La Grande Aventure de Faérys : Fille de Smaug le Magnifique
Chapitre 7 : Quarris et le miroir de la vérité
- Alors les garçons, vous ramez ou quoi ? Si on continue à cette vitesse là, on arrivera à l'embouchure de la Rivière Rouge dans un siècle ! Dit Gamira
- Ça va ! Je vous signale que pendant que vous dorez la pilule au soleil, nous en fait tout le travail alors a moins que vous ne vouliez prendre le relai, on se passera de vos commentaires ! Dit Urlryn
- Faérys, tu peux nous rappeler ce qu'il a dit ce matin ? Demanda Gambira tout sourire
- « Si les femelles ne peuvent pas vivre sans nous c'est parce que nous sommes supérieurs en particuliers en ce qui concerne le physique. Ne le prenez pas personnellement, mais c'est prouvé : nous sommes plus forts et plus rapides que vous ».
- Plus fort et plus rapide… Pourtant, je ne vois ni force ni rapidité dans ce que vous faites en ce moment. Je vois juste un petit elfe macho qui entraîne son frangin dans ses conneries et qui peine à ramer alors qu'il se vante de ses qualités physiques. Dit Gamira en riant
Il grogna car il n'avait rien à redire. Elle avait raison et il détestait ça. Il entendit son frère ricaner et outré, il se tourna vers lui en lui disant :
- J'y crois pas. Toi aussi tu es contre moi ?! Tssss, faux frère !
Sa réaction boudeuse les fit rirent de plus belle
- Je t'avais bien dit que ton comportement de macho finirait par se retourner contre toi, mon frère. Répondit-il en riant
Les filles rirent tellement qu'elles étaient au bord des larmes. Soudain, l'embarquement tanga. Ils étaient emportés dans le courant qui les mènerait à leur destination. Les frères remontèrent les paguais et suivirent l'exemple des filles en s'agrippant.
Suite à quelques heures de navigation mouvementée, ils arrivèrent à l'embouchure de la Rivière Rouge et la barque cessa enfin de tanguer après une violente secousse due au changement brutal de courant. C'est à ce même moment qu'un gros poisson surgit de l'eau brusquement et dans son élan aérien, il frappa de plein fouet Urlryn au visage avant de finir sa chute dans l'eau de la Rivière Rouge.
Les visages abasourdis du petit groupe se transformèrent bien vite en sourires qui virérent, après quelques secondes de tentatives vaines à résister au fou rire, finirent par craquer y compris Urlryn.
Entre 2 tentatives pour respirer, Urlren dit à son frère :
- Prends ça comme un signe des dieux pour améliorer tes manières et ton caractère, mon frère.
- Ouai, bah je le trouve plutôt froid et visqueux ce signe. Sérieusement, je viens de me faire percuter par un poisson ! Regardez ma joue, elle est toute rouge !
De nouveau, les rires fusent jusqu'à ce que le courant s'intensifie et fasse tanguer dangereusement l'embarcation et ses passagers.
Après une vingtaine de minutes de voyage mouvementé, ils débarquèrent sur la rive de la forêt bordant une partie de la mer du Rhun.
Gamira s'étira en s'exclamant :
- Décidemment, je préfère me déplacer sur la terre ferme !
- Moi aussi ! J'ai mal partout ! Ajouta Faérys
Elle retourna et Faérys vit qu'Urlren était vraiment très pâle. Elle s'approche de lui en le regardant avec inquiétude.
- Urlren, tu ne te sens pas bien ? Tu as le mal de mer ? Lui demanda Faérys
- Je crois que je vais rendre mon déjeuner….Parvint à dire le pauvre elfe avant d'avoir un haut-le-coeur
- Allonge toi mon frère, ça ira mieux, tu verras. Dit Urlryn en mettant une main réconfortante sur l'épaule de son frère
Le pauvre Urlren s'exécuta, non sans difficultés.
- Ton frère à le mal de mer ? Demanda Faérys, toujours inquiète
- Je ne sais pas vraiment si on peut appeler ça le mal de mer….. Disons que mon frère supporte plutôt mal le fait d'être...Secoué….
- Oh, je vois….Répondit Faérys en comprenant l'insinuation
- Et encore, je trouve qu'on a eu de la chance : il a bien tenu durant le voyage. Il s'améliore, je trouve. Renchérit Urlryn
- Ah oui.. Mais dites-moi, ça doit pas être simple vous votre métier, non ?
Urlryn acquiesça en guise d'affirmation aux propos de Faérys.
