Coucou les gens !
Voici le dernier chapitre, qui est aussi l'épilogue.
Et voilà, cette histoire est finie. Cinq ans après son démarrage (on ne désespère jamais !) et un an après que je l'ai reprise. Ça fait un petit pincement au cœur mais je crois que j'ai fait le tour de ce petit univers. J'avais envie de compléter le fandom de Sherlock avec un vampire!lock. Au départ, je cherchais une fic en français à lire avec un Sherlock vampire mais, comme je ne trouvais pas ce que je voulais, j'ai décidé de l'écrire (on n'est jamais mieux servi que par soi-même ! ;D). Le truc du loup-garou était un petit bonus, même si prévu au départ (vous ne m'aviez pas vue venir, avouez ! :D ). Qui dit vampire dit loup-garou et je trouve que Sherlock et John se complètent tout à fait dans ces rôles.
Donc voilà, il fallait que j'écrive cette fic, même si ça a pris du temps. Elle est restée un moment en stand-by. Elle était alors toujours dans un coin de ma tête, et ça me chiffonnait de la laisser comme ça car je n'aime pas laisser les choses en suspens, surtout quand je voyais des reviews qui me demandaient des nouvelles. Mais ce n'était pas le bon moment. Quand je l'ai reprise l'année dernière, je n'étais même pas sûre d'aller jusqu'au bout. Et puis c'est arrivé, je l'ai terminée, et je n'en suis pas peu fière :D
Ça aura été un petit investissement, de longues réflexions existentielles pour construire l'intrigue et un casse-tête pour faire en sorte que ça soit un minimum cohérent. J'espère d'ailleurs que cela l'a été. En ce qui me concerne, j'ai assez peu de recul car je ne me fais pas relire (c'est très mal, je sais) donc j'espère que vous y aurez compris quelque chose.
Voilà, donc j'en profite pour vous remercier, tous, lecteurs, followers et reviewers, et surtout ceux qui sont là depuis le début et que j'ai fait poireauter tout ce temps sans être capable de leur dire si j'allais continuer cette histoire. Je m'en veux beaucoup pour ça, je n'aime pas décevoir les gens par nature, mais je peux vous dire que vous êtes d'une fidélité sans pareille *_*
Donc un grand MERCI à vous tous, j'espère que vous aurez pris plaisir à lire cette histoire. Pour ma part, je me suis bien amusée, c'est bon d'aller jusqu'au bout de ses délires parfois. Faites-le, je vous assure !
Et merci spécialement aux reviewers, je ne vous dirai jamais autant comme c'est agréable de recevoir un petit mot de ses lecteurs, ça motive, ça réchauffe le cœur et ça pousse à continuer. En fait, je ne sais pas si je serai arrivée jusqu'à la fin sans votre soutien :3
N'hésitez donc pas à reviewer, même un an ou plusieurs années après cette histoire. Je serai toujours dans le coin, normalement, la preuve avec cette histoire :) Je ne pourrai pas répondre aux guests, mais je penserai très fort à vous ^.^
Bonne lecture à tous !
Animevivie : merci pour ta review du chapitre précédent, haha j'ai ri avec ton « pour une fois que Mycroft sert à quelque chose » ! Et oui il s'est bien rattrapé pour le coup. Je suis contente que tu aies été prise dans l'action ! Merci en tout cas d'avoir suivi cette histoire :)
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Le Fléau : Épilogue
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- Alors ? demanda Sherlock, impatient.
John hésitait avant d'ouvrir le message que Mycroft lui avait envoyé, sans compter que Sherlock qui épiait l'écran de son téléphone par-dessus son épaule lui mettait à peine la pression. Pour décompresser, il expira et regarda à travers la fenêtre du cottage. C'était huit heures du soir mais, comme on était en juin, la nuit n'était pas complètement tombée. Le temps était clément et on pouvait même se permettre de laisser le battant ouvert, ce dont le médecin ne s'était pas privé. Dehors, tout était silencieux. On entendait juste le bruissement de la brise dans les arbres ainsi que les chants d'oiseaux du crépuscule. C'était exactement ce que le médecin recherchait quand il avait réservé cette habitation perdue dans les bois.
