à la légère. Alors il en conclut que les frères de Matê le recherchaient toujours mais qu'ils n'étaient pas assez futés pour le retrouver. Vraiment, il bénissait Londres et son anonymat.

A présent qu'il avait changé d'environnement et qu'il sortait plus souvent, il était confronté à de nouveaux défis. Il fallait, d'une part, supporter le vacarme de la rue, la puanteur du métro, mais aussi se retenir de ne pas caresser tous les représentants de la race canine qui croisaient son chemin. Un peu comme si ces animaux étaient devenus ses amis. Au départ, il ne pouvait s'empêcher de le faire mais il s'était vite rendu compte que les gens trouvaient cela bizarre, alors il prenait sur lui. Il se sentait presque peiné quand un chien tirait sur sa laisse pour aller vers lui. Mais à la longue, la ville devenait supportable. Comme quand il était arrivé à Londres, des années auparavant, il finirait par s'y faire.

Le 221b Baker Street avait aussi son lot de contraintes. A commencer par les produits chimiques que Sherlock utilisait quand il faisait des expériences – il avait l'impression que ces émanations lui transperçaient les voix nasales ! Mais il y avait aussi les morceaux de corps humain au réfrigérateur, sans compter les denrées périmées que le détective ne daignait pas remarquer – après tout, il n'avait plus à s'en soucier, lui qui n'en consommait plus, la tâche de s'en débarrasser revenait donc à John, ce qui était peu ragoûtant après trois mois d'absence.

Et puis il y avait Sherlock, tout simplement. John n'aurait jamais pensé qu'il puisse passer de « détester viscéralement l'odeur de Sherlock » à « ne plus pouvoir s'en passer ». A présent, il adorait l'odeur de Sherlock, et c'était un bien faible mot. Elle ne le mettait plus dans des états pas possibles, non. Elle était devenue particulièrement agréable, comme un parfum que l'on se met parce qu'on l'apprécie vraiment. On le met tous les jours et on répugne à s'en passer. Alors c'était peu dire que John était fier d'avoir pu surmonter tout cela. Au départ, lorsqu'il avait retrouvé Sherlock dans le salon, l'odeur de son amant ne lui avait fait ni chaud ni froid. Puis le désir avait pris le relai et, pendant leurs ébats, c'était comme si un déclic s'était produit. Sans doute associait-il désormais cette odeur à l'amour et au plaisir. C'est pourquoi il avait trouvé une nouvelle source d'addiction. Et il n'était que trop heureux qu'elle vienne remplacer celle plus insidieuse qu'était la morphine.

Quand il sortait, au bout de quelques heures, il ressentait un manque. Sherlock n'était pas là, c'était intolérable. En un sens, cela l'amusait ; était-il redevenu un adolescent au point qu'il ne puisse plus se passer de son amant ? Au fond, cette langueur n'était pas désagréable, parce qu'il n'en appréciait que plus les retrouvailles.

D'ailleurs, ces dernières se soldaient souvent par des vêtements éparpillés et des draps froissés – s'ils daignaient utiliser le lit, évidemment ! John n'avait jamais connu une telle libido. Sans doute était-ce dû à sa moitié d'animal. Toujours était-il que, dès qu'il voyait Sherlock, il avait envie de lui faire l'amour. C'était immédiat. Sherlock le savait et, quand le médecin rentrait du travail, il lui était arrivé plusieurs fois de l'accueillir en petite tenue, s'il en avait une ! Parfois, John haïssait sa propre prévisibilité, parce qu'au fond, il donnait une arme dangereuse à son ami. Sherlock avait vite compris l'intérêt qu'il pouvait tirer de cette situation et se refusait à lui s'il ne consentait pas à exécuter certain de ses souhaits. C'est ainsi que John se retrouvait parfois à aller chercher des ingrédients rares pour les expériences du détective à l'autre bout de la ville ou à collectionner les tâches ingrates que son ami ne voulait pas faire. Vraiment pas une bonne chose, ce désir animal.

Pourtant, cela ne parvenait pas à le refroidir. Non, la seule chose qui était susceptible de le faire, c'était quand Sherlock lui avouait des choses qu'il n'était pas prêt à entendre, comme certains détails ayant trait à leurs retrouvailles. Le jour où John était revenu, Sherlock avait insisté pour qu'ils poursuivent ce qu'ils avaient entamé dans la chambre, et non dans le canapé. Sur le coup, le médecin avait trouvé cette lubie un peu étrange, étant donné qu'ils n'en étaient pas à leur première fois sur le sofa (il avait souvenance de plusieurs soirées télé qui s'étaient prolongées d'une toute autre manière). En réalité, c'était parce Mycroft, soucieux de la sécurité de son petit frère, avait truffé le salon de caméras. Apparemment, cela avait été une des conditions de l'homme d'État pour qu'il ne s'oppose pas au retour de l'ancien soldat et Sherlock n'avait pu que dire amen. John réalisa alors qu'il avait pratiquement déshabillé le détective devant son frère et que ce dernier n'avait eu aucun doute quant à ce qu'ils étaient allés faire dans la chambre. Mince. Il aurait un certain mal à regarder ce foutu ministre dans les yeux pendant un petit moment.