De son côté, la petite fée voyant que le voyage aquatique était terminé, elle en profita pour sortir de la sacoche sans fond de Faérys. Elle tournoya dans les airs, visiblement heureuse d'être revenue sur la terre ferme. Puis, voyant ce qu'il se produisait, elle s'approchait du frère à terre et dispersa la poussière produite par ses ailes au-dessus de lui. Celui-ci reprend immédiatement des couleurs et se relève en pleine forme.
Il se souvient de la petite fée et, visiblement heureusement que ses talents sont appréciés à leurs justes valeurs, celle-ci voletat joyeusement autour de lui durant tout le trajet jusqu'à la Forêt des Bienheureux à la tombée de la nuit.
Épuisés, il entrèrent dans la forêt et s'installèrent dans une petite clairière à côté d'une source chaude. Ce tombait très bien car il était admis qu'un bon bain ne permettait pas seulement de se nettoyer, mais aussi de se détendre et de passer une bonne nuit de sommeil. Les filles y allèrent en premier tandis que les 2 frères s'occupaient d'établir le campement.
Les filles se dévêtirent dans des buissons qui entouraient la source chaude avant de s'y plonger avec joie. Elles lâchèrent un soupir de satisfaction au même moment, ce qui les fit rire.
- Il n'y a pas à dire : les sources chaudes, c'est le pied ! S'exclama Gamira en s'appuyant contre le gros rocher au centre de la source
- Je suis d'accord. En plus, cela a l'avantage de rendre la peau douce. Indiqua Faérys
- C'est vrai ?
- Absolument.
- Elle a raison. Les sources chaudes ont de nombreuses vertus curatives et, lisser la peau en fait partie. ajouta une voix masculine inconnue
Les deux jeunes femmes se retournèrent brusquement vers la source de cette voix enjouée. Elles firent face à un jeune homme d'une grande beauté assise sur le rocher auquel elles s'étaient appuyées. Surprise dans leur intimité et embarrassées, Faérys et Gamira poussèrent un cri strident à réveiller un mort. Alors qu'elles plongèrent dans l'eau pour se cacher, les garçons rappliquèrent à vitesse grand V. Elles émergent près de l'endroit où elles avaient déposé leurs habitudes quelques instants plus tôt. Les garçons débarquèrent, arme au poings, aux bord de la source chaude. Voyant cela, l'inconnu sourit et se relève, l'air innocent. Malgré la situation, les filles ne purent s'empêchent de le dévisager : il avait la peau beige, des cheveux bruns bouclés long jusqu'aux épaules et un corps absolument divin (musclé,
- Un malaise étouffant s'était abattu sur le petit groupe et après quelques secondes de regards de défis, l'inconnu sur le rocher se releva et leva les deux mains en l'air en signe d'apaisement.
- Eh bien, quel accueil envers votre hôte, mes chers amis ! S'exclama T'il en souriant
- Pardon ?! S'exclama Urlryn
- Un accueil tout à fait convenable pour un voyeur ! S'écria Gambira
- Hôte ?! Qui êtes-vous ? Demanda Faérys
- Pardonnez-moi d'avoir fait irruption durant votre bain, mesdemoiselles mais, mes amis m'ont informé que nous avions des visiteurs. Je m'appelle Quarris et je suis l'heureux créateur de ce magnifique sanctuaire destiné à tous les êtres vivants respectueux de la vie. Cependant, si vous n'en faites pas partit, je vous conseille vivement de rebrousser chemin car je n'ai aucune tolérance pour ce genre d'individu mais, je suppose que vous n'êtes pas stupide et que vous connaissez la réputation de cet endroit, n'est-ce pas ?! Finit il par ajouter avec un sourire qui n'augurait rien de bon
Tous se regardèrent en silence, un peu mal à l'aise pendant quelques minutes jusqu'à ce que Gamira ait le courage de rompre cette atmosphère étouffante en disant :
- Oui et bien, il n'y a rien à craindre puisque nous n'avons aucune mauvaise intention mais ça pourrait bien changer si vous n'arrêtez pas de nous déranger pendant que nous prenons notre bain ! Alors, du vent !
- Elle a raison, sans vouloir vous offenser Quarris. Que vous soyez notre hôte ou non, faire irruption de la sorte dans un moment aussi intime est inconvenant voire limite pervers. Renchérit Faérys
- Je comprends. Répondit Quarris en souriant
- Parfait alors partez. Maintenant ! Dit Faérys
- Non, pas envie. Deux créatures aussi surprenantes et aussi belles, c'est inhabituelle ! Et puis, je suis chez moi, alors je fais ce que je veux. Répondit il avec un petit sourire espiègle
Les deux filles se dévisagent et, l'air embêté, elles se murmurèrent :
- Mais il n'a rien compris de celui-là ! Chuchota Gamira
- C'est vrai qu'il est un peu lourd. Affirma Faérys
- Un peu ?! On lui dit de virer parce qu'il gène de la façon la plus douce possible mais il veut pas partir. Je te le dis, s'il ne se barre pas dans la minute qui suit, je lui balance mon marteau dans sa mouille ou..plus bas encore. Je ne sais pas encore, si tu vois ce que je veux dire..