Trois mois s'étaient écoulés depuis les évènements de Belsize Park. Sherlock s'était extrêmement bien remis de l'accident et la vie avait repris son cours normal. Avec un plus : ils pouvaient désormais vivre avec la certitude qu'en cas de morsure accidentelle de la part de John, ils disposaient d'un véritable remède. Mycroft leur avait enlevé une belle épine du pied. Le ministre leur avait d'ailleurs avoué qu'il ne leur avait pas parlé de ce recours plus tôt pour que John fasse à tout prix attention à son comportement. L'homme d'Etat n'était alors pas tout à fait sûr du taux d'efficacité et souhaitait éviter de tester le produit en conditions réelles. Mais l'accident était tout de même arrivé et, au moment-même où il avait appris que Sherlock avait suivi John jusqu'à Belsize Park, il s'était tenu prêt. Les conditions – confrontation avec des vampires, avec Sherlock à proximité – étaient en effet toutes réunies pour qu'un drame survienne.
Beaucoup de choses s'étaient démêlées ce jour-là. Il y avait certes la question du remède, permettant à Sherlock et John de pouvoir vivre ensemble sans danger. Mais pas seulement. D'abord, une menace non négligeable leur avait été enlevée, celle des frères de Máté. Ce qui était arrivé à ce jeune homme était certes regrettable, mais Sarah et John ne pouvaient plus en subir les conséquences. Sarah avait été maladroite mais cela restait de la légitime défense. Quant à John, il s'était trouvé sur le chemin par hasard. Ils n'auraient plus rien à craindre de ces individus sanguinaires. Parallèlement, la question de Sarah s'était résolue. Le médecin était en effet embarrassé des sentiments de la jeune femme à son égard, surtout qu'il avait contribué à les attiser, autrefois. Mais dès que Sarah s'était remise de son mauvais traitement à l'argent, elle lui avait assuré qu'elle avait réalisé ce qu'il y avait entre Sherlock et lui, que c'était la meilleure chose qu'il puisse lui arriver et qu'elle n'essayerait plus de se mettre entre les deux hommes. Elle se sentait même coupable d'avoir tenté sa chance quand John avait logé chez elle. John fut agréablement surpris mais il fallait aussi dire que Sarah avait été témoins de la presque-mort de Sherlock et donc du désespoir qui s'était ensuivi. Ils purent donc continuer à se voir sans rancœur ni idées derrière la tête. Et enfin, il semblait que les relations entre Sherlock et Mycroft s'étaient améliorées. Le détective avait vraisemblablement pardonné à son frère le coup bas de la transformation de John. Il ne le rabrouait plus constamment quand il lui parlait et arrivait même à avoir une conversation sans heurt avec lui. Mycroft leur avait sauvé la vie à tous les deux, en fin de compte. Mais le médecin faisait confiance au détective pour trouver d'autres sujets de récrimination au ministre à l'avenir. C'était son frère, après tout.
Mais il y avait toujours une incertitude dans la balance. John ne s'en était pas chargé immédiatement, occupé qu'il était à savourer ce qu'il croyait être définitivement perdu avec Sherlock. Puis il s'était mis à réfléchir à son avenir et il avait été curieux.
Les résultats avaient mis du temps à venir. Quand Mycroft lui avait communiqué le jour où ils seraient émis, cela avait coïncidé avec un grand ras-le-bol du médecin de toute agglomération urbaine, comme il en avait souvent depuis qu'il était transformé. Il avait donc décidé de faire une pause et d'emmener Sherlock avec lui. Il avait jeté son dévolu sur un cottage situé dans la Forêt de Dean, dans le Gloucestershire, à la limite du Pays de Galles. Il savait la région verte et limitée en occupation humaine, et c'était exactement ce dont il avait besoin en ce moment. De cette façon, si la nouvelle était bonne, il fêterait cela avec un beau cadre, et si elle était mauvaise, il se consolerait avec. Il n'avait rien à perdre.
La Forêt de Dean n'était pas à proprement parler une seule et grande forêt. C'était plus les restes d'une ancienne forêt royale d'Angleterre. Elle consistait en une succession de bois, de rivières, de champs et de villages, ce qui rendait l'endroit tout à fait charmant, et John ne pouvait que fondre devant ses formes vallonnées. Cette région était parfaite.
