Lettre 23 : 16 janvier

Bella ne m'avait pas répondu mais heureusement que je connaissais son adresse. J'avais peur de sa réaction, j'avais peur qu'elle soit vraiment en colère contre moi pour ce que je m'apprêtais à faire.

« Calme-toi, Edward, » me dit la voix claire de mon père. « Nous allons la ramener avec nous. »

« Comment tu peux en être aussi sûre ? » grommelais-je.

Nous étions dans la voiture louée en direction de sa maison à Phoenix. Malheureusement pour moi, cette dernière se trouvait beaucoup trop loin de l'aéroport.

« Parce que ta mère est géniale. »

J'haussais un sourcil. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'elle avait fait.

Après vingt minutes (qui me parurent des heures) on se trouva enfin devant sa porte. Mon cœur se mit à battre frénétiquement dans ma poitrine, adrénaline et espoir se mélangeant dans mon sang.

Mon père, toujours aussi détendu, sonna à la porte.

Une femme maigre et les cheveux en bataille ouvrit.

« Madame Higginbotham ? Ici Carlisle Cullen, oncologue à l'hôpital universitaire de Chicago. Nous avons été informés de l'importante maladie dont souffre votre fille et j'aimerai beaucoup commencer un nouveau traitement sur elle, si vous êtes d'accord bien entendu. »

« Un nouveau traitement ? Chicago ? Vous allez me dire ce que vous foutez là ? »

Un sourire amical ne déformait jamais les lèvres de mon père, impassible face à ses remarques glaçantes.

« Votre fille s'est rendue à l'hôpital dernièrement et l'un des médecins m'a contacté. Il sait que je suis apte à prendre en charge votre fille, elle serait parfaite pour ce traitement expérimental. »

« Ca va coûter combien cette merde ? » une voix masculine se fit entendre.

Un homme grand, aux cheveux et yeux noirs mais également torse-nu se pointa au pas de la porte.

La femme leva les yeux au ciel, attendant la réponse impatiemment.

« Il s'agit d'une expérience, un traitement expérimental ne vous coutera rien. »

« T'entends ça Renée ! vas-y, donne ta gosse, on n'a pas besoin de ça dans les pattes ! »

Avais-je le droit de frapper cet homme ? Non, sérieusement, ma colère commençait à monter. Je ne compris la réaction posée de mon père.

« Pourrais-je la voir ? » demanda-t-il toujours calmement.

« Bella ! Descends maintenant, magne toi. » cria l'homme.

Pour qui se prenait-il exactement ?

« C'est qui, lui ? » demanda la femme.

« Mon fils. »

« Pourquoi il est là ? »

« Je ne pouvais faire ce trajet seul. Si cela ne vous dérange pas, j'aimerai la voir. »

Sans attendre la permission, il entra dans la maison non sans me lancer un dernier coup d'œil.

'Attends là', j'avais bien compris…

L'homme ferma violemment la porte et je restais devant, tel un chien perdu. Mon cœur ne cessait de battre la chamade, j'étais si en colère contre ses… parents, qui avaient réussi à donner leur fille si facilement ! Ne valait-elle pas un minimum quelque chose à leurs yeux ?

Et ce mec !

Jamais je n'avais ressenti tant de haine pour un être humain.

Les minutes passèrent et je commençais à m'inquiéter. Que faisaient-ils ?

Alors que mon angoisse prenait possession de mes capacités cognitives, j'aperçu Niska, le chat de Bella, se frotter contre mes jambes. Même ce chat avait compris que quelque chose n'allait pas.

Je savais que Bella adorait ce chat, nous devions le prendre avec nous.

Sans hésiter, je le pris dans mes bras et l'emmenait dans la voiture.

Juste au moment où je fermais la porte, je vis Carlisle porter Bella dans ses bras, dans une couverture, et un sac sur son dos.

Quelque chose n'allait pas.

J'ouvris rapidement la porte arrière de la voiture et il installa Bella. Amorphe, elle se coucha sur son flanc.

« Bella ? » demandais-je.

« Elle dort, je lui ai donné de la morphine. »

« Morphine ? »

Je montais rapidement sur le siège passager tandis qu'il allumait déjà le moteur.

Niska déjà nichée contre le cou de Bella…

Avant d'aller à l'aéroport, nous avions dû acheter une cage pour le chat. Ce dernier ne l'appréciait pas tellement mais elle était malheureusement indispensable.

Une fois assis dans l'avion, Bella m'agrippa fortement le bras avant de s'endormir encore une fois. Mon père m'assura que c'était l'effet de la morphine.

Il m'expliquait que, quand il est entré dans sa chambre, elle était inerte et ne répondu plus à aucun stimulus elle ne réagissait plus du tout.

Comme elle était froide, il la prit dans la couverture et lui donna immédiatement un médicament contre la douleur – heureusement, il avait pensé à en prendre avec.

Son état l'inquiétait toujours et il était primordial de l'emmener le plus vite possible à l'hôpital.

Il m'expliqua que le plan de ma mère était sensé être un peu plus difficile que ça mais le mec à facilité les choses. Ils ont signé un papier disant qu'elle est sous sa responsabilité à présent, c'est maintenant mon père le tuteur légal de Bella.

Une fois à Chicago, il était près d'une heure du matin. Sans plus de cérémonies, mon père l'entraina à son hôpital, aux urgences.

Je n'avais jamais vu autant de médecins rappliquer si rapidement autour d'une personne. C'était vraiment grave.

Cela faisait à présent douze heures qu'elle y était, toujours dans un coma artificiel.

Je voulais être là à son réveil mais je ne pouvais manquer les cours. Alors, comme à mon habitude, je lui écris une lettre.

« Mon Isabella,

J'espère que tu vas bien. J'aimerai rester avec toi jusqu'à ton réveil mais tu as besoin de repos. Tu ne quittes jamais mes pensées.

Niska est avec nous aussi. Elle a trouvé refuge dans la chambre d'ami que tu as occupée il y a deux semaines – elle ne la quitte pas. J'imagine que ton odeur y règne toujours.

Tu es forte, tu vas y arriver. Je suis tant désolée de ne pas avoir réagit plus rapidement, je veux que tu ailles bien et que tu t'en sortes.

A bientôt Ma Bella. Tu me manques.

Ton Edward.

(PS : Un petit message dès que tu es réveillée, s'il te plait !) »