- Je vois ou tu veux dire mais je ne pense pas qu'il faille aller jusque là. En fait, j'ai quelque chose de choisi de beaucoup amusant en tête.
- Oh ?
- Tu te souviens comment nous les avions attrapés ? Demande Faérys avec un petit sourire
- Comme si je pouvait l'oublier. C'est mon moment préféré depuis le début de cette aventure. Mais, il y a juste un petit problème : on est désarmées et complètement nues.
- Nues, certainement mais pas désarmées. Regarde et apprend, cela pourra certainement être utile plus tard. Répondit Faérys en faisant un clin d'oeil à son amie
Sur ses bonnes paroles, Faérys signifia aux deux frères de se vers elle. Il s'exécute et elle murmura quelque chose de tellement bas que Gamira ne put percevoir. Les garçons hochérent la tête puis toute l'attention se tourna de nouveau vers Quarris qui était toujours tout sourire. Puis Faérys, en bonne spécialiste de la séduction et de la féminité, arbora un sourire désarmant et nagea jusqu'à Quarris. Intrigué, celui-ci s'agenouilla et, elle lui prit la main lentement. Puis elle remonte ses mains lentement : sur ses bras puis sur ses épaules, son cou et, pour finir, sur ses joues. La scène assistait le reste des membres du groupe les tenaient en haleine tellement la tension était forte. Gamira, déjà rouge jusqu'aux oreilles, vit Faérys s' approcher encore plus près de Quarris comme si elle désirait l'embrasser. Plusieurs scénarios arrivent en masse dans son esprit et elle ne savait absolument pas lequel choisir pour deux raisons : la première, c'est que son amie est plutôt du genre imprévisible et la seconde, c'est qu'elle n'avait aucune expérience à la fois en terme de séduction ainsi qu'en relations amoureuses. Mais après quelques secondes d'admiration, Gamira eu la réponse à son interrogatoire car Faérys resserra subitement sa prise, pencha la tête en arrière et envoya un coup de tête si violent qu'il mit Quarris complétement KO avant qu'il n'ait eu le temps de rendre compte de ce qu'il lui arrive. la première, c'est que son amie est plutôt du genre imprévisible et la seconde, c'est qu'elle n'avait aucune expérience à la fois en terme de séduction qu'en relations amoureuses. Mais après quelques secondes d'admiration, Gamira eu la réponse à son interrogatoire car Faérys resserra subitement sa prise, pencha la tête en arrière et envoya un coup de tête si violent qu'il mit Quarris complétement KO avant qu'il n'ait eu le temps de rendre compte de ce qu'il lui arrive. la première, c'est que son amie est plutôt du genre imprévisible et la seconde, c'est qu'elle n'avait aucune expérience à la fois en terme de séduction qu'en relations amoureuses. Mais après quelques secondes d'admiration, Gamira eu la réponse à son interrogatoire car Faérys resserra subitement sa prise, pencha la tête en arrière et envoya un coup de tête si violent qu'il mit Quarris complétement KO avant qu'il n'ait eu le temps de rendre compte de ce qu'il lui arrive.
Sur cette bonne action, celle-ci se retourna et ramena Quarris jusqu'aux autres sous leur regard ébahi.
- Eh bah alors, les garçons ! Vous le ramenez au camp et vous le surveillez jusqu'à ce qu'on revienne ! Je n'apprécie pas que l'on s'immisce dans mon intimité sans y être invité !
- Hum...Oui, bien sûr. On s'en occupe. Répondit Urlnel qui tira le corps de Quarris hors de l'eau
Les garçons partirent, toujours aussi choqués par la tournée des événements en traînant le jeune homme par terre. Lorsqu'ils ont été enfin hors de vue, Faérys a poussé un soupir de relâchement et se laissa à nouveau aller contre le rocher au milieu de la source.
- Eh bien, Gamira, tu en fais une drôle de tête. Quelque chose a choisi ne vas pas ?
- Hum….oui, enfin non. C'est juste que..whaou ! C'est quoi comme technique ? C'est ça le pouvoir de la féminité ?!