Si John était sous le charme, Sherlock n'était pas particulièrement ravi. Il avait des réticences à quitter sa chère Londres d'où pouvaient surgir à tout moment des affaires intéressantes et mettre les pieds dans la boue ne l'inspirait pas plus que cela. Mais il dut se rendre à l'évidence ; il n'y avait aucune enquête en vue et il n'avait aucun prétexte valable pour se désister. Il s'était donc levé aux aurores pour louer une voiture et suivre un John plus enthousiaste que jamais. Ils avaient mangé en chemin et, une fois arrivés, ils s'étaient promenés dans les patelins et dans la nature. Sherlock, qui détestait la marche, en avait eu vite marre si bien qu'ils durent gagner le cottage alors qu'il était à peine le milieu d'après-midi. De toute façon, Lestrade venait de lui dénicher une enquête, avait-il dit. Qu'à cela ne tienne, John était reparti juste après. Et cette fois, il était allé dans les bois et avait exploré la zone de bout en bout, s'écartant des sentiers et allant dans les endroits les plus reculés qu'il put trouver. Il se permit même une ou deux transformations dans les endroits où il était sûr de ne croiser personne. Et ça lui fit un bien fou, de courir dans les bois, de respirer autre chose que de l'air vicié. Là, il s'agissait d'humus et de verdure, de feuilles qui crissaient sous ses pattes, et il fut même tenté de croquer un ou deux écureuils. Mais il ne voulait pas perdre pied, non plus. Il avait parfois des doutes sur sa capacité à rester lucide dans des circonstances comme celles-là et craignait d'oublier qu'il était un être humain avant d'être un loup. La forêt n'était pas toujours bonne conseillère.
Quand il était rentré au cottage, fourbu, il avait trouvé Sherlock en train de pianoter sur son ordinateur. Malgré toute la diplomatie que le blond avait déployée, il n'avait pas pu empêcher son ami d'emmener l'objet. Comme le téléphone, l'appareil semblait greffé à la personne de Sherlock Holmes.
- Jolie balade ? avait demandé distraitement le détective en jetant un coup d'œil aux vêtements crottés du médecin.
John avait saisi le sous-entendu et pris la direction de la salle de bains.
Quand il était revenu, torse nu et humide, il avait surpris le regard gourmand de Sherlock. Puis il avait vu les cartons de nourriture sur la table en bois massif, d'où s'échappait un fumet appétissant. Il avait souri.
- D'où ça vient ? avait-il demandé.
- De l'auberge sur la grand-route, à Cinderford.
- Je ne savais pas qu'ils livraient.
Sherlock avait haussé les épaules. Le blond ne pensait sincèrement pas que l'auberge proposait ce service et était incapable de dire si Sherlock les avait payés, fait chanter à cause d'un détail suspect sur leur devanture ou s'il s'était tout simplement déplacé. Mais il appréciait le geste.
- Merci, mon chéri, avait-il dit enserrant affectueusement la tête de son amant et en lui embrassant la tempe.
La main de Sherlock s'était attardée sur son flanc nu, puis il s'était vêtu d'une chemise avant de goûter à la cuisine locale.
Le message était arrivé peu après le repas. John finit par l'ouvrir.
- Positif, annonça-t-il, un sourire aux lèvres.
Ils se regardèrent, aussi incrédules l'un que l'autre. En cet instant présent, John avait du mal à réaliser ce que cela impliquait vraiment. C'était trop gros et il n'avait pas assez de recul. Honnêtement, cela lui faisait peur et il en vint même à se demander si c'était une bonne chose. Ce n'était pas dans l'ordre des choses, après tout. Sherlock posa une main sur son épaule, lui faisant sentir qu'il était là. Pfff, que John était stupide ! Évidemment que c'était une bonne chose !
- Au lieu de vieillir, tes cellules se renouvellent sans cesse, dit le détective. Il n'est donc pas surprenant que tu sois immortel.
- Moi, ça me surprend, avoua le médecin, qui était toujours secoué. Je… je…
Il eut un geste fébrile.
- Tu vas t'y faire, estima le détective avec flegme. En ce qui me concerne, j'apprécie beaucoup la perspective de garder mes neurones intacts.
- Juste ça ? le taquina John.
Le brun plissa les yeux.
- En partie ça, dit-il d'un air énigmatique.
Le médecin reporta son attention sur l'écran. Positif. Positif, merde.
- Alors, Monsieur Watson ? Comment allons-nous occuper nos deux immortalités ? demanda Sherlock, malicieux.
Le médecin pencha la tête, arrondissant la bouche.
- Mmmh, laisse-moi réfléchir. A résoudre des crimes et à courir après des criminels ? tenta-t-il innocemment.
- L'idée semble bonne, concéda Sherlock. Et où habiterons-nous ?