A part ce menu détail, une autre chose tourmentait John. Il n'osait pas poser directement la question à Sherlock, de peur de l'embarrasser ou de se voir exposé à sa franchise habituelle, il ne savait pas trop. Mais un jour, le détective le mit au pied du mur. Le brun avait compris que quelque chose mettait son ami mal à l'aise et il était étonnant qu'il n'ait pas forcé John à cracher le morceau plus tôt. Mais là, le médecin n'avait plus le choix.

- John, pourquoi te parfumes-tu autant ?

Le dénommé se trouvait dans la salle de bains en train de procéder devant le miroir. Il vit avec inquiétude le reflet du brun apparaître derrière lui.

- Parce que je sors, répondit-il.

- A cette heure-ci ?

Il était vingt-deux heures trente. Mince.

Il posa le flacon sur le lavabo, faisant mine de se concentrer sur l'étiquette pour se donner contenance.

Il perçut un mouvement d'air.

- Pourquoi te parfumes-tu autant alors que tu ne sors pas, John ? répéta soudain la voix basse de Sherlock à son oreille.

En d'autres circonstances, il aurait trouvé incroyablement frustrant d'avoir le détective à quelques centimètres de lui sans le toucher. Sans compter que cette voix de baryton avait le pouvoir de lui tirer des frissons. Mais il avait un autre problème en tête.

Il se retourna, se résolvant à affronter l'inévitable.

- Une fois, tu as dit à Sarah que son odeur te déplaisait. Bon, soit, tu étais très énervé contre elle. Mais il est très probable que cela soit lié à sa nature parce que… elle est à moitié louve, et ces animaux sentent. D'ailleurs, tu m'en as fait la remarque, une fois ; j'avais été mordu mais je ne m'étais pas encore transformé. J'étais en train de le faire, petit à petit, je crois. Alors je vais répondre à ta question par une autre question.

Le médecin prit une grande inspiration.

- Est-ce que je pue ?

Le détective resta interdit un instant, puis ses épaules tressautèrent. Son visage prit une expression pincée, comme s'il se retenait de rire.

- Quoi ? s'impatienta le blond.

Sherlock mit un poing devant sa bouche, commençant à glousser.

- Je m'attendais à cette question, dit-il, en riant à présent ouvertement. Je voulais simplement l'entendre de ta bouche.

- Sherlock ! C'est puéril ! s'exclama le blond, outré.

- Je sais, je sais, dit le brun en essuyant une larme au coin de ses yeux.

- Alors ?!

John attendit quelques secondes, les bras croisés, que le détective se calme.

- Tu veux vraiment le savoir ? insista Sherlock.

- Bien sûr que oui ! s'écria le médecin d'une voix aigüe.

Le détective croisa les bras à son tour.

- Même si tu prends le risque d'être déçu ? le titilla le brun.

- Sherlock, arrête tes simagrées et…

- J'adore.

John le contempla, bouche bée.

- Quoi ?

- J'adore ton odeur.

- Tu te fous de moi ?

- Pas du tout. C'est animal, bestial même, vivifiant – ne te moque pas – et terriblement sexy quand tu commences à t'échauffer. Ça me donne des envies que tu ne soupçonnes même pas. Ça te rend désirable, et j'aime la savoir autour de moi en permanence, parce que je l'aime, j'aime ton corps et je t'aime, John.

John était bluffé par sa sincérité. Sherlock avait encore parlé de sa voix basse qui ne laissait jamais John indifférent. Le médecin était touché de cette révélation mais, quelque part, il en voulait à Sherlock de l'avoir mené en bateau comme cela.

- Je te déteste, dit-il en l'embrassant, heureux.

Le médecin avait du mal à réaliser à quel point les choses allaient bien pour eux. Ils revenaient de loin, après tout. Sherlock était mort une première fois par duperie, une deuxième réellement. Sa survie avait été inquiétée et il avait menacé la vie de John à plusieurs reprises. Ce dernier avait résolu le problème, mais était devenu en retour une bête assoiffée du sang de son amant. Puis il était passé outre. Et pour couronner le tout, ils étaient ensemble et s'aimaient irrémédiablement. Tout semblait merveilleux.

Mais ils étaient Sherlock Holmes et John Watson, c'est-à-dire des êtres aimantant tous les dangers imaginables. John avait le sentiment que quelque chose n'allait pas tarder à arriver.