- Hahaha. Du calme, mon amie. Faérys en riant devant une telle expression d'innocence
- C'est juste que je me suis imaginé un tas de scénarios mais je n'aurais jamais pensé que tu nous éliminerais de lui en lui mettant un coup de boule aussi violent ! Tu n'es pas fait mal au moins ?
- Non, ça va. je vais juste mettre un peu d'eau chaude sur mon front et tout ira bien. Pour répondre à ta question : c'est exactement ça, le pouvoir de la féminité. Quand tu m'as vu prendre son visage entre mes mains, qu'est ce que tu t'es imaginé , Que j'allais l'embrasser, n'est ce pas ?
- Oui. Répondit Gamira, les joues roses d'embarras
- Toi qui est une experte en combat, à ton avis, quelle était la clé de réussite de mon attaque ?
Gamira a réfléchit quelques instants puis a répondu :
- La surprise ?
- Exactement ! Les mâles, toutes espèces confondues, ont une vilaine tendance à croire que les femelles sont faibles et sans défense. Donc, la clé du succès du girl power ma belle c'est de se servir de cette façon de penser à notre avantage pour surprendre notre adversaire et triompher.
- Oh, je vois ! C'est une très bonne technique ! Je la testerai la prochaine fois. Merci.
- Je t'en prie.
Les deux amies continuent leur discussion pendant une quinzaine de minutes encore avant de terminer leur baignade. Elles se rhabillèrent et retournèrent au campement en chahutant comme des enfants.
Lorsque les garçons les virent revenir, ils sautillérent littéralement de joie mais pas pour les mêmes raisons : d'un côté, les deux frères parce que la place dans la source chaude était enfin libre et de l'autre, Quarris avait hâte de faire plus ample connaissance avec ses deux délicieuses créatures bien que l'une d'entre elle l'ait mit hors d'état de nuire pendant plusieurs minutes..
A peine elles ont été assises que les jumeaux partirent en courant prendre un bain bien mérité. Les filles gloussérent et reportérent leur attention sur le propriétaire des lieux. Elles ont été surprises de voir que le coup de boule exécuté à la perfection par Faérys n'avait pas entravé l'intérêt de Quarris pour elle ni son visage fin aux traits délicats. Ce fut même l'effet contraire, au grand déplaisir de celle-ci.
Tandis que les garçons profitaient à leur tour des bienfaits de la source chaude de la forêt des bienheureux, les filles discutaient joyeusement avec Quarris. Celles-ci se rendent compte que malgré son côté séducteur un peu lourd et sa malice, leur interlocuteur n'était pas si mal.
Un épigé plus qu'appelé nymphe terrestre, une espèce d'esprit de la nature comptant majoritairement des membres féminins mais il faisait partie des exceptions. Quarris leur raconta qu'il devait sa naissance à un chêne sacré vénéré par un peuple autochtone qui avait établi leur village sur cette même colline il y a fort longtemps. A l'époque, il était considéré comme un dieu du fait des circonstances de sa naissance. Les villageois imaginés qu'il était une sorte d'intermédiaire entre leur divinité suprême, Yavanna la reine de la terre et des Hommes. Cependant, le temps à passé et la tribu à fini par s'éteindre. Sentant la solitude lui peser, Quarris créa ce magnifique sanctuaire terrestre pour toutes les espèces qui désirent s'y réfugier.
Les filles étaient attirées par ses connaissances, son histoire et sa voyance qu'il illustra avec des anecdotes. Aucune des deux ne savaient réellement si elles devaient prendre au sérieux néanmoins, elles lui laissèrent le bénéfice du doute.
Les garçons firent leur apparition lorsque Faérys s'apprêtait à contourner ce qui les amenaient en ses lieux. Elle attendit qu'ils s'assoient avant de commencer :
- Alors, pour revenir où nous en étions, nous ne sommes pas venus ici uniquement pour profiter des bienfaits d'une source chaude ou de la sécurité des lieux. Nous sommes ici car nous voudrions utiliser le miroir de la vérité.
- Tenez-vous donc ? Qui vous a mis au courant de son existence ? Demanda Quarris, intrigué
- C'est un vieil ami qui m'en a parlé. C'est un magicien qui s'appelle Gandalf. Il m'a dit que ce lac magique pourrait répondre à mes interrogations et m'aider à trouver une solution à...certaines situations alarmantes.
- Je vois. C'est donc Gandalf Le Gris qui vous à renseigné. Je n'avais communiqué son existence qu'a l'ordre des magiciens et vu la promesse de ne l'utiliser qu'en cas de dernier recours, je suppose que votre situation est plus que périlleuse.