- A Londres. Et quand nous en aurons marre, nous partirons. En France, en Italie, en Norvège, en Afrique, en Asie… et pourquoi pas l'Amérique ? Nous partirions six mois, trois ans, cinquante ans… Mais où que nous allions, nous finirons toujours par revenir.
Sherlock sourit. L'idée lui plaisait.
- Le temps pourrait être long, fit remarquer le détective.
Le médecin s'approcha, soudain sûr de lui.
- On aura largement de quoi l'occuper.
Sur ce, il l'embrassa avec luxure. Il savait qu'il n'avait pas besoin d'appuyer ses propos de la sorte et que Sherlock le croyait sur parole. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Rater une occasion de séduire son amant encore plus qu'il ne l'était déjà ? Définitivement pas son genre. Alors il se pressa contre lui, lui caressant la hanche, le dos.
Sa main était en train de se frayer un chemin entre le pantalon et les fesses du détective lorsque ce dernier marmonna soudain :
- Moriarty avait raison, en fait.
Le blond se recula, les traits tirés dans une expression d'incompréhension.
- Quoi ? dit-il.
- L'histoire des plaies, tu te rappelles ?
- Oui, vaguement, bafouilla le blond, qui avait du mal à redescendre et ne voulait d'ailleurs pas le faire.
- Premier meurtre : pas de plaie, mais meurtre quand même. Deuxième meurtre : plaie mangée, cannibalisme. Troisième meurtre : plaie déchiquetée par un animal. Quatrième meurtre : plaie brûlée. Souviens-toi, nous avions interprété cet enchaînement de la sorte : un, j'ai failli te mordre alors que j'étais affamé ; je ne te fais pas de mal, mais le danger est quand même là. Deux, je bois ton sang, je suis cannibale en quelque sorte. Trois : je te dévore, je te tue… bref. Quatre : je me suicide par culpabilité par le feu.
- Et les choses ne se sont pas passées comme ça ? demanda le médecin, sarcastique.
- Non ! Car Moriarty a apporté un détail supplémentaire quand il t'a menacé, au sous-sol de sa résidence. Il a dit… il a dit… qu'une étape pouvait ne pas être dans le bon ordre.
Sherlock attendait visiblement une réaction de sa part, qui ne vint pas, au grand désarroi du génie.
- Nous nous sommes trompés sur les deux dernières étapes, John !
- Ah bon ?
- Oui, car l'étape trois est à prendre au sens littéral.
- Quoi, celle avec le chien ?
- Oui. Car tu t'es vraiment fait mordre par un canidé, pour le coup. Et moi, j'ai bien tenté de me suicider, mais avant cela.
Le détective déglutit.
- Moriarty savait qu'un incident impliquant un loup-garou pouvait arriver, car c'était la solution à notre problème. Il le savait. Sauf qu'il s'est bien gardé d'en parler.
- Il n'allait pas nous tendre la perche, quand même, maugréa le médecin.
Les yeux clairs du brun se posèrent sur lui.
- En fait, il avait simplement envisagé deux solutions : celle à laquelle j'ai cru avant ma tentative de suicide, où je meurs, et celle-là. Mais il était incapable de déterminer laquelle arriverait vraiment. Il ne savait pas si tu serais capable de me dissuader de me tuer.
Le médecin haussa les sourcils.
- C'est presque romantique, dit-il.
- Je pense que Moriarty avait une petite idée de notre relation, même si elle ne s'était pas encore concrétisée. Sinon il n'aurait pas été aussi jaloux.
- Possible.
John enroula ses bras autour de la taille de Sherlock et lui sourit affectueusement.
- Tout rentre dans l'ordre, finalement, dit-il.
En guise d'approbation, le regard de Sherlock devint intense. Le médecin l'embrassa, l'attirant peu à peu dans la chambre.
La pièce était agréable avec ses boiseries et sa décoration rustique. Mais ils y prêtèrent à peine attention. Ils atterrirent sur le lit en bois massif et se retrouvèrent très vite nus. Commença alors un combat. Ils étaient égaux, à présent, et ils pouvaient se laisser aller sans crainte de blesser l'autre. Alors ils y allèrent. Ils se défièrent, le vampire et le loup garou, chacun montrant les crocs. Ils avaient faim l'un de l'autre. Sherlock mordit John dans la fesse, avant de boire son sang. John lui lécha le cou avec appétit tandis que sa main s'intéressait à un endroit bien plus stratégique. Et ils s'abandonnèrent. Pendant des heures. Ils avaient tout leur temps, après tout.