- En effet.
- Racontez-moi tout.
Faérys lui fit un résumé de sa quête et des indices qu'ils avaient recueillis jusqu'à présent. Quarris l'écouta sans l'interrompre puis un fois qu'elle eut fini son récit, il acquiesça avant de se lever. Surpris, les autres restèrent immobiles.
Très bien, vous m'avez convaincu ! Je vous conduirai là-bas demain matin. En attendant, je vais vous laisser vous reposer. A demain, chers amis ! S'exclama T'il en leur faisant un petit signe de la main avant de disparaître
Ils dînèrent dans une ambiance bon enfant, non sans une certaine déception du fait Quarris les avait quitté puis ils se couchèrent.
Malgré sa fatigue, Faérys n'arrive pas à trouver le sommeil. Elle était envahie par l'inquiétude et l'impatience. Elle savait que tous ses détours, que toutes ses recherches étaient nécessaires à sa quête mais elle ne pouvait pas s'empêcher de penser que cela n'allait pas assez vite, qu'ils perdaient un temps précieux. Chaque jour qui réussissait à renforcir cette impression et sa culpabilité.
Elle sentit quelque chose couler sur sa joue : elle pleurait. Elle inspire et expire le plus lentement possible pour se calmer en se faisant le plus discrètement possible afin de ne pas réveiller les autres. Une fois calmée, elle se mit sur le dos pour regarder le ciel étoilé : une vieille habitude qui datait de son enfance, du temps ou ses parents commençaient à être en désaccord. Ils avaient l'habitude de l'envoyer se coucher pour se dire les choses espérant sans doute qu'elle n'entendrait pas leur conversation mais malheureusement, l'ouïe fine et l'écho faisait qu'elle percevait le moindre son. Alors, elle s'était créée un passage discret depuis son lieu de repos, s'y faufilait et allait dormir à l'extérieur en compagnie des étoiles. Celles-çi avait le don de faire travailler son imagination et de l'
Après une heure de contemplation et de réflexion, elle finit par s'endormir.
Elle se réveilla en compagnie de la douce chaleur des premiers rayons du soleil et du chant des oiseaux. Faérys se leva en silence afin de ne pas réveiller ses compagnons qui prenaient un repos bien mérité.
Elle sortit du campement et se mit en marche pour une petite promenade matinale. Perdue dans ses pensées, elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle était ni où elle allait jusqu'au moment où quelque chose a choisi de tomber bruyamment à ses pieds. Elle s'arrêta net et baissa les yeux : c'était un petit oisillon. Attendrie, elle le ramassa avec douceur et lui dit :
- Eh bien alors trésor, ça ne se passe pas comme prévu ?
Le petit volatile gazouilla en signe d'affirmation, ce qui amusa Faérys qui lui a répondu :
- Si ça peut te rassurer, c'est jamais terrible la première fois. Crois-en mon expérience et je suis certain que tes parents ne diront pas le contraire.
Le bébé pencha la tête sur le côté, l'air curieux. Faérys lui sourit et regarde vers le haut : le nid était juste au-dessus d'elle mais elle vit qu'elle ne pourrait pas l'atteindre même en se mettant sur la pointe des pieds et en tendant les bras le plus possible. Cependant, la distance qu'il restait pour atteindre le nid était minime et le petit pourrait l'atteindre en volant quelques instants alors elle adopta cette stratégie.
Tandis qu'elle tendait tous les muscles de son corps, elle vit cinq têtes surgir brusquement du nid dont trois petits. Tous la regardaient avec un mélange de curiosité et de méfiance, se faisant sans doute du souci pour le petit être qu'elle était au creux de ses mains. Celui-ci, lorsqu'il vit qu'elle ne pouvait directement le ramener auprès de sa famille, il se mit à émettre des petits cris désespérés en sautillant.
- Allez, lance toi, trésor ! N'ai pas peur, la deuxième fois c'est la bonne ! Prends ton élan et déploie tes ailes ! Lui dit-elle d'une voix douce pour le rassurer
Le petit oiseau sautilla de nouveau en battant des ailes cette fois sans décoller pour autant. Puis, l'oisillon se mit à courir, sauta puis décolla et parvint jusqu'à son nid en zigzaguant.
Faérys entendit toute la petite famille gazouiller joyeusement. Elle sourit et leur fit un petit signe d'adieux avant de se retourner pour continuer son chemin. Cependant, elle eut la surprise de se retrouver face à Quarris qui l'a regardé en silence, adossé à un grand arbre ce qui l'a fit sursauter.
- Eh bien, tu m'as fait peur. Tu sais que ça ne fait pas d'espionner les gens ?
- Je n'espionne personne, ma chère. Je veille simplement sur ceux qui habitent ici comme je l'ai toujours fait.
- Bien sur…. Répondit Faérys en fronçant les sourcils
- Je dois t'avouer que c'est une chance que je te trouve ici, le miroir de la vérité n'est pas loin.
- Parfait ! Je te suis !
Sur ces mots, Quarris émet un petit sourire avant de partir. Ils remontèrent la rivière qui traversait le sanctuaire jusqu'à une grotte imposante cachée par la végétation. Lorsqu'ils y arrivèrent, Quarris se retourna vers Faérys et lui dit :
- Le lac est à l'intérieur. Si tu suis l'eau et les lucioles tu y arriveras. Enfin, normalement.
- Comment ça, normalement ?! S'exclama Faérys, inquiète
- Le lac choisir à qui il souhaite parler. Il te mènera à lui s'il en a envie. Il a son petit caractère mais ne t'inquiète pas, j'ai l'intuition que tu auras exactement ce que tu veux. Je t'attendrais ici alors, prends ton temps.
- J'espère que tu as raison…
Faérys inspira une longue goulée d'air frais avant de s'engouffrer à l'intérieur. Elle suivit les indications et avance en suivant le cours d'eau. Après quelques minutes de marche angoissante, elle se retrouve dans une obscurité totale et oppressante et, étrangement, ses yeux de dragons ne pourraient y changer grand choix. Se doutant que la magie y était pour quelque chose, elle décida de baser son orientation sur son ouïe mais ce fut peine perdue car elle ne parvint pas à déterminer la source de l'eau à cause de l'écho.
Elle tenta alors de se diriger comme une personne lambda : en tendant les bras et en cherchant les paroies de la grotte. Après quelques minutes d'incertitude, elle finit par poser ses mains sur une des parois rocheuses et soufflées : elle sentait que ça allait être une très longue journée.
Soudain, elle sentit quelque chose remuer dans sa sacoche et quelques instants plus tard la petite fée s'en extirpa encore plus scintillante que d'habitude, sans doute un effet de l'obscurité. Celle-ci voletat autour de Faérys toute contente.
- Depuis combien de temps tu es là-dedans ? S'exclama Faérys éberluée
Elle vit la petite créature lui sourire pour toute réponse.
- Oui, bon. En tout cas, j'y vois plus clair grâce à toi alors merci.
La petite fée virvolta autour d'elle et grâce à cela Faéry put voir qu'elle se trouve à un carrefour dépendant de quatre chemins différents. Elle pu déjà parvenu le passage par lequel elle était jusqu'ici mais cela n'allait pas être facile…
- Bon, maintenant je vais où ? Quarris que je devais suivre l'eau et les lucioles. J'ai suivi l'eau mais maintenant qu'il n'y en a plus, il faut suivre les lucioles. Encore faut-il qu'il y en aient. Tu en vois quelque part ?
La petite fée regarde de tous les côtés sans rien trouver et aussi les épaules en signe de négation. Faérys soupira et rejoignent la petite créature au centre du carrefour.
Au moment où elle posa le pied à l'exact endroit où se trouvait le milieu, une lumière rose éblouissante jaillit du sol. Faérys poussa un cri de stupeur avant de mettre ses mains devant ses yeux pour les protéger. Quand celle-ci fut atténuée, Faérys enleva ses mains et regarda au sol. Elles étaient au centre d'un cercle magique d'enchantement : elle le reconnaissait du fait de la présence du soleil et de la lune ainsi que la lumière rose qui en émanait. Elle vit la petite fée tirer sur sa manche qui semblait vouloir lui dire quelque chose alors elle releva les yeux et vit que tout avait changé. Au lieu d'avoir quatre sorties ou entrées possibles, il n'y en avait que deux : celle par laquelle elles étaient entrées et celle qui allait sans doute l'a conduire à destination.
- Eh bien, voilà ce qui répond à nos interrogations. Après toi, chère amie. Dit Faérys en désignant la direction d'une main et l'autre sur sa hanche
Deux avant le tunnel qui était apparu grâce au cercle magique qui conduisait dans une grande salle remplie de plantes fluorescentes qui permettaient d'y voir comme en plein jour.
La petite fée qui était aux anges en contemplant cet univers souterrain d'une beauté et d'une fantaisie à couper le souffle, virevolta entre les différentes plantes et fleurs avant de s'asseoir sur l'une d'elle. De son côté, Faérys était elle aussi époustouflée par l'endroit : elle admirait le lierre fluorescent grimpant sur les paroies qui illuminait la pièce. Jamais au cours de ses siècles d'existence, elle n'avait pas contemplé pareille merveille et elle était sûre que son vieil ami Gandalf serait, lui aussi, ébahi par un tel spectacle.
Elle visita l'endroit en prenant soin d'enregistrer chaque détail dans son mémoire. Une fois cela fait, elle se mit à chercher une sortie en compagnie de la petite fée mais il n'y avait rien. Fatiguées, elles finirent toutes deux par s'asseoir au milieu des fleurs en soupirant.
- Je crois que nous sommes dans une impasse...
La petite fée acquiesce d'un air triste.
- Qu'est-ce qu'on va faire ? On ne peut pas abandonner si près du but. J'ai besoin de réponse et le temps presse. Si ça se trouve, mère est déjà arrivée à destination et vu ce que j'ai pu apercevoir, elle est très certainement en danger. Bon chanté ! Elles sont où ces lucioles ?!
Juste après qu'elle ait dit ça, comme pour répondre à ses interrogations, un essaim de lucioles sortit de nulle part. Surprises, Faérys et la petite fée se relevèrent d'un lien. Les lucioles volèrent autour d'elles en tournoyant jusqu'à une ancienne spirale de lumière puis elles revinrent se mettre devant elles, comme si elles les attendaient. Faérys fit un pas vers elles et celles-ci se remirent en mouvement. Les lucioles partirent vers le fond de la pièce et traversèrent la paroie. Toutes deux échangèrent un regard, cela sonnait comme une évidence maintenant, dans ce genre d'endroit, il ne fallait pas se fier à ses sens qu'ils soient. Elles partirent à leur suite et au moment où Faérys toucha la paroi du bout des doigts, celle-ci ondula comme lorsqu'on jetait un caillou dans l'eau.
Guidées et éclairées par les lucioles, les deux amies finirent par arriver à leur destination : le miroir de la vérité. C'était un lac majestueux qui respirait la sérénité, éclairé par des plantes luminescentes aussi bien sur les berges que dans l'eau. Cet environnement rendait le lac encore plus magique. Tout était si calme et silencieux, c'était comme si elles avaient l'impression que toute situation, aussi désastreuse soit elle, pouvait se régler aussi facilement qu'une bonne nuit de sommeil était réparatrice.
Pendant leur émerveillement, les lucioles partirent se poser sur une sorte d'arbre étrange semblable à un saule pleureur sans pour autant en être un. Il était lumineux, comme le reste de la végétation et il émanait de lui d'étranges couleurs et une prestance incroyable. Comme s'il était le maître des lieux. Puis Faérys se força à sortir de la contemplation de cet être vivant, aussi majestueux soit-il car elle était ici pour une raison précise : obtenir des réponses ! Alors elle s'agenouilla sur la berge et se pencha vers le lac. Son reflet à la surface de l'eau était parfait car il n'y avait aucun mouvement.
Une voix enchanteresse ni féminine ni masculine vient alors troubler le silence apaisant de la caverne en lui disant :
- Je ressens tes sentiments et ta détresse. Ton désir sincère d'aider les autres, ta pureté et ton amour pour ceux qui te sont proches t'ont menés à moi. Touche l'eau et j'apparaitrais à toi. Ainsi tu pourras avoir les réponses à tes questions.
- Très bien.
A ses mots, elle s'exécuta et une créature éthérée apparut à côté de son reflet. Elle était belle, pure et semblable à un elfe mis à part qu'elle possédait des oreilles beaucoup plus longues. Elle avait de longs cheveux blancs et portait une tenue de même couleur. L'être éthéré posa une de ses mains sur l'épaule droite de Faérys. Même si ce n'était que son reflet, Faérys avait la sensation qu'une main invisible était posée sur son épaule. C'était déroutant. Elle ne put s'empêcher de toucher son épaule et vit à travers son reflet qu'elle avait sa main sur la sienne. Elle était douce et chaude. Elle était chaleureuse. L'entité sourit et mit son autre main par dessus la sienne avant de reprendre la parole :
- Sensation étrange, n'est-ce-pas ?
- Perturbante serait une interprétation plus juste, je trouve. Tournée Lui répondu Faérys en lui souriant à son
- C'est le mot juste, en effet. Tu es ma première invitée depuis fort longtemps et également la première dragonne que je rencontre. Ce sont des créatures si rares. Aussi rare que les fées. C'est un honneur. Dit l'être éthérée en portant une de ses mains sur sa poitrine et s'inclina légèrement
- Tout l'honneur est pour moi mais êtes-vous exactement ?
- Je suis Efrin le Sage, un être céleste et je vis dans l'arbre que tu admires tout à l'heure.
- Enchantée. Je m'appelle Faérys. Mais dites-moi, pourquoi vous manifestez-vous de cette façon ?
- Je suis une divinité déchue et mon enveloppe charnel est emprisonné dans l'arbre où je réside et je ne peux entrer en contact avec les êtres qui vivent sur cette terre qu'au travers ce lac.
- Vous devez mener une existence bien solitaire, j'en suis navrée pour vous. La solitude peut se montrer très lourde à porter, j'en sais quelque chose.
- Je sais. Je suis un être céleste omniscient, d'où le fait que l'on me nomme le Sage. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de moi malgré le fait que cette discussion soit l'une des plus agréables de ma longue existence, nous sommes ici pour toi. Je sais que tu as beaucoup de questions sans réponse à l'esprit.
- C'est vrai. Le temps presse. La vie de ma mère et de beaucoup d'autres sont en jeu. Alors passons aux choses sérieuses : j'ai entendu dire qu'un Dragon Noir est à l'origine de nombreuses morts sur l'Ile d'Orochi. Est-ce vrai ?
- Seulement en partie. Le dragon noir joue le rôle du bras armé mais une autre personne à créé ce chaos et est responsable de ces morts.
- Qui est cette personne ?
- Une créature artificielle, engendrée par la magie d'un humain dont le cœur était rempli par le chagrin. Dont le sens du bien et du mal n'ont pas été clairement définis.
- Pourquoi fait-elle ça ?
- Pour combler sa solitude. Comme vous l'avez si bien dit, belle enfant, elle peut être très difficile à vivre.
- Comme la reconnaîtrais-je ?
- Son physique est….atypique, c'est une beauté glacée. Sa peau est blanche et froide et son visage ne peut reffleter aucune émotion. De plus, elle porte toujours autour du cou un ruban noir où est accrochée une clé ornée en métal . Si tu souhaites en apprendre plus, je te conseille de te rendre au-delà des terres du rhûn, au Nord Est des Terres du Nord. Plus précisément la ville de Ashenheilm. Sur une falaise aux abords de la ville se trouve un vieux château fort laissé à l'abandon appelé le Fort du Péril en raison de sa situation. C'est un arrêt que je te conseille de faire si tu souhaites mener ta quête à bien. De plus, tu devras traverser les Terres du Nord pour rejoindre la côte et te rendre sur l'Île des dragons.
- D'accord, je vois. Autre chose : comment vaincre le dragon noir ? Il exhale un souffle toxique qui ôte la vie de tous ceux qui le respirent…
- Eh bien, il faut trouver le dragon d'or. Lui seul peut battre le dragon au corps à corps car c'est son opposé parfait. Cependant, il faudra le convaincre de quitter sa tanière et ce ne sera pas une mince affaire. Il est très âgé et tient à son petit confort quotidien.
- Je suis prête à faire ce qu'il faut pour sauver ma mère et le reste de ma famille ! Où puis-je le trouver ?
- Tu ne le trouveras pas, c'est lui qui te trouvera avant de prendre la mer pour te rendre sur le lieu de la bataille finale.
- C'est contradictoire ce que vous me dites là…
- Mes paroles peuvent te sembler énigmatiques mais tu comprendras en temps voulu. De plus, ta jeune amie ici présente est là pour te guider.
La petite fée qui s'était, elle aussi posée sur la berge à côté de sa grande amie, acquiesça et s'assit en tailleur.
- Juste une dernière question : Est-ce que ma mère est déjà arrivée là-bas ?
- Pas encore. Le voyage est long jusqu'à l'île d'Orochi même à vol de dragon. Mais hâte toi, le temps presse.
- Merci beaucoup. Si je réussis à m'en sortir vivante, je reviendrais vous voir. J'aime beaucoup votre compagnie moi aussi.
- Je ne doute pas de ta réussite, mon enfant. Tu as quelque chose en toi de très spéciale, une sorte d'éclat qui habille les âmes et les rends plus belles et lumineuses. Je t'accueillerais avec grand plaisir. Maintenant, va et garde confiance en la vie.
La divinité commençait à disparaître lorsqu'elle ajouta :
- Oh, encore une choisie : N'en veut pas trop au dragon noir, il n'est pas lui même. Les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent.
Puis, l'être éthéré disparu pour de bon cette fois-ci et le silence revient maître sur le lac. Faérys admira encore quelques secondes le lac avant de se remettre debout. Maintenant, elle savait ce qu'elle devait faire.
